‹ Des principes de l'écriture phonétique et des moyens d'arriver à une écriture universelleChapitre 52 sur 65 · LANGUE POLONAISE · texte numérisé non relu

LANGUE POLONAISE

L’e se prononce d’une façon sèche très-nasale, comme un à un peu rude, et quelquefois même comme un ë.

L’h représente le plus souvent une aspiration très-rude, et quelquefois, surtout au commencement d’un mot, avant la voyelle a, un k également très-rude.

Le z est un j guttural et sifflant.

L'alphabet polonais comprend encore plusieurs combinaisons de doubles consonnes : dz’, qui correspond à } ou h, avec une nuance gutturale et sifflante, et qui, suivant les sons qui précèdent ou qui suivent, se prononce parfois Ji, ou di, ou hi, en conservant cette même nuance ; CZ, qui Correspond à th, avec la même nuance gutturale et sifflante, rz, qui se prononce comme ;, avec une nuance plus allongée.

Enfin la plupart des consonnes de la langue polonaise peuvent être surmontées d'un accent. Cet accent indique ur son doux etmouillé, comme si elles étaient suivies d’un 1 qui se prononcerait à peine. Ilenest particulièrement ainsi des lettres be m,p,5, VW.

Six à huit signes accessoires seraient nécessaires pour représenter les nuances essentielles de la langue polonaise.

Langue russe.

La prononciation de la langue russe est généralement claire et agréable. Les différences de valeur et de qualité des sons s’y distinguent bien. L’alphabet, tir du grec, est assez net et assez élégant.

Outre les lettres indiquées au tableau, l’alphabet russe comprend les suivantes : 3 lettres appelées composées; 1, qui correspond à ts, 4, qui correspond à th, x, qui correspond à hth; br, qui correspond à un 1 sourd avec une nuance toute particulière, parfois à &i sourd, l’8 étant bref et faible ; 10, qui correspond à ïs, avec une nuance particulière ; 4, qui correspond à ïa, et quelquefois à à.

8 et s sont appelées lettres muettes ; elles sont toujours placées à la fin des mots. #, dite muette dure, correspond à € et se prononce peu ou point, comme en français. b, dite muette douce, donne aux voyelles qui la précèdent un son mouillé, comme si elles étaient suivies d'un ï; souvent aussi L se prononce comme 1f, ou encore comme un 1 très-bref qui expirerait au moment même de la prononciation.

p se prononce parfois f; r se prononce parfois v, ou indique une aspiration. e se prononce quelquefois ïe, ïo ou 0; 4 se prononce le plus sou-

LANGUE HONGROISE. 233 vent en portant l’extrémité de la langue contre les dents, puis en la repliant contre le palais, ce qui lui donne une nuance analogue à celle de l’'I barrée (lb polonaise.

Les Russes distinguent très-bien parmi leurs consonnes les douces, les dures (fortes) et les moyennes (liquides). Dans certains cas, les consonnes douces se changent en dures.

La langue russe a un accent bien marqué.

On voit par ces explications que la représentation des nuances essentielles de la langue russe exigerait l'emploi de cinq ou six signes accessoires au inoIns.

Langue hongroise.

Outre les lettres indiquées au tableau, l’alphabet hongrois ou magyare comprend un ü, s allongé ; un u, u allongé, et l'h, signe de l’aspiration.

L'i se prononce souvent avec une nuance allongée.

L’a et l’â se prononcent avec une nuance ouverte particulière, qui va parfois jusqu’à changer l’a en o,et l’à en à.

zs représentent un } très-doux.

Il existe plusieurs doubles sons qui nécessiteraient un signe de jonction ; ainsi: es, qui corres-

pond à th; ds, qui correspond à dh; ty, qui correspond à ti ou cï,avec une forte nuance gutturale; gy, qui correspond à gi et quelquefois à di, avec la même nuance gutturale.

La prononciation du hongrois est assez distincte, et la détermination des sons, facile.

Il faudrait, pour représenter les nuances essentielles de la langue, un signe d’aspiration, un signe d’accent, un signe d’allongement, un signe de jonction, et peut-être un ou deux signes encore.

Langue arabe.

L’alphabet arabe, tant imprimé que manuscrit, est un des plus défectueux et des moins clairs qui soient employés.

Outre les lettres indiquées au tableau, l'alphabet arabe comprend les lettres suivantes : ÿ, signe d’allongement ; I, signe d'aspiration très-légère ; z, qui correspond à dj; z, signe d'aspiration ; etl, d emphatique ; L, t emphatique ; &, qui représente une nuance d'inspiration très-rauque et toute particulière, modifiant la qualité des voyelles, et ressemblant aussi dans certains cas à un k guttural ; £, k très-dur, ou r grasseyé fortement, suivant les pays, dans les deux cas avec une nuance toute particuliere; 6, € avec une nuance gutturale; 0,3, aspirations légères et souvent in-

LANGUE ARABE. 235 sensibles (1); Y, lettre double qui correspond à 11.

Le & etle & sont considérés par beaucoup d’auteurs comme sons avantleur valeur propre, différente de celle de tout autre son. Quant à moi, je ne puis considèrer le £ que comme une simple nuance, très-remarquable sans doute, mais ne jouant, comme les autres nuances, qu’un rôle, celui qui consiste à modifier la valeur des sons; et le &, tel que je l’ai entendu prononcer, m'a toujours semblé rentrer dans le son k ou dans le son r, et ne différer de l’un ou de l’autre que par sa qualité, très-caractérisée, il est vrai (2).

Les voyelles ne sont en général représentées dans la langue arabe que par des signes accessoires, dont la valeur est variable et très-peu nette.

Le w se prononce devant la plupart des consonnes, comme nos voyelles nasales.

Les signes accessoires destinés, soit à représenter les voyelles, soit à d'autres usages, sont nombreux, et viennent compliquer une écriture déjà fort défectueuse.

Ce qui complique singulièrement aussi l’étude des sons de la langue arabe, c’est que leur pro-

(1) Sur les aspirations de la langue arabe, v. M. Max Müller (Leçons sur la science du langage, trad. Harris et Parrot, p. 185).

(2) Voir sur ce point M. Max Müller (Leçons sur la science du langage, trad. Harris et Parrot, p. 170).

nonciation est loin d’être constante. Elle varie sensiblement de pays à pays, de peuple à peuple, même d'individu à individu. Il en est notamment ainsi pour le $, comme nous venons de le voir, pour le 8,que les uns prononcent d, les autres dz, les autres d, très-doux ; pour le {$, qui se prononce tantôt comme s, tantôt avec une nuance emphatique. |

Dans tous les cas, et quelle que soit la prononciation adoptée comme correcte, la représentation des nuances essentielles de la langue arabe exigerail au moins l'emploi de huit ou dix signes accessoires.

Langue turque.

Outre les lettres indiquées au tableau, l’alphabet turc comprend les suivantes : Ÿ, lettre muette, presque toujours surmontée d’une voyelle; =, qui correspond à th;7,signe d'aspiration; ,, s fortement articulé; (+, d légèrement aspiré ou z fortement articulé ; & qui, surmonté d’une voyelle, indique que cette voyelle doit être allongée; &, g très-dur : cette prononciation se perd; &6, e guttural, avec une nuance rude, particulière ; #, signe d'aspiration légère; Y, double lettre, se prononce |.

Le 5, 1, se prononce quelquefois avec une nuance gutturale.

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