CHAPITRE Vil DE LÀ CÉSUKE
La césure suivant le sens étymologique est une coupure du vers là où il doit être interrompu un moment pour procurer le repos nécessaire soit à la parole, soit à la pensée, soit à tous les deux à la fois, repos qui d'ailleurs peut consister soit en une interruption, soit en une prolongation de la prononciation, c'est-à-dire en un silence ou en un point d'orgue. Elle existe dans toutes les versifications. Elle n'affecte que les vers d'une certaine longueur, parce que dans les très petits le repos n'est pas nécessaire Telle est sa définition, au moins en français et à l'époque actuelle. Car son origine mécanique a été tout autre, ainsi que nous l'établirons bientôt.
Nous nous posons exclusivement au p< int de vue de la versification française, car traiter de la césure dans l'ensemble des versifications serait une tout autre entreprise. Cependant quelques incursions dans les autres, surtout dans celles de la même famille, seront parfois nécessaires.
Il faut, comme dans les autres chapitres, étudier la césure successivement dans son mécanisme rythmique, puis dans ses effets poétiques.