f- 6 Comme un vieil enfant, — regarde devant soi
11 y a des incises, mais la césure ne se trouvant jamais à la même place, cela équivaut au manque de césure.
On a introduit cette absence de césure, même dans le vieil alexandrin.
Les vers ci-dessus cités ne restent-ils pas des vers? Oui, lorsqu'ils ont réunis en quatrain, parce que la rime les unit et les distingue à la fois et que chacun dans sa totalité possède le même nombre de syllabes. Mais chacun séparé peut-il former un vers? Non, parce qu'alors rien ne le distingue de la prose, et ne crée en lui deux parties symétriques. 11 ne devient un vers que quand la césure le partage en deux parties égales, ou bien en deux parties inégales, mais telles que l'usage les a consacrées pour un vers de ce nombre de syllabes et auxquelles l'oreille s'est habituée. Enfin, même en supposant un groupe de vers, le rythme est moins complet que lorsqu'il existe une césure régu-
lière et symétrique. ( >u s'approche de la prose rythmée dont nous parlerons dans un chapitre spécial.
Au contraire, nous pensons qu'il y aurait avantage à introduire la césure là où elle est tombée en désuétude, pour obtenir certains eiïets, par exemple, dans l'octosyllabe. Il l'avait à son origine, c'est à tort qu'on ne l'a pas conservé tel, comme variété. Nous avons déjà donné des exemples de ce rythme qui redeviendrait nouveau.
Et l'enfant dort — et le chant cesse, La mère entou — re l'oreiller; \V roulant pas —le réveiller.
De son regard — elle caresse.
Telle est la césure ou le repos au milieu ou dans le cours du vers ; il nous reste à dire quelques mots de la césure finale ou de la fin du vers, ou plus exactement de la césure entre deux vers, et de celle entre les strophes.