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L'hémistiche ne doit pas rimer avec une fin de vers

Voici, et nous ne cherchons pas à faire ici une énumération complète, quelques-unes des règles d'euphonie, tout à fait distinctes de la prohibition de 1 hiatus, qui sont beaucoup plus rationnelles et qui devraient être formulées par les métriciens, sans être cependant tout à fait imposées, car des motifs d'ordre supérieur, celui d'exprimer une pensée qui ne peut l'être autrement, peuvent les faire légitimement enfreindre.

C'est que les règles, commodes pour la promptitude et la sûreté de la composition, ne sont dans la pratique que des moyens empiriques et doivent rester toujours subordonnées aux lois naturelles dont elles dérivent et où elles doivent se retremper de temps en temps, pour ne pas devenir inintelligentes et tyranniques. et ne pas gêner le poète, sans aucun profit pour la poésie et même pour le rythme.

Ces règles ne sont pas inconnues, mais on a le tort de ne pas les convertir en règles proprement dites et de n'en faire que des recommandations poétiques, tandis qu'elles sont matériellement rythmiques. On se contente de blâmer la dureté des vers, mais on ne dit pas en quoi consiste cette dureté ; c'est cependant ce qu'il fallait rechercher.

Nous donnons quelques exemples qui indiquent le sens des règles ci-dessus posées.

On a critiqué avec raison ce vers de Chapelain :

Droite et raicte est la côte et le sentier étroit.

Cette critique est juste et le vers précité choque l'oreille ; mais il faut savoir pourquoi.

Le motif est double. D'abord la répétition de IV, consonne dure par elle-même, imprime au vers sa dureté. Puis, il y a dans le premier hémistiche, un concours de monosyllabes.

Il en est de même pour la même raison du vers suivant de la Motte.

Ces rois qu'après leur mort on loue. . .

La réunion des trois r le rend insupportable. Il en est de même de ce vers de Malherbe :

Mais çuoi ! de quelque soin qu'incessamment il veille. .

Et de ceux-ci de Corneille, coutumier du fait.

• 'no r/uelgue amour </u'elle ail et quelle ait pu donner. . . Mon cœur te résistai/ et tu L'as combattu... (^uelr/ue soit sa mère et de gui gu'il soit fils . .

Ainsi que des vers suivants :

Que prèle à se glacer traça sa main mourante (Voltaire). Ici il s'agit de deux syllabes qui se suivent : ça et sa.

Ce que je dois vous être et ce que je vous suis (Corneille).

Ici la suite des e muets fait que le vers ne se soutient plus.

Ainsi que la naissance, ils ont les esprits bas (Corneille).

Ici. la séquence immédiate de deux syllabes toniques est choquante.

On a laissé à l'oreille le soin de reconnaître ces défauts d'euphonie ; cela est un tort, il fallait les préciser et en avertir. Ils découlent des lois du rythme et on devait les formuler sous forme de règles.

Ils se résument en ceci :

L'intérieur du vers doit éviter les accumulations et favoriser les alternances ; celles-ci doivent former des intervalles et des retours rythmiques.

Il faut faire alterner d'une manière, autant que possible, périodique,

A l'intérieur du vers.

i° Les voyelles avec les consonnes, c'est à-dire les syllabes à une seule consonne avec celles en contenant plusieurs.

2° Les consonnes différentes.

3° Les voyelles différentes.

4° Les syllabes accentuées et celles qui sont non accentuées.

5° Les voyelles sonores et les muettes.

6° Les phonèmes qui sont durs et ceux qui sont doux à la prononciation.

7 Les diphthongues et les voyelles simples.

8° Les groupes de consonnes et les consonnes simples.

9° Les consonnes ténues et les consonnes sonores. io° Les monosyllabes et les polysyllabes.

D'hémistiche à hémistiche.

Les voyelles difféientes.

De vers à vers.

Les rimes différentes jusqu'à un certain intervalle, les e muets diversement répartis.

L'essentiel est de varier incessamment les phonèmes et de ne pas permettre l'accumulation de ceux qui sont durs. Cette alternance remplace, à un certain point de vue, celle entre les brèves et les longues d'autres versifications.

Voilà, et nous ne prétendons pas avoir fait ici uneénumération complète, quelques-unes des règles de l'euphonie tout à fait distinctes de celle de la prohibition de l'bialus, qui sont beaucoup plus rationnelles et qui devraient être formulées par les métriciens, sans être cependant tout à fait imposées, car des motifs d'ordre supérieur, celui d'exprimer une pensée qui ne saurait l'être autrement, peuvent les faire légitimement enfreindre.

C est que les règles, commodes pour la promptitude et la sûreté de la composition dans la pratique, ne sont que des moyens empiriques et doivent rester subordonnées aux lois naturelles dont elles dérivent et où elles ont à se retremper de temps en temps pour ne pas devenir inintelligentes et lyranniques et ne pas gêner le poète sans aucun profit pour la poésie et même pour le rythme.

Nous devons donner quelques exemples des règles euphoniques que nous avons posées, en citant des vers où leur violation blesse gravement l'oreille.

C'est d'abord l'accumulation de consonnes doubles, surtout quand la combinaison contient un r, qui gâte les vers suivants :

A Ion illustre aspect mon cœur me sollicite Et, grimpant contre mont, la dure terre quille.

i Chapelain).

Ton amour-propre est trop crédule.

(La Motte).

Rarement la libre nature

S'accorde aux contrastes de l'art (ld

Cherche jusqu'à son adversaire.

— l'.KJ —

C'est la plus désagréable des fautes contre l'euphonie. Une des plus graves ensuite est la répétition du même son dans une suite de mots.

On n'a tous deux <yn'un cœur gai sent mêmes traverses. . . < iarde </onc de donner ; ainsi que dans Clélie.

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