‹ Des principes de la versification françaiseChapitre 39 sur 97 · BOILEAU · texte numérisé non relu

BOILEAU

Quand il en aurait eu, c'aurait été tout un.

(La Fontaine).

Ingrat à tes bontés, ingrat à ton amour.

i Voltaire).

Ton art est étranger; combattre est ton partage. (Id.)

Mais si le phonème répété, au lieu d'être dur, est très doux, l'eflet peut être indifférent ou contraire.

11 est indifférent dans ce vers.

De toutes parts pressé par un puissant voisin.

(Racine).

Il est harmonieux dans :

Un/rais par/um sortait des toutes d'asp/iodèle.

Plus désagréable encore est l'allitération ou la rime de deux syllabes qui se suivent.

Allitération.

Eh bien ! chère Azéma, le Ciel parle par vous.

(Voltaire).

Assonance.

Et ces tristes chansons sont les plaintes funèbres.

fMAGWARDj.

Qu'à son ambition ont immolé ses crimes.

(Corneille)

Hélas ! cette vertu, quoiqu'enfm invincible. Id.

Mais aussi si l'on rectifie. (Boileau;,

Et sur son brodequin ne peut plus se tenir.

(Boileau),

L'effet est moins choquant quand la consonnance se trouve non entre deux syllabes, mais entre deux mots qui se suivent.

Tel d'un bras foudroyant fondant sur les rebelles.

(Voltaire).

Dans ses desseins toujours à mon père contraire.

(Créib. i

Un défaut fréquent chez les poètes, c'est de faire se suivre des rimes masculines et des rimes féminines de même consonnance.

Avant que tous les Grecs vous parlent par ma uoix. Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix Et qu'à vos yeux Seigneur, je montre quelque joie, De voir le fds d'Achille et le vainqueur de Troie.

(Racine .

Cette répétition est choquante, même quand les vers sont tous masculins, et que les deux couples sont séparés par un couple féminin.

Suite de rimes : affaire, assez, rare, trace éclaté, été. dans Racine.

Enfin la rime de la fin du vers avec son hémistiche, de même avec l'hémistiche du vers suivant et celle d'une hémistiche d'un vers avec l'hémistiche d'un autre se trouvent dans les vers ci-après. Dans le premier cas il y a rime léonine.

Rime de deux hémistiches du même vers.

De Corneille vieilli sait consoler Paris

(Boil.).

Ses yeux, comme effrayés, n'osaient se détourner.

(Racine .

Je t'ai préféré même à ceux dont les parents

Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs.

Corneille).

Rime de deux hémistiches de deux vers différents.

Je prodiguai mon sang, tout fit place à mes armes, Je revins triomphant . (Racine).

Embrassez, mes enfants, les genoux paternels, D'un œil compatissant, regardez l'un et l'autre. N'y voyez point mon sang, n'y voyez que le vôtre.

(La Motte).

Rime de la fin du vers avec l'hémistiche du vers suivant.

Enfin, las d'appeler le sommeil qui \cjuit. Pour écarter de lui ces images funèbres. . .

(Racine).

Dans le vers suivant il y a accumulation de muets.

Que je te le rendrais en la même monnaie.

(Mol.).

Vous le mieux révéler qu'il ne me le révèle.

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