LA GRÈCE
Strophe
C'est l'aïeule pour nous, elle est la plus antique, Mais elle reste jeune encor, l'âge tombé. C'est le sol de Gybète, et c'est le ciel d'Hébé, Un temple tout entier revit en son attique.
Antistrophe
C'est la terre féconde et riante et mystique' D'où jaillit le héros sur le monstre courbé ; Sa mamelle a l'éclat, la forme de Phébé, Le démon du génie est son dieu domestique.
Épede
Son flot est clair, son ciel léger, son marbre pur, C'est une île de lait qui nage dans l'azur, Et sa pensée éclaire au loin comme une étoile. Et pleine d'harmonie et pleine de douceur, Quand des siècles maudits elle a jeté le voile, La mère vénérable est une jeune sœur.
On voit que le dessin est le même daus les deux strophes, et les rimes et leur distribution identiques ; dans les deux tercets formant l'épode le dessin est tout à fait différent.
Au point de vue du sens, cette épode joue le rôle de résoudre la strophe et l'antistrophe. C'est ce qu'on entend par le trait final du sonnet.
C'est cette disposition triadique qui a fait la singulière fortune de ce petit poème, non seulement en France, mais en Italie et ailleurs. Aussi reste-t-il très cultivé, quoiqu'il soit un peu artificiel. C'est même le seul qui résolve la triade d'une manière purement phonétique Nous allons voir, au contraire, que cette triade se réalise souvent dans le poème Jexicologique et dans le poème psychologique.