‹ Des principes de la versification françaiseChapitre 60 sur 97 · D. — DU NOMBRE PAIR ET IMPAIR DANS LE POEME · texte numérisé non relu

D. — DU NOMBRE PAIR ET IMPAIR DANS LE POEME

Le poème non organique, mais cependant composé de strophes, peut avoir ces strophes en nombre indéfini, et alors il y a une succession de strophes et d'antistrophes toutes semblables les unes aux autres, ou bien les strophes qui se suivent peuvent être tout-à-fait différentes et de dessin rythmique et d'étendue II existe donc, par rapport aux strophes, un poème isométrique et un poème hétérométrique.

En outre, une des strophes peut s'organiser différemment de toutes les autres, étant plus courte ou plus longue, et servir de clôture, comme le fait la clausule dans l'intérieur de l'unité strophique, c'est l'épode.

Voici des exemples de ces diverses constitutions :

Nous n'en donnons pas des poèmes isométriques, c'est-à-dire contenant des strophes identiques quant au rythme. C'est le poème strophique ordinaire.

De brumaire à vendémiaire.

Brumaire.

Brumaire. . . . c'est brumaire, ah ! partout c'est la brume, Point d'astre dans le Sud et point de pôle au Nord, La vapeur et la nuit montent comme une écume, C'est que le temps qu'a prédit la Sybille de Cume, La terre enfantera quand l'homme sera mort.

Frimaire.

L'ombre seule est assise au sommet, c'est frimaire ; Dans la veine a passé, court, revient le frisson, La France sent froidir en son argile amère Le sol et la racine et le père et la mère, Et le Dieu, l'éternel, qui devient éphémère ; Le saint n'a plus d'azur, ni l'aïeul de gazon

Le nombre de vers s'accroît ainsi à chaque stance.

Le poème, dans sa véritable unité, se forme, commenous l'avons vu, au moyen de la clausule poématique qui constitue le refrain ou l'épode. Nous renvoyons pour sa description à la rubrique du poème.

Le nombre est donc un des fadeurs les plus importants du rythme dans chacune des unités rythmiques. Selon qu'il est pair ou impair, il modifie le caractère de ce rythme et même l'impression poétique qu'on peut en tirer, de manière à constituer un mode majeur et un mode mineur analogues à ceux qui régnent dans la musique. Le nombre impair se déduit du correspondant pair et cause une altération rythmique dont le poète peut tirer un grand et utile parti.

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