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Rajewski a constaté, en effet, que les solutions d’hémoglobine et de picrocarminate ne subissent pas les mêmes variations de teinte sous l’influence des mêmes changements d’épaisseur. L’égalité obtenue dans de grands vases à précipités d’un demi-litre, n’existe plus quand les solutions sont comparées dans de petits hématinomètres.
Les chiffres obtenus par Rajewski dans une série de dosages comparatifs, montrent que la solution de picro-carminate peut parfaitement remplacer la liqueur normale d’hémoglobine. Mais il est nécessaire de la conserver dans des flacons bien bouchés et de l’additionner, de temps en temps, de quelques gouttes d’ammoniaque afin de prévenir la précipitation d’une partie du carmin. Malgré ces précautions, la solution s’altère au bout d’un certain temps; sa couleur pâlit et tire vers le jaune, ce qui rend nécessaire un nouveau titrage à laide d’une liqueur normale d° hémoglobine.
Dans ces conditions, il est presque aussi simple de préparer, avec du sang de cheval, une notable quantité d’oxyhémoglobine pure que lon dissou dans de l’eau. La solution préalablement titrée est répartie, d’après le conseil de Hoppe-Seyler, dans de petits ballonnets que l’on ferme à la lampe et dans lesquels la matière colorante soustraite à l’action de l'air se conserve très bien à l’état d’hémoglobine. On les ouvre successivement au moment des besoins, et le contenu de chacun d’eux peut servir à la confection de liqueurs normales pendant une huitaine de jours.
Malgré ces perfectionnements, le procédé de Hoppe-Seyler exige > toujours de temps en temps, la préparation de liqueurs titrées d’hémoglobine. Il est donc d’une application peu commode même dans un laboratoire, et son emploi en clinique est tout à fait impossible.
2° Procédé de Worm-Müller (1).
Au lieu de décolorer une quantité déterminée de sang, en l’étendant progressivement d’eau, on colore une quantité connue: d’eau (1/2 litre) en y ajoutant, petit à petit, le sang à examiner. La couleur type est celle d’un
(1) Voir Malassez, Arch. de physiologie, p. 1, 1877.
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sang quelconque, qui est prise comme unité. La comparaison se fait dans des espèces de grands hématinomètres. La quantité de sang ajoutée est donnée par la diminution de poids subie par le vase qui contient le sang à examiner. Les erreurs ne dépasseraient pas 0,75 p. 100. ,
3° Procédé de Jolyet et Laffont.
MM. Jolyet et Laffont se servent du colorimètre de Duboscq (fig. II). Cet appareil se compose de deux godets à fond plat en glace. Un miroir incliné, M, éclaire le fond de ces cuves. Dans chacune d’elles descend un cylindre de verre plein, T, à bases parallèles et polies. En se plaçant audessus de ces cylindres et regardant suivant leur axe, on voit le liquide en couche d'autant plus mince et, par suite, d’autant moins colorée que le cylindre est plus enfoncé dans la cuve. Or, cet enfoncement se règle au moyen de vis micrométriques munies d’échelles et de verniers. Si les cuves contiennent des liquides de teintes différentes, il sera possible, en abaissant plus ou moins l’un des tubes, de les rendre égales et de lire, sur l’échelle, Pépaisseur de chaque liquide.
Pour faciliter la comparaison des deux surfaces colorées, l’image de chaque cuve est recueillie par un prisme, de telle sorte qu’en regardant dans un oculaire situé au-dessus des prismes, on voit les deux images sous forme de deux demi-cercles exactement contigus (fig. III). La moindre différence de teinte peut donc être appréciée et corrigée par un mouvement de la vis micrométrique.
Ce dispositif permet d’osciller autour de l'égalité de teinte et de recommencer, à plusieurs reprises, la comparaison des liquides colorés, sans qu’il soit nécessaire de prendre un nouvel échantillon du sang à analyser. De plus, MM. Jolyet et Laffont ont remplacé la solution type d'hémoglobine ou de picro-carminate, toujours altérable, par un verre coloré dont ils déterminent, une fois pour toutes, la valeur en hémoglobine. Mais cet appareilleur a surtout servi à déterminer la capacité respiratoire d’un sang, d’après son pouvoir colorant. Voici les expériences qui ont servi de point de départ.
« La capacité respiratoire d’un sang de chien obtenue à laide de la pompe à mercure est de 20*,90. Examinée au coloriwètre, une solution au
1/25 de ce sang doit être vue sous une épaisseur de 0°*,48 pour avoir la même valeur de ton que le verre étalon. On cherche ensuite à quelle épaisseur correspondrait une solution au même titre du sang d’un animal de même espèce pour avoir la même valeur de ton que le verre étalon : soit 0°",46, cette épaisseur.
» Admettons que le sang de chien est d’autant plus coloré que sa capacité respiratoire est plus grande. On sait, d'autre part, que la coloration des liquides examinés au colorimètre varie en raison inverse des épaisseurs sous lesquelles ces liquides sont vus. On a donc :