KP
Ces chiffres ne concordent pas d’une façon bien satisfaisante. Si on compare entre eux les résultats successifs fournis par un même procédé, on voit qu’ils présentent des oscillations notables. À quelle cause doit-on les rattacher? Je ne saurais mieux faire que de reproduire les considérations si intéressantes présentées par Hüfner (1) à ce sujet.
Quand Bunsen entreprit de déterminer le coefficient d'absorption de Poxygène, il lui fut impossible d’arriver, dans une série d’essais successifs, à des résultats concordants. Finalement il dut attribuer cet insuccès à l’oxydation de certaines impuretés métalliques du mercure, si bien que le coefficient en question ne put être fixé que par différence et d’une facon détournée. De l’eau saturée d'air fut soumise à une ébullition prolongée. Les résultats de l’analyse des gaz recueillis, et la connaissance préalable du coefficient de l’azote permirent de calculer celui de oxygène.
À ce propos, Bunsen insiste sur le soin extrême qu’il faut mettre à purifier l’eau qui doit servir à de semblables déterminations. Il suffit qu’elle ait été distillée dans un appareil qui aurait contenu précédemment des matières organiques pour qu’une partie de l’oxygène se transforme en acide carbonique. x
Si l’on considère, d’autre part, les conditions dans lesquelles on se trouve, lorsqu'il s’agit d'extraire l’oxygène absorbé par un liquide telque le sang, on comprend combien ilestillusoire de compter sur des résultats concordants.
(4) Zeitsch. f. physiol. Chemie, Bd I, p. 390, 1877.
se VO) ee
L'expérience montre que le vide seul est insuffisant pour dégager complètement les gaz dissous dans l’eau. Une ébullition de quelques instants est nécessaire pour chasser tout l’oxygène que l’eau paraît retenir avec une affinité toute spéciale. A plus forte raison faut-il chauffer quand, à cette affinité, vient s’ajouter l’attraction que des matières organiques doivent exercer sur l’oxygène. Mais alors la consommation de ce gaz par les matériaux oxydables du sang est favorisée dans une proportion inconnue, mais à coup sûr considérable. VE
On comprend dès lors pourquoi les résultats obtenus par voie absorptiométrique doivent inspirer plus de confiance. Il serait du reste au moins hasardé de tirer une moyenne de chiffres obtenus par des procédés si différents.
La donnée fondamentale du dosage de l’hémoglobine au moyen de la quantité d'oxygène absorbé, n’est donc pas connue avec une exactitude suffisante pour que des résultats en oxygène, traduits en hémoglobine, puissent être rapprochés avec fruit des chiffres obtenus par des méthodes directes.
Mais la détermination de la capacité respiratoire n’en est pas moins intéressante. En attendant qu’il soit possible de les traduire en poids absolus d’hémoglobine, ces résultats expriment toujours des richesses relatives en matière colorante, et nous renseignent d’ailleurs sur la vraie valeur physiologique du sang.
On a objecté que dans quelques états pathologiques, et à la suite de l’ingestion de certaines substances, l’hémoglobine perd une partie de son pouvoir absorbant. Mais là est précisément, à mon avis, la supériorité du dosage par l’oxygène. À un point de vue chimique, analytique pur, l’objection est juste. Mais au point de vue physiologique, une hémoglobine ne compte qu’en tant qu’elle absorbe de oxygène, et si elle est en partie remplacée par des produits d’altération auxquels ce rôle est refusé, il importe de posséder une méthode de dosage, qui n’englobe pas dans un seul chiffre l’hémoglobine encore intacte et celle qui a perdu son pouvoir respiratoire. Ce reproche peut être retourné avec beaucoup plus de force contre les procédés colorimétriques, ou en général empiriques. J’y reviendrai à ce moment.
De tout ce qui vient d’être dit, il ressort nettement, je le crois, que le
le
dosage de l’hémoglobine par l'oxygène, avec les restrictions qui ont été faites, est chose légitime.
Il rentrait donc dans le plan de ce travail d'examiner tous les procédés qui permettent de doser l'oxygène dans le sang.
J’étudierai successivement le procédé de Claude Bernard par l’oxyde de carbone, celui de Gréhant par la pompe à mercure, celui de Schützenberger par l’hydrosulfite de soude.
1° Procédé de Claude Bernard.
Claude Bernard a montré que l’oxyde de carbone se substitue volume à volume à l’oxygène de l’oxyhémoglobine.
Cette découverte fournit un procédé commode pour doser l’oxygène. L’appareil instrumental est très simple.
On introduit sous une éprouvette graduée 20 à 25 cent. cubes d’oxyde de carbone préparé en décomposant le ferrocyanure de potassium par l'acide sulfurique concentré. On fait arriver ensuite sous l’éprouvette 15 à 20 cent. cubes de sang saturé d’oxygène par l’agitation à l’air. On remue de temps en temps, puis au bout de 6 à 8 heures, on transvase les gaz à l’aide d’une pipette de Doyère dans un tube gradué étroit.
L’analyse peut se faire soit au moyen des réactifs d’absorption liquides, potasse et acide pyrogallique, soit par la méthode eudiométrique de Bunsen, ou encore en employant les réactifs sous forme solide.
Nawrocki a comparé les résultats fournis par ce procédé à ceux que donne la pompe à gaz. Il a trouvé une concordance parfaite. Ce n’est pas à dire qu’on retrouve exactement tout l’oxygène absorbé par le sang. Le déplacement du gaz n’est complet qu’au bout de 12 à 20 heures, pendant lesquelles les matières organiques consomment nécessairement une certaine quantité d'oxygène.
L'expérience suivante, due à Claude Bernard, est à ce point de vue caractéristique. Du sang est mis en contact avec de l’oxyde de carbone à la température de 13°. Sur cent volumes de gaz on trouve :
Après une heure de contact ;
OxXYLÈNE: LE METRE 13%,64.
Acide carbonique..... 0.
Après vingt-quatre heures de contact ;
(IRVOURE LS uen DORUITERT.
Acide carbonique..... 1 ,04.
Si l'agitation ou le contact avec l’oxyde carbone n’ont pas duré un temps. suffisant, le déplacement de l’oxygène n’est pas complet; Nawrocki l’a démontré en faisant succéder à l’action de l’oxyde de carbone celle du vide d’une pompe à gaz.
On se trouve donc placé entre deux indications contraires, auxquelles il est difficile de satisfaire simultanément.
La nécessité de préparer de l’oxyde de carbone pur et exempt d’air, l’ennui des transvasements de gaz font qu’on préfère généralement se servir de la pompe à mercure, aujourd’hui si répandue et d’un maniement si commode.
L’emploi de la cloche en U de MM. Estor et Saint-Pierre, qui permet de faire l’analyse des gaz en présence du liquide sanguin, simplifie lopération. Mais ce dosage n’est évidemment qu’approximatif. L’action continue du sang sur l’oxygène, la double lecture du volume gazeux, sont autant de causes d'erreur.
2 Procédé de Grehant.
C’est en 1872 que M. Gréhant (1) a proposé son procédé de dosage de lhémoglobine. Je vais résumer rapidement la note très courte qu’il a publiée à ce sujet :
« Le plus grand volume d'oxygène absorbable par le sang permet de doser lhémoglobine, car on peut affirmer que le poids d’hémoglobine est proportionnel au plus grand volume d'oxygène absorbé par le sang. »
(4) Comptes-rendus, t. 75, p. 497, 1872.
mOn
Ce dosage peut être effectué plus exactement en faisant suivre l’action de l'oxygène de celle de oxyde de carbone. Voici quelques chiffres cités par M. Gréhant :
100 cent. cubes de sang de chien ont absorbé successivement :
DESRENO I Rome 30 cent. cubes.
Oxyde de carbone.,... 26,1.
100 cent. cubes de sang de chien :
DAYS RES ES v Ale TE Oxyde de carbone..... 17509;
M. Gréhant n’indique pas comment ces chiffres peuvent être transformés en poids d’hémoglobine.
L'appareil employé est la pompe à mercure. Je n’ai pas à décrire ici un instrument aujourd’hui entré dans la pratique courante des laboratoires.
Je dirai simplement qu’il se compose essentiellement d’une chambre barométrique volumineuse pouvant communiquer par un robinet à trois voies, soit avec l’extérieur par un ajutage vertical noyé dans le mercure d’une petite cuvette, soit par un tube horizontal avec le récipient dans lequel il faut faire le vide.
Le récipient est ordinairement un ballon à long col, dont l'extrémité est reliée par un caoutchouc à vide à l’ajutage horizontal de la machine.
Le col du ballon est entouré d’un manchon en zinc dans lequel circule un courant d’eau froide. ;
Les joints doivent être entourés de petits manchons remplis d’eau qui font fermeture hydraulique.
L'opération comprend trois temps: 1° expulsion préalable de tout Pair contenu dans la machine et le récipient; 2° introduction du sang ; 3° extraction et refoulement des gaz dans une éprouvette graduée.
1° L’expulsion préalable de tout l'air peut se faire en suivant le manuel opératoire de M. Gréhant.
On remplit complètement d’eau bouillie et refroidie le ballon récipient et
7 ue
on l’adapte à la machine. Par quelques coups de pompe, on enlève la petite quantité d’air restée au-dessus de l’eau. Puis, élevant le ballon et donnant au robinet une position convenable, on fait couler l’eau dans la chambre barométrique, d’où on l’expulse par le godet supérieur.
P. Bert a remplacé cette manœuvre assez longue par la suivante, beaucoup plus simple et plus rapide. Un caoutchouc adapté à l’ajutage noyé dans le mercure du petit godet, met le récipient en communication avec une petite machine pneumatique. On abrège ainsi considérablement la manœuvre. Le vide est ensuite amené à l’état parfait à l’aide de la pompe elle-même. Il est bon d'introduire préalablement dans le ballon, quelques centimètres cubes d’eau et de le plonger dans un bain-marie que l’on porte peu à peu à l’ébullition. En même temps, on interrompt le courant d’eau froide qui circule dans le manchon, et la vapeur d’eau qui s’échappe du ballon chasse rapidement, lorsqu'on fait manœuvrer la pompe, tout ce qui restait d’air.
J’ai adopté ce dispositif dans mes expériences, avec cette diférénes que le caoutchouc adapté à l’ajutage de la cuvette est mis en communication avec une petite trompe d’Alvergniat. Le ballon dans lequel on à eu soin d’introduire un peu d’eau, est {chauffé à 50-60°. En moins d’une demi-minute, la trompe a fait un vide presque total dans le récipient, et l’eau entrant en ébullition sous cette basse pression, achève lexpulsion de Pair sans aucune intervention de l'opérateur. Au bout de trois ou quatre minutes, un coup de pompe donné par précaution, n’amène plus trace d’air.
2° On peut opérer l'introduction du sang de différentes manières. Les uns lintroduisent par l’orifice supérieur qui baigne dans le mercure, les autres par une tubulure latérale du ballon.
J’ai adopté le premier de ces procédés. Voici comment j’opérais.
On introduit dans le ballon 100 à 150 cent. cubes d’eau, dont l’ébullition contribue, comme on l’a vu, à chasser rapidement les dernières traces d’air. Quand le vide est obtenu, on fait passer ce liquide, qui est environ à 40°, dans la chambre barométrique.
Pendant ce temps, on a fait agiter à l’air, pendant quinze à vingt minutes, dans un flacon d’un litre, 100 à 150 cent. cubes de sang: On attache le flacon au bout d’une ficelle et on le fait tourner à la façon d’une fronde ; cette mas nœuvre suffit pour réunir la mousse et ramener à la surface les bulles
eo) des
gazeuses en suspension dans le liquide. On aspire le sang dans une burette graduée en dixièmes de centimètre cube. Cette burette est munie, à son extrémité inférieure, d’un tube en caoutchouc, court et rigide, pouvant s’adapter sur la tubulure supérieure de la machine. Son extrémité supérieure est prolongée par un tube en caoutchouc muni d’une pince.
On aspire le sang dans la burette, on ferme la pince, et écrasant avec deux doigts le bout du caoutchouc qui plonge dans le liquide, on porte le tout sur la pompe.
L’extrémité du caoutchouc est enfoncée sous le mercure et ajustée facilement sur la tubulure, grâce à sa rigidité. Un support à pince sert à maintenir la burette.
On lit la hauteur du sang et, donnant au robinet une position convenable, on laisse pénétrer dans le récipient environ 30 à 35 cent. cubes de sang.
On fait une seconde lecture, on enlève la burette et on laisse pénétrer dans le récipient un peu de mercure du godet, afin d’entraîner le sang qui adhère aux parois de l’ajutage. On achève le nettoyage des voies en chassant dans le récipient, l’eau qui a été mise en réserve dans la chambre barométrique. De cette manière, on a en outre l’avantage de diluer le sang, ce qui rend la mousse moins tenace et moins coagulable.
Cette addition d’eau ne modifie pas les résultats comme lont prétendu MM. Estor et Saint-Pierre. P. Bert à institué, à cet effet, une série d’expériences qui tranchent définitivement la question.
3° On installe, sur le godet, un tube gradué en dixièmes de centimètre cube et rempli de mercure. On le choisit assez étroit, afin de rendre possible des lectures exactes. Il doit présenter un volume suffisant (20 à 30 cent. cubes) pour loger les gaz de 30 cent. cubes de sang.
À peine introduit dans le vide barométrique, le sang se met à mousser; les bulles grimpent dans le tube qui conduit à la pompe et peuvent pénétrer dans la chambre barométrique. C’est pour prévenir autant que possible cet accident, que M. Gréhant fait circuler autour du col du ballon un courant d’eau froide. Les bulles composées de vapeur d’eau crèvent et s’affaissent. Si, malgré ces précautions, la mousse menace, durant l’extraction, de pénétrer dans la pompe, on parvient souvent à la faire rétrograder, en produi
roue
sant par de petites rotations brusques du robinet, une fine pluie de mercure emprunté au godet.
Le ballon est plongé dans le bain-marie préalablement chauffé, et l’extraction est faite rapidement à une température élevée (70-80°). Sans cette dernière précaution, près de la moitié de l’oxygène peut échapper à Panalyse.
Le tube qui a recu le gaz est enlevé et complètement plongé dans une cuve à mercure, afin de rétablir l’équilibre de température. Puis on procède à l’analyse au moyen des réactifs d'absorption sous forme liquide, potasse et acide pyrogallique.
Il faut se souvenir ici de la lenteur avec laquelle ce réactif absorbe quelquefois l'oxygène. Une agitation de 5 à 10 minutes est parfois nécessaire.
On néglige la pression de la petite colonne de liquide aqueux. Les volumes observés sont ramenés à (° et 0",760 et rapportés à 100 cent. cubes de sang.
Sur quel degré d’exactitude peut-on compier dans une extraction et une analyse de ce genre?
Une première cause d’erreur peut provenir d’une saturation incomplète du sang. L’expérience suivante le prouve suffisamment :
Du sang de bœuf frais est agité à l’air pendant trois ou quatre minutes. Au bout de ce temps, on prélève coup sur coup cinq échantillons, dont on dose l’oxygène par le procédé plus rapide de Schützenberger. L’agitation est continuée dans l’intervalle de chaque analyse. On trouve successivement pour 100 cent. cubes de sang: |
Je me suis assuré de cette facon que 100 grammes de sang introduits dans un flacon d’un litre exigeaient, pour leur saturation, une agitation soutenue d’environ 15 minutes.
Une lecture rigoureuse des volumes de sang soumis à l’extraction est impossible ; avec la burette qui m’a servi, j'estime l’approximation à 0®,2 ou 0®,3 environ.
Pendant l’extraction, il est certain qu’une notable quantité d’oxygène est consommée par les matières organiques du sang, surtout à la température
= ire.
de l'opération. Cette perte d’oxygène varie avec la rapidité de l’extraction et la composition du sang.
M. Jolyet a démontré que la putréfaction du sang ne modifie pas la capacité respiratoire. J’ai vérifié ce fait à plusieurs reprises. Il constitue une confirmation indirecte des expériences de Hoppe-Seyler, relaiives à la résistance de l’hémoglobine à la putréfaction. Mais j'ai constaté que l'agitation à Pair doit durer au moins 20 à 30 minutes. Il est probable qu’une partie de Poxygène absorbé sert immédiatement à l’oxydation des matières putrides les plus instables. De plus, l’extraction doit être menée plus rapidement que jamais.
Quelles sont les causes d’erreur auxquelles est soumise l’analyse des gaz extraits?
La lecture des volumes gazeux, surtout en présence d’un liquide foncé comme le pyrogallol potassique, est forcément entachée d’une erreur qui varie de 0®,05 à 0,1. Chaque volume gazeux s'obtient au moyen de deux lectures dont les erreurs peuvent s’ajouter. Supposons que l’analyse ait donné :
OXySEnC Se Se" pour 33*,0 de sang.
Ou SR Ces ou 33 2 —
Les résultats extrêmes calculés avec ces chiffres pour 100 cent. cubes de sang sont :
Oxygène : 26,20 — 26°°,66.
Voici, du reste, les résultats d’une série de six dosages exécutés sur un même sang de bœuf. La première colonne indique les volumes d’oxygène pour 100 cent. cubes de sang, la seconde, les écarts positifs ou négatifs dont chaque résultat diffère de la moyenne arithmétique.
Oxyg. p. 100cc de sang. Écarts.
LR O0! nee — 0,15 LAS DD EE ee RER — 0,10 TO 20e en a Lee + 0,45 ADO re a eee — 0,25 LOC RAR ie — 0,02 PROD ART Net + 0,10
Moy. : 17,75
L’erreur moyenne de chaque résultat est de 0%,24 pour 100 cent. cubes de sang, ou 1*,27 pour 100 cent. cubes de gaz. La plus forte erreur commise est de 0,70.
Il faut donc ne pas se faire illusion sur l’exactitude des décimales, et s'abstenir avec soin de tirer une conclusion quelconque d’une différence moindre que 0*,30 et même 0,40 pour 100 cent. cubes de sang.
J’ai fait sur du sang de bœuf une série de dosages d’oxyzgène par la pompe à mercure et d’hémoglobine par détermination du fer. Mais, avant de parler de ces résultats, je tiens à décrire le procédé de dosage de l’oxygène au moyen de l’hydrosulfite de soude. Comme ces deux procédés m’ont toujours servi concurremment, j’exposerai parallèlement les chiffres fournis par les deux appareils, ce qui facilitera la discussion et m’évitera des redites nombreuses.
3° Dosage de l'oxygène par l’hydrosul/fite de soude.
C’est à M. Schützenberger qu’est due la découverte du corps qui sert en solution titrée au dosage de l’oxygène dissous.
L’acide sulfureux, qui réduit une foule de corps, est réduit à son tour lorsqu’on fait réagir le zinc sur sa solution aqueuse. On obtient alors une liqueur jaune qui décolore énergiquement l’indigo et le tournesol. M. Schützenberger a montré que la liqueur douée de ces propriétés décolorantes renferme le sel de zinc d’un nouvel acide qu’il nomme hydrosulfureux. Cet acide se forme en effet par la fixation de l’hydrogène sur l’acide sulfureux
anhydre. L’action de l’acide sulfureux sur le zinc produit de l’hydrogène qui, se portant sur une autre portion d’anhydride sulfureux, le transforme en acide hydrosulfureux.
S0? + H°0 + Zn = So° Zn + H’
anhydride sulfureux. sulfite de zinc.
Sont = So H
acide hydrosulfureux.
Cet acide est peu stable. Son sel de sodium, So? Na H l’est davantage. On le prépare en faisant réagir sur du zinc très divisé une solution concentrée de bisulfite de sodium :
2 So° Na H + Zn — Soÿ Zn + So’ Na° + H:
bisulfite de sodium. sulfite de zinc. sulfite de sodium.
S0° Na H + H° = So° Na H + H°0.
hydrosulfite de sodium.
L’hydrosulfite de sodium absorbe facilement oxygène de l’air pour se convertir en sulfite acide de sodium.
So? Na H + O — So Na H.
APPAREILS. — Les dosages doivent toujours se faire dans une atmosphère d'hydrogène parfaitement exempte d’oxygène. Ce réactif doit être conservé et manipulé à l’abri de l'air. L’appareil dont la description va suivre, et qui est construit par Alvergniat, remplit parfaitement ces deux indications. (Voir fig. I.)
Il se compose : 1° d’un appareil producteur d'hydrogène; 2° de appareil à titrage proprement dit.
1° Le générateur d'hydrogène se compose de deux ballons en verre épais, dont l’un, A, fixe, contient du zinc grenaillé, l’autre, B, mobile vertica-
lement, de l’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau. Les deux vases À et B sont reliés par le gros tube en caoutchouc C. D, D’ sont deux petits laveurs contenant une solution de potasse. Enfin E est une éprouvette remplie de ponce qu’on imbibe d’acide sulfurique. Le bouchon qui la ferme est muni de deux tubes à robinets r, r' permettant d'opérer une distribution de l'hydrogène produit. Lorsque le robinet R est ouvert, l’acide chlorhydrique se met en contact avec le zinc et l'hydrogène qui se dégage, se lave en D, D'et se dessèche en E. |
2° L’appareil à titrage se compose d’un grand flacon F, pouvant contenir un litre d’eau et muni de trois tubulures £,, £,, €, fermées chacune d’un bouchon en caoutchouc à deux trous : Dans £,, passe un tube recourbé en siphon s, qui plonge jusqu’au fond du flacon F; son extrémité extérieure est prolongée, au moyen d’un raccord en caoutchouc 4, par un tube b, pouvant se fermer à son extrémité à l’aide d’un petit tube en caoutchouc et d’un bout de baguette de verre. Ce tube ajouté à l’appareil par M. Quinquaud sert à siphonner l’eau du flacon, qui peut être ainsi vidé et rincé sans accès de l'air. Quand le siphon ne sert pas, le tube à est replié comme le montre la figure et maintenu à l’aide d’un petit anneau en caoutchouc.
Dans la tubulure {,, passe un deuxième tube Z recourbé à angle droit et plongeant jusqu’au fond du flacon. Il est adducteur de l’hydrogène et doit pouvoir glisser dans le bouchon qui le porte, sans cesser toutefois d’empécher la pénétration de l'air.
La tubulure du milieu ?,, porte à demeure un bouchon à deux trous dans lesquels passent deux petits tubes effilés. Ces deux tubes font partie de deux burettes de Mohr, I, H. Les caoutchoucs porte-pinces qui relient ces tubes aux burettes doivent. être assez longs pour permettre la mobilité du flacon, qui sera agité pendant le dosage, sans que les burettes elles-mêmes soient remuées ; ils sont solidement fixés aux burettes et doivent, par contre pouvoir se détacher des extrémités des petits tubes fixés dans le bouchon, afin de permettre le nettoyage du flacon.
Les deux burettes I, H soutenues à l’aide de pinces par un support en bois, recoivent l’une I, l’indigo, l’autre H, l’hydrosulfite. Cette dernière est fermée à son extrémité supérieure par un bouchon en caoutchouc portant un tube c deux fois recourbé, qu’un tube en caoutchouc relie au robinet r.
ee
Ce caoutchouc est séparé en deux segments que raccorde en ? un petit tube en verre. De plus, le caoutchouc porte-pince de cette burette peut être séparé en deux parties, grâce à un petit tube en verre.
La tubulure {, reçoit également deux tubes en verre. L’un est la douille d’un entonnoir K, à baguette obturatrice f. Cette douille doit plonger jusqu’au fond du flacon. L’autre est le tube recourbé g, abducteur de l’hydrogène. Un petit barbotteur #, fait fermeture hydraulique. A l'appareil à titrage se trouve annexé un'dispositif assurant la conservation et une manipulation commode de l’hydrosulfite de soude.
Ce réactif est renfermé dans un flacon de deux litres F', dans lequel pénètrent deux tubes à angle droit. L’un, #, n’arrive qu’à la surface du liquide. Il communique avec une prise de gaz dont le robinet reste ouvert. L'autre tube »' plonge jusqu’äu fond du flacon, et son extrémité extérieure porte un long tube en caoutchouc terminé par un petit tube en verre 0. Ce petit tube doit pouvoir s’engager dans le segment supérieur e du caoutchouc porte-pince de la burette H. Un petit tube en caoutchouc fermé par un bout de baguette p, sert à coiffer l’extrémité de o et fait fermeture. Le tube #" doit pouvoir glisser facilement dans le bouchon qui le porte, de telle sorte qu’on puisse de temps en temps balayer, d’un courant de gaz, l'atmosphère du flacon. Sur le trajet du caoutchouc qui amène le gaz d’éclairage est interposée une éprouvette L contenant de la pierre-ponce imbibée de pyrogallol potassique. Elle sert à retenir la petite quantité d’oxygène que contient toujours le gaz d'éclairage.
Enfin, cette même éprouvette fournit également du gaz à un grand ballon de deux litres M, contenant de l’eau bouillie, qu’on veut maintenir à Pabri de l’air. Ce ballon est installé sur un support très élevé. Le tube qui amène le gaz, arrive jusqu’à la surface de l’eau. Un second tube recourbé en siphon est prolongé par un tube en caoutchouc », qu’on écrase à l’aide d’une pince. Le ballon et le siphon doivent être installés de telle sorte que l'extrémité du caoutchouc ® puisse être commodément amenée à l’orifice de l’entonnoir K.
Pour éviter les échanges gazeux avec l’air extérieur, tous les tubes de caoutchouc employés dans l’appareil doivent être enduits à l’intérieur et à l'extérieur d’une mince couche de paraffine et de cire à parties égales.