A. LANGUE HÉBRAÏQUE
De véritables progrès ont été obtenus et sont en train de se poursuivre dans la connaissance de la langue hébraïque et de ses dialectes. Ces progrès sont en étroite corrélation avec ceux qui ont été accomplis dans l'étude des langues sémitiques, plus particulièrement dans l'Assyriologie ; l'Egyptologie et TEranisme y ont d'ailleurs contribué, et l'on constate par là la solidarité qui unit, dans une même action et une même marche incessante en avant, les divers groupes de la grande famille des orientalistes. Nous faisons cette remarque une fois pour toutes : elle se présente d'ellemême à l'esprit, à chaque feuillet, que nous tournons, de ce grand livre.
Parmi les grammaires hébraïques parues depuis 1886, nous signalerons d'une manière particulière celles de Atrack (1886), qui a eu l'honneur d'être traduite en plusieurs langues, et surtout celle de Kautzsch, dont la dernière édition (25' de Gesenius), date de 1889, et que nous estimons comme le meilleur travail du genre qui ait encore été composé. Pour l'histoire de la grammaire hébraïque, la publication en 1886, par J. Derenbourg, du texte arabe du Uvre des parterres fleuris, d'Abou'Iwalid, est d'une haute importance ; on sait que la traduction hébraïque de cet ouvrage classique avait été imprimée en 1856, La grammaire comparée des langues sémitti/ues du regretté Dr, W. Wright (1890), rendra aussi de grands services pour l'étude de la langue hébraïque et de son histoire.
4 Éhides héhi aïqtics et araméennes.
Dans la lexicographie, les ProUgomena cines neuen hebràisch-aratniiischen Worterbwhs sian A. T. de Friedrich Delitzsch (1886), ont montré toutes les ressources que l'on est en droit d'attendre des études assyriologiques pour la détermination et la précision du vocabulaire hébreu classique. C'est précisément en se fondant sur le merveilleux développement de ces recherches que les derniers éditeurs du dictionnaire hébreu-araméen bibliques de Gesenius ont surtout renouvelé l'œuvre impérissable du maître et lui ont donné un caractère frappant d'originalité. Le travail de MM. Miihlan et Volck (10'' édition de Gesenius, 1886; 11", 1S90) mérite les plus grands éloges, et, comme leur devise ' dies diem docet ' permet de l'augurer, nous ne doutons pas des perfectionnements qu'ils apporteront à leur ouvrage, dans les éditions suivantes. Nous avons aussi les plus grandes obligations au grand dictionnaire néo-hébreu et chaldéetj pour les Talmuds et les Midrachs de M. Jacob Lévy ; commencé en 1876, ce monument, élevé à la Uttératuro rabbinique, n'a été achevé qu'en 1889. L'exacte détermination du sens des mots, la richesse et l'heureux choix des citations qui font de ce dictionnaire comme une encyclopédie réduite des Talmuds et des Midrachs, constituent un des progrès les plus frappants qu'aient réalisés les études hébraïques dans ces dernîÈres années. Tout dernièrement (1890-91) enfin J. Fiirst a publié un intéressant glossaire des mots grecs du vocabulaire des Midrachs.