TOI
Éducation intellectuelle, classes,
études, punitions
Si les soins corporels, quels qu'ils soient, étaient négligés, il n'en était pas de même des soins intellectuels. Les élèves étaient considérés comme des cerveaux pourvus d’un corps, quantité négligeable, et non comme des êtres vivants doués d’un cerveau. Sauf pour les petits élèves le régime des classes de deux heures, des études de une, deux et trois heures sans interruption, sévissait dans toute sa rigueur ; souvent même, le matin, certains élèves avaient quatre heures de classe. interrompues seulement par
un court intervalle de dix minutes. Et tout était bien
quand étant sorti indemne des classes et études successives de la journée on n’était pas obligé, par punition, de passer la récréation, debout, immobile, au piquet, dans quelque coin de la cour, ou, enfermé à nouveau dans quelque salle empuantie, obligé de griffonner hâtivement sous la dictée rapide et monotone de quelque maître de corvée.
Le tableau, ci-dessous, emprunté en partie à la thèse de Trouillet (Paris, 1891) et extrait du rapport des recteurs au ministre de l’Instruction publique en
1888, donnera plus facilement une idée d’ensemble
sur le temps consacré aux études, aux classes et aux récréations, que le détail de l’emploi du temps pour
chaque classe.
Sommeil Etudes
Recréations | Promenades
Eté. : 9h:
Hiver, 9 h. 1/2
Classes prim.
Eté, 9h.
Divis. élément. Hiver. 9 h. 1/2
SUR Eté, h.
Divis. gramm. r'MHivors À. 1/2 Eté. 8h.
Divis. supér. Hiver. 0 b. a vec la moins la veillée. veillée. ;
2 heures jeudis et dimanches.
Divis. extr. supér. id.
Des enfants de sept à treize ans étaient donc contraints à dix heures d’immobilité et de travail par jour, des adolescents detreize à dix-neuf ans, à douze et treize heures, et cela dans des locaux mal aérés, mal chauffés et parfumés par les exhalaisons de corps mal soignés. Ces chiffres de travail qu’un adulte ne pourrait s'imposer, d'une façon continue, sans risques pour sa santé, sont assez éloquents par eux-mêmes et se passent de commentaires.
Conclusion : état rudimentaire de l'hygiène
il y a vingt ans
Tel était l’état rudiméntaire de l'hygiène dans Îles lycées, il y a une vingtaine d'années, et l’on com-. prend, à lire ce résumé, l’effort persévérant qu'il a fallu faire pour amener quelques améliorations là où
régnaient des habitudes de malpropreté séculaires, un étouffement systématique de tout développement physique, l’insouciance ou l'indifférence envers tout ce qui touchail aux lois et aux nécessités de l'hygiène.
L’hygiène actuelle. — Progrès notable.
Les constructions scolaires nouvelles.
Les résultats obtenus, dus aux conseils et à l’enseignement des hygiénistes, s'ils ne les satisfont pas entièrement, marquent cependant un progrès qu'il faut signaler. Les bâtiments scolaires nouvellement construits sont de véritables palais, situés, quand c'est possible,en dehors des grandes agglomérations ; les anciens lycées subissent des transformations qui modifient leur aspect, les rendent plus gais, moins sales, plus sains. On s’attache à faire entrer partout l’air et la lumière. L’électricité, les becs Auer, ou bien l'éclairage diffus reflété par le plafond ont remplacé les becs de gaz si ternes d'autrefois. Le chauffage grossier par les poëles de fonte disparait de plus en plus pour faire place aux calorifères à vapeur ou à eau chaude. Les radiateurs sont placés le long des murs ou à leur intérieur et distribuent une chaleur égale sur tous les points. Le mobilier se transforme, et partout où les crédits le permettent, on a fait achat de tables et bancs à dossier mesurés à la taille des élèves ; on a remplacé les planchers par un sol lavable, et le nettoyage à sec, si en honneur