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autrefois, devient une exception. L'aération se fait systématiquement, hiver comme été, pendant les récréations ou l'absence des élèves. Les cours dans les nouveaux bâtiments sont spacieuses, ensoleillées et ombragées à la fois; les vieilles cours moroses sans air, quelquefois sans soleil des vieux lycées subissent des transformations qui les rendent plus attrayantes et plus saines.
L'hygiène corporelle
L'hygiène corporelle a fait aussi des progrès remarquables. Les dortoirs ne sont plus encombrès : dans certains lycées, il y a même des chambres séparées pour les grands élèves. Les lavabos à robinets omnibus n'existent plus ; une salle spéciale est aménagée auprès du dortoir, où les élèves trouvent chacun leur cuvelte et de l’eau à volonté. Getle salle est généralemeni chauffée en hiver, cè qui permet des ablutions plus complètes,
Depuis quelque temps on a placé des fontaineslavabos près des études et: des réfectoires, où les élèves sont tenus de se laver les mains avant de se mettre au travail ou de prendre leurs repas. Les bains de pieds, de mensuels qu'ils étaient, sont devenus hebdomadaires, et les grands bains sont pris selon les établissements une fois ou deux fois par mois. On a même créé des bains-douches (Henri IV, Montaigne, Lakanal), dont on fait usage
ung fois par semaine ; et la province suit le mouvement : le lycée de Lille en possède depuis trois ans.
Renaïissances des jeux et exercices physiques
À côté de ces améliorations de la propreté corporelle, on a voulu remettre les jeux et exercices physiques en vigueur : le teunis, le football, le cricket, le ballon, les barres, le cerceau pour les petits sont encouragés officiellement pendant les récréations ei se pratiquent couramment. La gymnastique aux agrès et la gymnastique dite suédoise ont leur place marquée dans les programmes, et ont lieu, non plus après les repas, comme autrefois, mais le matin entre 10 heures et midi. Les promenades du dimanche et du jeudi sont supprimées en partie et remplacées par des matches de football entre élablissements de la méme région; des équipes de cyclistes se forment (Lille, Saint-Omer, Albi, Montauban, etc.) ; dans certains lycées, sous l’impulsion de jeunes professeurs, aidés de docteurs et d’anciens élèves, se sont organisées des sociétés de marche, qui, chaque quinzaine, le dimanche, hiver comme élé, sont, accompagnées d’un professeur et d'un docteur, faire des excursions aux endroits et localités offrant quelque intérêt, Le minimum de marche est de 25 à 30 kilomètres, etsiie but est éloigné le retour se fait en chemin de fer.
ya donc un souci nouveau de la santé et du
développement de la jeunesse qui paraît s’éveiller un peu partout : la Ligue française pour l'Hygiène scolaire devient de plus en plus importante sous la direction du D' Stéphane Bonnet, son trésorier, et du D' Mosny, médecin des hôpitaux, son sécrétaire général, et elle poursuit avec persévérance le but
qu'elle s’est donnée : 1° appeler l’attention sur les | inconvénients que présente l’organisation actuelle du régime scolaire pour des enfants et des jeunes gens en voie de développement ; 2° obtenir que l’on donne aux exercices physiques sagement mesurés et à la vie au grand air toute l'importance qu'ils réclament à cet âge ; 3° faire réformer les programmes et les méthodes scolaires de façon à éviter le surmenage cérébral et l’éparpillement des efforts. intellectuels ; 4° réclamer pour les médecins,seuls compétents en malière d'hygiène, et pour les pères de famille une participation plus effective dans la réglementation de la vie physique et intellectuelle des écoliers.
A côté d’elle, Hachette a publié en 1909 pour le ministère de lInstruction publique un Manuel d’'Exercices physiques et de Jeux scolaires qui est maintenant officiel, et il n’est pas jusqu’à l’administration de la rue de Grenelle, qui, poussée par les idées et par les faits, ne tienne à apporter sa part de direction et de conseils à ce mouvement jusqu'ici un peu désordonné, et laissé à la libre initiative des chefs d'établissements. Voici les principaux passages de la circulaire du 7 Mars 1910, relative à l'éducation physique dans les établissements publics d’enseigne-
ment secondaire (Bulletin administratif de l’Instruction publique, n° 1919, 12 mars 1910).
L'éducation physique des élèves des lycées et collèges de garçons a été depuis longtemps l’objet d'une attention toute spéciale de la part de mon administration. Aujourd’hui plus que jamais, il importe que les jeunes gens qui sortent des établissements publics d'enseignement secondaire soient
bien préparés à ce point de vue... Il est nécessaire, d’une
part, de surveiller, avec l'intérêt qu'il mérite l’enseignement
régulier de la gymnastique, d'autre part, d'encourager les sports athlétiques et les jeux de plein air...
Le développement normal harmonieux du corps fait partie intégrante d’une éducation complète, Si cette idée n'est pas encore évidente pour tout le monde, s’il arrive que les familles sont souvent trop disposées à solliciter des dispenses pour les cours de gymnastique, il est du devoir des
chefs d'établissements de s'appliquer à démontrer qu'ils
agissent .aussi contrairement à l'intérêt de leurs fils et de
leurs filles...
D'ailleurs, l'enseignement de la gymnastique est puissamment aidé parles jeux de plein air et par les sports athlétiques. En usage, déjà depuis de longues années, dans beaucoup d'établissements, les Sports athlétiques et les jeux de plein air méritent d’être spécialement encouragés. Les élèves y trouvent une diversion salutaire aux fatigues céré-
brales et à l'effort intellectuel, une occasion de respirer lar-
- gement, et de s’aguerrir aux intempéries. En même temps,
les sociétés sportives qu'ilsconstituent entre-eux développent leur personnalité, leur apprennent à se gouverner eux-
mêmes et à conserver l'estime les uns des autres, et, en les
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obligeant à se soumettre à une règle qu'ils se sont imposée volontairement, donnent à leur ea actère plus de fermeté et de décision. Il est bien entendu que les chefs d’établissements ne doivent laisser s’y engager que les élèves dont les parents ont donné une autorisation écrite, et ont en mème temps déchargé l'administration collégiale de toute responsabilité en cas d'accident. Il va sans dire aussi que MM. les proviseurs et principaux conservent la haute surveillance de ces sociétés, et qu'ils doivent prendre les mesures nécessaires pour qu'elles ne nuisent pas au travail des classes. Mais, ces réserves faites, il est bon qu'ils y prennent un intérêt actif et bienveillant, qu'ils les considèrent comme.un organisme presque nécessaire qui com-
plète la maison et lui fait honneur...
Celte circulaire est la première tentative faite
pour réglementer ce qui n’était jusqu'ici qu'une …
tolérance.
Modifications à lemplei du temps
Ce même souci de la santé des’élèves se retrouve dans le soin quelon prend à ce que, dans des réfectoires convenablement chauffés, ils passent un ‘temps normal à prendre leurs repas, à ce que la monotonie de leurs études soit rompue le plus souvent possible pour éviter le surmenage ou
l'ennui : les classes de une heure sont maintenant la
règle, el un intervalle d’un quart d’heure pour les petits, de cinq minutes pour les grands, sépare tou-