‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 111 sur 143 · EH EU10PB IT 1H ABÉMQUB · texte numérisé non relu

EH EU10PB IT 1H ABÉMQUB

dimanche ; seulement le samedi , jour où les enfants juifs ne vont point à l'école, on y explique les croyances propres aux diverses sectes chrétiennes. Les vérités communes à toutes les religions, celles qui constituent la morale, se rencontrent dans toutes les branches d'enseignement.

Les écoles bourgeoise* sont fréquentées par les enfants de la classe moyenne ; on y pratique les mêmes enseignements que dans les écoles populaires, et on y joint ceux de l'histoire, des mathématiques et de quelques langues étrangères modernes, telles que le français, l'anglais et l'allemand.

Ces écoles sont presque toutes privées ; elles se sont formées sur le modèle de celles de la société du bien public , et il a suffi de cette concurrence pour les élever au degré de perfection où elles sont parvenues.

Les administrations publiques doivent veiller & ce qu'il y ait partout des écoles en bon état et en nombre suffisant, et à ce que les écoles privées, fondées dans un esprit de spéculation, ne se multiplient pas trop, ce qui , en mettant l'instruction au rabais, pourrait tourner à son préjudice.

Un des plus grands éléments de la prospérité de l'instruction primaire en Hollande, est le bien-être dont jouissent les maîtres ; ils sont en possession d'un traitement fixe donné par les municipalités, et de rétributions payées par les parents des élèves; le tout montant au moins à 1,000 fr. par an, même dans les villages, et quelquefois à 2,000 ou

10 lUfTlUCTIOI FIJMillE

•4,000 fr. , sans compter une habitation et un jardin.

Une autre cause de prospérité des écoles , c'est la surveillance active et éclairée à laquelle elles sont soumises. Cette surveillance s'exerce par les fondateurs, par un inspecteur dans chaque canton et par des comités dans les villes, dans les districts et dans les provinces. Les inspecteurs de canton sont choisis avec le plus grand soin parmi les personnes les plus reooromandables.

Il existe un règlement général pour les écoles du royaume ; chaque province peut en (aire un pour son territoire , pourvu qu'il n'enfreigne pas le règlement général ; toute ville pour son enceinte, tout administrateur ou tout maître pour son école, peut en dresser un particulier, pourvu qu'il ne contrevienne ni à celui du royaume, ni à celui de la province.

En général, comme en Allemagne, les enfants des deux sexes sont réunis en Hollande dans les mêmes écoles , même dans les écoles bourgeoises ou les parents paient une rétribution ; et c'est un des points sur lesquels l'instruction primaire de ce pays , d'ailleurs si florissante , laisse à désirer.

Un autre point encore où elle est défectueuse , c'est en ce qui concerne les asiles ; ou bien il n'en existe point, ou bien ils sont pour la plupart si mal organisés, qu'ils agissent contre le but de leur institution.

L'enseignement normal continue à prospérer; les élèves-maîtres se forment principalement en

HT 1C10PI 1T EH AMÉ11QC1. Il

pratiquant renseignement pendant quatre ans, dans les meilleures écoles , en qualité d'assistants et de sous-maîtres. Cette coutume , fondée par la société du Bien Public , et qui a continué de subsister, a permis à la Hollande de se passer d écoles normales. Néanmoins , il y en a une à Harlem qui répond dignement au dessein de sa création ; dans plusieurs grandes villes aussi, on a ouvert pour les jeunes assistants des cours qui leur sont faits par des instituteurs distingués. Enfin, comme moyen de perfectionner l'instruction des maîtres en exercice , de nombreuses conférences existent parmi eux et produisent les plus heureux fruits. En 1822, il y en avait déjà 180, dont faisaient partie 1,986 instituteurs.

Les dépenses des écoles publiques sont couvertes par les ressources des communes , des paroisses , des hospices , par les rétributions des parents des élèves , et au besoin par les subsides des provinces et de l'État.

C'est sous l'empire de ces principes que l'ensei* gnement primaire s'est rapidement propagé en Hollande.

En 1809, elle comptait 4,451 écoles, où le dixième de la population, 190,000 élèves sur 1,900,000 habitants , recevait l'instruction. Enl826,lenombrede3élèvess'élevaità380,517',

1 Y. Rapporta sur la situation des écoles supérieures , moyennes et primaires du royaume des Pays-Bas, depuis 1816 jusqu'en 1826. La Haye, 1829.

12 llfSTltTCTlOS UIM1T1B

et en 1816 à 804,459, répartis dans chaque province de la manière suivante * :

Province». Population. Écoles. Élève*. On élèrt sur

Brabant septent. 358,938 343 37,743 9,5 habit.

Gaeldre 328,091 354 39,104 8,4 •

Hollande sept... 420,448 459 45,428 9,2 •

Hollande mérid. 497,311 427 48,152 10,3 •

Zélande 141,987 165 17,603 8

Utrecht 137,392 141 16,822 8,2 »

Frise 221,273 341 34,094 6,8 >

Oreryssel 186,563 226 29,888 6,2 •

Groningue 168,346 243 24,375 6,9 »

Drenthe 68,038 133 11,250 6

Totaux.... 2,528,387 2,832 304,459 8,3 •

Sur les 2,832 écoles, 2,190 sont publiquet et 642 privées : les premières sont fréquentées par 256,023 et les secondes par 48,426 élèves. Sur la totalité du nombre des élèves on compte 173,578 garçons et 130,881 filles. On compte, terme moyen, pour une école primaire 107 élèves, et sur la population totale du pays, un élève pour 8, 30 j habitants. Ce rapport, quelque favorable qu'il soit , est néanmoins inférieur à celui que Ion a constaté pour la Prusse et qui est de 1 élève sur 6,29 7 habitants. Cette infériorité pour la Hollande s'explique parce qu'il n'y a pas en ce pays de loi qui oblige les parents à envoyer leurs enfants à l'école , ni qui fixe l'âge auquel on doit y aller. Il

1 De V instruction publique en Hollande , par M. Victor Cousin. Paris , 1837, pag. 452.

EH IU10FC VT 1H AMilJQOB. 13

n'y a pas non plus de contrôle aussi rigoureux pour l'assiduité des élèves pendant toute l'année.

Page 1