‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 113 sur 143 · GRASDE-BHETAGHE · texte numérisé non relu

GRASDE-BHETAGHE

Angleterre et payé de Galles. — L'instruction

1 Y. Quarterly Journal of Education. London, G. Knight. — Educational Magazine. London, Simpkin tnd Marshall.

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primaire est entièrement libre en Angleterre ; le gouvernement n'y intervient en aucune façon. Des dotations faites par des rois et des princes ont contribué à fonder les universités d'Oxford et de Cambridge , et à leur assurer un immense revenu, tandis que de simples particuliers ont élevé dans leurs districts respectifs des écoles de divers degrés. C'est sur le produit de ces donations , consistant la plupart en immeubles , que sont prélevés les honoraires des maîtres, les frais d'enseignement et d'entretien d'un certain nombre d'élèves. Cependant il s'en faut que toutes les écoles de l'Angleterre soient pourvues de donations; mais celles qui ne sont pas dotées reçoivent une subvention de la paroisse , si le nombre des élèves n'est pas suffisant pour assurer l'existence du maître.

En 1818 il y avait, en Angleterre et dans le pays de Galles, indépendamment des écoles du dimanche (sunday tchoolë), 18,500 écoles primaires où 644,000 enfants recevaient l'instruction pendant 6 jours de la semaine. Le nombre des écoles êubtiàièeê était de 4,200 avec 166,000 élèves, et celui des écoles soutenues au moyen de contributions volontaires ou de rétributions payées par les écoliers, était de 14,300 avec 478,000 élèves. On peut estimer que la moitié des enfants fréquentant les écoles payaient la rétribution scolaire.

Pendant la même année, le nombre des écoles dominicales était de 8,100 fréquentées par 452,000

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enfants : mais la plupart de ces enfants , les trois quarts ou même les quatre cinquièmes, fréquentaient en même temps les écoles primaires.

D'après les derniers relevés présentés au parlement (Education inquiry, 1833, y. III), le nombre des écoles et des élèves, en 1838, était réparti de la manière suivante :

Nombre. Élèves.

Écoles subsidiées 3,005 153,638

Écoles soutenues par souscriptions 2,827 178,417

Écoles soutenues au moyen

des rétribut, des élèves. 29,142 732,421 Écoles soutenues partie par souscriptions , partie au moyen des rétribut, des élèves 2,895 212,306

Total. . . . 37,869 1,276,782

Au nombre de ces écoles figurent 2,985 écoles gardiennes avec 89,005 élèves.

Le nombre des écoles du dimanche était , à la même époque, del6,828, fréquentées pari ,548,890 enfants.

On voit que le nombre des écoles et des élèves a doublé dans l'espace de 15 ans. La population de l'Angleterre et du pays de Galles pouvait être évaluée à l'époque du relevé dont il s'agit, à 14,400,000 habitants; on y comptait donc, dans les écoles primaires, un élève sur plus de 11 , et m. 3

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dans les écoles dominicales , un élève sur 9 habitants enriron.

Irlande. Éeoëêe1. — Le gouvernement britannique ne s'occupe pas plus de l'instruction élémentaire , en Irlande et en Ecosse, que dans les autres parties des T rois-Royaumes. Cependant , quoique livrées à leurs propres ressources, les paroisses de ces deux contrées font tous les ans de nouveaux efforts pour rendre l'instruction primaire accessible à toutes les classes. Les Irlandais ont, beaucoup plus que les Anglais , le goût de l'instruction. Les pauvres , a quelque classe qu'ils appartiennent , et quelle que soit leur religion, la recherchent pour leurs enfants. Mais les livres et les écoles ont été long-temps si rares dans ce pays, que des milliers d'enfants n'ont reçu d'autre enseignement que celui que leur donnaient des maîtres auxquels conviendrait fort bien le nom de péripatéticiens ; en effet , c'est dans les cimetières qu'ils instruisaient leurs élèves. Ceux-ci n'avaient d'autre alphabet que les lettres des épi ta ph es ; ils se servaient d'un morceau de craie au lieu de plume , et les pierres des tombeaux étaient leurs seuls cahiers de devoirs. C'est en Irlande aussi qu'on a vu plusieurs fois des hommes enseigner à lire à d'autres hommes, sous la seule condition que chacun d'eux en instruirait à son tour dix autres. De sorte que , sans la coopération du gouvernement , l'instruction s'est répan-

1 V. Revue britannique. 1833.

ZR IVlOfl 11 IR AlitlQVl. 27

due dans plusieurs des districts les plus sauvages de cette malheureuse contrée. Voici quel était, en 1841, le nombre des écoles et celui des élèves qui les fréquentaient i

Écolef. Éeoliei*.

Province de Ulster 8,897 148,764

n Leinster. . . . 8,985 164,480

» Munster. . . . 8,718 198,088

» Connaught. . . 3,083 78,461

Total. . . 18,632 589,798

La population de l'Irlande était, à la même époque , de 7,767,000 habitants , de sorte que l'on y comptait 1 élève sur 18,3 habitants.

En 181 1 , l'Irlande ne possédait que 4,600 écoles, suivies par 300,000 élèves environ. Ainsi, dans un intervalle de 30 ans , le nombre des écoles et des élèves a presque triplé. Indépendamment de ses écoles ordinaires, l'Irlande possède aussi des écoles dominicales que fréquentaient , en 1831, 150,000 enfants. Ces progrès doivent être surtout attribués à la charité publique. La société pour l'encourage» ment de l'instruction (kildare plaoe tociety) , dont le siège est à Dublin , indépendamment de l'école modèle qu'elle avait instituée dans cette dernière ville, et qui comptait 400 élèves, était en rapport, en 1881, avec 1,500 écoles comptant plus de 100,000 écoliers; son école normale avait fourni environ 1 ,000 maîtres , dont un peu moins de k moitié étaient catholiques. Cette société recevait

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un subside annuel do gouvernement ; mais sa tendance, trop exclusivement protestante, a engagé l'administration actuelle a confier la répartition du fonds alloué par le trésor public pour l'encouragement et la propagation de l'instruction en Irlande, à un comité spécial à la tête duquel se trouvent les archevêques catholique et protestant de Dublin.

L'Ecosse , au XVIIe siècle , était une terre couverte de mendiants , de vagabonds et de malfaiteurs. En 1696 , un acte du parlement écossais, pour tarir la source principale du mal , qui était l'ignorance , prescrivit l'établissement d'écoles dans chaque paroisse, et fit des fonds pour le traitement des maîtres. Gréées dans l'intérêt de la religion et de la réforme autant que dans celui de l'enseignement , ces écoles ont conservé le caractère religieux qui leur fut d'abord imprimé. Le gouvernement ne prend aucune part à leur administration.

Il serait difficile de donner une juste idée du zèle dont les pauvres , dans ce pays , sont animés pour procurer à leurs enfants les avantages d'une bonne instruction primaire. C'est aux yeux de tous un devoir si essentiel , que des hommes fort obscurs et même vicieux , auraient honte et se feraient de vifs reproches de le négliger. Si l'on en excepte quelques coins reculés des montagnes, on trouverait difficilement , dans ce pays, quelqu'un qui ne sét pas lire et signer son nom. Dans la classe moyenne, il est rare qu'on ne reçoive pas une

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instruction classique ; et on voit souvent des pauvres s'imposer des sacrifices , ou môme se priver du nécessaire pour faire instruire leurs fils. Le chiffre des étudiants qui fréquentaient les quatre universités d'Ecosse, en 18&2, corroborera ce que nous avançons :

Universités. Etudiants.

St-Andrews 180

Glasgow 609

Aberdeen 218

Edimbourg 2,020

Total. . . . 3,027

Le* instituteurs des écoles de paroisse forment , en Ecosse , une classe d'hommes considérés, et qui méritent de l'être. Us sont presque tous , de même que les membres du clergé de ce pays , sortis des plus humbles rangs de la société. Leur traitement était , en 1803, de 16 à 22 liv. sterl. par an (400 à 500 fr.). Depuis, il a été porté de 20 à 35 liv. sterl. (500 à 762 fr.). Ils ont en sus la jouissance d'une petite maison à laquelle est annexé un jardin d'environ un quart d'acre d'étendue ; et les parents aisés leur paient en outre une redevance de 1 schell. 6 p. à 5 schell. par trimestre, suivant le degré d'enseignement qu'ils font donner à leurs enfants. En 1831 , on comptait 1,350 écoles du dimanche, fréquentées par 66,116 écoliers. En 1834 , le nombre des écoles paroissiales, dans les 907 paroisses d'Ecosse, était de 1,005, contenant m. 3.

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80 à 60,000 enfenfta. Il faut ajouter à oe nombre 15,000 élèves dam les écoles urbaines, 25,000 dans les écoles de charité et celles qui sont établies par des sociétés, et 6,610 dans les écoles fondées par la société pour l'encouragement de l'instruction dans les highlands et les îles. Total 147,110 élèves. A la même époque on comptait plus de 2,000 écoles particulières dans le plat pays (lowlands), et $72 dans les montagnes et les iles. En estimant que le nombre des élèves de ces écolei •oit équivalent à celui des élèves qui fréquentent les écoles publiques proprement dites, on aura un toUl de 294,200 élèves pour toute l'Ecosse. Or, d'après le recensement de 1831 , la population de ce pays était de 2,&6JS,807 habitants ; le rapport du nombre des élèves à la population est donc de 1 sur 8 environ.

5. ALLEMAGNE. — PRESSE. — WURTEMBERG. — GBAID DUCHE DE BADB. — BAVIBBE. — SAIE. — BOHEME. — ETATS AVTRICH1EHS. — HAIOVBB '.

L'état avancé de l'instruction du peuple en Allemagne, a fixé depuis long-temps l'attention de

V. Rapport *ur l'état de l'instruction publique dans quelques pays d'Allemagne et particulièrement en Prusse ,^x M. Y. Cousin. Paria, 1833. — État de l'instruction primaire dans le royaume de Prusse à la fin de Vannée 1831, par le même. — Rapport de M. De Gérando sur l'état de Vinstruotion dame le Grand-Duché de Bade et le royaume de

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l'Europe. Entre aatreft documents de nature à nous le faire bien apprécier, nous citerons le rapport de M. Cousin, chargé par le gouvernement français, en 1831 , d'explorer le nord de l'Allemagne et notamment la Prusse , et un autre rapport de M* de Gérando, sur le grand Duché de Bade et le royaume de Wurtemberg qu'il a parcourus en 1823, Bien que l'Allemagne soit partagée en un grand nombre d'États, cependant il existe une sorte d'unité dans son instruction primaire. Nous ne croyons donc pouvoir la mieux faire connaître qu'en exposant les caractères généraux de œile de la Prusse, qui nous a paru être le plus fortement constituée.

L'instruction publique et particulièrement Fin* struction primaire est régie en Prusse par un minis* tre assisté d'un conseil, dans lequel se trouve une section spéciale de l'instruction publique.

Ce pays, on le sait, est partagé en dix provinces, les provinces en départements, les départements en eeroles, et les cercles en communes.

A chacun des degrés de cette hiérarchie se rencontre une autorité chargée de veiller sur l'instruo tion primaire : dans la province , une section du consistoire , ou Schulcollegium ; dans le département, un membre du conseil de régence, appelé

%- Wurtemberg. 1833. — Bulletin de la société pour l'instruction élémentaire de Paris, Appendice du rapport annuel de 1835, par M. Boulay de laMeurthe, etc.

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conseiller d'école , Sshulrath ; dans le cercle, un inspecteur; dans les communes où il y a plusieurs écoles, nne commission d'écoles, Schulcommitsicn; dan s les communes où il n'y a qu'une école, le comité d'administration et de surveillance, Sehulverstand, qui existe à côté de toute école et qui la gouverne.

Ce comité est composé du curé ou pasteur surveillant né de l'école , des magistrats de la commune et d'un ou deux pères de famille.

La commission d'écoles se compose du surintendant, de l'archiprétre ou du doyen du lieu , d'uo ou deux membres de la municipalité, d'un nombre égal de notables, d'un ou deux bommes experts en fait d'écoles (Schulmann), et d'un délégué de chaque comité d'école.

L'inspecteur du cercle est ordinairement an ecclésiastique.

LeSchulraih, au contraire, est presque toujours un laïc.

La section du consistoire provincial et celle do conseil du ministre, qui sont spécialement chargées de l'instruction publique, ne se composent presque entièrement que de laïcs.

Gomme on le voit, l'influence ecclésiastique n'existe réellement que dans la partie inférieure de cette organisation, et là même elle est fortement 'balancée ; elle disparaît et s'annihile à mesure que l'on approche du sommet pour faire place à l'influence purement gouvernementale. Dans ce sys*

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