‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 114 sur 143 · EN EVE01E ET ES AMIIIQUE · texte numérisé non relu

EN EVE01E ET ES AMIIIQUE

tème , les curés et les pasteurs ne sont que des agents.

Toutes les parties de cet ensemble administratif s'enchaînent et correspondent entre elles, de ma* nière que tout aboutit au ministre ; néanmoins celui-ci n'administre pas, à vrai dire, cette machine si vaste et si compliquée; il se contente de lui imprimer une impulsion uniforme et d'exercer sur ses mouvements une surveillance générale; l'administration proprement dite appartient au département et à la commune.

Toute commune est obligée d'avoir et d'entretenir au moins une école élémentaire, toute ville une école bourgeoise.

Plusieurs communes peuvent cependant se réunir pour avoir une école en commun, si leurs ressources ne leur permettent pas d'en avoir chacune une.

La maison d'école doit se composer de salles d'étude convenablement disposées, d'un logement pour le maître, d'un préau sablé, d'une place pour les exercices gymnastiques et d'un jardin servant à l'instruction des élèves.

L'entretien d'une école met à la charge de la commune le traitement du maître, dont\e minimum est fixé par les consistoires provinciaux, une pensionassurée à ses vieux jours, le mobilier complet, tous les objets nécessaires aux divers enseignements, une petite bibliothèque, et des secours aux élèves nécessiteux.

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II est pourvu à toutes ces dépenses au moyen de fondations, donations ou legs, par les revenus des communes , par les contributions spéciales imposées aux chefs de famille, et enfin par des subventions départementales.

L'instruction n'est jamais complètement gratuite; quelque modique qu'elle soit, une rétribution eit toujours payée par les parents, si ce n'est par ceux qui sont tout à fait réduits à l'indigence , auquel cas la commune fait les frais de l'instruction de leurs enfants. Un receveur particulier perçoit pour le maître les rétributions dues par tes parents.

Les pères de famille sont tenus d'envoyer lenn enfants à l'école depuis 7 jusqu'à 14 ans1; s'ils négligent ce devoir, on les y rappelle d'abord par des remontranoes ; puis , si elles sont vaines , en les punit par des amendes et par la prison ; on les prive de toute participation aux secours pu* blics ; on les déclare incapables de remplir toute fonction communale, paroissiale ou scolaire; et si malgré toutes ces peines, ils continuent de négliger l'éducation de leurs enfans , on donne à ceux-ci un tuteur pour y veiller.

Quant aux enfants eux-mêmes , ils peuvent être conduits à l'école par des agents de police; et les rai* nistres des cultes ne doivent les admettre aux sacrements que s'ils sont porteurs de certificats d'école.

1 Cotte obligation commence à six ans dans le duché de Darmstadt , et a* cinq ans dans le royaume de Saxe.

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Cette obligation des parents d'envoyer leurs enfants aux écoles est déjà ancienne ; il existe une circulaire de Frédéric le grand, du 1er janvier 1769, qui la prescrit ; elle est aujourd'hui dans les mœurs du pays aussi bien que celle du service militaire, et deux mots à peu prèB semblables expriment Tune et l'autre : Schulpflichtigkeit (devoir d'école), Dienstpflichtigkeit (devoir du service).

Le programme des écoles élémentaires comprend la religion et la morale, la lecture, l'écriture, l'arithmétique) la langue allemande et celle du pays dans les provinces qui no sont pas allemandes, la géométrie, le dessin, les éléments de la physique, de la géographie , de l'histoire générale et plus particulièrement de l'histoire de la Prusse , le chant, la gymnastique, quelques travaux manuels et des notions d'agriculture.

Les écoles élémentaires complètes sont celles qui suivent tout ce programme ; les écoles élémentaires incomplètes sont celles qui n'en suivent qu'une partie et au moins le minimum, lequel comprend la morale et la religion, la lecture, l'écriture, l'arithmétique et le chant.

Le programme des écoles bourgeoises embrasse d'abord , en les poussant plus loin , tous les enseignements des écoles élémentaires , plus des exercices de style, l'étude des langues modernes étrangères , celle du latin dans certaines limites , et enfin celle des lois et de la constitution de la Prusse.

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Des écoles spéciales peuvent exister pour les diverses communions ; néanmoins les enfants de plusieurs communions peuvent aussi être reçus dans les mêmes écoles , pourvu que daus ce cas on prenne des précautions pour que renseignement religieux soit assuré à chacun suivant son culte.

Chaque école est libre d'adopter les livres et les méthodes qui lui conviennent le mieux ; cependant, quant aux livres, ceux qui sont relatifs à la religion sont choisis par les évêques, de concert avec les consistoires provinciaux ; et quant aux méthodes, la loi veut « qu'on fasse participer les élèves euxn mêmes , à mesure qu'ils avanceront en âge , au » maintien de Tordre dans l'école, pour les habi- » tuer bientôt à se regarder comme des membres n utiles et actifs de la société. »

Les peines qui pourraient affaiblir le sentiment de l'honneur sont interdites.

La plus grande publicité est appelée sur les écoles. Chaque année, en présence des citoyens réunis, des examens sont subis par les élèves, et un compte est rendu par l'instituteur de la situation de l'école.

Du reste, rien n'est omis de ce qui peut environner les maîtres de considération et les écoles de respect.

Indépendamment des écoles élémentaires et bourgeoises dont nous venons de parler, il existe depuis le temps de la réforme des écoles du dimanche pour les adultes dont l'éducation aurait été

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négligée, et pour les enfants auxquels , en été, il serait absolument impossible d'aller en classe pendant la semaine.

Il existe aussi des asiles pour les enfants en bas âge, tenus par des femmes et principalement par des veuves d'instituteurs, et des écoles privées que la loi n'interdit pas, quoique le caractère de Fin* struction primaire en Prusse soit éminemment d'être publique. Au reste, ces écoles privées sont soumises à la même surveillance que les écoles communales.

La loi n'a eu garde d'omettre les écoles normales. Il doit y en avoir une au moins par département. Elles ne peuvent contenir plus de 60 a 70 élèves; ceux-ci y sont admis de 16 à 18 ans; elles sont défrayées par l'état et par le département; leurs cours durent deux ou trois ans ; elles relèvent des consistoires provinciaux.

On y enseigne tout ce qui constitue le programme des écoles élémentaires, et en outre la logique, la pédagogie, la botanique et la minéralogie. L'enseignement de la musique y est particulièrement soi* gué ; il embrasse le chant, la basse, le piano, le violon : ordinairement les écoles normales ont un orgue, et il y a telle d'entre elles où chaque sallo d'étude doit avoir son clavecin, et chaque élève son violon.

Cet enseignement des écoles normales départementales étant peut-être trop relevé pour de modes* tes maîtres de petites communes rurales, il s'est îii. 4

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formé, tantôt chez de simples particuliers, tantôt dans des écoles élémentaires bien tenues, des écoles normales succursales qui sont fort utiles en ce qu'elles procurent des instituteurs à ces petites communes.

Les élèves-maîtres, au sortir des écoles normales, passent leurs examens devant des commissions composées de deux membres ecclésiastiques et de deux membres laïcs, sous la présidence d'un conseiller du consistoire provincial.

Avant d'être promus à la direction d'une école, ceux qui sont reçus maîtres sont placés comme adjoints auprès de quelque instituteur, et font ainsi une année au moins d'apprentissage.

Ils sont nommés, suivant les cas, par les comités, les municipalités et les consistoires provinciaux.

Ils sont soumis à certaines peines disciplinaires, au nombre desquelles figure le changement ; mais ils ne peuvent être renvoyés que par un jugement.

Pour compléter ce que nous avons à dire des institutions qui les concernent, nous mentionnerons 1° les cours qui sont ouverts à ceux qui sont en exercice, dans les écoles normales, pour qu'ils s'y perfectionnent ; 2° les conférences qui doivent exister entre les instituteurs de chaque cercle; 3° les sociétés philanthropiques de secours pour leurs veuves et orphelins.

Assurément, c'est une puissante organisation que celle qui se fonde sur de pareils principes ; elle n'a pasété improvisée, elle s'est formée de longue main,

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et elle existait dans une foule de dispositions législatives éparses, quand une loi de 1819, les réunis* sant toutes , est venue leur donner l'ensemble et l'unité. Cette loi embrasse une infinité de détails que nous avons dû omettre, mais qui tous témoignent de l'extrême importance que le gouvernement et le pays attachent à l'instruction primaire; nous lui reprocherons cependant de ne pas s'occuper assez de l'éducation spéciale des filles, ni de celle des enfants en bas âge, et de marquer une trop grande différence entre les écoles urbaines et les écoles rurales.

Le recensement le plus récent de la population en Prusse la porte à 12,720,828 habitants. Sur cette population on comptait, en 1881, 4,787,072 enfants de un jour à 14 ans accomplis.

Cest une règle statistique que, vu la proportion de la mortalité dans les divers âges, sur 100 enfants de 1 jour à 14 ans, ceux de 7 à 14 forment les trois septièmes , ce qui donne sur 100 enfants environ 43 en état d'aller à l'école, ou , pour indiquer jusqu'aux moindres fractions, 42,857 sur 100,000, et par conséquent, en Prusse, 2,043,030 enfants sur les 4,787,072 qui composent la population totale des enfants de 1 jour à 14 ans accomplis. Or le nombre effectif des enfants qui, d'après le releré fidèle des listes de présence, fréquentaient, «fana l'année 1831, les écoles primaires publiques, était de 2,021,421.

La différence est donc seulement de 21,809 entre le nombre réel et le nombre normal.

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Cette différence est bien légère , et encore disparaît-elle entièrement , si Ton tient compte des considérations suivantes :

1° 11 ne s'agit ici que des écoles élémentaires publiques, et non des écoles privées qui, sans être très nombreuses, ne laissent pas que de renfermer un bon nombre d'enfants, surtout dans les grandes vHles et dans quelques provinces arriérées où Ton ne sent pas encore toute l'importance et la dignité de l'école publique.

2° On n'a pas non plus compris ici les enfants qui sont élevés chez leurs parents, ce qui comprendrait la plupart des enfants des classes supérieures.

3° On n'a pas non plus compté les élèves des classes inférieures des gymnases, presque tous âgés de moins de 14 ans, et dont le nombre dans les 110 gymnases de la monarchie s'élevait, dans le courant de l'été de 1833, à 17,9S8 élèves, tandis que les deux classes supérieures en comptaient seulement 5,848.

En tenant compte de ces trois nouveaux éléments, on reconnaît que non-seulement le nombre des enfants au-dessous de 14 ans qui reçoivent d'une manière ou d'une autre le bienfait de l'éducation, est égal au nombre normal des trois septièmes de la population, mais qu'il doit même le dépasser , ce qui s'explique par le fait que dans les provinces les plus avancées de la Prusse , par exemple, dans celles de Saxe et de Brandebourg,

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le goût de l'instruction est tellement répandu que les parents n'attendent pas l'âge de sept ans pour envoyer leurs enfants à l'école.

L'obligation légale d'aller aux écoles est coin* roone en Prusse à l'un et à l'autre sexe. Aussi la différence de la part des filles et de celle des garçons dans la somme totale, est-elle peu considérable. Sur les 2,021,421 élèves, on comptait en 1821 : 1,044,364 garçons ; c'est à dire 43,694 sur 100,000, c'est à dire encore plus des trois septièmes de la population totale des enfants au-dessous de 14 ans; et 977,057 filles; c'est à dire 41,106 sur 100,000 enfants.

La différence en plus pour les garçons s'explique par la fréquentation de l'école avant l'âge de 7 ans; la différence en moins pour les filles s'explique aisément si l'on songe que l'éducation des filles étant de sa nature plus domestique , le nombre des enfants du sexe féminin qui sont élevés dans la maison maternelle, surtout parmi les classes aisées, est nécessairement beaucoup plus considérable que celui des garçons.

Le nombre des écoles primaires publiques était , en 1831 , de 22,612. Sur ces 22,612 écoles , il y avait 21,789 écoles élémentaires et 823 écoles moyennes dont 481 pour garçons et 342 pour filles. Or, on compte en Prusse 1021 villes dont 26 seulement ont plus de 10,000 âmes. Ainsi, non-seulement toutes les villes de 10,000 âmes , mais les trois quarts de toutes les villes, ont,

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outre les écoles élémentaires indispensables à la dernière classe des citoyens, des écoles moyennes pour la bourgeoisie de ces Tilles.

Sur le nombre des enfants qui yont aux écoles, les écoles élémentaires sont fréquentées par 987,475 garçons et par 930,4419 filles, et les écoles moyennes par 56,689 garçons et par 46,598 filles, ce qui donne la somme totale déjà citée de 1,044,264 garçons et 977,057 filles allant aux écoles. Il faut remarquer qu'en général les écoles élémentaires, surtout dans les campagnes, sont communes aux deux sexes , qui ne sont divisés le plus souvent, au moins dans les classes inférieures, que par une place distincte dans la même salle, tandis que dans les écoles moyennes , toutes les classes de filles et de garçons sont séparées et se font dans des salles différentes, sans aucune communication entre elles.

On compte, terme moyen :

68 enfants pour une école élémentaire, garçons

et filles; 1 18 enfants pour une école moyenne de garçons; 136 enfants pour une école moyenne de filles.

Aussi faut-il observer que dans les écoles élémentaires il n'y a ordinairement qu'un seul maître, tandis que dans les écoles moyennes on compte deux , trois et souvent un plus grand nombre de maîtres et maîtresses.

Pour les 22,612 écoles publiques, élémentaires et moyennes, de la monarchie, il y avait , en 1831,

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