IR EUROPE ET BU AMÉIIQUE
27,749 maîtres et maîtresses , lesquels étaient répartis ainsi qu'il suit :
! 22,21 1 maîtres en titre.
694 maîtresses en titre.
2,0 1 4 sous-maîtres et sous* maîtresses.
481 écoles moyen- 1 1,172 maîtres en titre, nés de garçons.) 360 sous-maîtres.
1538 maîtres en titre.
289 maîtresses en titre.
471 sous-roaitres et sousmaîtresses.
Ces nombres divers donnent un résultat important, savoir : le petit nombre de maîtresses comparé à celui des maîtres. Pour les écoles élémentaires, le nombre de 694 maîtresses, comparé à celui de 22,211 maîtres pour 21,789 écoles, fait voir qu'il n'y a pas une seule école qui n'ait un maître en titre. On pense qu'en général le gouvernement de l'école exige une main virile, sauf au directeur, quand il y a lieu , à s'adjoindre une femme, mais en conservant toujours la direction suprême. Dans les villages , cette femme est ordinairement ou la femme ou la fille du maître d'école.
Il y avait, en 1831, 33 grandes écoles normales primaires en pleine activité, c'est à dire plus qu'il n'y a de départements en Prusse. La dépense de ces établissements s'est élevée , cette même année ,
44 lamée-non niaiiiE
à fr. 414,750, et le gouvernement seul y a cou* tribué pour la somme de 331,500 fr. Il a alloué également un subside de 836,700 fr. aux écoles élémentaires et moyennes , ce qui donne en tout 1,194,200 fr., somme considérable pour un pays qui n'a pas 13 raillions d'habitants et dans un système d'instruction primaire où les communes , les départements et les provinces sont chargés par la loi de toutes les dépenses relatives à l'instruction primaire , dans lesquelles l'État n'intervient que bénévolement.
En6n , si on veut comparer les principaux résultats de cette statistique avec ceux des deux statistiques de 1819 et de 1825, on trouvera que : 1° En 1819, le nombre dès écoles était en tout
de 20,085
En 1825, de 21,81}
Et en 1831, de 22,61*
2° En 1819, le nombre des maîtres
et maîtresses était de 21,895
En 1825, de. 22,965
En 1831, de 27,749
3° En 1825, le nombre des enfants
au-dessous de 14 ans était de. • 4,487,461 Celui des enfants de 7 à 14 ans
était de 1,923,200
Celui des enfants allant aux écoles était de 1,664,218
En 1831, la population d'enfants au-dessous de H ans était de. • 4,767,072
BU EtTtOFB BT BB AKÉBIQUE. 45
Sur lesquels la population de 7
à 14 ans était de 2,043,030
Sur lesquels le nombre des enfants allant aux écoles était de 2,021,421
Cette statistique comparée prouve abondamment que l'instruction primaire est en Prusse dans un état très satisfaisant. Nous avons décrit, d'après le beau travail de M. Cousin, auquel nous empruntons encore ces renseignements , l'organisation à laquelle est dû un pareil succès. Pour résumer nos observations à ce sujet , nous croyons utile de rappeler et de signaler avec lui les points suivants :
1° Une loi qui oblige les parents, les tuteurs, les maîtres d'ateliers ou de fabriques, à justifier, sous des peines correctionnelles plus ou moins fortes , que les enfants confiés à leurs soins reçoivent le bienfait de l'instruction publique ou privée, sur le principe que la portion d'instruction nécessaire à la connaissance et à la pratique de nos devoirs , est elle-même le premier de tous les devoirs, et constitue une obligation sociale tout aussi étroite que celle du service militaire. Selon nous, une pareille loi, légitime en elle-même, est absolument indispensable. En attendant que le progrès des mœurs publiques , le sincère amour du peuple et l'intelligence de la vraie liberté inspirent à nos chambres une pareille loi , le gouvernement ne doit négliger aucun des moyens d'excitation et d'encouragement dont il dispote, directs
46 IltmUCTIOlt tllMAltl
on indirects , pour arriver administrativement à un résultat a peu près semblable.
2° L'obligation imposée au clergé de n'admettre à la communion que les enfants qui justiûent d'avoir fait ou de faire leur temps d'école, obligation à la fois civile et religieuse , qui intéresse l'église à l'école et rattache l'école à l'église par des liens intimes que tout homme d'État et tout vrai philosophe doit s efforcer de resserrer. De là l'instruction considérée par les parents et par les enfants eux-mêmes comme le fondement de la vraie piété, et l'autorité religieuse mise au service des lumières.
3° L'institution d'écoles publiques pour l'accomplissement d'un devoir public. Aussitôt que l'État fait un devoir légal de la présence des enfants i l'école, et que l'église en fait un devoir religieux, l'État serait en contradiction avec lui-même s'il ne procurait l'exécution de la loi qu'il a lui-même portée , en exigeant rétablissement d'une école publique dans toute commune. 11 n'y a de stabilité et d'avenir pour l'instruction primaire que dans les écoles publiques. L'industrie privée , qui ne doit jamais être contrariée , ne doit aussi jamais être considérée que comme un accident et par conséquent comme un luxe : l'État ne doit pas plus se reposer sur les particuliers de l'accomplissement de ses propres devoirs en matière d'instruction, que dans toute autre matière d'intérêt publie et généra).
w» niors it br abiiiqce. 47
4° La répartition des dépenses qu'exigent les écoles entre les parents eux-mêmes, qui, s'ils le peuvent, sont obligés de payer quelque chose; la commune qui est tenue de s'imposer elle-même une contribution d'école ; le département et la province qui ont des fonds pour venir au secours des localités nécessiteuses ; enfin , l'État qui intervient à son tour : de manière que la dépense , ainsi divisée , atteigne tout le monde et n'accable personne.
6*° La participation proportionnelle des pères de famille et de la commune , du département et de la province, de l'Église et de l'État, à la surveillance et à l'administration des écoles , participa* tion qui intéresse à l'instruction populaire tout ce qui a quelque pouvoir dans la société.
Telles sont les causes les plus générales de la prospérité de l'instruction primaire en Prusse, prospérité qu'établissent incontestablement les do* contents officiels dont nous venons de donner les principaux résultats.
Nous avons dit que l'organisation de l'instruction primaire en Prusse était plus ou moins le type des différents autres États de l'Allemagne; cependant , dans ces autres États , l'influence ecclésiastique est en général plus grande , et par conséquent la couleur religieuse plus prononcée dans l'enseignement primaire.
M. De Gérando , dans son rapport sur Vèducation populaire dans V Allemagne méridionale , cite
48 IMTICCT10R VftlMUlI
quelques faits qui sont propres aux pays qu'il a explorés.
Ainsi, les lois y font une obligation indispensable aux faturs époux , avant de contraster mariage , de justifier qu'ils ont reçu dans les écoles un certain degré d'instruction.
Dans l'école normale protestante de Cartonne ( Grand-Duché de Bade ) , on enseigne l'hygiène , l'éducation des bestiaux , l'entretien des horloges et des orgues, et la langue française ; dans celle de Gmund ( Wurtemberg ) , les méthodes propres à instruire les sourds-muets et les aveugles.
Les instituteurs forment entre eux ce qu'on appelle des sociétés de lecture ; ce sont des associations où chacun contribue dans une proportion déterminée pour l'entretien d'une bibliothèque dont l'usage appartient aux souscripteurs. Quelquefois , pour rendre plus utiles ces sociétés , on a établi un livre de correspondance qui circule continuellement de main en main et où chacun consigne les observations relatives à l'éducation que loi ont suggérées ses lectures , et prend connaissance des observations des autres.
Les écoles de village ont deux cours, l'un Thirer, l'autre l'été; le premier, durant cinq heures, le second seulement deux , pour permettre aux enfants de suivre les travaux des champs.
Dans les communes trop peu peuplées ou trop pauvres pour avoir une école continuellement ouverte , un proviseur ou sous-maître vient deux ou trois fois par semaine donner des leçons.
SU BV10VE ET 1H AMSUQUE. 49
Indépendamment des écoles d'adultes , il exiile encore des écoles de métiers ( Gewerh+Schulen ) et des écoles d'industrie (Induêtrie-Schulen) qu'il 110 faut pas confondre ensemble. Les premières sont des cours gratuits de technologie, ouverts le dimanche ; les secondes , des ateliers où les enfants font l'apprentissage d'un métier , sous une discipline scolaire. Ces écoles d'industrie pour les filles sont ce qu'on appelle chez nous des ouvrvirê. Dans les campagnes , elles ont pour objets le jardinage, la culture des arbres et les travaux ordinaires des champs.
Enfin , le Wurtemberg possède encore des maisons d'éducation pour les enfants délaissés , c'est à dire pour les enfants des détenus , des condamnés, des vagabonds, pour ceux dont les parents négligent l'éducation, et ceux qui seraient exposés dans leurs familles à la contagion de la corruption ou qui eux-mêmes annoncent une corruption précoce. On les élève pour la plupart aux travaux de la campagne.
Ce qui fait surtout la prospérité des écoles dans l'Allemagne méridionale , c'est qu'indépendamment de la surveillance habituelle et journalière qui est exercée, elles sont périodiquement inspectées par les autorités supérieures ecclésiastiques et administratives. Les souverains eux-mêmes ne dédaignent pa* de les visiter, et c'est un devoir que le roi de Wurtemberg remplit chaque année.
M. De Gérando signale encore une coutume de m. 5
ÛO UfBTRCCTIOR V11BA11B
l'Allemagne méridionale, qui consiste à célébrer chaque année , au mois de mai , la fête des écoles ( M aient ag). Elle consiste en prières , en exhortations morales , en musique, en chants , en distribution de prix et de petits cadeaux , eu courses, en exercices gymnastique*, en mille jeux variés et en un repas commun.
Wurtemberg. — Dans le Wurtemberg le nombre des écoles est proportionné à la population de chaque localité; on compte généralement une école pour 50 familles. Un maître ne peut être chargé de l'instruction de plus de 90 enfants; lorsque ce nombre est dépassé il doit avoir un ou plusieurs adjoints suivant l'importance et la population de l'école. On a adopté récemment une disposition analogue dans le Grand-Duché de Bade, en élevant toutefois à 120 le chiffre des enfants que peut instruire un seul instituteur.
Le Wurtemberg, en 1830, comptait, sur une population de 1,458,000 âmes, 232,000 élèves fréquentant 2,264 écoles publiques. La proportion des élèves aux habitants était donc environ de 1 sur 7.
Il comptait, en 1832 :
43 écoles de métier, contenant . • 1,746 élèves 464 i» industrielles 20,672 »
46 » de jardinage 1,669 »
266 » pour la culture des arbres 6,655 »
16 » pour les enfants délaissés 579 »
• EH I0ROFB 1T llf iWÉBlQCB. 51
Bade. — Dans le Grand-Duché de Bade, ayant, en 1830, 1,130,000 habitants, il y avait 1,925 écoles, tenues par 2,480 maîtres et suivies par 196,060 élèves, c'est à dire par un élève sur moins de 6 habitants.
Bavière. — La Bavière, en 1831, possédait 5,394 écoles fréquentées par 498,000 élèves, ce qui, sur une population de 3,960,000 habitants , don* naît une proportion d'un élève sur moins de huit habitants.
Saxe. — Le nombre total des enfants fréquentant les écoles publiques dans le royaume de Saxe , était, en 1834, de 274,305; la population du royaume était d'environ 1,500,000 habitants; de sorte que le rapport des élèves à la population pouvait être estimé à 1 sur 5,5 habitants.
Bohême. — L'enseignement populaire , en Bohême , est divisé en deux sections : les écoles élémentaires supérieures et les écoles élémentaires inférieures. Les premières sont au nombre de 44, et les autres au nombre de 3,312, auxquelles il faut ajouter 40 écoles spéciales pour le sexe féminin : total , 3,396. Toutes ces écoles , en 1833, recevaient 364,947 garçons et 336,102 filles, offrant un ensemble de 701,049 écoliers. A cette classe d'enseignement sont attachés 6,656 instituteurs , et la somme totale des dépenses qu'elle nécessite , s'élève à 456,032 florius. — La population de la Bohème , au commencement de 1833 ,
52 llt«TlECT10a »1I«AI«B
s'élevait à 4,005,600 habitants ; on y comptait par conséquent 1 élève sur 5, 7 habitants *•
Les Etat *- Autrichien*, situés eu Allemagne, sur une population de 20,000,000 d'habitants , comptaient, en 1832 , 2,000,000 d'élèves , c'est à dire 1 élève sur 10 habitants.
Ces faits suffisent pour faire apprécier le degré élevé auquel est parvenu l'instruction primaire en Allemagne ; rien n'est plus rare que d'y rencontrer aujourd'hui un adulte qui ne sache pas au moins lire et écrire.
Un seul État y fait disparate au milieu de tous, c'est le Hanovre; ce n'est pas que les écoles y manquent, puisqu'elles y étaient en 1833, au nombre de 3,561 ; mais elles ne sont ouvertes pour la plupart que pendant l'hiver, l'enseignement y est faible, et leurs maîtres sont insuffisamment rétribués. 11 n'y avait, à la même époque , que six asiles dans tout le pays : on fait des efforts aujourd'hui pour améliorer cet état de choses , et des instructions récentes ont rendu l'instruction obligatoire dans le Hanovre comme dans la plupart des autres États de l'Allemagne.