SUEDE. — KORWÉGE. — DAREMARCK.. — RUSSIE. — POLOGNE
Suède. — Lord Brougharo disait, il y a quelques années , au parlement d'Angleterre, que la Suède était peut-être le pays de l'Europe où l'instruction était le plus répandue, et qu'on y rencontrerait à peine un homme sur mille qui ne sût pas lire.
Cet état de choses est déjà ancien en Suède; il tient principalement au bon sens et à la moralité des régions du nord de l'Europe, celles surtout qu'a régénérées la réforme religieuse du XVIe siècle.
Cette prospérité de l'instructiou primaire s'étend jusqu'aux extrémités du royaume ; au dire du pasteur Felmann , qui avait passé 1 1 ans dans la Laponie fi noise, il n'y avait pas dans les deux paroisses qu'il desservait un seul individu qui ne sût lire et écrire.
Avec l'assentiment et le concours du souverain éclairé qui la gouverne, de ses états et de son clergé, la Suède adoptait l'enseignement mutuel peu de temps après son introduction en France. Les premières écoles mutuelles furent fondées en Suède en 1818 et 1819; en 1828, leur nombre s'élevait à 52 ; en 1824, à 60; en 1828, à 170; en 1829, à 192 ; en 1880, à 212, suivies par 15,000 élèves; en 1831, à 300.
Norwège. — L'enseignement mutuel est moins répandu dans co pays qu'en Suède ; l'iDstructkm
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primaire y est néanmoins satisfaisante. Sur une population de 1,050,000 habitants, elle comptait, en 1834, 154,232 élèves, c'est à dire un élève sur moins de 7 habitants.
Ses écoles sont au nombre de 1 ,860, savoir : 1 ,848 élémentaires et 21 bourgeoises. Parmi Les écoles élémentaires, il y en a 1,610 ambulantes, c'est à dire qui vont d'un district à l'autre, à cause de la trop grande dissémination de la population qui ne permet pas qu'on établisse partout des écoles fixes*
Les parents sont tenus , sous peine d'amende , d'envoyer leurs enfants aux écoles depuis l'âge de 7 ans jusqu'à leur confirmation, c'est à dire jusqu'à 16 ou 17 ans. — Tout propriétaire d'une manufacture qui réunit au moins 80 ouvriers est obligé d'entretenir une école fixe à ses frais.
Danemarck.— Le Danemarck possédait, en 1834, 27 écoles grammaticales avec 1 ,400 élèves, et 4,600 écoles élémentaires fréquentées par 278,500 enfants ; la méthode d'enseignement mutuel est introduite dans près de 3,000 de ces écoles. En évaluant la population du Danemarck à 2 millions d'âmes, on aura la proportion d'un élève sur 7 habitants.
Russie. — L'instruction primaire en Russie, au lieu de suivre, comme ailleurs, une marche ascendante, a semblé faire depuis quelques années des pas rétrogrades. Ainsi, par exemple, en 1830, le nombre des écoles dans toute l'étendue de l'empire, sans compter celles de l'armée, était de 1,536 suivies par 70,420 élèves ; et, en 1831, il n'était
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plus que de 1,306, fréquentées par 68,867 élèves. La Russie, en 1830, comptait donc 1 élèye sur 656 habitants, et en 1831 elle n'en avait plus qu'un sur 772.
Pologne, — Vers 1820 l'éducation populaire reçut de profondes atteintes en Pologne, au point que le nombre des élèves diminua tout a coup de 30,000. En 1830, il n'était plus, dans tout le royaume, que de 28,400, c'est à dire dans la proportion d'un élève sur 137 habitants. On sait quels ont été depuis les malheurs de la Pologne; ils n'ont pu qu'aggraver un si triste état de choses.