ITALIE. — ESPAGNE. — POBTCGAL. — GRÈCE. — ILES IONIENNES
Lombardié. — Il y a dans chaque ville, chef-lieu de province, une école élémentaire supérieure pour les garçons et une pour les filles. Dans chaque commune du royaume il doit y avoir au moins une école élémentaire pour les enfants de chaque sexe âgés de 6 à 1 2 ans. D'après les relevés officiels de 1832, la population de la Lombardié était de 2,379,000 habitants, répartis en 2,233 communes. Voici quel a été, dans le cours de la même année, le nombre des écoles, des instituteurs et des écoliers :
Écoles des garçons. . . 2,336 filles .... 1,199
Total .... 3,535
BK IUIOVI IT Bîf iMtllQtl. 59
Maîtres 2,669
Maîtresses 1,215
Total S, 884
Élèves.! Gar^n8- • ll2<127 I Filles. . . 64,640
Total . . . . 166,767
A ce nombre de 166,767 enfants qui reçoivent gratuitement l'instruction dans les écoles publiques, il £aut encore en ajouter 4,566 qui sont également instruits gratis dans les écoles dominicales, 1,434 élevés dans les institutions charitables, 72 1 garçons et 1 ,641 filles élevés dans les collèges et les pensionnats, et5,519garçonset8,631 filles qui fréquentent les écoles élémentaires privées : total, 188,870 élèves, ou 1 élève sur 12,6 habitants. La proportion est à peu près la même dans la Basse - Autriche ; elle est plus favorable dans le Tyrol et la Bohème.
L'établissement des écoles primaires supérieures date de 1821, et celui des écoles élémentaires, de l'année suivante. La somme affectée à l'instruction primaire en général a été, en 1830, de 3,825,000 livres d'Italie, dont 2,550,000 ont été fournies par le trésor, et 1,275,00?) par les communes.
Provinces vénitiennes. — Dans ces provinces le système d'instruction , quoique semblable à celui île Lombardie, a opéré avec plus do lenteur et a
' Bollettino StatUHco ed Economico. Milan, 1 833.
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donné des résultats moins satisfaisants, ce qu'il faut attribuer à la différence des circonstances locales et nationales. Il n'existe pas de statistique récente de l'état de l'instruction dans les provinces vénitiennes ; mais , d'après les relevés publiés en 1826, on y comptait 1,402 écoles fréquentées par 62,341 enfants; tandis qu'en 1822 la Lombardie possédait 2,630 écoles avec 107,756 élèves. La population des États vénitiens est de 1,900,000 habitants.
Espagne. — L'Espagne est, après la Russie, le pays de l'Europe où l'instruction primaire est le plus arriérée; elle ne compte guère, assure- t-oo, qu'un élève sur 346 habitants. C'est aussi, au dire de lord Brougham, le pays où les crimes, particulièrement les crimes contre les personnes, sont le plus fréquents.
Cependant, au milieu de l'ignorance générale, la ville de Valence et son territoire font exception au reste du pays. Il résulte de documents statistiques qu'en 1831 , le nombre des élèves y était à celui des habitants comme 1 est à 10.
Portugal. — La statistique ne donne encore au Portugal qu'un élève sur 84 habitants.
Grèce. — L'instruction primaire a fait des progrès dans ce pays depuis l'époque de son émancipation. Au commencement de 1830, on y comptait 111 écoles, dont 62 mutuelles; 7,82-4 élèves les fréquentaient, ce qui, sur une population de 600,000 habitants, établissait une proportion d'an élève sur 76 habitants.
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Depuis ce temps , la paii dont jouit la Grèce sous un gouvernement régulier n'a fait qu'améliorer la situation de son instruction populaire, et une loi du 15 mars 1834 est venue lui imprimer une sanction. Elle prescrit l'établissement d'une écolo primaire dans chaque commune. Les parents sont tenus, sous peine d'une amende qui peut monter jusqu'à 50 fr., d'y envoyer leurs enfants depuis 5 jusqu'à 12 ans révolus. On y enseigne la religion, la langue grecque, la lecture, l'écriture, le calcul, le système légal des poids et mesures , le dessin linéaire, le chant, la gymnastique, et autant que possible la géographie et l'histoire du pays, ainsi que des notions des sciences physiques et de l'histoire naturelle. On joint à ces enseignements, dans les villes, la grammaire, la géométrie et la mécanique ; dans les campagnes, la culture des champs, des jardins , et l'entretien des vers à soie et des abeilles. L'existence des maîtres est convenablement assurée. Des comités, les autorités administratives , les instituteurs des chefs-lieux, exercent la surveillance sur les écoles. Enfin une école normale est instituée.
Iles Ioniennes, — Les écoles des îles Ioniennes étaient , en 1831 , au nombre de 125 , presque tontes mutuelles , renfermant 4,688 élèves. La population de ces îles étant de 176,000 âmes, la proportion des élèves aux habitants était de là 37.
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Les écoles se divisent, aux États-Unis, comme ailleurs , en collèges consacrés aux hautes études et en écoles élémentaires.
A la tête des premiers se trouvent en général placés un certain nombre d'établissements élevés aux frais ou subventionnés par la munificence de l'État, qui prend une part indirecte à leur administration.
La plupart des écoles élémentaires sont également soumises à la tutelle de l'autorité publique. Chaque commune , aux termes de la loi , doit être pourvue d'une école primaire ouverte à tous les enfants de ses habitants. Cette école est ordinairement sous la direction des autorités locales ; quelquefois cependant le gouvernement a conservé le droit de l'inspecter.
En dehors de ce système d'éducation nationale règne une complète liberté. Chacun est maître d'établir une concurrence avec l'État , en matière d'instruction publique , et l'intérêt personnel des familles est le seul juge. Dans certaines parties de l'Union , on croit seulement devoir exiger, comme
1 V. Du système pénitentiaire aux États-Unis, par de Beaumont et de Tocque ville. Note 5, p. 117, tome 2, édit. de Bruxelles. — Cratcford's report, appendix, p. 193. — Cinq mois aux États-Unis, par M. Bamon de la Sagra. — Annah of Education (editedby M. Woodbridge, of Boston).
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garantie contre les abus de cette liberté , un certificat de bonne vie et mœurs, délivre au nouvel instituteur par les autorités locales et le pasteur de sa commune.
Aux États-Unis , le pouvoir n'abandonne donc point la direction de l'instruction publique ; mais il ne se réserve pas de monopole.
Pour subvenir aux besoins des écoles publiques, il y a deux systèmes simples : dans l'un, l'État ne donne rien et les communes se chargent de tous les frais; dans l'autre , l'État seul fait face à toute la dépense.
Ces deux systèmes ont des partisans et des applications aux États-Unis.
Le système de l'État de New-York est mixte : la législature fournit annuellement à chaque canton (townthip) une certaine somme pour subvenir aux frais de l'instruction primaire ; et, de son côté , le canton est obligé de s'imposer pour une somme au moins égale. On se loue beaucoup des résultats de ce système. Si le canton était chargé de faire à lui seul tous les frais de l'instruction publique , peutêtre reculerait-il devant une semblable dépense* Si , au contraire, il recevait du trésor public toute la somme nécessaire , il cesserait d'en surveiller avec attention l'emploi. Mais ici, la munificence de l'État stimule son zèle ; elle lui fournit des ressources , sans cependant l'empêcher de porter à l'école l'intérêt qu'on a toujours pour son propre ouvrage.
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Il y a certains Étais de l'Union, la Pennsylvanie , par exemple , où les écoles primaires établies aux frais de la société , ne sont destinées qu'aux pauvres qu'on y reçoit gratuitement.
Dans les communes de l'État de New- York, ainsi que dans celles de la Nouvelle- Angleterre ', il n'y a qu'une seule école primaire subventionnée. Les riches comme les indigents s'y rencontrent, et y contribuent suivant leurs moyens. Lei habitants de l'État de New-York prétendent que le pauvre met plus d'ardeur à obtenir des moyens d'instruction qui lui coûtent peu , mais qu'il croit acheter, que de recevoir ceux qu'on lui fournit pour rien et à titre de charité ; ils ajoutent , et ils ont raison , que cette confusion de tous les enfants dans les mômes écoles est plus en rapport avec les institutions démocratiques et républicaines de leur pays.
Mais le subside accordé par l'État et le produit de la taxe sont loin de suffire à l'entretien de l'école et au paiement de l'instituteur ; ce n'est là qu'une prime d'encouragement donnée aux parents, de même que la subvention de l'État n'était qu'une prime d'encouragement donnée aux communes. Pour prendre sa part de la libéralité nationale et communale , chaque élève est obligé de payer une
1 Les État* de la Nouvelle-Angleterre sont les États situés à Test de l'Hudson. C'est de la Nouvelle-Angleterre qu'est sortie la civilisation américaine,