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nestes effets de l'intempérance sur l'état de la criminalité. Les rapports de la Société américain* confirment les faits que nous avons cités et prouvent par de nombreux exemples que la grande majorité des criminels aux États-Unis étaient sous l'influence des boissons spiritueuses au moment de commettre les crimes pour lesquels ils ont été condamnés. — En 1832, dans la prison du comté de Litchfîeld { Gonnecticut ) , sur 89 détenus il y avait 35 ivrognes. Dans la prison d'Ogdensbourg (New- York) , les | des criminels étaient adonnés aux liqueurs fortes ; et sur 647 détenus renfermés à Auburn,dansla prison de l'État de New- York, il y avait 467 intempérants , et 346 qui étaient sous l'influence de l'alcool au moment où ils avaient commis le crime qu'ils expiaient par la perte de leur liberté. Partout on retrouve la même proportion ; mais ce qui doit surtout inspirer les plus sérieuses réflexions , c'est le fait suivant : sur 690 enfants emprisonnés pour crime dans la ville de New- York , il y en avait plus de 400 appartenant à des familles intempérantes !
Le concierge de la prison de Baltimore porte à 2,322 le nombre des délinquants qui y entrèrent dans le cours de l'année 1830 , et il rapporte que 424 étaient ivres quand on les amena ; il estime que les -£, au moins se composaient d'individus adonnés à l'ivrognerie.
Sur 653 individus que reçut dans une même année la maison de correction de Boston, 443 étaient des in. 19.
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ivrognes reconnus , au rapport de l'inspecteur ; un grand nombre des antres détenus , arrêtés comme vagabonds, peuvent être rangés dans la même catégorie ; et il affirme que , sur la totalité , il n'y en avait pas 10 qui ne fissent habituellement un usage immodéré des liqueurs fortes ; que Fin tempérance est presque la seule cause de tous les emprisonne- , roents ; que presque tous les détenus incarcérés pour filouterie, étaient des ivrognes, et que probablement ils ne se livreraient pas à leur honteuse industrie , si elle ne leur fournissait les moyens de boire.
Un jurisconsulte distingué de New-York , au courant de ce qui se passe dans les tribunaux, disait que depuis quinze ans il ne s'était commis à sa connaissance que 3 meurtres qui n'eussent pas été le fruit de l'intempérance.
Dans l'État de New-York , en 1833, les prisons renfermaient 9,849 détenus : presque tous étaient des buveurs de liqueurs fortes , et la grande majorité s'enivrait plus ou moina souvent.
M. J. 0. Gole , juge de police d'Albany (New- York) , atteste que , dans une seule année , 2,500 personnes ont été traduites devant son tribunal , et que, sur 100 délits, 96 ont été le résultat de l'intempérance.
Sur 1 19 détenus que reçut , en 1833, la prison de Charlestown (Massachusetts) , il parait que 100 au moins étaient des hommes que l'ivrognerie avait poussés au désordre , et les 15 qui y avaient subi
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une seconde détention étaient dans le même cas. — A Wethersâeld (Connecticot) il y avait 90 ivrognes sur 120 prisonniers. — Sur 134 détenus ren fermés à Colomb us ( Ohio ) , il y en avait à peine 86 qui pussent se dire tempérants.
En Angleterre , les mêmes causes ont donné lieu aux mêmes effets.
II résulte des rapports officiels , que dans une seule année il a été conduit devant les magistrats de la capitale plus de 30,000 personnes * trouvées dans les rues dans un état d'ivresse. Les magistrats de toutes les parties de la Grande-Bretagne ont déclaré que tous ou presque tous les crimes renvoyés devant les assises sont des suites de l'ivrognerie. Il y a eu, en 1830, environ 95,000 causes portées devant les assises en Angleterre et dans le pays de Galles, et , d'après les renseignements recueillis aux sources les plus sûres , les £de ces crimes doivent être imputés à l'habitude de boire avec excès. Des documents semblables établissent qu'il faut attribuer à la même cause les | des cas de mendicité et d'indigence qui affligent ce pays. II a été en outre reconnu que la moitié des cas de folie ont été produits par l'ivrognerie. Sur
1 En Angleterre , toutes les personnes trouvées ivres dans les rues sont menées au corps-de-garde, et conduites le lendemain devant les magistrats chargés de la police, qui les condamnent à 5 schellings (6 fr. 25) d'amende, et , s'ils ne peuvent payer cette somme , les envoient en prison pour quelques jours.
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490 aliénés admis dans l'hôpital des tons à Iiverpool , il a été prouvé qu'il y en avait 267 qui s'étaient attiré cette terrible maladie par leur intempérance '.
Un honorable membre du parlement britannique , M. Bockingham , a fait adopter il y a quelques années , par la chambre des communes, une motion tendant à demander qu'il fût nommé un comité chargé de s'enquérir des causes des progrès toujours croissants de l'ivrognerie dans le Royaume- Uni , et de rechercher les moyens les plus propres à y mettre un terme. Dans le discours qu'il prononça à cette occasion, M. Bockingham a tracé un effrayant tableau des funestes conséquences qu'entraîne parmi le peuple anglais l'habitude de l'intempérance et des liqueurs fortes. 11 a cité un certificat des médecins attachés à la maison des (bus de Hanwell, attestant que sur 100 individus admis dans cet hospice , il y en avait 72 dont l'aliénation mentale doit être attribuée à l'ivresse. L'orateur a ajouté que pour s'assurer par lui-même de l'étendue de ces habitudes d'intempérance , il avait eu la patience de s'installer toute une journée dans une taverne d'une des principales rues de Londres , et qu'il y avait vu entrer 2,800 hommes , 1,858 femmes et 299 enfants. « Je me suis assuré , dit-il , que le dimanche le nombre des
1 Y. le discourt prononcé par l'évéque de Loadref, Ion de la formation de la Société de tempérance britannique et étrangère. 1831.
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visitants était presque double. Le propriétaire de l'établissement m'a déclaré qu'il débitait des boissons par semestre à environ 269,450 hommes, 108,690 femmes et 148,450 enfants. Ce n'est pas seulement en Angleterre que le peuple se livre à ce funeste penchant, car maintenant l'ivrognerie n'est pas moins commune en Irlande et en Ecosse* On m'a cité en Irlande une petite ville qui sur 800 maisons ne comptait pas moins de 26 tavernes. »
Ces faits , nous pourrions les multiplier à l'infini ; mais ceux qui précèdent suffiront , pensonsnous , pour mettre hors de doute l'intime liaison qui existe entre l'intempérance, la maladie, la misère , le vice et le crime. 11 fallait sonder toute la profondeur de la plaie pour aviser plus sûrement aux moyens d'opérer sa guérison ; bientôt l'imminence du mal ne laissa plus d'alternative ; on reprit en 1826 l'œuvre ébauchée en 181 S, et la création de la Société américaine de tempérance fut comme le signal d'une réforme qui , depuis, s'est fait sentir avec une énergie toujours croissante sur tous les points des États-Unis.
Voici les considérants sur lesquels s'appuyèrent les fondateurs de la Société américaine.
« L'expérience a démontré que l'usage des liqueurs enivrantes est une source de maux incalculables pour les intérêts temporels et spirituels des individus , des familles et des nations ; le vice de l'ivrognerie étant un des plus puissants obsta-
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oies à tons les moyens que la Providence emploie pour améliorer les sentiments moraux et religieux de l'homme. Quoique les différentes mesures adoptées jusqu'à présent n'aient point été entièrement infructueuses , il est reconnu par tous les amis de la morale chrétienne qu'elles sont insuffisantes pour arrêter les progrès de ce fléau avec quelque espoir de succès durable , et qu'il est nécessaire d'avoir recours à des moyens plus énergiques , à un système plus général d'instruction et d'action qui produise sur la génération actuelle, et sur celles qui la suivront , une impression aussi vive que profonde , de manière à effectuer un changement total dans nos sentiments et dans nos habitudes relativement à l'usage des boissons enivrantes, et à mettre ainsi un terme aux ravages de l'intempérance , qui a envahi toutes les parties de notre pays , et qui menace de destruction les plus chers intérêts de cette puissante république. En conséquence les amis du bonheur social et domestique de leur pays ici présents, désirant faire tout oe qui est en leur pouvoir pour le bien-être de leurs semblables, ont résolu do former une société dont voici le règlement :
Abticlk 1er. La société prend le titre de Société de tempérance américaine *
Ait. 3. La société s'adjoindra de temps à autre tel nombre de nouveaux membres qu'elle jugera à propos, élus parmi les personnes qui s'abstiennent de l'usage des liqueurs enivrantes; sans perdre