‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 130 sur 143 · EH AMÉ1IQVB ET EK BU10H · texte numérisé non relu

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de vue toutefois que dans ces élections on devra toujours s'attacher aux circonstances et aux considérations les plus propres a faire de cette société une institution nationale, et à lui donner toute l'influence qu'elle peut avoir.

Ait. S. Toute personne qui s'abstient des liqueurs enivrantes et qui verse ou s'engage à verser SO dollars au moins dans la caisse de la société, en devient membre honoraire ; et toute personne qui a versé , ou versera par la suite 250 dollars au moins, sera inscrite au nombre des vice-présidents honoraires de la société.

À at. 4. La société tiendra tous les ans une réunion générale dans un local et à une époque désignés ; on y choisira , au scrutin , un président , un vice-président, un secrétaire, un garde des archives, un trésorier, un auditeur des comptes, un comité d'administration ou comité exécutif composé de 5 membres , et tous autres officiers qui seraient jugés nécessaires.

Art. 5. La société exercera une surveillance générale sur tout ce qui concerne l'institution , et décidera des mesures à prendre pour parvenir au but qu'elle se propose.

A at. 6. Le président ou, en son absence, le vice-président, présidera les séances de la société, et convoquera les réunions spéciales , sur la demande du comité d'administration.

Art* 7. Le comité d'administration sera chargé de mettre à exécution les votes et les décisions de

228 eocifrfti bb rarituci

la société, et de prendre les mesures conveoafeki pour obtenir les fonds nécessaires à raccerapusssment des vues bienveillantes qu'elle se proposa; de nommer des agents dans différentes parties di pays ; d'ordonnancer tous les mandats sur le trésorier pour le paiement des sommes qui seront dé» pensées dans cette csuYre de charité ; d'inspecter annuellement l'état de la caisse , et en général de faire tout ce qui est compatible avec les dispositions de ce règlement , toutes les fois que les membres qui composent ce comité le jugeront nécessaire au développement et à la propagation èa habitudes de tempérance; il sera fait annueUenuat à la société un rapport sur leur gestion.

Àar. 8* Le secrétaire devra consacrer tout son temps et tons ses soins , en un mot , devra se dévouer entièrement aux travaux de la société ; c'est à lui qu'il appartiendra, sous la direction da cemité d'administration , de faire les eosnnranieations convenables aux ministres de l'Évangile, aux médecins et autres personnes influentes, au 1 de brochures, de la correspondance et d'e personnelles ; de se concerter et de coopérer avee eux pour préserver des maux de l'intempérance tous ceux sur lesquels ils Exercent quelque empire ; de publier dans les recueils périodiques des articles sur l'usage des liqueurs enivrantes, et d'engager les instituteurs et tous ceux qui s'occupent de la direction des écoles à faire tous leurs efforts pour imprimer dans l'esprit de la ,

Kl AMÉHIQP1 BT ES IXJ10M. 239

le tableau aussi affreux qu'alarmant des maux de toutes sortes, auxquels sont exposés ceux qui coutractent l'habitude de boire des liqueurs fortes ; de faire auprès des membres des Églises chrétiennes, des parents, des tuteurs, des enfants, des apprentis , des domestiques , etc., les démarches les plus pressantes , les représentations les plus énergiques pour les engager à se tenir hors des atteintes de ce perfide ennemi de la santé , de la réputation et de tons les intérêts temporels et spirituels de l'homme ; de prendre toutes les mesures qu'il jugera convenables pour former des associations volontaires, destinées à propager les principes do cette société ; d'employer tous les moyens pour parvenir, avec l'aide de la bénédiction divine , à fixer l'attention des personnes de tout sexe , de tout Age et de toute condition, sur la grandeur du mal que cette société est destinée à empêcher et sur l'importance des avantages sans nombre qui résulteraient de l'accomplissement de ses efforts ; en un mot , de produire un tel changement dans l'opinion publique, une telle révolution dans les usages de la société, qu'à la fin la tempèranoe, avec toutes les bénédietions qui en sent la suite, règne dans teut l'univers.

Arr. 9. Il est un grand principe que le secrétaire et le comité exécutif ne doivent jamais perdre de vue, et qui doit être la base de toutes les mesures, c'est que, tout en faisant des efforts continuels pour ramener à la sobriété ceux qui ont

2^0 SOCltTÉt ©I TIMFÉ&1ICE

déjà contracte des habitudes d'intempérance plus eu moins enracinées, le but principal de cette institution est de prémunir contre le danger ceux qui ne se sont point encore livrés à ce vice.

La société de Boston ne tarda pas à trouver des imitateurs et des auxiliaires. En peu d'années chacun des états de l'Union eut ses associations de tempérance, auxquelles s'affilièrent les hommes les plus distingués par leur rang, leurs talents et leur influence. Rien de plus simple d'ailleurs que le mode de formation et d'action de ces sociétés. — Les habitants d'une même commune ou d'un même canton qui désirent former une société de tempérance , se rassemblent dans un lieu convenu ; là, ils s'engagent les uns envers les autres à s'abstenir de toute boisson enivrante , et à veiller à ce que leurs subordonnés s'en abstiennent. Tous ceux qui s'engagent de cette manière deviennent membres de la nouvelle société. Ils nomment des administrateurs qui sont chargés de recevoir les nouveaux agrégés. Ces administrateurs ont a rechercher quelle est la consommation annuelle des liqueurs fortes dans la commune ou le canton au- sein desquels l'association s'est formée. Ils tâchent de connaître l'influence que l'abus de ces liqueurs exerce sur la moralité et le bonheur des habitants, et ils s'efforcent de constater les effets déjà obtenus par l'établissement de la société ou ceux qu'on doit en attendre. Chaque année le résultat de ces recherches est consigné dans un rapport qui est lu aux

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sociétaires assemblés. Au-dessus de toutes le* sociétés inférieures d'un état se trouve ordinairement placée une société centrale qui se charge d'analyser et de publier les résultats généraux obtenus.

11 est intéressant d'étudier, dans les premiers rapports de la société américaine, la marche et le développement d'une institution qui devait en peu d'années exercer une si grande influence sur la moralité de la nation. Les deux premières années furent consacrées à l'œuvre de la propagande ; le succès dépassa bientôt les espérances. Mais c'est surtout Tannée 1829 qui devint une ère nouvelle pour le nord de l'Amérique. Plus de 1,000 sociétés de tempérance ont surgi ça et là, et parmi elles ou compte 11 sociétés diktat (ou sociétés générales de province). Plus de 400 marchands ne vendent plus de liqueurs fortes ; 1,200 ivrognes ont oublié l'usage de leur boisson favorite; 100,000 membres remplissent les cadres des associations de tempérance.

Quelques rapprochements feront mieux juger encore des succès obtenus par ces associations dans le cours d'une seule année. « En 1828, l'état de New- York ne comptait que 78 sociétés de tempérance ; en 1829 il en renfermait 200 ! A Lyme ( New-Hampshire), où il se vendait annuellement plus de 6,000 gallons de liqueurs fortes, il ne s'en était vendu, pendant l'année 1829, que 800 gallons. La mortalité qui, depuis 6 ans, avait été annuellement de 24 £ p. °/0, terme moyen, n'était

28S «ocsÉrit bb Tinitiscs

ffctt» pour les deux dernières années, que de 17 j fu 0/o. » (R. Baîrd , Histoire des sociétés de tempérance.)

Les possessions anglaises voisines des États-Unis subirent également l'influence du bon exemple : plusieurs sociétés de tempérance s'établirent dans le Haut et le Bas- Canada , la Nouvelle- Ecosse et le New-Brunswiclu

Mais ce qui, pour nous, doit ajouter à l'intérêt qu'inspire l'année 1820, c'est que de cette époque date le commencement de la réforme dans r Ancien- Monde. Grâce aux efforts du révérend professeur Ëdgard de Belfast, New-Ross, en Irlande, vit naître la première société de tempérance européenne ; et, avant la fin de l'année, beaucoup d'autres étaient instituées dans cette ile et en Ecosse : elles comptaient environ 1,500 membres. L'Angleterre aussi commençait à s'occuper de cette grande amélioration sociale : plus de 65,000 traités de tempérance y étaient en circulation.

L'expérience va donc être décisive : elle s'opère sur une si vaste échelle , dans des contrées si diverses, parmi des hommes si différents de positions, de savoir, de préjugés et de coutumes, qu'il ne saurait plus devenir possible, soit aux partisans de la réforme de déguiser sa faiblesse, soit à ses adversaires de nier sa puissance.

Le quatrième rapport de la Société américaine pour 1841 affirme que « dans le seul état de New- York, l'abstinence des liqueurs fortes a produit

Bit AlilIQVt BT BR BU10FS. 233

cette année une économie de phis de 2,000,000 do dollars (10,840,000 fr.) ! »

Et, ce qui est plus satisfaisant encore, partout où la consommation de ces liqueurs a éprouvé une grande diminution, «les cas d'indigence, de crime, de maladie , de folie et de mort prématurée ont diminué en proportion. »

« Depuis que la population de cet état , dit un célèbre médecin du Massachusetts, a renoncé presque généralement à l'usage des spiritueux, le nombre des maladies a diminué de moitié, et je ne fais aucun doute qu'il n'en soit de même partout où l'on adoptera le principe de l'abstinence. »

Dans la ville d'Albany, où, sur une population d'environ 25,000 âmes, 336 individus au-dessus de 16 ans moururent du choléra en 18S2, il n'y eut que deux décès sur 5,000 membres de la société de tempérance; ce qui fait voir que pour eux les chances de mort , par l'effet du fléau , n'étaient pas le quarantième de celles qui planaient sur les nôtres habitants. Sur 60 de ces derniers, il y eut an décès, tandis qu'il n'y en eut qu'un sur 2,800 parmi les membres de la société.

Au commencement de 1821, Londres fouda sa Société de tempérance britannique et étrangère1.

1 Voici ta règlement de cette société :

« Ait. l*r. Le malheureux penchant pour le* liqueur» sptritueoses est l'une des principales causes d'indigence, de maladies et de crimes dans ce royaume.

• Aar. 2. Il est démontré par l'expérience que tous les m. 20.

284 socnrris db tufiauics

Les hommes les plos éminents de l'Angleterre pri-

efforts que l'on a fait* jusqu'ici pour arrêter les progrès de 1 Intempérance , sont insuffisants.

• Ait. 3. Sans doute il est possible de guérir des habitudes d'intempérance une fois établies , mais c'est une tâche qui n'est pas sans de grandes difficultés; il faut donc, pour espérer de réussir, adopter des moyens qui préviennent la formation de ces habitudes.

• Ait. 4. En conséquence on ne pourra faire partie de la société , si on ne signe la déclaration «tarante : Nous nous engageons à nous abstenir de liqueurs fortes, excepté comme remède, et à user de toute notre influence peur faire cesser les causes et les habitudes de V intempérance.

» Ait. 5. Les membres de cette société encourageront de tout leur pouvoir la circulation des écrits qui auront reçu la sanction du comité d'administration, écrits qui seront exclusivement consacrés à propager les principes qui peuvent conduire é la modération dans l'usage des liqueurs fermentées, et à l'abstinence complète des spiritueux, excepté comme remède, en cas de maladie.

Ait. 6. Il ne sera exigé aucune cotisation de ceux qui désireront devenir membres de cette société; mais il est fortement recommandé à toutes les personnes bienfaisantes de concourir par leurs dons au but qu'elle se propose.

• Rien de plus simple que de former une société de tempérance; partout où il se rencontre deux personnes consentant à s'abstenir de liqueurs spiritueuses, il leur suffit d'insérer dans un registre la déclaration indiquée dans l'art. 4 , et de signer leur nom au boa, pour constituer une société de tempérance. Elles se procurent et distribuent des traités, et reçoivent la signature de leurs voisins, hommes et femmes ; enfin , lorsqu'une réunion publique devient nécessaire pour répandre davantage les documents obtenus, et donner plus d'influence à la société, elles la convoquent»

X* AMiaiQVB ET EH BU10H. 285

rent part à ses assemblées et à ses travaux ; l'évéque de Londres en fut nommé président. Elle déploya tout d'abord une grande activité, et vraiment il en était besoin dans un pays où Ton consommait annuellement, depuis 1827, 40,000,000 de gallons (181,736,317 litres) d'eau-de-vie , rbum, gin et whiskey, ainsi qu'il résulte de documents officiels mis sous les yeux du parlement.

On retrouve dans cette occasion le caractère grandiose qu'on aperçoit souvent dans les institutions de l'Angleterre. Ainsi , le comité de tempérance nommé par la cbambre des communes a répandu avec profusion une série de 4,000 questions sur cette matière importante ; et l'on vit une déclaration contre l'usage des liqueurs fortes porter les signatures de 928 médecins et chirurgiens.

A cette époque, la cause de la tempérance commençait à prendre racine en Suède et en Russie, an cap de Bonne-Espérance, parmi les habitant» des îles Sandwich et des îles de la Société. Les tribus indiennes les plus civilisées, qui avoisinent les États-Unis, eurent aussi leurs sociétés de tempérance, et partout ces établissements obtinrent les plus favorables résultats.

En 1882, 600 navires de commerce parcouraient les mers sans avoir à bord de boissons fortes. Frappé de ce fait et de ses conséquences, le secrétaire d'État au département de la marine rendit une ordonnance d'après laquelle tout matelot employé sur les vaisseaux de guerre des États-Unis

2M êoaÈri» di rmiuici

qui renoncera à sa ration àegrog , recevra 6 eeafr par jour à titre de compensation. Cette mesure , quoiqn'inooraplète, a produit d'heureux effets ; de toutes parts des commandants des stations s'en sont félicites. Une lettre du commodore Biddle informe le chef de la marine que « sur 1,107 matelots de l'escadre, il y en a 819 qui ont renoncé à leur ration de liqueurs spiritueuses : il en est de même des officiers, qui témoignent le plus grand tèle pour la propagation de la tempérance. »

L'armée de terre a ressenti plus encore les bienfaits de la réforme. On lit dans une lettre écrite par un officier distingué au secrétaire de la Société américaine : « Lorsque je suis arrivé- ici, je doute qu'il y eût dans tout le corps trois hommes qui s'abstinssent entièrement des boissons spiritueuses. Aujourd'hui, ils ont établi une société de tempérance sur le principe de l'abstinence complète, et plu* dêê trois quarte du régiment en font partie. Tous les quinte jours ils se réunissent, et un d'entre eux lit un *9sai ou un traité sur la tempérance. 11 en est résulté l'effet que j'espérais : une amélioration évidente s'est manifestée dans l'extérieur, le moral et la conduite du soldat.... Auparavant, il y avait ordinairement trois hommes de punis par 24 heures , c'est à dire plus en un jour qu'il n'y en a aujourd'hui en six semaines. Depuis la for* mation de la société il n'y a pas eu un seul cas de désertion, *

Une des causes du grand succès de cette réforme

m AauiQVB rr %* inmon. 237

aux États-Unis, o'est l'appui que se sont empressés de lui donner un très grand nombre d'hommes les plus distingués , de tous les partis , de toutes les opinions ; on a vu plusieurs législatures d'États, et le congrès général lui-même, s'assoeier à la formation des sociétés de tempérance ; et comme si le conseil et l'exemple ne pouvaient à cet égard par* tir d'assez haut, le chef de la République, d'accord avec les deux anciens présidents des États-Unis encore existants, publia vers la fin de 1884 une déclaration qui fut insérée dans les journaux américains et qui était conçue en ces termes z

« Convaincus par l'observation et par l'expérience, non moins que par les déclarations des médecins les plus éclairés, que les liqueurs fortes, considérées comme boissons , non-seulement sont inutiles, mais encore ne peuvent être que très préjudiciables , et que la cessation d'un usage si pernicieux contribuerait indubitablement à la santé, aux bonnes mœurs et au bien-être de la société , nous croyons devoir exprimer ici la ferme persuasion où nous sommes que si les citoyens des États- Unis, et particulièrement la jeunesse, renonçaient à l'usage de ces liqueurs, ils feraient beaucoup, non-seulement pour leur propre intérêt et peur leur bonheur, mais encore pour le bien général de leur pays et du monde entier. »

Signa, Jases Mabmoh ,

JOHH QOIHCT AtAMS,

AitsEiw Jagkso*.

288 focrfTÉs db TBariimcK

Dresde eut cette année nne société de tempérance, établie sons les auspices da prince Jean de Saxe. Calcutta, Bombay, Madras, arborèrent la bannière de la sobriété. La réforme fit dea progrès étonnants dans les Iles de l'Océan pacifique septentrional. Vivement pressé par dea Européens qui sollicitaient l'autorisation de vendre des spiritueux , si non aux insulaires du moins aux étrangers , le chef d'une de ces lies répondît avec une biiarre énergie : « Je ne vous empêche paa de vendre du rhum aux chevaux et aux cochons; mais toutes les fois qu'il s'agira d'hommes , quels qu'ils soient f je vous le défends. »

L'année 188b* s'ouvrit donc sous de brillants auspices : cédant en quelque sorte aux vœux de l'armée , le secrétaire d'État au département de la guerre avait rendu une ordonnance dont voici les deux premiers articles :

« Art. 1". Il ne sera fait à l'avenir aux troupes des États-Unis aucune distribution de liqueurs fortes comme partie de leur ration ; et il ne leur sera alloué aucune compensation pécuniaire pour cette suppression.

» Art. 2. Toute introduction de liqueurs fortes dans les forteresses , camps ou garnisons des États- Unis est prohibée; il est expressément défendu aux vivandiers d'en vendre aux soldate , et aucune permission ne sera accordée pour l'achat de ces boissons. » Presque toutes les villes et les bourgs des Étata-

El AMÉMQVI IT IN EtJfiOf E. 289

Unis eurent lewr société de tempérance ; quelquesunes même , comme New* York , en possédèrent dans chaque quartier. Des congrès généraux s'organisèrent , et si prodigieux était le changement opéré dans les mœurs par les sociétés de tempérance, qu'on vit des débitants de liqueurs jeter leurs marchandises à la mer , pour empêcher les maux qu'aurait entraînés leur consommation : nombre de fermiers refusèrent de vendre leurs grains aux distillateurs, ne voulant point, disaient-ils , alimenteras sources de crime et de mort*

« Autrefois , dit M. Baird, jamais auoune des innombrables voitures publiques qui parcourent le pays dans toutes les directions ne s'arrêtait à la porte d'un cabaret ou d'un hôtel, sans que voyageurs et cocher se précipitassent dans la pièce où l'on vend des liqueurs , pour se procurer un verre de rhum , de gin , de whiskey ou d'eau-devie. Maintenant il est rare de voir demander autre chose que de l'eau , de la limonade ou de la bière. »

La réforme se développait de plus en plus dans lesoontrées que nous avons citées déjà , et avait pénétré en d'autres lieux encore , tels que la Nouvelle- Hollande , la Nouvelle-Galles du Sud , la terre de Van Diémen : elle obtenait des avantages signalés, qui le croirait? jusque chez ces Hottentots dont le nom éveille parmi nous une si dédaigneuse pitié.

Dans la seule Angleterre , le nombre des sociétés était cette année de 443 , et celui des membres qui les composaient s'élevait à 87,471. Une société

240 mcttris 11 vnrtiisci

maritime de tempérant* s'y forma, et put compter parmi ses vice-présidents #nr* amiraux, et plusieurs membres du parlement • Gibtaltar vît aussi s'organiser dans son enceinte une assoctattoo dévouée à la eaase de la reforme, qui prospérait également en Suède et en Rassie.

Enfin , le rapport de la Société Américaine pour 18M , nous apprend que , dans certaines provinces de la confédération , le peuple l'est p*e~ nonce si énergiqoement contre la vente et rasage des spiritueux , qu'on a cessé d'aocarder des li» eences pour ce genre de négoce» Ce même document porte au-delà de 8,000 le nombre des sociétés de tempérance renfermées dans les limites de l'union ; il évalue à 2,000,000 an moins le nombre des personnes qui s'abstiennent de liqueurs alcooliques ; 4,000 distilleries , difril , ont été fermées; plus de 8,000 marchands ont cessé d'en vendre les prodoits ; plus de 12,000 ivrognes reconnus ont renoncé à toute boisson enivrante ; 1,200 bâtiments sortent des ports de l'Union sans embarquer de spiritueux : or les armateurs et les capitaines de ces vaisseaux et des autres bâtiments de commerce , déclarent unanimement que , « d'après l'observation et l'expérience, les matelots sont mieux portants , d'une conduite plus régulière, et en même temps s'acquittent de toutes las parties de leur service d'une manière plus satisfaisante , quand ils n'usent d'aucune de ces boissons. » « Dans beaucoup de cantons des six États do

nr irftiQVi et nr iuiou, 241

Nord (communément désignes sous le nom de la Nouvelle- Angleterre), le peuple a défendu absolument à qui que ce fût de Tendre des liqueurs fortes. . . Dans la partie occidentale de la Pennsylvanie , où le peuple , en 1701 et 1794 , s'était révolté contre le gouvernement à l'occasion d'une taxe sur les alambics et sur la fabrication du wbiskey , tel a été le-développement des habitudes de tempérance, que, dans un seul comté, le nombre des distil- "leriesa été, dans le court espace de 18 mois, réduit de 168 à 62. Les comtés voisins offrent les mêmes résultats. » (R. Baird.)

Le commerce américain est si intimement convaincu que les sinistres dont s'afflige la navigation sont dus, pour la plupart , à l'usage des boissons spiri tueuses , que toutes les compagnies d'assurances die New-York , et d'autres encore, se sont engagées à une remise de cinq pour cent sur la prime, à l'égard des navires qui mettaient à la voile sans prendre à bord de rhum , gîn , wbiskey , etc.

Cette conviction n'existe pas seulement en Amérique. MM. Baring frères et compagnie , de Londres, écrivant à leur correspondant d'Amsterdam , lui demandaient pourquoi il n'obtenait aucun affrètement. Sa réponse fut « qu'il y avait des bâtiments américains , commandés par des capitaines membres des sociétés de tempérance, qui accaparaient tout le fret , et que tant qu'il en resterait un , les autres bâtiments ne trouveraient pas à charger. » •

242 sociirfts dz nariiiiicx

On "voit , dans une lettre écrite en 1838 par M. J.-S. Buckingham, président du comité de tempérance britannique, que le nombre des sociales oe& presque doublé en Angleterre depuis moins d'an an. Il annonce que dans une tournée qu'il Tient de faire , il a présidé de fréquentes assemblées de tempérance , composées parfois de plus de 5,000 personnes de tout rang et de tout âge : partout il a trouvé mêmes vœux , même enthousiasme. Une foule d'ivrognes convertis y ont pris la parole , et ' là, après avoir retracé les maux de l'intempérance, puis les bienfaits de la sobriété, ils ont adjuré les compagnons de leurs anciens dérèglements d'abandonner , à leur exemple , la voie dans laquelle les retient encore une déplorable habitude, une infernale passion.

Considérée dans ses rapport avec la juridiction criminelle, la réforme n'a pas amené des résultats moins dignes de fixer l'attention. A Preston (Angleterre), par exemple, depuis que la tempérance s'y est introduite , on a tu une série de six sessions d'assises dans lesquelles aucun habitant de la ville n'a été appelé devant les juges. Aux États-Unis, pendant la dernière session des cours des comtés de Plyraouth, Bristol et Barnstable (où depuis S ans on n'accordait plus de licence pour la Tente des liqueurs spiritueuses ) après des vacances de % mois pour l'une d'elles, de k pour une autre, et de 7 pour une troisième, il n'y a eu, dans les trois cours ensemble, que deux procès eriminels, et tous les deux pour

IN AHémiQVB BT EN zuiors. 243

vol simple, d'une valeur moindre de 60 francs ; pas un seul délit grave ne leur a été déféré. (Rapport de 1835.)

On ne saurait se figurer quelle étonnante quantité de livres, de brochures, d'almanaebs, de comptesrendus, d'écrits de tous genres, et surtout de journaux quotidiens, hebdomadaires, mensuels, etc.» les sociétés d'Amérique et de la Grande-Bretagne ont jetée gratuitement en circulation dans les deux % hémisphères. La seule société de l'État de New-York a distribué en 7 ans 12,625,210 documents sur le sujet de la tempérance. Dans l'année 1825 elle a publié :

Tempérance Recorder (ou Annales

de la tempérance) 1,158,660 eiemplatres.

Intelligencer (le Nouvelliste) 1 ,243,050 »

Almanach de tempérance (100,000

ont été distribués aux marins de

l'Union) 755,000 »

Diverses brochures 70,000 »

Imprimés sous différents titres. . . . 80,000 »

Total... 3,306,710

En France, le premier exemple de la formation d'une société de tempérance a été donné par la ville d'Amiens ; cette société est présidée par son fondateur, M. le conseiller du Trône, dont le zèle et l'activité ne pourront manquer de propager incessamment cette utile institution dans son pays.

En Belgique, il n'existe pas encore de sociétés de tempérance, à peine en soupçonne-ton l'existence;

244 »«ClÉTàa SI THUÉftAKCB

et cependant cette institution ne serait pas moins nécessaire ehei nous qu'elle ne Test partout ailleurs. Le chiffre de la criminalité est là pour l'attester. Comparé à la moyenne de 1821 et 18*2 (4,456) le nombre des coups et blessures a augmenté en Belgique de 242 (4,698) en 1822, et de 1,595 (5,051) en 1824. Cette augmentation correspond à la promulgation de la loi sur les distilleries qui a en lieu vers le milieu de 1812, et qui, en abaissant le prix du genièvre, a accru la consommation de cette boisson pernicieuse.

Il résulte également d'un tableau statistique dressé par l'auditeur militaire de la province de Liège, et envoyé à M. le Ministre de la justice, que, depuis 1822 , époque de l'adoption de la nouvelle loi sur les distilleries, jusqu'au 1er janvier 1827, le nombre des crimes et délits commis par des militaires, en èiat d'ivresse, a presque doublé, comparativement au chiffre des crimes et délits commis également par des prévenus en état d'ivresse, pendant les 4 années précédentes.

Ces faits ne sont pas les seuls qui démontrent l'influence fâcheuse, qu'exerce, sous le rapport de la moralité, le bas prix du genièvre sur les classes inférieures de la société. En voici d'autres non moins authentiques et qui ont été constatés dès 1825, en ce qui concerne la ville de Liège.

Lorsqu'on 1821 le genièvre à 18 degrés se payait a 92 centimes le litre, le nombre des condamnations, pendant cette année, n'a été que de 28 pour

EH AIB1IQ0B IT EU EUKOVE. 245

tapages et rixes, résultant de l'excès de cette boisson* En 1832, il y eut 57 condamnés : le litre de genièvre au même degré se vendait à 86 centimes. Dans le cours de 1833, le chiffre des individus de la même catégorie a été de 155. Le prix du genièvre était descendu de 86 à 74 centimes , puis à 56 centimes, le litre à 19 degrés. Pour 1834 , le nombre des contraventions s'est élevé à 231. Le prix de cette liqueur à 19 degrés était réduit à 40 centimes le litre.

On a remarqué que les excès qui se rapportent à ces condamnations ont eu lieu en général les dimanches et les lundis, jours où l'ouvrier, qui Tient de recevoir son salaire de la semaine, ne travaille pas, ou travaille seulement une partie de la journée du lundi. Souvent ces désordres ont eu lieu dans l'intérieur des familles : c'est un père, une mère, une épouse , un frère ou une sœur qui viennent porter plainte.

Des résultats analogues se reproduisent sans au* cun doute dans les autres provinces; nous avons fréquemment eu occasion de les constater dans les prisons; et récemment encore un honorable sénateur, dans la séance du sénat du 24 mai dernier, a prouvé par des chiffres que l'ivresse était la cause la plu» fréquente des arrestations dans la ville d'Anvers.

Nous avons déjà dit que la chambre deè communes d'Angleterre avait nommé une commission pour examiner l'étendue, les causes et les conséquences de l'ivrognerie dans ce pays. 11 résulte de m. ZL ,

246 iOClÉTÎS DE TEIPi&AKCB

ce rapport que ce vice s'est affaibli depuis quelques années dans les rangs supérieurs et moyens de la société, mais qu'il a pris une extension considérable parmi les classes ouvrières de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande ; il a donc beaucoup plus gagné que perdu.

Nous pensons que le même fait s'est réalisé en Belgique ; les personnes d'un certain ordre ne boivent plus jusqu'à s'enivrer; mais les classes populaires ont adopté le funeste usage des spiritueux à un point qui était autrefois inconnu. Le vice de l'ivrognerie est descendu de deux ou trois degrés sur l'échelle sociale , et il fait dix fois plus de victimes.

On a calculé que les quarante millions de gallons, consommés annuellement en Angleterre, formeraient une rivière de cinq pieds de profondeur et de quarante pieds de large sur huit milles de long. On a calculé aussi que, dans une seule année , les classes pauvres dépensaient en achats de liqueurs spiritueuses plus de 16 millions de livres sterling , c'est à dire 400 millions de francs.

La commission évalue en totalité les pertes d'argent occasionnées par l'ivrognerie dans la Grande- Bretagne, à 50 millions de livres sterling, ou 1,250 millions de francs, et encore cette somme lui parait au-dessous de la réalité. En Belgique, le mal est moins grand et la dépense moins forte , parce que les dépenses y sont plus bornées. On peut voir ici combien les économistes qui ne son-

IV AMBIIQUB ET UT EUBOH. 247

gent qu'à augmenter la richesse nationale sans prendre soin de l'amélioration morale du peuple, sont loin de s'occuper des véritables intérêts de la nation .

Parmi les causes de l'accroissement de lin tempérance, le rapport indique la coutume très générale dans les classes populaires , de mêler l'usage des liqueurs spiritueuses à tous les événements importants de la vie-, et même à la plupart des transactions d'achat et de vente. 11 indique aussi les repas qui se donnent journellement dans les familles. L'exemple exerce également une fâcheuse influence sous ce rapport; les ouvriers s'excitent l'un l'autre à boire des liqueurs spiritueuses ; enfin, les tentations se sont considérablement multipliées, par l'établissement de nombreuses tavernes, particulièrement dans les quartiers occupés par les classes ouvrières.

Plusieurs remèdes immédiats sont indiqués par les rapporteurs. Or, en voici un qui nous parait digne d'attention : « Nul ne sera autorisé à vendre des liqueurs spiritueuses que sous la condition de se renfermer exclusivement dans le débit de cet article, et, par conséquent, la vente des liqueurs sera complètement séparée de la vente des épiceries , du vin , de la bière , et autres provisions. » En outre , le rapport propose de légaliser, par un acte formel , l'établissement des sociétés de tempérance dans chaque ville et village du royaume.

Mais ces moyens ne sont que des palliatifs bien

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insuffisants lorsqu'on les compare à l'étendue du mal qu'il s'agit de combattre. S'il est prouvé à l'évidence , comme l'attestent les plus hautes autorités médicales, que les liqueurs spi ri tueuses sont dans le sens le plus absolu , un poison pour la constitution humaine ; qu'elles ne sont nécessaires ni même utiles en aucun cas aux personnes en santé ; qu'elles sont toujours et dans tous les cas , lors même qu'on les prend à petite dose , pernicieuses et délétères , et qu'elles deviennent une cause de mort quand on augmente la proportion ; s'il est également prouvé que l'abus ou seulement l'usage habituel des boissons fortes est une cause permanente de misère , de désordre et de crime, comment donc se fait-il que les gouvernements, non-seulement en autorisent la fabrication et la vente, maïs encore leur accordent des encouragements ? Jusqu'à quel point peuvent-ils se croire autorisés à réprimer les offenses dont ils sont en quelque sorte les provocateurs ? On invoque à l'appui de la fabrication et du débit des liqueurs sptrit ucuses, l'intérêt de l'agriculture, celui du trésor. Mais il est prouvé que les distilleries sont loin d'être indispensables au succès des exploitations agricoles, et que le bénéfice du droit perçu sur la distillation est plus que compensé par la perte que supportent les consommateurs de spiritueux. La loterie, les jeux augmentaient aussi naguère le revenu de l'État : comment donc se fait-il qu'on les ait abolis ? N'est-ce pas parce que le soin de la

m AvittQum bt ni iubofi. 249

moralité do peuple parle nécessairement plus haut que l'intérêt du fisc? Que dirait-on d'un pays où l'on autoriserait sans restriction la mise en vente et où Ton encouragerait même la préparation des poisons, pour cela seul qu'ils donneraient lieu à la perception d'un droit plus ou moins élevé? Un jour viendra peut-être aussi où Ton s'étonnera à juste titre de la liberté , voire même de la protection que Ton accorde encore aujourd'hui à la plus funeste des industries , celle qui attaque à la fois la santé et la moralité des classes ouvrières , et qui conduit chaque année un grand nombre de nos concitoyens au dépôt de mendicité , à la prison et à l'échafaud.

Nous avons vu qu'aux États-Unis on avait commencé à comprendre que le véritable remède à apporter aux progrès de l'intempérance était d'interdire le débit des liqueurs spiritueuses. Cette interdiction existe dans un grand nombre de cantons de la Nouvelle-Angleterre, et dans plusieurs comtés de l'État de Massachusetts ; on y chercherait inutilement un magasin , un cabaret ou même une maison particulière où Ton pût se procurer de l'eau- de -vie ; les apothicaires seuls en tiennent , et les ivrognes sont obligés de faire plusieurs milles , s'ils veulent se satisfaire. Il en est de même des autres comtés de quelques-uns des États du centre, du sud et de l'ouest.

La commission de la chambre des communes n'a pu échapper non plus aux conséquences logiques

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que nous venons d'exposer. Aussi, indépendamment des palliatifs actuels que nous ayons déjà indiqués, propose- t-elle comme remède radical les mesures suivantes :

1° La prohibition absolue de toute importation de spiritueux venant soit de l'étranger, soit même des colonies anglaises ;

2° La prohibition également absolue de toute distillation de spiritueux par le moyen du blé ; car le blé est la partie la plus importante de la nourriture de l'homme ;

8° La distillation au moyen d'autres matières restreinte dans les limites des besoins de la médecine , des arts et des manufactures , et la vente en gros et en détail des liqueurs spiritueuses confiée aux droguistes et aux pharmaciens.

Il est vrai que la commission anglaise renvoie l'exécution de ces mesures à une époque future , alors que l'opinion publique sera suffisamment préparée et éclairée sur cette grande question. Mais il nous semble à nous que c'est à la législature à devancer sous ce rapport l'opinion, et à prémunir le peuple contre les funestes effets de l'usage des liqueurs fortes , avant même qu'il ne les ait unanimement reconnus. — S'il en était autrement , si les magistrats institués pour le salut des nations méconnaissaient dans cette circonstance leur mandat , on pourrait à juste titre faire retentir au milieu d'eux, avec l'organe de la Société américaine, ces terribles paroles : « Vous

xv AaiftiQtri bt mu zuftotK. 261

bâtisses des prisons, et tous accordez des licences pour le commerce qai les remplit] Vous fondez des hôpitaux d'aliénés , et c'est vous-mêmes qui tous chargez de les peupler! Vous frappez les assassins, et le commerce qui fait les assassins fleurit à l'ombre protectrice de vos lois ! Oh ! c'en est trop : le sang ainsi versé retombera sur vous ! » Mais c'est aux hommes éclairés, aux bons citoyens à seconder la législature et à lui frayer la voie; c'est à l'association qu'ils doivent avoir recours pour que l'isolement ne rende pas leurs efforts stériles. Que dans chaque commune, dans chaque paroisse les habitants notables se réunis* sent pour fonder une société de tempérance , et t'entendent pour n'admettre à l'intimité de leurs relations que ceux qui s'en montrent dignes par l'honnêteté de leurs mœurs et la réserve de leurs babitudes ; que les exemples de sobriété des uns invitent les autres à s'abstenir d'un penchant qui engendre tant de vices ; que les conseils ajoutent à l'autorité de l'exemple ; que cette association , enfin , formée contre l'intempérance , obtienne la sanction morale des autorités locales et du curé , à qui il appartient surtout de donner l'impulsion : et l'on verra s'affaiblir progressivement dans la paroisse l'oisiveté et le libertinage , tristes conséquences d'un penchant qui finira par s'éteindre. Ii sjst impossible , en effet , que l'ivrognerie de quelques-uns ne cède pas tôt ou tard à cette conjuration de la majeure partie des habitants; quand

282 SQCliTét »B TlMfilAJCB, ire.

ils verront contre eux toute la commune, quant! ils n'obtiendront du travail de kart maître* on 4e leurs voisins qu'à condition d'être sobres et rangés dans leur conduite , un sentiment naturel de honte et le cri de la nécessité les arracheront au vice.

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