‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 135 sur 143 · IH 1 M 4*1 QUI ET EH EC10PE · texte numérisé non relu

IH 1 M 4*1 QUI ET EH EC10PE

2« Classification dss condamnés, aux Etats -Uni*, sn Francs, en Angleterre et en Belgique.

D'après les renseignements recueillis parMM. de Beaumont et de Tocqueville ( t. II, p. 259 et 292), la moyenne des condamnations prononcées dans les États du Massachusetts, Connecticut, New-* York et Pennsylvanie , et le relevé du nombre des condamnations soit criminelles, soit correctionnelles , à un an de prison et plus , prononcées en France, présentaient, en 1830, les résultats suivants :

États-Unis. France.

Cond. pr curaes cont. les person. 8,66sr 100. 12,02 sr 100. Id. cont. les propr. 91,29 a 87,98 .

Id. de faux 10,26 » 1,94 »

ld. cont. les mœurs. 4,05 • 2,07 •

Il est évident que les conséquences à déduire do ces données ne peuvent être rigoureuses, et qu'elles sont nécessairement subordonnées au degré plus ou moins élevé de la répression , et à la différence des lois pénales dans les deux pays.

On obtiendrait un résultat plqs exact de la comparaison du nombre des accusés que de celui des condamnés ; mais les renseignements manquent à cet égard pour les États-Unis qui n'ont pas encore de statistique judiciaire uniforme et bien établie. Quant à l'Angleterre, la France et la Belgique.,

284 ST&TIST1QUK DIS PlUOffS

Toici las rapports qai résultent de la comparai** da nombre des accuses et des prévenus de crimes et délits analogues dans les trois pays * :

8«r 100 acc«M<s «t prtrww ée mw ■ojenn*. c. 1« pcrs. c- les prop. de Cm*. c. h»

Angleterre (1827 à 1833). 3,73 Fraace (1825 à 1832). 10,04 Belgique (1826 i 1830). 7,12

Ml

Si Ton compare ces derniers rapports avec < que donnent MM. de Beaumont et de TocqueviUe, on voit que c'est en France que se commet proportionnellement le plus grand nombre d'offenses contre les personnes ; puis viennent les Étatt-Cnis, la Belgique , et en6n l'Angleterre ; maïs on sait qu'un grand nombre d'actes, qui en France, et en Belgique , sont rangés parmi les délits contre les personnes , tels que l'outrage, l'adultère, les coups et blessures, ne donnent communément ouverture en Angleterre qu'à l'action civile intentée par les intéressés. De là sans doute , en grande partie , la notable différence que nous venons de signaler.

Ce sont les États-Unis qui offrent le chiffre le plus élevé pour les offenses contre les mœurs ; ce chiffre décroit successivement pour la France , la Belgique et l'Angleterre. L'élévation du rapport pour les États-Unis s'explique par la rigueur des

1 ?. Statistique comparée de la criminalité em Ftm*&* «» Belgique et en Angleterre, etc.

EH AMftlIQUB ET BR EUJLOf E. 285

lois et de la répression à l'égard des actes que condamne la morale ; en effet la plupart de ces actes, qui entraînent au-delà de l'Atlantique de rigoureuses condamnations , ne sont guère justiciables en Europe que du tribunal de l'opinion.

Les quatre États occupent le même ordre pour ce qui concerne le crime de faux ; on comprend difficilement sous ce rapport la position favorable de l'Angleterre; quant aux États-Unis, l'état de l'instruction , le grand nombre de banques et l'immense mouvement commercial qu'on y remarque, expliquent la différence qu'indiquent nos relevés*

3. — Tableau comparatif du nombre des femme* dan» le» priions de France, de Belgique et de» Étmtê-Uniê*

Nous avons déjà indiqué la proportion du nombre des hommes et des femmes accusés et condamnés dans différents pays (V. n°XVI). Cette proportion est généralement beaucoup plus considérable pour les premiers que pour les secondes : elle est

En France de 1 femme pour 4,5 homm. cond. criminell. et

coït, à I an et plus de pris.

Belgique de 1 • 2,6 ho m m. cond. corrections.

(1835). é 6 mois et plus.

Id. de 1 » 7 homm. cond. criminellem.

Id. de 1 » 4,2 homm. cond. cri m. et corr.

à 6 mois et plus de prison.

286 •T^rirriQUi dis ruions

ÉtaU-Unu. — Prisons centrales

de Tlew-Yerk, Conneeticat,

Pennsylvanie, Maryland ' . . . . 1 femme pour 10,7 homm. Id. (Femm. blanch. seulement). 1 • 26,3 •

En Angleterre, pendant Tannée 1836, le nombre des hommes accusés a été de 17,248 et celui des femmes de S, 736 , ce qui donne la proportion de 1 femme sur 4,7 hommes.

On peut conclure de la comparaison de ces chiffres que le nombre des offenses commises par les femmes eu Angleterre , en France et en Belgique, est un peu moins du quart du nombre des offenses commises par les hommes ; s'il est beaucoup moindre aux États-Unis , ce fait doit être attribué en grande partie à 1 action des tribunaux et à la nature de la pénalité. On a constaté en effet, dans ce dernier pays et particulièrement dans les États de New-York et de Pennsylvanie, que le nombre des femmes condamnées augmentait de beaucoup , i mesure que la peine devenait moins forte. II n'en est pas de même en France : la proportion des femmes condamnées à moins d'un an de prison n'est pas si considérable que celle des femmes condamnées à plus d'un an.

1 V. de Beaumont et de Tocqueville , t. II , p. 297.

BS AlillQVB BT BU BVBOf E. 287

4. — Tableau comparatif: 1° En France, du nombre de» étrangère parmi lee accueèe , et du nombre dee Franpaie née hore du département où ils ont été jugée ; 2* En Amérique 9 dee étrangère parmi lee condamnée, ainei que dee Américaine née hore de l'État où ile ont été jugée; et 3° En Belgique, dee étrangère parmi lee détenue dane lee maieone centralee pour peines.

En France x, sur 80,818 individus qui ont été accusés de 1828 à 1834 (7 ans) , 1 ,705 étaient étrangers ;

86,572 étaient nés dans le département où ils ont été jugés ;

12,541 étaient nés hors de ce département.

Ainsi les étrangers étaient à la totalité des accusés comme. ... 2 ~ est à 100

Les accusés nés dans le département étaient à la totalité des accusés jugés dans ce même département comme 72 est à 100

Les accusés nés hors du départe* ment étaient à la totalité des accusés jugés dans cemémedépartement comme , 24^ est à 100

Aux États-Unis * (Massachusetts , Connectent1,

1 Comptes généraux de l'administration de la Justine criminelle.

2 De Beoumont et de Tocque?ille , t. II , p. 299.

New-York , Pennsylvanie et Maryland ) , les individus condamnés à la prison centrale se divisent ainsi qu'il suit :

14 étrangers à Y Amérique sur 100 détenus; 51 individus nés dans l'État où ils avaient été

jugés sur 100 détenus ; ZZ individus nés hors de rÉtat où ils avaient été

jugés sur 100 détenus.

En Belgique ', en 18S4, sur une population moyenne de 2,657 détenus civils ,

248 — 205hom.et 48 fem. étaient étrangers et 2,409— 1,926 » 483 » étaient nés en Belgique.

Ainsi les étrangers étaient à la totalité des détenus comme 10 est à 100.

11 résulte de la comparaison de ces nombres que la population est moins sédentaire aux États-Unis qu'en France ; c'est une circonstance dont il importe de tenir compte dans la comparaison des récidives constatées dans les deux pays. — Le nombre des criminels étrangers est plus considérable en Belgique et en Amérique qu'en France ; c'est un élément qu'il ne fout pas non plus négliger, lors de l'estimation de la criminalité dans ces divers États.

* Documents officiels inédits.

«s iiitiQvs w ne icaon. 289

& Tableau comparatif de Vdge dee accusée et des condamnée en France, en Angleterre, aux Etate- Unïe et en Belgique.

Voici quel était l'âge des accusés en France, pendant une période de 9 ans, de 1826 à 1833 ; et en Angleterre pendant une période de 3 ans , de 1884 à 1836 «.

Accosta igéi de

FBAWCI.

▲ÏIGLBTBBBB.

Moy. ans. Bap

. «r IOOO MC.

Moy. ann. Baj

». »r IOO<

Moins de 16 ans.

De 16 à 21 .

60 et au-dessus. 237

Age inconnu.

Totaux. .

Il résulterait de la comparaison de ces rapports, que le penchant au crime serait infiniment plus précoce en Angleterre qu'en France ; mais il faut tenir compte de la différence des lois pénales dans les deux pays , lois qui qualifient d'une manière souvent très différente des offenses analogues. —

1 Comptes-rendus de l'administration de la justice criminelle en France. — Tables Showing ihe number of criminal offendm. England and Wales, 1834, 1835, 1836.

290 ITAT1ITIQUI Dit F&ltOIS

Pour opérer d'après une base plus uniforme et obtenir des données plus directement comparables, nous avons réuni , pour la France, les pré- Tenus aux accusés; la statistique criminelle de Belgique nous fournit également sous ce rapport des éléments de comparaison * : le rapprochement des rapports pour chacun de ces pays nous donne les résultats suivants :

Accuses et prérenos âgés 4m ■oins de 16 ans. 16 à ai ans. ai et aa-detà.

France 5 «ir 100 14 sur 100 81 cor 100

Angleterre 12 • 29 • 59

Belgique (1826-1829). 5 12 . 83

Id. (1831-1834). 6. 12 » 82

Ce nouveau mode de comparaison donne à peu près les mômes résultats pour la France et la Belgique ; quant à l'Angleterre, elle offre toujours le chiffre le plus élevé pour les accusés au-dessous de 11 ans.

D'après les Document* statistique* recueilli* et publié* par le ministre de Vinlèrieur de Belgique, en 1836, la population des & maisons centrales de Gand, Yilvorde et St-Bernard s'élevait, en 1833, à 2,806 , classés de la manière suivante par rapport à l'âge :

1 Compte de l'administra tieo de la justice criminelle en Belgique pendant les année» 1831 à 1834, par Éd. Ducpetiaui, 1836.

IR IMillQOI ET EU 101OPE. 291

Rapp. sur 1,000.

essous de 16 ans

De 16 à 18

70 et au-delà 10 4

MM. de Beaumont et deTocqueville (t. II, p. SOI) ont fait des calculs analogues pour déterminer la moyenne de l'âge des condamnés dans les principaux pénitenciers des États-Unis ; il résulte de ces calculs que les condamnés :

Au-dessous de 20 ans sont dans la proportion de 10 sur 100.

Ceux âgés de 20 à 30 ans, > de 50 »

» 30 a 40 » » de 20

• 40 é 50 » » de 1 1 »

50 à 60 • » de 4 »

D'après ces données, le nombre des jeunes délinquants aux États-Unis se rapprocherait de celui que nous venons d'indiquer pour les prisons do Belgique, et serait beaucoup moindre qu'en France, et surtout en Angleterre : tout en tenant compte de la différence de 20 à 21 ans qui doit évident* ment influer sur les rapports , ne pourrait-on pas aussi attribuer en grande partie ce résultat à l'in-

292 STATlfTIQin BBS tBltOBt

flaence salutaire da système d'instruction nationale et à l'institution des maisons de refuge dont les États-Unis sont dotés depuis long-temps?

6. Tableau comparatif du degré d'instruction des accusés et des condamnés en France , en Angleterre, en Belgique et aux États-Unis.

D'après les comptes-rendus de l'administration de la justice criminelle en France et en Angleterre, voici quel était dans ces deux pays l'état intellectuel des accusés :

FBAHCB.

Année*.

Ne Mettant ni lire

Sachant lire on

Stcninlbien

A jant reen nne

ni écrire.

écrire uaparfeitem.

lire et écrire.

à ce i" degré.

ABGLETEBBB.

Ces nombres réunis ne correspondent pas rigoureusement au nombre total des accusés pour chaque année, parce qu'il s'est trouvé quelques-uns de ces derniers dont l'état intellectuel n'a pu être constaté ; mais la différence légère qui en résulte ne peut cependant influer d'une manière sensible sur les résultats généraux.

H AWUlQCI 1T EX BVEOtB. 293

Yoiei maintenant, pour la môme série d'années, le rapport du nombre des accusés ne sachant ni lire ni écrire, en égard à la nature des crimes, au sexe, à l'âge, etc.

Nombre d'accusé* ne sachant ni lire ni écrire sur

100 accusée.

fbaucb.

Ann. Crimes Crim. contre les Hom. Penun. Moins ai a Be4oetHéci-

person.

prof

le ai ans. 4<> au-dess.

dire.

ANGLBTBBBE.

Il résulte de la comparaison des rapports qui précèdent :

1° Que le nombre des accusés ne sachant ni lire ni écrire est proportionnellement plus considérable en France qu'en Angleterre ;

2° Que l'ignorance est généralement plus grande en France chez les accusés de crimes contre les propriétés que chez les accusés de crimes contre les personnes ;

3° Que l'ignorance est plus générale , en France et en Angleterre, chez les femmes que chez les hommes accusés ;

294 ST1T1ITIQUB DBS VUSeiS

4* Que le degré d'instruction chet les accusés , en France , Tarie avec l'âge, qu'il est moins élevé pour les accusés de moins de 31 ans que pour ceux de 21 à 40 , et moins élevé pour ces derniers que pour les accusés de 40 ans et au-dessus;

8° Qu'il est à peu près le même pour les accusés de récidive que pour les accusés en général ;

6° Que l'ignorance est plus grande en France chez les accusés que chez les adultes en général. D résulte , en effet , des comptes officiels publiés annuellement parle ministre de la guerre, que le nombre des jeunes gens , appelés pour le recrutement de l'armée , qui ne savaient ni lire ni écrire, ne s'élevait qu'à 53 sur 100 en 1828, à 82 en 1829, 51 en 1830, 50 en 1831, 49 en 1832, 48 en 1833. La différence entre ces rapports et ceux que nous avons donnés pour les accusés , forme la part de la criminalité.

Nous manquons de renseignements analogues sur la Belgique et les États-Unis : cependant la statistique des prisons de ces deux pays nous offre quelques éléments de comparaison que nous n'avons pas cru devoir négliger.

Ne tachant Sachant lirefiach biea

ni lire «I écrira Kre ui écrire, imparfait, et écrire.

4 mais, central, de Belgique (pop.

au 1er janv. 1833, 3,220 cond.) 1,972 472 776 d'Ohio ( 1835, pop. 276 cond.) 175 101

>op. ;

Haut-Canada "(id. 62 cond.) 13 27 22

Philadelphie (id. 2l7enlr.) 63 69 85

Auburn (id. 228 > ) 60 50 118

EH ÂBftftlQl'B ET EN COBOtl. 295

D'après ces relevés, le rapport des condamnés ne sachant ni lire ni écrire serait de :

61 dans les maisons centrales de Belgique ;

63 dans le pénitencier d'Ohio ;

21 » » du Haut-Canada ;

29 » » de Philadelphie;

27 » » d'Auburn.

On voit que les rapports pour la Belgique et rOhio se rapprochent de ceux que nous avons indiqués pour la France ; tandis que ceux que nous offrent les trois autres pénitenciers se rapprochent beaucoup plus des rapports que présente l'Angleterre. La raison principale de cette différence est dans la plus grande diffusion de l'instruction aux États-Unis et en Angleterre qu'en France et en Belgique; et ici par instruction nous entendons parler de l'instruction purement intellectuelle, mécanique, car l'instruction morale aurait eu pour effet de prévenir les offenses qui ont conduit la plupart des accusés et des condamnés devant les tribunaux et dans les prisons.

7 . Tableau comparatif de* récidives aux Éiate- Unis, en France , en Suieee, en Allemagne el en Belgique,

L'estimation du nombre des récidives est l'un des moyens les plus sûrs pour constater le degré d'efficacité des lois pénales et du système pénitentiaire dans un pays. 11 est à regretter seulement que cette estimation soit entourée de tant de diffi-

296 STATISTIQUE DSI IfttSOSS

cultes et donne encore lien à des résultats si inexacts. Mais c'est surtout lorsqu'il s'agit de comparer entr'eux les résultats constatés dans divers pays , que les chances d'erreur se multiplient : les bases d'après lesquelles se font les relevés diffèrent le plus souvent; ici on compare le nombre des condamnés pour récidive avec la totalité des condamnés ; là on compare les détenus en récidive qui se trouvent dans les prisons avec la totalité des criminels qui y sont détenus ; ailleurs , enfin , on compare le nombre des individus qui reviennent en prison avec la totalité de ceux qui ont été mit en liberté.

Il est évident que les nombres obtenus par ces différentes opérations ne sauraient être comparés entr'eux , sans donner lieu à des conclusions inexactes.

Pour donner à ces comparaisons le degré d'utilité dont elles sont susceptibles, il importe donc de ne comparer entr'eux que les États et les prisons où on s'est servi des mêmes bases pour opérer.

1° Comparaison du nombre des condamnés pour récidive avec la totalité des condamnés.

En France ', pendant 7 années, de 1828 à 1834, sur 34,628 condamnés pour crimes, il y avait 7,354 récidifs. Rapport : 1 condamné en récidive sur 4,7 condamnés.

1 Comptes généraux de l'administration de la justice crimiuelle en France.

EH AXi&IQITl ET SEI E010PI. 297

Pendant la même période , sur 209,086 condamnés à l'emprisonnement correctionnel, il y en avait 3-4,373 en état de récidive ; soit 1 sur 6.

Si l'on réunit les condamnés correctionnellement aux condamnés criminels , on aura une proportion générale de 1 récidif sur 5,8 condamnés.

Si l'on ne prend que les deux dernières années, 1833 et 1834, les rapports sont encore plus défavorables. Sur 8,269 condamnés pour crimes , il y avait 2,166 récidifs; c'est 1 récidif sur 3,8. Sur 64,348 condamnés à l'emprisonnement pour délits , il y en avait 13,192 en état de récidive; c'est 1 sur 4,8. En réunissant les deux catégories de condamnés on voit qu'il y a eu , terme moyen , dans les deux années , 1 condamnation pour récidive sur 4,7 condamnations. Il importe encore de remarquer que ces chiffres ne représentent que la proportion des récidives judiciairement constatées. Ils sont évidemment dépassés en réalité, car, quelle que soit l'activité de la police judiciaire , il y a , en France comme ailleurs, une foule d'individus dont la vie antérieure reste ignorée des tribunaux, et dont l'état de récidive n'est constaté que dans les prisons. — Quant à l'accroissement successif du nombre des récidives judiciairement constatées qui se fait remarquer de 1828 à 1834, il doit être attribué en grande partie à ce que les officiers du ministère public , d'après les instructions qu'ils ont reçues , redoublent de soin pour bien connaître les antécédents des individus qu'ils poursui-

298 8TATIIT1QU1 BIS MISONS

vent , et faire ainsi mieux apprécier leur moralité par les jures ou les juges chargés de statuer sur leur sort.

En Pennsylvanie, de 1810 à 1819, il y a eu 1 condamné en récidive sur 6 condamnés.

Au Maryland , de 1820 à 1832 , 1 id. sur 7 kl.

Dans l'État de New-York , de 1 80» à 1820, 1 id. sur 0 id.

A Auburn , de 1824 à 18S1, 1 id. sur 19 id.

Il résulterait de la comparaison de ces données que le nombre moyen des condamnés pour récidive en France serait à peu près le même que dans la Pennsylvanie , un peu plus élevé que dans le Maryland , et qu'il excéderait de beaucoup le chiffre de l'État de New- York depuis la fondation d' Auburn.

Mais il faut remarquer, d'un autre côté, que cette comparaison ne peut être qu'approximative. Le nombre des condamnés en récidive des États- Unis ne peut être exactement comparé au nombre des condamnés en récidive en France. Aux États- Unis , l'administration criminelle proprement dite n'existe pas. Ce n'est , en général , que le retour du coupable dans la même prison qui établit sou état de récidive. En France , on a mille moyens de connaître la condamnation antérieure d'un criminel. Il s'ensuit que le chiffre des condamnés en récidive d'Amérique se rapproche plus du chiffre des condamnés en récidive de France que ne i nieraient l'indiquer les données qui précèdent.

SIf ArfUQUE ET KK BUlOtl. 299

2° Comparaison du nombre dos individus qui reviennent en prison avec la totalité de ceux qui ont été mis en liberté»

Sur 2,174 condamnés pour récidive, en France, en 1821, et qui avaient séjourné auparavant dans les bagnes ou les maisons centrales , 350 étaient sortis des bagnes , 1,082 des maisons centrales de détention , et 142 des quatre maisons de correction soumises au même régime que les maisons centrales.

En comparant ces divers nombres avec le nombre moyen des individus qui sont sortis depuis 10 ans des établissements dont nous venons de parler , on arrive à ce résultat , que les récidives ont été dans la proportion de :

21 pour 100 pour les bagnes , 33 » les maisons centrales ,

51 » les autres maisons assimi-

lées aux maisons centrales.

Cette proportion varie suivant les lieux de détention , et peut servir à faire apprécier les résultats plus ou moins favorables obtenus dans chaque maison.

Elle a été,

Pour les bagnes de :

Lorient de 20 p. °/0

Brest 30 »

Rochefort 24 »

Toulon. 20 »

300 STiTISTlOCB nia rmisexs

Pour le* wuu*on* centrale* de:

Cadillac (Gironde) 18 p.9/.

Glermont (Oise) 20

Fontevrault (Maine-et-Loire) . 20

Montpellier 25

Nimes 26

Ensisheim (Haut-Rhin) 27

Eysses (Lot-et-Garonne) .... 27

Clairraux (Aube) 28

Embrun (Hautes- Alpes). ... 28

Rennes 28

Limoges 80

Gaillon(Eure) 84

Beaulieu (Cahrados) 85

Mont St-Michel (Manche). . . 35

Riom , 38

Haguenau (Bas-Rhin) 41

Loos (Nord) 42

Melun 42

Poissy (Seine-et-Oise) 67

Pour les maison* de correction de :

Belleyeaux( Besançon) 30

Soissons ( Aisne ) 38

St-Lazare (Paris) 35

Bicêtre(Id.) 148*

1 Ce rapport pour Bicétre, qui est de 146 sur 100 et dent l'exactitude a été vérifiée sur les registre* même» de cette prison, doit naturellement exciter quelque surprise. Il tient i ce que les peines qui y étaient subies , étant eu général

Bit AiéiiQUB it m mion. 901

Les comptes généraux constatent en outre que c'est toujours dans Tannée qui suit celle de leur sortie de prison que les libérés tombent le plus en récidive. Ainsi, sur un nombre moyen de 6,115 libérés chaque année, de 1830 à 1834, des bagnes et des maisons centrales , on en a repris , dans le cours de Tannée, 334 ou 1 sur 18. Pendant la même période de 5 ans , sur un nombre total de 30,575 libérés , 4,863 étaient tombés en récidive à la fin de la cinquième année ; c'était 1 sur 6 environ. Ce nombre s'est certainement accru depuis, et il augmentera encore par la suite , jusqu'à ce que le quart, voire môme le tiers des anciens détenus aient repris leurs places dans les prisons.

A Genève ', pendant les 5 années (1820 à 1825) qui avaient précédé l'introduction du système pénitentiaire, on trouve une proportion de 26 récidives sur 100 sorties (1 sur 3,8) pour les condamnés correctionnellement à un an et plus , et de 4 1 récidives (1 sur 2,4) sur 100 sorties pour les con*

d'une courte durée , il arrivait fréquemment que les mêmes individus y revenaient plusieurs fois à raison de nouvelles condamnations, dans le cours de 10 ans servant à établir la moyenne qui forme le terme de comparaison. — Dès-lors on conçoit facilement que le nombre de récidives peut, comme en 1831, excéder cette moyenne, c'est i dire le 10* des libérations ordinaires. (Y. le compte général de l'administration de la justice criminelle en France, pendant Tannée 1831.)

1 Documents communiqués par le directeur du pénitencier, M. Aubanel. — V. nQ VII.

902 tTATlf Tl^Ct Bit MMMVS

damnés criminellement; tandis que depuis l'établissement du nouveau système (1851 à 1816) la proportion du nombre des récidives à celui des sorties , pour les deux mêmes catégories de condamné* , a été réduite à 15 p. °/0 ( 1 sur 6,7 ).

A Lausanne1, le nombre moyen des récidives a été sous l'ancien système, pendant 21 ans, de 1805 à 1836, de 16 sur 100 ou 1 sur 6. Sous le nouveau, il n'a été que de 1 sur 14 ou 7 sur 100. Il est vrai qu'en 1895, sur 84 individus envoyés au pénitencier, il y en avait 16 en état de récidive , soit 1 sur 5 \ mais il faut remarquer que la plupart de ces réoidifs n'avaient passé que peu de temps en prison, et n'avaient pu par conséquent éprouver les effets salutaires du système pénitentiaire. La même remarque a été faite dans le Bridewell de Glasgow , où les récidives se sont constamment montrées en rapport avec la durée de Pemprisonnement •; ainsi , dans cet établissement, sur 100 condamnés pour une première offense à

14 jours, 75 environ sont tombés en récidive. 30 » 60 »

mois ,

n° VII.

n° VIII.

ei A«*MQtr» ît ut xtrtofi. 308

12 mois, 4 environ sont lombes en récidive.

En 1826 déjà on avait constaté un résultat analogue : pendant les 17 années qui avaient précédé cette époque, 19& condamnés à l'emprisonnement pour 2 ans avaient été confinés solitairement dans le Bridewell , et sur ce nombre pas un seul n'avait récidivé.

Aux États-Uni* , sur 100 détenus rois en liberté depuis 25 ans dans la prison dé Charlettown (Masachusetts), 17 sont revenus cm récidive ( 1 sur 8 environ ).

Sur 100 détenus libérés depuis l'ouverture du pénitencier de Wethersfield (1826) jusqu'en 18S1, 5 seulement sont revenus en récidive (l sur 20).

Dans le pénitencier de Philadelphie , de 1829 à 1836 , sur 180 condamnés libérés, 16 ont subi de nouvelles condamnations ; c'est 1 récidive sur 11,8 sorties.

Dans le pénitencier d'Àuburn, pendant une période de 6 ans, de 1828 à 183B , on a constaté 55 cas de récidive sur 782 sorties , soit 1 sur 14,2.

Il y a loin, comme on voit, de ces derniers rapports à ceux que l'on rencontre dans les prisons de France.

304 STATIITIÇUB Mt WMMaOMê

3° Comparaison du nombre des détenus en récidive qui se trouvent dans les prisons avec la totalité des criminels qui y sont détenus.

En France, en 1830, sur 16,000 détenus qui subissaient leor peine dans les maisons centrales , 4,000 étaient en état de récidive; ce qui donne 1 récidif sur 4 détenus.

En Belgique, voici quels étaient le nombre et la proportion des détenus en état de récidive , dans les maisons centrales de St-Bernard , de Yilvorde et de Gand , au 1er janvier 1838 :

Bft AlBftJQUB BT SU ivbopb.

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