‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 31 sur 143 · IT4TEI1 rKTlTUTUlUt. 2?t · texte numérisé non relu

IT4TEI1 rKTlTUTUlUt. 2?t

le surveillance facilement trompée >nlre des passions d'autant plus vin-

sont plus perverses, et qu'une sëolongée en provoque incessa m nient rvescence.

minable que favorisent les dortoirs Dn-seutenient mortel pour l'Âme qu'il

souillant, mats encore il engendre la phtbisie, tous les maux, nés de u corps, et qui n*ont de terme que

ntre dans une maison centrale, il est exercé de reconnaître , à un caracr de pâleur et d'abattement , la trace t désordres , comme aussi de dïstïridéteiius ceux que semblent marquer i prostitution la recherche effrontée et la molle affectation de leurs ma* ela est horrible ; et comment ne pas tîgnes la nécessite du système eellu- Cor enfin , ce n'est guère pendant le 1s excès peuvent échapper aux reaillants; s*il en était ainsi, il faudrait eugtement le plus étrange , ou la plus Fërence.

pendant la nuit que se projettent les se forment les associations, et que le mal auquel invitent la contagion :ette sorte de complicité du silence, des ténèbres.

DES BOTIH8 FftOFRV* A ftivini!»T|» 15 I r. *\. r

Ne souffrons donc plus que les condamnés | nent leur sommeil en commun ; supprimons les dortoirs, et par là nous aurons dot mit dans leur source une partie des causes de desordre et d'immoralité qui existent dans nos prisons. Ne nom laissons pas toucher par les objections de ceil* fausse philanthropie qui craint que le condamne, renfermé la nuit dans une cellule solitaire t ne u livre au découragement, ou ne soit exposé à itiau quer de secours s'il lui arrivait d'être saisi psi quelque mal subit, et dont les ravages aeraïen rapides»

Le détenu dont la journée a été remplie par \\ travail , n'éprouvera d'autre besoin, lorsque le soîi il atteindra sa cellule, que celui de se livrerai repos. Le sommeil occupera exclusivement se nuits; il sera d'autant plus réparateur pour lui que la révolte des sens, excitée par un voisinagi corrupteur, ne le troublera plus ; ainsi sépare de autres condamnés , il n'aura donc pas le temps é se décourager, ou, si de rares insomnies lui per mettent quelquefois de réfléchir sur lui-même » i y aura toujours avantage à ce que l'isolement et 1' calme de la nuit donnent < ses méditations le ea ractère sérieux qui conduit au repentir.

Quant à la crainte que le détenu ne soit prii é 4 secours pendant la nuit, les cas où il en aurait W soin sont heureusement rare n , et du reste les ronde des gardiens, la facilité qu'ils auraient â pénétre de l'œil dans chaque cellule , par des ouverture

L ÏÏ1TE31E rtMTI>TIMRt-

t effet, préviendraient tous les inon pourrait avoir à redouter, i système cellulaire de nuit exigera u'on exagère peut-être ; elles sont, dissimuler, une des graves objecé présentées : nous en parlerons us espérons démontrer qu'elles ne turc à faire ajourner, et encore pousser les projets de réforme que e système est destinée à accomplir.

le nuit devront donc être établies prisons du royaume. Pour le§ mah où les détenus sont nombreux, où est difficile, il y a urgence; d'ailuns ont, en général , de vastes fott se prêter aux distributions néces»

J'arrêt et de justice offriront moins pace manque dans la plupart; les tnt donc plus considérables, car ait construire à neuTet tout créer.

Imioistration à appeler l'attention lërauv sur l'utilité de ees dépenses, ir tète. On comprend bien que tout à la fois ; il faudrait même s'atten-

gnuternemcnl a de i^idc on principe I eUillulos de ouït non - se u km en t dans le* , mais encore datif les maisons d'arrêt ci ■n'Tni'HalioriMîrajiigëç [nj^iblo V. n*lX. (En, D ) 2S

282 DES I0TU9 VIOrfeKS A GS!liK4LI«Ca Etl FKAHCE

dre à rencontrer souvent de l'opposition, des contrariétés; on aurait a lutter contre l'indifférence et la tiédeur ; mais avec le temps , les résistances seraient vaincues , le sèle de l'administration en triompherait , et nos maisons d'arrêt et de justice, plus favorablement disposées, finiraient par devenir plus propres à atteindre le but qu'on se propose.

Silence pendant le jour.

11. Le même isolement , sinon de fait, du moins moral , sera obtenu pendant le jour, par la stricte observation du silence ; on l'exigera des détenus dans tous les exercices de la maison , dans toutes les situations où ces exercices les placeront. J'ai déjà dit qu'avec le silence on sera dispensé de faire ces classifications que la disposition des localités permet rarement, et qui d'ailleurs sont presque toujours arbitraires : comment distinguer exactement le degré d'immoralité qui doit faire ranger un si grand nombre de prisonniers dans une classe plutôt que dans telle autre? Si la classification se fait par âges, elle n'a rien de rationnel : par l'identité des peines , elle manquera de base ; si elle est déterminée par une même nature de crimes, on n'aura rien de certain, le degré de culpabilité variant d'après une multitude de circonstances ; et en général quelque précaution qu'on prit , on s'exposerait constamment à des mécomptes, et raultipliàt-on à l'infini les classifications, approcha l-

!S possible d'une sorte de perfection n ne L'obtiendrait jamais asseï pour ère, el il suffirait d'un seul détenu [ne les autres r pour achever de les

enee supplée à toutes les clasaifiçafait avec avantage, car. par elle, est complètement isolé de ses semle cet isolement qui , connue la cclejour, décourage, cliouvcnE altère s de celui qui , en préservant le détagion des vices dont il est entouré, fraction des scènes vivantes qui se M yen* , et dont toutes peuvent delutant de leçons , autant de sujets de

loin de méeonnHilre lulilitc de la lrn du imml assurern-l-nn bon maintien? voilé lu

Aux États-Uni* on emploie à cet effet le* eU, et cependant, malgré la terreur qu'ils prouvé que les relation* entre les détenu* entièrement enpécbéef. El France non», viuilùl avoir recours à la discipline fiétribet eepencîtnU qui ne tait que le détenu rtcrail pan, à beanrmi|i prêt, avec ttUlaiU uy du silence que le détenu américain "

In rigueur de lu clibrî|iliric pnr le kèle el mcNtants'Hai* il suffil d'une étude même orgnïïi.'âtion de hon prison*, pnur be coule el celle prudettee sutil des qualités tre* ^ *ices du personnel ci I imposai liilitc de d dan* les emplois subalternes, de> agrns

**4 DBS MOT ES S FROFtES A GEKEE&LISEE EH FEARCE

Ce n'est pas en France qa'on a pu apprécier exactement jusqu'ici les bons effets de cette partie du système. Nous lisons dans les réponses faites par les directeurs des maisons centrales aux questions du ministre de l'intérieur , que le silence n'a été introduit que dans un très-petit nombre de ces maisons , que dans quelques-unes on permet des •conversations à voix basse , et que dans presque

eh oraux et éclairés aux agens matériels, seront pendant longtemps encore un obstacle au succès d'un système qui dépend surtout des hommes chargés de le mettre à exécution. Qu'on obtienne sous ce rapport des résultats favorables dans les pénitenciers de Genève et de Lausanne, nous ne le contesterons pas ; la population de ces établissements est peu considérable , et l'œil du directeur et des inspecteurs peut pénétrer partout et à tout instant. Mais pourra-t- il en être de même dans des prisons où plusieurs centaines de détenus seront répartis dans des quartiers distincts et dans des ateliers éloignés les uns des autres ? Il est certes permis d'en douter.

L'isolement absolu écarte toutes ces difficultés ; il rend la règle du silence pour ainsi dire inviolable, et son succès ne dépend pas de l'intervention des employés subalternes. Le détenu isolé ne jouit pas, il est vrai, de la société silencieuse de ses compagnons de captivité, mais il a des rapports fréquents avec les employés et les visiteurs du pénitencier. Ses distractions ne consistent pas dans les «cènes vivantes qui se passent sous ses yeux, mais il les trouve, sans mélange de danger, dans le travail, la lecture, les visites qu'il reçoit. Pourquoi donc hésiterait-on à faire l'es s» i d'un système dont l'efficacité est plus que probable, pour donuer la préférence d un système dont le succès est évidemment douteux ? (Éd.D.)

F <*T>T1 VF l'IMÎM riUI'.F. 285

ts observe : c est aux Étala-Unis , terre et en Suisse , que ce genre

■omplétcment imposé; n'est là aussi de juger tout ee qu'il produit de

Travail.

bme élément regardé comme égaleable à toute reforme est le travail, noyen a du moins cet avantage de it contestée; il est employé dans t le régime pénitentiaire est adopté ; t dans toutes nos maisons centrales

e ses effets, il faut se transporter >ns d'arrêt et de justice f dont lu îvées de ce moyen de réformation, ^rés à une complète oisiveté , pasnu jeu, et se livrent aux désordres es ; les moins corrompus cherchent leur position par l'abus des boisoù naissent l'insubordination , les les excès qui défient les sévérités C'est là surtout que, pour charmer *ison , on écoute avec avidité , ou laisance et orgueil ces récits qui d'exalter les jouissances du crime , jtier l'audace aux plus timides, ix moins pervers les ruses et les

286 SU MOT ES S >1»UBS A GÉfftliLlSEl 1(1 NUlfCE

Le travail prévient de tels abus; avec lui, la règle s'introduit dans une prison , elle y règne sans efforts, sans l'emploi d'aucun moyen répressif et violent. En occupant le détenu, on lui donne des habitudes d'ordre et d'obéissance , on le rend diligent et actif, de paresseux qu'il était; si, d'abord , il éprouve quelque peine à se plier à ce qu'on exige de lui, avec le temps il trouve dans le mouvement régulier de la maison, dans les travaux manuels auxquels on l'a assujetti , si surtout ces travaux , ayant quelque variété , sont susceptibles de perfectionnement et conséquemment de développer l'intelligence, un remède certain contre les écarts de son imagination. L'effet moral du travail est prodigieux ; il Test surtout , si la peine a quelque durée, car l'habitude a une puissance à laquelle il est difficile d'assigner des limites; l'esprit et le corps s'y soumettent sans réserve , et insensiblement l'homme dont les penchants étaient les plus vicieux , dont la paresse semblait la moins susceptible d'être domptée , se transforme en un homme nouveau, et finit par se faire un besoin de cette activité, de cet ordre , auxquels on a plié son existence de chaque jour.

Au travail d'ailleurs se rattachent des idées d'avenir ; le détenu songe que la part qui lui en est réservée peut contribuer à assurer plus tard sa position : le travail s'unit donc dans sa pensée au sort qui l'attend lorsqu'il aura obtenu sa libération ; plus il sera laborieux , plus il adoucira cet avenir

i 1T9TÉ» ténvmisttftt-

égards sont incessamment fixés. ]l léjà pour lui un commencement de 'est en ce sens que l'action du traitement réformatrice, [ue le travail eiislaît dans nos mai- 5t c'est un heureux commencement t. La tâche de Ta dm in ist ration sera également dans les maisons d'arrêt 5 n'hésite point à reconnaître que e sera plus difficile, car la populo- >ns se renouvelle souvent, la durée courte, et les condamnés , n'ayant ! se former aux occupations qu'on rat exposés à laisser incomplet ce menée, et à altérer les matières îe, ce qui décourage les entrcpretourne de ce genre de spéculation .

ependant pas cette difficulté insurjoe localité a un genre d'industrie pre et qu'on peut utiliser : s'il ne i d'entrepreneurs , les associations mvoiront ; la charité est ingénieuse, i trouver les moyens d'occuper les leur procurer i\c» travaux qui, en i l'oisiveté , serviront par leur pro- T leur situation présente, â dédomf une partie de ses dépenses , et à pour le moment où ils seront libres î qui puisse servir à leurs premiers

288 DBS MOTUS FlOPKIt A GEftiftALlSIl »W F1AHCB

On ne pourra pat se promettre , il est vrai , de leur apprendre à tous un métier : le peu de durée de la détention du plus grand nombre ne le permettrait pas ; mais du moins on les aura occupés, on aura imposé un frein à leur imagination , et ce sera un grand point obtenu.

Mais c'est particulièrement aux condamnés à plus long terme que l'administration doit s'attacher à procurer une profession : la meilleure garantie contre les récidives est en effet qu'à l'expiration de sa peine, le prisonnier trouve dans l'industrie qui lui a été apprise , un préservatif contre la misère, et par suite contre la tentation de commettre de nouveaux crimes.

Je n'oserais affirmer que , dans tontes nos maisons centrales, le travail soit organisé de manière à atteindre un but si désirable. La question suivante a été posée aux directeurs de ces maisons : « Sur 100 détenus , combien y en a-t-il environ » qui apprennent un métier pouvant leur procu- » rer des moyens d'existence après leur libéra- » tion? » Les réponses ont été très-diverses ; ce qui prouve que les mêmes précautions ne sont pas employées partout : les uns n'ont élevé qu'à 18 sur 100 le nombre des détenus qui avaient acquis un métier utile ; d'autres l'ont élevé à 20 , à 30 , à 40 , etc. , et même jusqu'à 90#. Cette diversité dans les réponses dénonce peu d'uniformité dans les moyens.

Chaque maison centrale a un entrepreneur gé-

,E IllTEJTt FCXITI^TUIR*.

ÏÏ89

on-seulemeut charge de procurer . condamnés, mais encore de les î vêtir, de leur fournir fin besoin ts, de pourvoir aux frais de sépullatiou lorsqu'ils succombent , d'ensts nécessaires au service du culte, ne le sacristain et les chantres, de leurs frais les gardiens malades, x des capotes t d'entretenir leurs munir rie cartouches , de chauffer itablîssement , de faire les prestat de chandelle au* employés , qui ption des principaux: , et lorsque ne se bornent pas à une simple sur- ; gagés par lui , de pourvoir enfin n'occasionnent toutes les parties du aisou.

affirmer non plus qu'un tel mode laissât rien à désirer. jVa-t-on pas luence d'un entrepreneur dont tout rad? Convient-il bien que la même procure le travail aux condamnés , nourrisse et suit chargée de tout In blîssement , de telle sorte que son à tout , qu'elle embrasse tout , et ier et même les employés du se- Lèvent de lui dans toutes les situadstenec? Ne doit-on pas craindre Hstribué ainsi dans toutes ses fracicme main, ne le soit souvent plu tut

290 DIS MOYENS >10FRES 4 GÉtlBlàLUER EH FRANCE

dam l'intérêt de l'entreprise que dans celai de l'instruction industrielle des détenus ? et n'est-ce pas à cela qu'il faudrait attribuer cette diversité que je signalais tout à l'heure dans les réponses des directeurs de nos maisons centrales , c'est-àdire, dans les résultats obtenus?

Les choses se passent bien autrement dans les pénitenciers les mieux réglés des États-Unis : la nourriture y est donnée séparément , et en général ceux qui la fournissent ne sont pas chargés de procurer le travail aux prisonniers ; chaque genre d'industrie y a d'ailleurs un entrepreneur différent. Enfin , les vêtements, les objets de literie sont confectionnés dans les maisons ou par les détenus eux-mêmes, ou au moyen de contrats particuliers.

Ce mode réunit plusieurs avantages : celui de ne pas partager entre le directeur et un entrepreneur unique une influence que le premier doit avoir entière et exclusive; celui de placer le directeur dans la position qui lui appartient, et qui doit consister à surveiller avec autorité toutes les parties du service*, sans être exposé à rencontrer des résistances de la part de qui que ce soit ; celai enfin , le plus précieux de tous, de pouvoir introduire dans les maisons les seuls genres d'industrie susceptibles d'un apprentissage fructueux pour les détenus.

Je sais que pour justifier le système d'une entre* prise générale et unique , on fait valoir la dtfti-

.& atSTiflE rtKiTtirrmie- 201

ocurer dans Jet maisons centrales lées des grandes villes, et situées ilés qui manquent de ressources , rs particuliers pour chaque genre pour les services divers réclamés de l'établissement. Cette difficulté , elle a besoin d'èLre vérifiée; tout ne devrait pas exister pour les int situées auprès des villes popu-

ti que l'administration trouve de [voir affaire qu'à un seul entrepreivoir se décharger sur lui du soin détails qui ei itéraient de sa part \e continuelle et minutieuse, f serait peu concluant. En toutes : songer au but qu'on veut utiemïïiuration morale du détenu étant de l'adoption du système pénitence qui peut conduire à ce résultat nsidéré comme indifférent ; aucun ue plausible qu'il soit en apparence, T le refus d'abandonner un mode 'il est démontré que ce mode est

tas , je ne saurais trop le répéter , toit occupé, il faut à tout prix que , sage d'une profession, il soit, à sa son , mis en situation de gagner sa ige de prendre les précautions qui

d by LjOC

202 DES M0T1HS FlOVftSS A GÉRESIUSU EH I1AKCE

doivent lui en procurer les moyens , on le met en présence du besoin , on l'expose à la tentation de récidiver , et tous les bienfaits du système pénitentiaire seront perdus pour lui.

Au surplus, je ne fais ici qu'émettre des doutes : j'ai voulu seulement éveiller l'attention de l'administration sur le mode actuel de l'entreprise ; c'est à elle à le soumettre à un scrupuleux examen , et à rechercher si l'intérêt des détenus exige qu'il soit changé ou modifié » .

Mais l'isolement , le silence et le travail, ces trois moyens si nécessaires pour préparer la réforme , ne produiraient que de faibles résultats , si on n'y joignait le quatrième , qui consiste dans l'instruction morale et religieuse.

Enseignement moral et religieux '•

. IV. Je crois qu'à cet égard l'état actuel des choses laisse beaucoup à désirer. Ce n'est pas que nous

1 Les réflexions de H. Bérenger, sur les inconvénients du système d'entreprise en France , sont parfaitement justes. Ces inconvénients ont été reconnus depuis long-temps en Belgique, et le système de régie, introduit depuis plusieurs années dans nos prisons, continue à donner des résultats satisfaisants. Nous avons essayé de démontrer les avantages de ce système dans l'article n° X. (Éd. D.)

3 En Belgique on a établi des écoles, non-seulement dans les maisons centrales, mais encore dans les principales maisons d'arrêt et de justice. L'instruction qu'on y donne est. obligatoire pour les jeunes détenus et facultative pour les

LE STST1IB rtftlTSRTllIkB. 298

n'ayons des aumôniers pleins de zèle dans la pinpart de nos prisons; ce n'est pas qu'on n'y célèbre le service divin les jours de fête et le dimanche ; mais quels effets durables peut-on attendre d'une soumission apparente aux actes extérieurs du culte, si le cœur reste étranger à l'enseignement des vérités morales dont ils sont le complément? Que par suite de la puissance de la règle , le prévenu se discipline à ces pratiques, comme il se plie aux habitudes d'ordre et de travail , lors de sa sortie de la maison , il n'en retrouvera pas moins les

adultes. Chaque prison a aussi sou aumônier. La surveillance des femmes détenues, eiercée naguère par des gardiens, est aujourd'hui exclusivement confiée à des religieuses dans les maisons centrales ; on commence aussi à substituer des surveillantes aux gardiens dans les maisons d'arrêt et de justice. Beaucoup d'autres améliorations ont été et sont encore jour? Bellement introduites dans l'intérêt de l'instruction morale et religieuse des détenus; on a établi dans les prisons des bibliothèques circulantes composées d'ouvrages moraui et instructifs, et l'on a autorisé les commissions à mettre les mêmes ouvrages en vente dans les cantines à des prix réduits. Dans l'intérêt de l'instruction des employés, on a aussi mis à la disposition de ces derniers , la collection des meilleurs ouvrages publiés sur les prisons et relatifs aux fonctions dont ils sont investis. Mais toutes ces tentatives, quelque louables qu'elles soient d'ailleurs, n'auront que desrésultats imparfaits si on ue les fait coïncider avec une réforme générale des prisons et une nouvelle appropriation des locaux, qui permette l'isolement des détenus au moins pendant la nuit et qui facilite pendant le jour la continuité de la nirveillaoce et le maintien de la règle du silence. V. n" IX.

(Éo. D.)

294 DBS HOTES! UO»ftBS A OBRÉftlUftSl BIT VRAftCB

vicieux penchants qui l'y ont fait entrer; et, se dépouillant du masque incommode dont il était forcé de les couvrir, il redeviendra pour la société un sujet de trouble , de scandale et d'effroi.

Au travail , au silence , à l'isolement pendant la nuit, il faut donc ajouter quelque chose qui agisse plus profondément, et qui, pendant ces longues journées où le corps seul est occupé , fasse pénétrer jusqu'au fond de l'âme cette morale divine qui la renouvelle.

Ce n'est pas trop , pour atteindre ce but, que le concours de tous les efforts; une si grande tâche n'est pas donnée au seul aumônier, il importe qu'elle soit partagée par tout ce qui a autorité dans la maison. Chacun dans sa sphère doit aux détenus, outre l'exemple de sa propre moralité, la part d'enseignement qu'il dépend de lui de répandre ; il n'est aucune circonstance de la vie d'un condamné qui , pour des employés dont le zèle intelligent recevrait cette salutaire direction , ne puisse devenir l'occasion d'une leçon utile et d'un encouragement efficace.

Ainsi , de toutes parts , le détenu doit rencontrer une corde qui vibre pour lui, une force étrangère qui vienne en aide à sa faiblesse, un aliment spirituel qui réponde à chacun des besoins de son âme.

Il importe surtout que l'emploi de ces moyens divers se concentre dans la main du chef du pénitencier ; véritable magistrat appelé à régner sou-

i #titi«e rfjrjTMTiiiiti. 295

ans la maison , mois comme règne ; calme, modération , sans colère, irne pas être au-dessous de sa misvertu lu plus cmmente une science tommes.

médité son sujet ce ministre qui ,

rt fait au roi en 1829, disait que

la régénération des condamnés ,

ireux une action morale qui porte

connaissance des faits qui avaient

>nda m nation , celle des penchants ,

des dispositions naturelles ou ac-

ue individu , était indispensable.

Iminislration devrait donc prendre

mr que ces renseignements lui fus-

de la manière la plus positive, Au

on se borne a déposer au greffe de

, l'extrait du jugement ou do l'arrêt

on, lequel indique seulement, dans

lus brefs et les plus vagues, les noms

condamné, son signalement, la date

sa condamnation , c'est-à-dire , la

u fait qui y a donné lieu, etc.

id que dans l'absence de toute mdi-

ndue, le directeur et l'aumônier de

luissenl ni bien connaître, ni même

ruit le caractère de l'homme que la

Que sera ce donc si Je nombre des

tvent devenir l'objet de cette étude,

e dans quelques- une s de nos mai-

296 DES «OVINS PlOPltS A Gtltf lAttSlt II* HU1U*

song centrales , jusqu'à mille ei même deux milk

Ce n'est pas ainsi qu'on agit aux Éla ts Uuis ; i y a compris que si l'on voûtait roussir dans réforme des prisons , il fallait mettre les moy© d'exécution en rapport avec le but qu'un vuuL atteindre.

Ainsi, chaque fois qu'un magistrat y pronom un jugement de condamnation , il rédige a l'ii stant même des notes sur tas causes , la nnttm et les diverses circonstances du crime , sur b v antérieure du coupable, sur tout ce qu'ont réVc de lui l'instruction et les débats ; enfin , sur I oj nion qu'il s'est formée de cet homnte, tel que I o présenté à ses regards éclaires par l'expérience, les investigations de la justice et ses ubservulïoj personnelles.

Ces notes sont envoyées avec la copie de l'arr au directeur du pénitencier. Celui-ci les reçoit « même temps qu'il écroue le condamné , et oll servent à régler sa conduite envers lui.

De telles précautions ne sauraient être cou; dérées comme minutieuses ; on sent en effet tu ce qu'auraient d'insuffisant uu" discipline iiutforf et une instruction morale qui se bo ruerai en i a fi généralisées à tous les détenus; les mêmes muye ne sont pas susceptibles de réussir à lYgarrf tous ; la même semence ne fructifie pas indislin tement et de la même manière dans tous loi H rains, il faut qu'ils soient prépares à la r*6MM et souyent ils ont besoin de l'être diifcrcmtiiciJ

t niTUK riïiTMTUtm. 297

détenu exige , selon son caractère , Uculier, qui, efficace (jour lui, n'aussancesur un autre. L'art du dîreeélu î de l'aumônier, doit être d'apinmcnt ses leçons, ses exhortations, îenis, à la nature d'esprit, aux penmoins favorables, au degré plus ou l corruption de chacun de ceux qui es recevoir.

s de celte influence dépend des liniilies on la renferme; aussi, comme écédemment, tout pénitencier qui u delà de S ou 600 prisonniers \9 conditions exigées pour obtenir m. Quel aérait le père de famille 'éducation de son fils à un instilut un plus grand nombre d'élèves t en soigner.

; tout : le directeur et l'aumônier ■ se rendre compte à chaque instant morale de L'établissement qui leur r cela , ils ont besoin d'avoir contes yeux te tableau de cette situant! donc un grand-livre, sur lequel aura une sorte de compte ouvert ; rtie consacrée à retracer l'histoire re connaître ses antécédents et tout jrte à son crime ; l'autre , destinée a conduite dans ta maison depuis "é , à marquer ses progrès dans le

298 DES BOTBIU PROPRES A GVNKRALISBR 1R F1AHCB

bien, ou sa persistance dans le mal. Chaque détona sera même appelé à assister à la rédaction des notes qui le concernent, afin d'en assurer la vérité, et dele convaincre qu'aucun de ses actes n'échappe à l'oeil vigilant qui le surveille.

Ce livre devra être, pour le directeur de la maison et pour l'aumônier, un sujet continuel de méditations; il sera leur guide, il éclairera leur marche , et sa seule existence suffira souvent pour produire sur les détenus un effet salutaire *•

1 Le -vœu de M. Bérenger a été réalisé en Belgique depuis quelques années. L'arrêté du régent, du 11 juillet 1831, qui régularise l'exercice du droit de grâce à l'égard des condamnés dans les grandes prisons, prescrit également la recherche de leurs antécédents. Cet arrêté , en mettant les employés et les commissions des prisons à même de se former une opinion motivée sur le caractère et la moralité des détenus confiés a leur garde et à leur surveillance, a substitué des règles positives et rigoureuses au hasard qui, il faut l'avouer, présidait presque seul naguère au classement moral des condamnés et à l'exercice du plus beau des droits de la couronne. Des registres de comptabilité morale tenus dans chaque maison centrale par les instituteurs , et contrôlés par les membres des commissions chargés de ce travail, servent actuellement de guide à cet effet, et chaque fonctionnaire nouvellement nommé a un emploi dans une maison centrale, n'est plus exposé, comme auparavant, à recommencer la longue et difficile étude des individus sur lesquels il doit exercer son action. (Y. la circulaire du 26 juillet 1831 et l'instruction pour la tenue des registres de comptabilité morale , n° XIX.)

C'est surtout à l'absence de cette élude préalable qu'il faut attribuer la critique et la réprobation dont le droit d«

II SYSTÈME PKHITEIITUUU 299

ration qui doit être imposée a a direc- »er individuellement de chaque pri*

et dsns plusieurs pays. L'assiduité au Irasonduite dans la prison ne font obtenir aux louctssement de peine dan* 1rs pénitenciers L'expérience nous apprenti , disent MM. de e Tocqueville (I, p. 199), que le criminel iété, a commis les attentats les plus habile» acieux, est souvent le moins rebelle dans t plus docile que les autre* parce qu'il est ; et il sait se soumettre , quanti il est sans • se révolter. Il est d'ordinaire plus adroit travail, surtout lorsqu'on lui indique pour ts, une jouissance peu éloignée ; lors donc aux détenus des privilèges à raison de leur a prison , on risque beaucoup d1 adoucir les îprisonnement pour le criminel qui le» a le , et de priver de toutes faveur* ceux qui en ï dignes. ■ i peut suffire 4 notre aiis pour proscrire

l'exercice du droit de grâce dans les prison peut abuser «de ce droit il résulte non l'abolir, mais bien qu'il importe de n'en rec prudence, justice et discrétion- Dsns notre législation les jurés et les juges ne

tenir compte de toute» les cire»™i;iiiees gné le fait déclaré punira l>le et des antéamné; ils peuvent aussi si tromper sur la rnier; ils sont d'ailleurs Liés le plu» souvent el de la loi qui n'admet pas de terme moyen lent et la condamnation, Main 1 élude «prît des détenus pendant leur captivité, les gnements que l'on parvient a obtenir sur lennent parfois compléter ou rectifier Les

900 DES B0TB5.S UOPIES A GÉHéRALlSEl *W FB&RCE

sonnier , il ne doit pas négliger non pins de les exhorter en commun , car les enseignements qui

premières notions recueillies lors de l'instruction et du jugement. Le droit de grâce peut être considéré dans ce cas comme le moyen de rétablir le rapport nécessaire entre l'offense commise, la moralité du coupable et son châtiment. L'arrêté du régent de Belgique, du 13 juillet 1831, en posant des règles et des limites à l'exercice du droit de grâce, a mis un terme aux abus dont on se plaignait naguère avec raison. D'après cet arrêté les réductions de peines ne sont plus accordées que conditionnellement, de manière à ce que les condamnés qui n'auraient pas continué à se bien conduire, puissent être privés de tout ou partie des bénéfices des réductions accordées précédemment. Cette disposition offre une garantie contre les surprises, et contre l'hypocrisie des détenus. — Il serait peut-être même é désirer qu'une disposition analogue fût insérée dans la loi pénale, et que le juge , dans certains cas graves, eût le droit de prolonger la peine du condamné. Ce droit peut paraître au premier abord insolite et exorbitant; mais si l'on admet que l'un des buts principaux de la peine soit la réformation du coupable, on devrait également admettre, comme une conséquence logique et nécessaire , le pouvoir de modifier la durée de eette peine, de l'abréger ou de la prolonger, d'après les résultats obtenus et eu égard au but qu'il s'agit d'atteindre. Lorsque le juge condamne le coupable à 5, 10, 15 ou 20 ans d'emprisonnement, c'est non-seulement en vue de proportionner l'expiation à la faute, mais encore parce qu'il estime qu'il faut tel ou tel nombre d'années pour effectuer l'œuvre de la réforme du condamné. Mais ses prévisions peuvent fort bien ne pas se réaliser, les renseignements en vertu desquels il a arbitré la durée de la détention peuvent être inexacts; que faire dans ce cas si le prisonnier, à l'expiration de la peine décrétée par le jugement, n'est pair

LE SYSTEM PftfflTIITUrtl. 301

s'adressent à tous ont aussi une grande autorité. Il leur expliquera donc la moralité de nos fois pénales, et leur fera comprendre comment les atteintes portées à la société retombent toojoors sur celai qui les a commises. 11 y a là un vaste champ de réflexions pour l'homme qui comprend ses devoirs et qui veut les remplir. Après avoir montré tout ce qu'il y a de criminel dans des actes

réformé? Le rendra-t-on à la liberté, alors même qu'il manifesterait hautement l'intention de commettre de nouveaux crimes? Exposera-t-on la société et le détenu luimême aux conséquences d'une récidive qu'il serait possible de prévenir en prolongeant la durée de la détention ? Nous le répétons d'ailleurs, cette prolongation ne pourrait jamais avoir Ken qu'en vertu d'un nouveau jugement, et en accordant au détenu le bénéfice des mêmes formes et des mêmes garanties que lors de sa première comparution devant le tribunal. Où serait dès-lors l'arbitraire? Tout se réduirait à substituer à l'épreuve unique dont on se contente aujourd'hui, une double épreuve qui servirait à constater l'état moral et le degré de culpabilité à deux époques plus ou soins éloignées , au commencement et à la fin de la peine prononcée par les premiers juges. On a adopté aux États- Vais une règle à peu près semblable pour les jeunes détenus dans les maisons de refuge; non-seulement les administrateurs de ces établissements ont le droit d'y prolonger le séjour des enfants confiés à leurs soins, mais encore de les y taire rentrer si, après leur sortie, ils ne se comportent .pas d'une manière convenable.

Cette question est d'une grande importance ; elle embrasse pour ainsi dire toute l'économie du Code pénal ; aussi nous sommes-nous contentés de l'indiquer sans avoir la prétention de la résoudre. (£n. D.) i. 26

302 DES BOTIR8 FftOFEEl k QBREEAUfEl tS FE1HCB

de cette nature , et combien celai qui s'en rend coupable déchoit aux yeux de ses semblables , il est utile de montrer aussi que la justice des hommes n'est pas plus inexorable que celle de Dieu , qu'elle pardonne comme lui au repentir, et que la société est toujours prête à ouvrir ses bras à celui qui revient sincèrement à elle. Il s'agit enfin de Caire luire l'espérance dans ces âmes abattues et presque toujours dégradées, de les arracher à leur découragement , de leor rendre l'énergie qu'elles ont perdue , et de rappeler en elles le sentiment de dignité humaine que leur situation a si malheureusement flétri.

Telles sont les obligations imposées au chef du pénitencier. On peut mesurer à leur importance celle du choix dont il doit être l'objet.

Les efforts de l'aumônier tendront au même but ; mais on sent combien sa mission sera plus délicate : non-seulement le sentiment religieux est entièrement éteint dans les âmes qu'il est chargé d'émouvoir, mais le plus souvent elles sont en révolte contre toute doctrine qui tend â leur révéler la puissance d'un être vengeur et rémunérateur. Ces hommes qui , faisant taire leur conscience et leur raison, ont commencé par être impies avant d'être scélérats, ont en haine les ministres du culte dont la vue les indispose et les blesse.

C'est donc avec de grandes précautions que l'apôtre des prisons doit chercher à remplir auprès

** fl*TÊ«F. nÉXlTlHTllltE. 303

t ministère. Qu'il se garde de leur bord de Dieu et de religion; mais e par leur faire du bien, qu'il entre ■M, qu'il prêle une oreille attentive , qu'il soit leur conseil, qu'il s'elToroe r leur confiance et do se montrer a i ange de consolation et de paix, snce et de bonté, toujours prêt à se idoucir leurs maux, et, s'il so peut, le terme f

ireusement une opinion trop gênéîdue parmi les détenus, que Paumôe à pénétrer leurs secrets que pour l'administration, et rendre sa sursévère à leur égard» Il devra donc in tout ce qui, dans sa conduite, er lieu d'accréditer un semblable cela, il lui importe de demeurer étranger à tout ce qui a quelque :i discipline de la maison : son rôle irité , il ne doit pas en sortir* ïprès avoir mérité l'affection et la ï des condamnés qu'il se hasardera i tendre quelques-unes do ces parossaifljr le cœur, y réveillent le soula Divinité, et y portent la joie et

bïe préparation devra toujours préaque condamné, le moment ou il rendre sa part des instructions génét données dans l'établissement.

304 DES IOYIXS FROP1E» A GBHÉBALISBB BU PRABCB

On voit combien doit être mesurée la conduite de l'aumônier, et de quel tact il faut qu'il soit doué pour ne pas éloigner de lui et effaroucher des hommes que rend si facilement irritables le mécontentement secret où ils sont d'eux-mêmes. Aussi , avec eux, devra-t-il se contenter de peu, toute rigidité serait déplacée ; l'essentiel n'est pas de hâter les conversions , on n'arriverait * par là qu'à produire l'hypocrisie ; il suffit de faire un pas chaque jour, c'est le moyen d'atteindre au but plus sûrement; une tolérance éclairée, celte indulgence qui vient de l'âme , et une haute philosophie , sont donc les qualités nécessaires au ministre qui se dévoue à la plus belle des missions.

J'ai parlé d'hypocrisie : ce vice est malheureusement bien commun dans nos prisons : il l'est, surtout dans celles où l'aumônier s'attache plus aux pratiques du culte qu'à l'enseignement de la vraie morale religieuse ; dans celles où il est disposé à juger de ses succès , plutôt par le nombre des condamnés qui approchent des sacrements que. par les signes plus certains d'une conduite meilleure et constamment soutenue. L'hypocrisie des prisonniers attestera toujours , j'ose le dire , le peu de lumières ou d'aptitude de leur directeur spirituel , de cet homme si nécessaire toutefois à l'œuvre de réforme , et dont le choix, non moins que celui du chef même de la maison, devra être, delà part du gouvernement, l'objet de la plus attentive sollicitude.

L* SY9TÉ9E FB11YKHTIU&B.

80fi

S vin.

Libération,

à envisager le détenu dan h la qaa- >n où il se trouve placé, celle de la

parvient à cette situation si désirée la suite d'une ordonnance ou d'un ieu , s'il est prévenu ou accusé , soit , nné , à l'expiration de sa peine , ou m effet de la clémence royale , il en lise.

i de ces cas , le détenu rais en liberté bandonné à lui-même , et privé de a is cette protection , où la trouveraas donné'àu gouvernement de la lui 1e et efficace. Si désormais il s'occupe »st plus que pour l'environner d'une ncommode , et le signaler par là à la îque. Habile à fonder et à soumettre ne sévère et réformatrice les établis épression , le gouvernement ne peut Le bienfait de son action s'arrête au seuil de ces établissements est franle chaque jour , exhortations amies , nts au bien , toutes ces ressources du ; la faiblesse , ce n'est pas de lui que i devenus libres sont fondés à les n'est pas sur lui qu'ils s'appuieront

jM

906 DBS SOTKK8 FROMtS 4 GÉKtlAMfflft ÏH FftAKCK

pour vaincre les obstacles de toute nature , nés de l'isolement cruel où les laisse la réprobation de leurs semblables ; et cette société que ses mesures à leur égard ont pour objet de rassurer et de prémunir, le gouvernement la préservera mal de leurs récidives, car il sera impuissant à les défendre contre eux-mêmes !

Si c'est à la suite d'une ordonnance de non-lieu que le détenu est rendu à la liberté, comme le temps de sa prévention n'aura pas été utilisé en sa faveur par un travail productif, il ne possédera , à sa sortie , aucun pécule ; dès lors , comment pourvoira-1- il aux premières atteintes du besoin? à qui aura-t-il recours pour avoir du pain? qui lui donnera son premier gîte ? qui veillera enfin à ce que, pendant l'intervalle qui va s'écouler jusqu'à ce qu'il ait rejoint sa famille^ ou qu'il se soit créé des moyens d'existence, cet homme, digne de tant d'intérêt , si l'épreuve judiciaire qu'il a subie a démontré son innocence ; si redoutable dans le cas où de l'insuffisance des preuves serait résultée pour lui une encourageante impunité, qui veillera, disje, à ce qu'il subsiste, repose en paix, et ne soit pas irrésistiblement conduit du désespoir au crime?

Je ne puis résister à raconter ici comment la charité d'un seul homme a pu , pour la ville de Paris , obvier aux inconvénients que je viens de signaler ; je tairai son nom , par égard pour sa modestie. Frappé , pendant le cours d'une magistrature que ses vertus et ses lumières honoraient ,

Il STITtXI PÉKlTE^Tmift.

déplorable de ces nflrrinchis de prii U liberté n est que l'abandon et la

içut ta pensée de leur fournir pour s un asile , cl de quoi subvenir aux essités delà vie. À cet effet, il s'aslison tenue par d'honnête» gens , où , ère , on se chargea de les nourrir et )e« bon* furent par lui confiés aux cliou , aux présidents des tribunaux t et des cours d'assises , avec prière e à ceux de ces malheureux dont je er, qui fieraient dépourvus de toute qui appelleraient plus spécialement inte pitié.

tagislrat, averti à l'instant où U est 'un de ces hon*7 se rend sur-le-champ n indiquée, s'informe des projets de si porteur , le prévient que l'huspiaccordée peu dan L huit jours, et qu'il ; temps à profit pour se procurer de manque de vêlements , il lui fournit ; les plus nécessaires ; enfin, dans ce eut d'où peut dépendre tout un avère à la fois de la douleur de se voir é, et des inspirations funestes qui en fitable conséquence !

ment la charité la mieux entendue a temps ces deux intérêts qui n'ont ls étroitement unis qu'a notre époque, 'Immunité et celui de l'ordre! Voilà t exister dans toute la Franeef

306 DBS IOTB1I8 PROP1II A GÉRBlAIlfBl 1* PB1BCB

Mais , si la société est exposée par l'état d'abandon dans lequel se trouvent ceux des détenus qui avant ou après jugement sont renvoyés de toute poursuite, combien ne l'est-elle pas davantage par la libération de ces hommes que la justice répressive a marqués de son sceau , et qui , après avoir satisfait à leur condamnation , voient dans chaque Heu où ils portent leurs pas , le doigt de la haute police désigner à tous les regards l'infamie qui pèse sur leur tète !

Où se réfugier ? que devenir? quel usage faire de cette deniiliberté qui n'est , à vrai dire , qu'une prolongation de peine ?

Pour échapper aux liens de la surveillance , ils s'éloignent des contrées où ils peuvent être connus ; ils se hâtent de changer de nom : les mieux intentionnés poursuivent une chimère, l'espoir d'obtenir du travail ; mais cet espoir s'évanouit bientôt , et alors , quelle ressource leur reste-t-il autre que le crime ?

Dans des vues bienveillantes , l'administration ne leur remet plus , au moment de leur libération, le pécule qu'ils ont pu gagner dans le cours de leur captivité; elle le leur fait parvenir dans le lieu qu'ils choisissent pour leur résidence ' ; mais, la

1 En Belgique, de même qu'en France, on ne remet au détenu libéré que la somme strictement nécessaire pour subvenir à ses frais de route. Le surplus de sa masse de réserve est envoyé a l'administration communale du lieu de son domicile. L'arrêté royal du 4 décembre 1835 (V. n" XIV)

LE STSTÈBB FBfflTEHTIAllB.

ant de rentrer dans leurs familles , le mieux réussir ailleurs, désignent

la ville la plus voisine de la prison t , afin de toucher plutôt la somme rit. Là malheureusement, et surtout t des maisons centrales de déien-

bagnes,il se trouve des lieux de ils sont attendus , et où on parvient dépouiller de ce pécule , acheté au de sueurs, et qui devait les aider >ar d'honnêtes voies dans une vie

patronage des condamnés libérés, attribue irgés de ce patronage le droit de régler lasse de réserve de la manière la plu a rondes ayant-droit. Ils peuvent la consacrer u de matières premières, ou la remettre sucparties, de semaine en semaine, aux libérée, ;eux-ci aient été mis à même de se passer blie en leur faveur.

employés dans les prisons de Belgique ne proprement parler de salaire , mais on leur tifi cations proportionnées à leur habilite et iduite. (V. n° X). Une partie de ces gratilïcaimise chaque semaine en argent de pacho , sse à la masse de réserve et est déposée û jne où elle porte intérêt. Le montant des tus, dans la seule maison de Gand, s Vrlevo a rancs. Nous avons lieu d'espérer que l'aboliîs ne tardera pas à rendre inutile Tardent i par suite la totalité des gratifications aceoris pourra être portée au compte des masse* (t D)

dby VjOC

310 DIS HOTIHf FftOFftES A CEREEALISEft EU FEAIICB

Un entrepreneur de maison centrale , qui sait habilement concilier ses intérêts avec le sentiment d'une philanthropie éclairée , a conçu l'heureuse idée de former auprès de la maison dont il a l'adjudication, un grand établissement industriel dans lequel ceux des condamnés qui, à leur sortie , ont l'intention de travailler, sont reçus. Cet homme honorable leur fournit pendant un certain temps un logement; s'ils sont mariés, il exige qu'ils fassent venir leurs femmes , et il leur procure les moyens de faire leur ménage ; il encourage même ceux qui sont' célibataires à se marier , et à choisir parmi les femmes libérées comme eux , celles dont la bonne conduite dans la prison et depuis offrent le plus de garantie : il tâche ainsi , en propageant parmi eux l'esprit de famille, de leur inspirer les sentiments moraux que les affections douces et légitimes tendent à développer» Ces libérés , mêlés dans le nouvel établissement avec d'autres ouvriers dont la conduite a toujours été irréprochable et qui ', sous peine d'être immédiatement renvoyés , ont reçu la recommandation expresse d'éviter à leur égard tout ce qui pourrait blesser une susceptibilité facile à s'alarmer, rentrent de cette manière dans la société sans transition trop brusque y et ils reprennent les habitudes de la vie libre , en recevant de leurs honnêtes compagnons de travail , l'exemple des bonnes mœurs et du bonheur domestique.

Grâces soient donc rendues à l'entrepreneur de

LI SYSTEMS riRlTERTIAlRE. 311

traie de Gaillon ! Déjà il a trouvé un i celai deFontevrault : puisse-t-il en >us les autres ! C'est au gouvernement de semblables établissements , et je convenable de conserver le sysreprises générales , à subordonner tte condition toutes les adjudications

esprit d'association s'étudie à réaîomrae éclairé à entrepris à Gaillon ; , l'une pour les femmes , une autre les , sont ouvertes aux libérés , qui ec le travail, tous les moyens de que la religion et l'humanité se sont éunir.

randes villes, Paris, Strasbourg, idministration fonder dans leur sein lénitentiaires pour les jeunes contôt des sociétés se sont formées pour ;unes gens après leur libération , et i à eux-mêmes , sans guide et sans exposés à toutes les séductions de honorable citoyen est donné pour un d'eux : celui qui accepte cette ; à l'égard de son pupille tous les uteur officieux ; il le place dans un fait apprendre une profession , il uœurs , il l'encourage , le soutient , lui donner ses soins que lorsque le est en état de gagner sa vie, et que,

312 DBS MOTEÎIS MOrfttS A GSlftftAlUEl BK I1AHCE

complètement réhabilité aux yeux du monde , le» rechutes ne sont pins à craindre pour lui. Les résultats de ce patronage sont tels, qu'a Paris, où, parmi les jeunes libérés, les récidives étaient de 60 à 70 pour 100 avant son institution, elles sont descendues depuis , à 19 pour 100 '.

Si j'ai cité ces heureux effets de la bienfaisance publique , c'est pour montrer tout le parti que le gouvernement peut en tirer , s'il veut l'associer à ses efforts.

Les sentiments généreux abondent dans notre belle France ; il s'agit seulement de leur donner une sage direction et de ne pas les laisser se répandre sans discernement. Le devoir de la haute administration est de les rallier à elle , de les grouper en quelque sorte , et de faire concourir à un même but ces efforts qui, isolés , sont rarement efficaces; qui , réunis, ont une puissance presque toujours irrésistible*

Il est digne d'un gouvernement jaloux d'assurer à la société un meilleur avenir, de susciter de toutes parts le zèle désintéressé de la charité publique, de ce principe d'action qui supplée à tout, que rien ne supplée, et dont la force (comme nous avons eu déjà occasion de le dire ) est audessus de tous les mobiles humains. C'est à lui qu'il appartient d'en faire une institution qui tienne

1 V. Les renseignements sur la société pour le patronage des jeunes libérés du département de la Seine, n" XII et Xlll.

LI MSTEflt FtHITENTIJUIE»

à la fais d'elle-même et de la loi , ndispensabLe complément de tout nélioration.

ite associa Ci on pour la réforme des frottage ds» libérés couvrirait tonte se fractionnerait par départements, nenls et même par cantons. Chaque *rait son président , son trésorier et e son conseil d'administration. Le Gneral des prisons du royaume en aiurcl, il correspondrait avec elles, ans leurs travaux, et signalerait à ice publique et aui bontés du roi membres qui auraient mérité cette -tes,, nu pareil dévouement est aue récompense ; mais un gouvernelui-mêmc d'honorer le bien qui se {pulsion , ne fût-ce que pour le protalant.

aurait, ainsi que son titre t'indique, t, celui de seconder les directeurs pression dans leur administration, de faire tout ce que font actue lices des prisons : ce serait elle qui e que les simples prévenus ou acquissent de rien, à ce qu'ils fussent étus pendant leur détention ou leur n lïeu à un autre; elle suppléerait ï que l'administration ne pourrait e : la chanté s'infiltrant ainsi dans

314 DBS MOT M S PftOVKRS â ftilTÉlAUBSft «H FRiRGE

tous les ressorts de cette grande organisation , ea faciliterait le jeu et déterminerait par là une réduction considérable dans les dépenses qu'elle entraine.

Le second objet de l'association serait de protéger les individus qui auraient obtenu leur relaxe, ou les condamnés après l'expiration de leur peine, de leur procurer du travail, de les exciter au bien , et d'agir à leur égard comme la Société de patronage du département de la Seine agit à l'égard des jeunes libérés.

C'est à l'association du lieu ou ils déclareraient vouloir résider, que leur masse serait adressée, et qu'ils seraient adressés eux-mêmes au moment de leur libération ; là ils seraient assurés de trouver assistance et appui. La protection dont ils ressentiraient les effets , n'aurait rien d'humiliant , puisqu'elle serait toute de bienveillance et dans leur intérêt le mieux entendu. Elle remplacerait avec avantage la surveillance de la haute police , qui dès lors devrait être nécessairement supprimée ou tout au moins considérablement limitée.

Des sociétés semblables ont été instituées dans le Wurtemberg, et dernièrement en Belgique. C'est un arrêté du roi des Belges, du 4 décembre 1835, qui les a organisées dans ce dernier État, sur le modèle de celle de Paris. Elles s'y étendent sur tout le royaume , et exercent leur action sur les condamnés de tous les sexes et de tous les âges. Au moyen de cette mesure, une loi promulguée dans le même

LE *TftTEZE PÉmF.TTIIlftt.. 315

teindre con s idérahlemern en t la stir* haute police ; nul doute que lorapar l'exécution, tout ce que Faction peut produire de bien, on ne recousue de supprimer entièrement cette

lire jusqu'où s'étendrait le zèle bienoc i a ti on i que je propose d'instituer Is; une fois organisée» , qu'on le»

qu'un honorable magistrat a fait À s individus acquittés, ce que Tha* trepreneur a établi aux portes de la ie de Gaillon, ce que la philanthropie elles l'entreprendront; l'argent ne \ pas : les ressources de la charité les ; il n'en coûtera rien au gouver-

léjà parlé de l'institution en Belgique de mage (Jour les condamnes libérés ; (V. ta Î08et le n" XIV). Quant ê la surveillance de Abolie par un gnrêté du gouvernement prore 1830, elle a été récornment rétablie et a Loi du 31 décembre 1S3Ô. Cette loi n'enliberté deo libérés; tulle se borne ti leur DT dans certaine» localités et ;i les obliger, s jugent à propos de changer de résidence r iiiH à l'autorité communale de celte ré*im ils se proposent de ti*er leur nouveau vile ainsi l'inconvénient principal de l'anurveillancc , tout en mettant La police <i xc ol de constater la résidence de chaque ns jugé utile de donner le te*to de la lm 1836 dans le n* XIV, [tu. D.)

16 dis mot eu « riovRis à ststituiut tu riuîiri

nement, il lai suffira de donner itmpuTsion -1 ionrager et de laisser faire.

La Hollande a va s'élever des colonie* agric* forcées et libres; la bienfaisance <]m les a fondj en a assuré le succès. La première qui se ci titua en 1818 dans la plus pauvre de» provii des Pays-Bas, destinée à occuper uùlEe ntendia comptait, un an après, vingt-deux initie sousc leurs; le nombre des colonies augmenta bien et, en 1825, la société de bienfaisance pu charger de 1500 mendiants, «Y 4.000 or plu ou enfants trouvés, et de 2,500 indigents; défrichements considérables curent lieu, ci riches moissons , des récoltes abonda nies oout maintenant de vastes contrées qui, prëcédemra étaient incultes et stériles.

Le second fils du roi , le prince Frédéric , i déclaré le protecteur de ces établissements ; ce a suffi pour donner au zèle charitable qui les ■ tient le plus noble essor.

Les provinces du midi desBays-Bas, qui fora aujourd'hui le royaume de Belgique , imitéren si bel exemple. En 182&, la société de biex sance qui s'y forma, passa un traité avec le { vernement qui lui confia mille mendiants ; ilsfu reçus dans rétablissement en 1823; eu 1819 grandes étendues de bruyères étaient défricha mises en culture ■ .

1 L'institution des colonies agricole» en lMgiqim n'i

il tYSTin TiirrmiriAiiK. 317

La septième partie du territoire de la France est inculte ; au delà de 7 millions d'hectares de terres vaines et vagues, sur une superficie de 53,874,614, attendent des bras pour les mettre en valeur. Les départements des Landes et de la Gironde, qui, à eux seuls, en comptent plus de boit cent mille ; ceux qui composent l'ancienne province de Bretagne où un million d'hectares n'ont jamais été soumis au travail de l'homme ; les Hautes et Basses- Alpes, les Bonches-do-Rhône, la Lozère, le Cantal qui n'a de productif que les deux tiers de sa superficie , la Corse qoi n'en a pas la moitié , tous ces départements offrent des ressources admirables pour l'établissement de semblables colonies.

Que le gouvernement fasse donc un appel à la bienfaisance , qu'il se hâte de l'organiser , et nos nombreux libérés, nos 75,000 mendiants, nos nombreux indigents, intelligemment occupés, surveillés avec bienveillance et intérêt, trouveront an refuge là où maintenant ils ne rencontrent que répulsion, découragement et excitation à mal faire ».

«a , à beaucoup près , de* résultats aussi satisfaisants , que •emble le supposer M. Bérenger. (V. n° XXII). (Éd. D.)

1 Sans nier les avantages qu'il pourrait y avoir à admettre dans certains cas, dans les colonies agricoles, les détenus à leur sortie de prison , nous ne pouvons cependant nous empêcher d'exprimer des doutes sur l'utilité et l'efficacité d'une mesure trop générale, qui tendrait à provoquer sur un i. 27

318 DBf MOTUM HtOtftlS A «tltltUSTO Sil FRAKCI

Ge serait calomnier notre patrie que de supposer qu'elle renferme moins de vertu* que les nations qui l'aToistnent; a cet égard , je citerai encore lt Société pour le patronage des jeunes libérés du département de la Seine; qu'on parcoure la liste de ses membres : depuis le modeste artisan jusqu'à l'homme le plus éminent par sa fortune ou par les hautes fonctions qu'il remplit dans l'État, tous apportent en commun , arec un dévouement audessus de tout éloge , leur zèle , leur argent , leur temps, si précieux pour ceux qui sont dans la nécessité d'en utiliser l'usage. Tous , à quelque rang qu'ils soient placés , se disputent l'honneur d'arracher au vice l'un de leurs semblables ; pour y parvenir, les démarches, les sollicitations coûtent

seul point et dans an même établissement la réunion d'an nombre considérable de condamnés libérés. Il pourrait s'ensuivre des rapports et des associations que le système pénitentiaire a pour but de prévenir et de rendre impossibles. II importe Su contraire , il nous semble , d'effacer autant que faire se peut» a l'expiration de la peine, les traces de la condamnation. A cet effet il serait plus convenable d'isoler les libérés, de les répartir dans toute I étendue du pays, et de les fusionner avec le reste de la population , que de les réunir dans un même lieu et de les signaler en quelque sorte ainsi à l'opinion ou plutôt au préjugé public qui leur est déjà si défavorable.

L admission des libérés dans les colonies agricole* et dans les établissements publics de charité et de travail ne doit donc jamais être transformée en règle; ce ne peut être qu'une exception, qu'une ressource extrême, alors que tout autre moyen a failli. (Éd. D.)

11 STSTKMt »f fllTlHTUIIB.

bstacle n'arrête , aucune contrariété ire le bien , voilà le seul mobile de » généreux : que serait-ce donc si du gouvernement s'attachait à leurs au lieu d'une simple tolérance, ils teraent favorisés , protégés , et si une rt leur était accordée dans l'œuvre îrfaite que l'administration a tentée 1 are d'association qu'il faut organiser toute la France : prétendre pouvoir serait une illusion , nous l'avons mcevoir de l'ombrage , serait raécon actère d'une semblabe institution, ucun contrôle à exercer sur les actes oblique , et qui , au contraire , serait i direction et soumise à sa surveii

Six.

Dépense,

sérieuse objection qui ait été faite nt contre l'adoption du système pénist la dépense.

tion mérite examen. Eût-elle toute o lui suppose, je ne crois pas qu'elle gouvernement. Est-il en effet permis lorsqu'il s'agit de moraliser la société itir contre les embûches continuelles

i loin de penser que, pour obtenir la

320 dis motews vKoriit a «irtauma eh iiaeci

reforme , il en coûte des sommet aussi considérables qu'on le suppose.

Nous avons dit que cent à cent dix mille individus passaient chaque année dans nos bagnes ou nos prisons. Ce chiffre indique le mouvement général, il ne fait pas connaître la population moyenne. D'après un document récemment publié par le gouvernement , cette moyenne aurait été en 1850, pour toutes les prisons du royaume , les maisons centrales de force et de correction comprises , mais non les bagnes , de 24,766 détenus ; si on y comprend les bagnes, elle se serait élevée a 42,000 : je crois qu'on peut hardiment la porter à 50,000, l'expérience faite sur quelques prisons départementales ayant démontré que la moyenne de la population y était ordinairement du tiers à la moitié du mouvement annuel. À la vérité, il n'en est pas de même dans les bagnes et les maisons centrales , où il n'y a ni prévenus, ni accusés , et où les condamnés qui entrent, remplacent assez régulièrement et dans la même proportion , les condamnés qui sortent ; mais si on porte cette population moyenne , à quelque titre qu'elle soit détenue, à 50,000, c'est parce qu'on préfère demeurer au-dessus qu'être au-dessous de la vérité , pour ne pas s'exposer plus tard à des mécomptes.

Ce sont donc 50,000 cellules que nous aurions à construire dans nos maisons centrales et dans les prisons de département.

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