‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 32 sur 143 · II. L'établissement de ces cellules exigera sans · texte numérisé non relu

II. L'établissement de ces cellules exigera sans

I *T9tt%t tifllTftffTIlllft. 321

l'espace que les dortoirs commun s maintenant; ainsi il est beaucoup tlainiuent quelques maisons cenioû, qui ne pourront plus contenir ire de détenus; pour la plupart, i de les réduire sera un Lieu, car i tir l'impossibilité de la reforme sur ndmdus qui excéderait cinq à six à ce nombre qu'il faut ramener \n jutes les prisons du royaume, gt maisons centrales de détention lumen t être appropriées à recevoir i au Heu de 17,560 qu'elles ren ferai.

cernent des quarante raille autres , >as que dans nos £85 prisons déparne puisse trouver des locaux asseï itre affectés convenablement à cette

oin de l'administration devrait être dre un compte exact de tous les isage de notre système actuel de prononcer immédiatement sur ceux être employés , et d'en ordonner

le la centralisation que j'ai prnpo- >uvoir, par une mesure générale, noyen des aliénations reconnues i capital considérable, qui, avec les ei , dont je parlerai tout à l'heure ,

322 DI1 MOTMS »KOMLES A CUÉmAXIlU. M FSAVCI

servira, soit à construire de nouvelle* prisons , soit à approprier à leur destination nouvelle celles qu'on jugerait devoir conserver. Il importe que chaque département ait au moins la sienne pour les condamnés à plus ou moins long terme ; celles-là devraient être rapprochées du chef-lieu ou des villes populeuses, afin de les mettre plus à portée de recevoir l'action bienfaisante des sociétés des prisons et de patronage ; et en général ce rapprochement devra toujours être l'une des conditions essentielles de l'établissement des prisons, soit par ce motif, soit pour rendre plus facile l'adjudication des travaux.

Une partie de ces maisons serait affectée aux femmes ; et comme elles forment à peu près le quart du nombre total des individus mis sous la main de la justice, on tâcherait qu'il y eût une de ces maisons pour quatre ou cinq départements. Quelques autres, mais en moins grand nombre, seraient affectées aux jeunes détenus. Les poursuites dirigées chaque année contre les enfants au-dessous de seize ans , excèdent 2800 , sur lesquelles il est prononcé 1200 à 1&00 condamnations. Je croit qu'au lieu de fixer à seize ans l'âge où les jeunes condamnés devraient être admis dans ces maisons, il conviendrait de le porter à dix-huit " . En effet ,

1 En Belgique, le gouvernement a accordé aux procureursgénéraux la faculté de recommander, pour être placés dans le quartier de réforme de S t- Bernard, les jeunes condamnés

IB CTSTill »iHlTERTlAUI. 323

jusque-là, les mauYatses habitudes ne sont pat tellement enracinées , qu'on doive perdre l'espoir de refaire leur éducation, et, de ce moment à leur majorité, il reste encore assez de temps pour qu'on poisse tenter avec succès de les ramener au bien* Alors le nombre des condamnés au-dessous de cet âge pourrait être de trots mille à trois mille cinq cents ; il faudrait donc répartir sur le territoire les prisons qui seraient à leur usage , de manière à ce que les translations pussent s'y faire à peu de frais , et sans parcourir de trop grandes distances.

Toutes les autres prisons seraient consacrées aux hommes ; et si on était obligé d'y retenir quelque temps des femmes et des enfants , on aurait soin de les séparer exactement.

Ce qui augmenterait encore la dépense , car on ne veut rien dissimuler , ce serait la nécessité d'attacher à chaque prison un terrain suffisant , pour

âgés de 16 à 18 ans qui seraient jugea capablei de profiter du bénéfice du régime de cet établissement.

Mais il importe de pourvoir à l'éducation non-seulement des jeunes condamnés mais encore des enfants acquittés poor avoir agi sans discernement, et mis a la disposition du gouvernement en vertu de l'art. 66 du code pénal. Eu France, ces derniers sont, depuis 1832, assimilés aux enfants abandonnés, et placés chei des cultivateurs ou des artisans, pour êtTe élevés, instruits et utilement occupés moyennant le paiement d'une indemnité é leur maître. Y. la circulaire du ministre du commerce et des travaux publics de France, du 3 déctmbre 1832, n* XY. (tn. D.)

324 DES MOYENS PIOPRES A GÉXEAAUSEft SU FI ASCI

que les détenus qui seront isolés la nuit, qui devront garder le silence le plus rigoureux le jour, et auxquels conséquemment il faudra interdire les récréations pendant lesquelles il leur aérait si facile de le rompre, puissent faire on exercice régulier, propre à entretenir leur santé , soit par des marches en commun , soit de toute autre manière , et de façon cependant à ce que toute communication d'idées fût interdite entre eux.

III. On sent bien que ce ne* serait pas tout de suite que toutes les prisons du royaume pourraient être appropriées au môme système et pourvues des mêmes moyens de réforme : d'un côté , l'État ne pourrait pas faire en une seule fois les dépenses nécessaires ; de l'autre , il y aurait impossibilité de mettre un plan si vaste à exécution partout et en même temps ; ce n'est que lentement qu'on pourrait y procéder : le personnel, qui serait d'ailleurs la plus grande difficulté qu'on rencontrerait, n'est pas de nature à s'improviser ; il faut former des hommes pour les fonctions principales comme pour les subalternes ; les aumôniers eux-mêmes , ces hommes de Dieu , en qui l'esprit de charité doit dominer si éminemment, ne peuvent être pris au hasard , car pour eux surtout le zèle ne suffit pas, il faut des études appropriées à cette difficile mission, et ce ne serait pas trop exiger que de demander l'établissement d'un séminaire spécialement destiné à former cette classe d'ecclésiastiques.

Je ne crois pas qu'il fallût moins de dix années pour accomplir la réforme.

e *ïj Ttm fi^iTni i un , 325

dépenses se répartiraient sur choie manière à ce que l'État ne les lixièmes.

% seraient appro\imativement ces rai ensuite quelles ressources on ter,

isant que tous les bâtiments aefucl- \t ce qu'à la vérité je suis loindVidjent, purent être convertis en [i lia ires et répondre à toutes les stème, il s'agirait d'y pratiquer les dont nous avons besoin ; or , nous jour évaluer ee qu'elles pourraient essai que tente en ce moment le inglais. La dépense moyenne des t construire « s'élève à 6a3 francs is il faut considérer qu'en Anglela main-d'œuvre est excessif : ou >ser qu'en France, où il est bien dépense de chaque cellule n'excé- ) francs* Ainsi , la construction de des pourrait coûter 35,000,000 de portâUon, par uneprëvision e*ccsîaque cellule à 000 francs, à cause Trains dont j'ai parlé, la dépense s les cas. ne pourrait s'élever à ,000 de francs,

iar maintenant que quelques maiédïfier , et je comprends combien Frayé d'une semblable dépense 5

326 DES lOTBRt FftOUSS à GB9B1ALISE1 Ilf F RANCI

quand on songe qu'en Angleterre , la seule prison de Milbank a coûté au delà de 18,000,000 de francs; qu'aux États-Unis, celle de Pîttsbourga coûté 0,000,000 ; qu'à Paris enfin , les frais de construction de la maison de la Roquette se sont élevés à près de 4,000,000.

Il faut dire cependant que, dans ces divers essais , on s'est plutôt attaché à créer des monuments de luxe, qu'à approprier ces édifices à leur véritable destination. Il faut dire aussi qu'on est maintenant bien revenu de la folie de ces dépenses somptuaire8 , et qu'on reconnaît la possibilité de bâtir à peu de frais des prisons disposées de manière à remplir toutes les conditions exigées pour opérer la réforme.

Toutes les maisons pénitentiaires qu'on construit aux États-Unis depuis quelque temps , le août d'après un système qui donne lieu à une réduction de frais considérable , sans exclure ni la solidité, ni la sûreté, ni aucune autre convenance essentielle. Ainsi on a bâti à Gharlestown une prison pour 800 cellules, au prix de 455,800 francs ; celle de Baltimore contient 220 cellules , la dépense ne s'en est élevée qu'à 248,164 francs; et celle de Black well-Island n'a coûté que 169,600 francs pour 240 cellules.

Voilà des bases qui peuvent servir à évaluer ce qu'exigerait en France l'adoption de notre plan. Or, la dépense totale des trois prisons que je viens de citer , ayant été de 87*,024 francs pour 860

S STlTtftl HMlhruiM- 327

e cellule revient à an peu maros de

ire de personnes s'eiâgùrent Les difficulté* er de rélévalum des dépenses de cou* il jUB^u a \oultur subordonner le cboii et m tel m si î mu au chiffre plus ou moins ssè pour *a mise n exécution. Il les ne se ici est le meilleur plan ? Huis bien ; quel ux? Ainsi, pur exemple , pour juger du iratïuik ou de L'isolement, elles .supputeasiléi par rétablissement du pénitencier i ce* frais leur paraissent trop considçra- (amen cl sans inlerrngcr d'aucune autre les ae prononcent contre la règle inlio^

;rave cependant : la sorame qu'a coulé le ladelphie ne dépose pas plus contre le sonnement solitaire que tes sommes coudes prisons de La Hoquette é Paris et de le déposent contre le R^li-me mille inLraisicments. Le coùl d'une prison dépend circonstances entièrement indépendantes line qu'il s'agit d'y introduire, et eest ment que les prisons Itia plus coûteuses mauvaises. Par contre les pénitenciers >uï appropriés et les plus récemment bnlis a\ec infiniment plus d économie ma anciennes prîsnna. Le pénitencier de ledicul) qui a 232 cellules, a coulé i.OOO fr,) ; c'est 800 IV. par cellule. Le de Naftinf/ffv a été , pour 320 cellules t (248 J64 fr.) eu fr. 775 par cellule.

Iules du pénitencier de Btwktcetlfoïanti et celles du pénitencier de Columbu*

328 DBS M0T1BS rKOPEBS A GKHÊ1ALI9E* EH ffciHCE

• Pourrait-on édifier au même prix en France? je le crois. A la vérité les objets de construction, et notamment les bois , sont à bon marché aux États-Unis ; mais la main-d'œuvre y est excessivement chère , ce qui établit une sorte de compen-

(Ohio) que 593 francs. Il est vrai que cet pénitenciers admettent la règle du travail en commun pendant le jour ; mais si le système d'emprisonnement solitaire de jour et de nuit exige des cellules plus vastes, mieux ventilées et convenablement chauffées pendant la saison d'hiver , il permet par contre de se passer des locaux où se réunissent les détenus, des réfectoires, des vastes ateliers, constructions ordinairement fort coûteuses comme le prouvent les devis de nos anciennes prisons. — D'après les indications recueillies par H. W. Grawford sur la dépense de construction des prisons où l'emprisonnement solitaire cootinu est eu vigueur, le pénitencier de Philadelphie aurait coûté, pour 586 cellules, la somme de 550,000 dollars ; celui de Trenton (New-Jets*^ 150,000 dollars pour 300 cellules, et celui de PitUbuia (Pennsylvanie) 38,350 dollars pour 106 cellules. Chaque cellule aurait donc coûté environ 5,000 fr. dans le premier de ces établissements , 2,500 dans le second, et 1,750 dans la troisième. Cette différence de prix provient surtout de l'économie plus ou moins grande apportée dans les constructions accessoires et les embellissements extérieurs, mais elle n'entraîne d'ailleurs aucune différence correspondante dans le mode de construction des cellules qui, dans les trois pénitenciers, sont également spacieuses, saines et commodes. — D'après les estimations les plus exactes, chacune des cellules du quartier d'isolement que l'on construit actuellement dans la maison de force de Gand sur le plan de Philadelphie, ne coûtera que 1,000 francs. Cette base est aussi celle que l'on pourrait admettre le plus raisonnablement pour toutes les constructions analogues a faire en France , en Belgique et sur le continent. (Éd. D.)

U STfTilK rftXITIITliltB. 329

galion. Je dirai ménie qu'il y a déjà une grande différencie pour les prix de main-d'œuvre et même de matériaux entre nos départements et Paris, et qu'il ne faudrait pas juger des uns par les autres.

Je pense donc que chaque prison destinée à recevoir cinq à six cents détenus au plus , et renfermant conséquemment un égal nombre de cellules , ne devrait pas coûter plus de cinq à six cent mille francs '•

Maintenant, combien aurions-nous de nouvelles prisons à construire? On sent que je ne saurais le dire avec certitude, je ne le pourrais même approximativement ; les données me manquent, et le gouvernement no pourrait lui-même se livrer à cette appréciation qu'après avoir fait procéder au recensement exact de toutes les prisons du royaume, et constater l'état dans lequel elles se trouvent. Mais enfin , en admettant que nos 385 prisons départementales ou d'arrondissement , ne présentassent pas , avec les maisons centrales actuellement existantes, un nombre de bâtiments suffisamment vastes, pour qu'il y eût possibilité d'affecter à chaque département une maison pénitentiaire au moins de cinq à six cents cellules ; en supposant qu'il fallût en construire quelques-unes, ce nombre serait peu considérable , et si , comme je le suppose, il devait être porté à douie ou quinze, il y

1 Cette estimation se rapproche de celle que nous avons faite nous même, pour l'établissement du système cellulaire en Belgique. Y. nm IX. (Ed. D )

830 DIS MOT II 8 PIOPIIS 4 GÊRÉRALISER El PKAKCB

aurait lie» do prévoir une dépense qui n'excéderait pas dans tous les cas la somme d# neuf à dix millions ; encore cette dépense réduirait-elle celle de 20,000,000 consacrée aux cellules, puisqu'il diminuerait le nombre de celles qu'il y aurait à construire dans les anciens bâtiments.

11 en coûterait donc à l'État environ 40,000,000 de francs pour appliquer le système pénitentiaire à toute la France; ce qui ferait, en répartissant cette somme sur dix années, 4,000,000 de francs par an.

V. Voyons maintenant s'il ne serait pas possible d'alléger ee fardeau , soit par les ressources dont*, on peut disposer dès à présent, soit par les économies qu'on pourrait obtenir sur les dépenses d'entretien qui sont à la charge de l'État.

La première des ressources à utiliser est un capital qui provient des masses des condamnés morts pendant l'accomplissement de leur peine, et qui par ce fait sont demeurées acquises au gouvernement. Ces masses , placées chaque année eo rentes sur l'État, en exécution de l'ordonnance royale du 8 septembre 1819, se sont capitalisées et ont produit, au 1er juillet 1886, un total de 3,965,349 fr. Déjà, à cette époque, il y avait en caisse une somme de 63,207 francs non employée en achat de rentes , de sorte que ce capital dépasse trois millions qui pourraient trou ver immédiatement leur emploi.

VI. Après le recensement de toutes les prisons du royaume , et lorsque le gouvernement aurait arrêté celles qu'il conviendrait de vendre, comme

1» ATffTÈVS rfeSITMTlAJHÉ. 331

blés de recevoir l'application du non- ? i on aurait un second capital , dont, >ns que j'ai déjà dites, il me serait b déterminer la somme. Mais ce empirait manquer de a élever très-haut :

ip de lieux, Jes prisons sont bâties au s y ou les emplacements ont une grande ise eu vente de celles qu'on réformerait doue une concurrence qui eu t le prix. Je citerai pour exemple la M:idclomict(c.s à Paris, qui est mallislribuée, où la mortalité des jeunes >nt actuellement détenus, esteonsidele par ces motifs il serait dangereux de lette maison , située dans un quartier il manque de débouchés, et qui occupe mperfieie , se vendrait à un prix trèsi v j je n'en doute pas , couvrirait les ï construction d'une nouvelle prison tl moins précieux , mais plus aéré et est à croire qu'il en serait do même h p de lieux.

t ressources qu'on peut considérer irées , puisque L'une 8 le capital de b fr> f est réalise T et que les autres le nu plein eut, ou au moins pourraient premières années* 1 aux économies à faire sur les dépeu-

u Mica lion de ce meumire, le* jeunes détenu* rCs dans U prison de la Roquette. (Éd, u )

332 des «oviis rftoviss a g in ta aussi m runes

ses actuelles, je ne sais si je m abuse, mais je crois qu'elles pourraient être nombreuses.

En l'état, voici quelles sont ces dépenses d'après le budget pour 1837 :

Maisons centrales 2,600,000 fr.

Prisons départementales . . . 4,600,000

Indemnités accordées aux départements pour les condamnés à plus d'un an , faute de place dans les maisons centrales 22,524

Bagnes , . . 2,176,500

Conduite des chaînes 124,000

Total . . 10,523,024 fr.

Si je comprenais dans mes calculs les dépenses des condamués militaires , qui sont soumi* à un régime à part, et celles des dépôts de mendicité, qui devraient cependant entrer , avec les modifications et distinctions convenables, dans le système général de réforme , on trouverait que la somme totale de nos frais de répression s'élève à près de 18,000,000 de îr.

Mais je me borne à rechercher quelles seraient les économies possibles sur les dépenses occasionnées seulement par l'entretien de nos prisons non militaires et de nos bagnes.

VIII. Ce u'est guère que dans les maisons centrales que le travail est organisé et productif : là il est en progrès j ce qui fait supposer qu'avec une

LE f TSTÏn PÉHlTUTUltl. 333

discipline plus sévère, ce progrès serait toujours croissant.

Ainsi en 1832 il produisait 1,269,955 57

1835 1,585,932 78 D'où Ton voit qu'en trois années la valeur de la

main-d'œuvre s'est accrue de 315,977 fr.

Si cette valeur était toute employée en déduction des dépenses des maisons centrales , elle en acquitterait près de la moitié. Aux États-Unis , où , il est vrai, l'ouvrier détenu gagne davantage, parce que la main-d'œuvre est plus chère , le produit du travail dans la plupart des maisons a suffi, et souvent au delà , pour les soutenir ; dans les dernières années, il a même procuré un excédant de recettes, qui, pour quelques-unes, dont la population variait de 1 15 à 800 détenus, a dépassé 100,000 et même 124,000 fr. ; résultat que , j'en conviens, il serait difficile d'obtenir complètement chex nous.

Mais, aux États-Unis, on admet le principe que le temps , et conséquetnment le travail du condamné , appartient tout entier à l'État en dédommagement des frais qu'il occasionne. On ne lui distribue pas comme chez nous de denier de poche, on ne lui réserve pas même une masse pour sa sortie ; on se borne , au moment de sa libération , à lui donner quelques dollars pour se rendre au lieu de sa résidence. On y joint quelquefois un vête-

334 DIS MOTUS ?RO»RI9 1 CtHÉRAUSEB BU I1UNCI

ment complet. L'argent qu'on lui remet ainsi , ou qui est employé en achat de vêtements, Tarie d'État à État, depuis trois jusqu'à vingt dollars, mais n'excède pas cette dernière somme.

Je suis loin de proposer qu'on pousse les choses en France aussi loin ; je crois , par exemple , que la réserve du tiers du produit du travail, pour en former un pécule qui soit remis au condamné lors de sa libération, est une mesure toute de moralité qu'il faut soignensemeut respecter et maintenir.

Dans cette réserve peut se trouver tout l'avenir des condamnés ; elle devient d'ailleurs un motif d'émulation qui les porte au travail et leur en fait supporter les fatigues avec plus de résignation «•

1 Les indication* suivantes, tirées du rapport du ministre de la justice, sur l'administration de la justice en 1881, en France, montrent combien peu, malheureusement, les épargnes acquises si péniblement , ont , dans la plupart des cas, préservé les condamnés libérés de récidives. Sur 13,801 condamnés renvoyés des bagnes et des maisons de correction en 1830 et 1831, 977 furent arrêtés pour récidives. De ces 977 individus, 29 seulement n'avaient pas reçu de pécule; 776 étaient reçu moins de 100 fr. ; 172 avaient eu 100 fr. et plus; et, de ces derniers, 8 avaient eu jusqu'à 500 fr. Ainsi , sur 100 individus qui avaient récidivé , il n'y en avait pas moins de 97 qui avaient reçu des sommes en partie assez fortes. C'est ainsi queFliannes {Voyage your faire deê collectes, tome I, p. 353) raconte qu'un individu , sorti avec 90 fr. d'épargnes de la maison de correction de St-Bernard, près d'Anvers, revint au bout de quelques semaines avec 30 fr., et fit les instances les plus pressantes pour être repris, parce qu'on lui refusait partout du travail.

(Note de H. Juucs.)

tl IT9TBVE fÉUllXSTlWUr.

i pas aussi convaincu que le tiers qui ri bue chaque semaine sous le nom de oche , soit également profitable. Cet isomine en grande partie ïî la cantine , oyé , ou a se procurer les moyens de gies , ou à corrompre des complices ir d'infâmes passions* Si donc on veut •, il faut absolument supprimer les faut aussi * je le crois , supprimer le jehe qui devient la source de si déploie ou, si Von croit devoir en laisser ux détenus, elle ne devrait pas excé- \ de ce qu'on leur donne maintenant, exiger que les aliments que cet argent cheter fussent consommés aux heures î la table commune , de manière à ce nnassent plus lien à aucun désordre, à, à ce quet excitant la convoitise des tus assis à la même table, ils fissent x le désir de se procurer au prix du *me avantage,

ivoue, je pencherais pour la suppreste du denier de poche comme de la n'admets pas que l'homme qui a violé is de la société , et qui subit la peine 'essions criminelles, puisse se procurer s inconnues, le plus souvent ? à l'ouux et honnête. C'est en agissant ainsi rvenu à effacer , en grande partie f ce taire l'effroi de la prison» Aussi la plu-

336 DIS «OTIKS PRO?RM A CÉKÉHAtlSIR SU FRANCE

part des directeurs des maisons centrales reconnaissent-ils que la peine de la réclusion et de l'emprisonnement n'intimide pas assez, et qu'en général les condamnés se familiarisent sans trop de peine avec l'idée d'y revenir.

La nourriture du prisonnier doit être saine , suffisamment fortifiante , assez variée pour ne pas engendrer le dégoût ; voilà tout ce que l'État lui doit.

A mon sens donc , le denier de poche étant entièrement supprimé , appartiendrait au gouvernement ; ce serait une somme de plus de 500.000 francs pour les seules maisons centrales , qui viendrait annuellement à la décharge des dépenses de ces maisons , et qui , comme je l'ai déjà fait remarquer, tendrait constamment à s'accroître, à mesure qu'une meilleure discipline s'introduirait dans nos prisons.

Je sais que les directeurs des maisons centrales s'accordent à dire que les distributions hebdoma- ' daires de ce denier de poche sont pour les détenus d'une nécessité indispensable , qu'elles les stimulent au travail et que sans elles il serait impossible de les y fixer. Ils ajoutent que l'avantage d'avoir un pécule pour l'époque de leur libération les frappe peu vivement, que, comme il ne s'offre à leur esprit que dans un avenir éloigné , il ne suffit pas pour les exciter à l'amasser ; qu'à leurs yeux , le présent est tout , et que l'envie de se procurer des jouissances immédiates est leur seul mobile.

LI ITlTlflE fFUITWTTitRE.

erçoit pas que c'est la facilite même r cesjouissances , qui , en enflammant

détenus, fait qae leur émulation et pour le Ira fait se trompent d 'objet : s facilités , alors un désir plus noble, er des ressources pour le moment où es, naîtra dans leur cœur et rem pi a k le stimulant qu'on craint de perdre.

te Fait-il donc qu'aux États-Unis , où es ne sont pas même soutenus par la 10 partie du produit de leur travail

avenir, puisqu'il ne leur en est rien ravaillent cependant avec une telle

le produit de leur main-d'œuvre t ïûtier a la dépense de rétablissement, oivrîr et souvent bien au delà ? Si aux è condamnés se montrent laborieux , fet d'une bonne discipline , comment ?r que chea nous ils le deviendraient îans qu'il fiit besoin de leur offrir inel des jouissances grossières qui les 't les dégradent?

s pas qu'avec la discipline que la Df luirait dans les prisons, le travail us productif*

pourrions-nous en douter lorsque, i , un exemple nous est offert de la i régime que nous cherchons a génépénitencier militaire de Monta ïgu , ransféré à Saint-Germain, suffit à ses

838 DIS B0TI1W FBOFBBS A CBVBB&llSBB BH FBARCB

dépenses comme ceux des États-Unis , bien que le prix de la main-d'œuvre soit moins élevé. Admirablement dirigé par l'officier supérieur qui est a sa tète , il mérite de servir de modèle aux établissements de ce genre. La régénération des condamnés y est d'autant plus assurée , que son habile directeur , et l'administration qui le seconde , s'étudient à y introduire toutes les améliorations que l'expérience fait juger nécessaires.

C'est le ministre de la guerre qui fixe le prélèvement à faire sur la journée des travailleurs pour l'entretien de la maison : ce prélèvement est de 75 c. , et comme on ne compte dans l'année que deux cent quatre-vingts jours de travail , à cause des maladies et des jours de repos , il produit 200 fr. par chaque détenu ; c'est la somme nécessaire pour acquitter ses dépenses et même un peu plus , puisque , avant la translation du pénitencier à Saint-Germain , il y avait en caisse, ou plutôt en bons ou en rentes sur l'État , un excédant de recettes de 20,000 fr. pour une population moyenne qui n'avait jamais excédé cent cinq hommes.

A la vérité cette population est jeune, vigoureuse et active pour le travail. Mais on remarquera aussi que les 75 c. que le gouvernement prélève sur chaque journée de détenus , ne sont qu'une partie du produit du travail de ceux-ci , et qu'ils gagnent bien au delà, puisque le surplus sert à leur former une masse de réserve pour leur sortie , et à leur distribuer un denier de poche comme dans

1,1 STfttlIE tfcfllTUTlUItt.

risuns, outre une masse de 25 francs stien de leur habillement, tçu, les condamnes couchaient dan?

res communes; depuis qu'ifs ont été i S;tiuL-< îrniKiin , où l'établisse *m* ni cuir, lorsqu'il sera terminé , 345 détcème cellulaire de nuit a été applique a rigidité , et le recueillement, les bon» iU par cette mesure ont été tels, que condamnations à la cellule ténébreuse

prononcées; l'ardeur pour le travail llement accrue, que dans le dernier es entrepreneurs ont cru devoir, par sdee et sans y être provoqués , leur 2S gratifications qui se sont élevées , Voilà ce que peut la discipline f Voilà

obtiendrons avec une volonté persé-

l de là, comme on le voit, à nos maies, dans lesquelles le travail est si peu jue pour quelques-unes il ne s'est pas là de 120, 137 et lo8 francs par dote, dans d'autres, il a a peine atteint es annuellement.

lent , il yaen cela quelque vice qui a e recherché. On comprend difïiciloqu'une différence si grande puisse les pris de main-d'œuvre des diverses que le produit du travail varie au tout ia une autre, malgré les règlements

340 DIS MOT Eli FftOF&tS A GKNBftlllSU BU fAiUCI

généraux auxquels toutes les maisons sont soumises; rien n'atteste mieux la diversité des régimes et la nécessité d'une impulsion qui agisse de toutes parts avec la même fermeté et dans le même esprit.

Jusqu'ici le travail n'est régulièrement organisé que dans les maisons centrales ; s'il l'est comme à Paris, dans quelques maisons d'arrêt et de justice, ce n'est pas général , de sorte que la plupart de ces dernières sont entièrement improductives. Lorsque le travail sera introduit dans tous les lieux de répression du royaume, ce genre de ressources ainsi augmenté devra finir , malgré la réserve du tiers pour le moment de la libération, par payer une bonne part, sinon la totalité des dépenses générales qu'occasionnent les prisons.

IX. Je ne doute pas non plus qu'il n'y ait de grandes économies à réaliser sur le système de l'entreprise générale. On sent encore qu'à cet égard, je ne puis rien alléguer de positif; mais une lecture attentive du cahier des charges des entrepreneurs donne lien de supposer que si les adjudications étaient divisées , partout du moins où elles pourraient l'être sans inconvénient , on obtiendrait des marchés meilleurs; c'est une expérience à faire, car encore une fois, puisqu'un système contraire réussit ailleurs et procure des avantages , on ne comprendrait pas la raison qui empêcherait d'en essayer l'application parmi nous '.

1 En France, sous l'empire du système d'entreprise,

LI STITIK1 ràniTUffTIUMl. 341

'Cédcniiiicnt élevé un doute sur la des bagues .-j'avoue qu'à cet égard idées ne sont pas tressa rrétoes. Jusjsc m'a vivement frappé dans la «tajustice criminelle publiée en ÏB34, une moyenne de dix années , ]a récîrt des libérés des bagnes était à peu que de la part des libérés des mai- ; elle était de 38 sur 100 libérés pour de ces établissements, et de -30 les seconds- Ainsi, il est démontré ix forcés et la réclusion obtiennent à peu près identiques, et que ces e punition ne corrigent pas mieux e.

coté, la dépense est bien différente :

los maisons centrâtes coûtant annuel 1 3,570,000 fr, pour 17,560 détenus,

soute, dans les maisons centrales, 200 fr., 3* 300 fr. par un, En Belgique, avec le syimoyenne de la déjienbu pour chaque détenu ï centrale», u 'excède guère 150 fr. C'est ron par jour ot par individu, ronartî* de la

urrïtiirc.

24 centimes.

Irelien ,

UHÎi 1 -1 | .i( |- -il ,

Total, 42 .

ces ruMiltaU, lu rcj;ic serait incontestables geuse que l'entreprise- (E»< D.)

342 DES MOTlHi PKOPKCf k afotftiUSU IN FtlRCB

celui de chaque prisonnier est d'environ $00 fr. ; tandis que les bagnes, qui coûtent 2, 176,500 fr. pour 7,200 condamnés , occasionnent , pour chacun d'eux , une dépense d'un peu plus de 300 fr. Ainsi les condamnés aux travaux forcés coûtent à l'État un tiers de plus que les condamnés à la réclu-* sion. Si donc les détenus dans les bagnes étaient versés dans nos maisons pénitentiaires, l'État y trouverait une économie de plus de 700,000 fr. annuellement.

Une dernière considération , c'est que la population des bagnes tend incessamment à se réduire.* Dans un temps assez peu éloigné , elle s'élevait à 1 1 ,000 forçats , aujourd'hui elle est descendue à 7,200. Elle a éprouvé seulement dans les quatre années de 1880 à 1833 inclusivement , une réduction de 10S2 condamnés, savoir : de 17 sur 100 pour les condamnés a temps , et de 24 sur 100 pour les condamnés à perpétuité.

Cette décroissance doit être attribuée à diverses causes , dont la principale est sans doute l'admission dans nos codes criminels des circonstances atténuantes qui donnent aux cours d'assises une si grande latitude pour adoucir les peines ; mais par compensation le chiffre des condamnés , sinon à la réclusion , car la modification de nos codes les a réduits dans une proportion égale , du moins à l'emprisonnement , reçoit une augmentation d'autant plus forte que la part faite par la loi ellcnicnie à l'indulgence du jury laisse un plus libre cours à sa justice.

lb ststbvb FiiiTUTum. 343

Sans donc rien préjuger sur la question de b conservation de* bagne* , qui doit être mûrement étudiée , je me borne à signaler cet trois faits , qu'en général ils n'ont pas une vertu réformatrice supérieure à celle de nos maisons centrales ; que les forçats qui y sont enfermés coûtent un tiers de plus que les détenus dans nos prisons , et qu'enfin leur population décroit assez sensiblement pour donner lieu de supposer que le moment viendra où la dépense de ces établissements ne sera plus en rapport avec le nombre de condamnés qu'ils seront appelés à recevoir. Je répète que leur suppression procurerait à l'État une économie annuelle de 700,000 fr '.

XI. Ainsi le capital de 2,000,000 de francs , dont le gouvernement peut disposer immédiate-* ruent, le produit des ventes des anciennes prisons, qui! serait nécessaire de réformer, la suppression du denier de poche et son attribution à l'État, le produit plus considérable des travaux qui résulterait d'une discipline meilleure, l'introduction de ces mêmes travaux dans toutes les prisons du royaume , un mode d'entreprise et d'adjudication plus favorable , enfin la suppression des bagnes ,

1 La réforme des bagnes ou plutôt leur suppression n'est pas moins désirable que la réforme des maisons centrales. En Belgique nous avons devancé la France sous ce rapport. Le bagne d'Anvers est supprimé depuis 20 ans, et les condamnés aux travaui forcés sont réunis dans la maison de Gand. (Ed.D.)

344 dm aoTznf Piorns a «ékéiaiisu bu marcs

si on la jugeait utile, toutes ces ressources réunies, réduiraient au moins du tiers , et très probablement de la moitié les dépenses qu'occasionnerait en France l'adoption do système pénitentiaire , et que j'ai évaluées à 40,000,000 de francs.

Le plus grand mal serait de vouloir improviser cette réforme ; pour la rendre solide et durable , il faut l'entreprendre avec réserve et prudence. J'ai dit plus haut que ce ne serait pas trop d'y consacrer dix années ; ce temps est nécessaire pour préparer les locaux déjà existants , pour en construire de nouveaux, si on les croit nécessaires, pour former des hommes propres à donner le mouvement au système , et pour coordonner avec lui les parties de notre législation criminelle qui en l'état formeraient obstacle à son application.

On voit que je n'ai point fait entrer dans les ressources sur lesquelles on peut compter, celles qu'offrira la bienfaisance publique ; celles - là , qu'il suffira de bien diriger , pourvoiront , et au delà , à tout ce qui est imprévu , au soulagement des prisonniers pendant leurs translations , et surtout à toutes les dépenses qu'occasionnera le patronage après la libération , telles que les établissements de réhabilitation , les colonies agricoles , la protection personnelle assurée aux individus qui voudraient s'établir isolément, etc., etc.

Je n'ai parlé que secondairement aussi des ressources que pourraient offrir les conseils généraux, et j'ai eu soin de dire que la centralisation de l'adiui-

LE SViTÉME I fi^lTt>TlilKt-

devait point produire l'effet de le* droit d'intervenir dans ta réforme a central isatîon est tonte dans Tintesure, elle a pour objet de la rendre uniforme; loin d'empêcher les eotit dTy participer, il convient au conr associer pleinement ; seulement les votent pour l'entretien des prisons les sur les centimes variables laisisposî t i i » n , sera lent ce n Ira lises dans irticulière : ces fonds seraient détermine par le passée d'après leur vote après une appréciation moyenne. Ces m t d'ail leurs consultes sur l'utilité de >atiments qu'il conviendrait de réforiplacement des nouvelles prisons à ;, pour les intéresser à ces construc sur offrirait de payer la moitié des sommes j s'ils consentaient à voter l'autre ar voie d'emprunt, soit autrement.

ie je ne puis expliquer ici tout ce qu'il re pour concilier ce double avantage ■ l'administration et de conserver aux Vaux une part d'intérêt et d'action me des prisons; ee serait là Tmuvre ton, et à cet effet, une loi ne saurait m plein en t présentée aux chambres.

Messieurs, de traiter la partie la plus u réforme , celle de la dépense ; sans \ c'est le motif qui l'a fait ajourner

DIS MOT M S PlOHIg i tfrftlALME* IS fKàWlM

jusqu'ici, et qui a causé l'hésitation du gouverne

ont à l'entreprend «h

Si cette difficulté dont je crois avoir fait uni juste appréciation, paraissait aussi bien résolu au gouvernement qu'elle me le parait à moi-même il ne lui resterait plus qu'à agir avec résolution , constituer l'administration spéciale que j'ai pmp< fiée, et à lui laisser le soin de préparer sur les base qu'il aurait lui-même arrêtées, toutes les partie de la réforme, dont le développement lui sera entièrement confié.

Sx.

Repente à quelque* ehjecfionë*

Je dois maintenant prévoir les objections qi pourront être faites à quelques parties du s y siéra

I. J'ai exprimé l'opinion que toutes nos prisai devraient être soumises à la même discipline, S rait-il juste, dira-t-om de rendre cette disciplii uniforme? Comment pourrait-on , sans violer tu les principes de la pénalité, confondre dans même lieu de répression T et soumettre au mén châtiment, les condamnés aux travaux forces, evi à la réclusion et ceux à l'emprisonnement?

Je répondrai d'abord que ce que je propose fait déjà pour les condamnés à la réclusion et pff ceux qui le sont à un emprisonnement de plusdV an; réunis dans nos maisons centrales, ils se soumis en l'état au même régime disciplina"

Ll SYSTEME FIIMTIVTUI1B.

laronésaux travaux forcés, personne quoique la loi considère leur peine it un degré plus élevé dans notre ression , et bien que l'opinion puîe également un degré d'infamie de int l'existence des condamnés aux i ont plus de liberté, plus d'air et ment , est en général plus suppori les maisons centrales ,de sorte que ine est loin de produire toute l'intia loi s'est proposée, pénitentiaire, au contraire, introprisons , avec l'isolement de nuit , 3 absolu pendant le jour, avec la » toutes les douceurs que le denier cantine procurent , va faire de leur de châtiment moral, mille fois plus ous les châtiments corporels, parce jus les instants , parce que, plaçant ans une solitude complète, et le laistent et sans distraction en présence . de son crime , il ne deviendra toléi, qu'autant qu'il cherchera à se lix avec Dieu et avec sa conscience.

la rigueur du système s'étendrait les condamnés à l'emprisonnement

forcés; mais c'est en cela que se es plus grands avantages. Les indi- Mit condamnés à ce premier genre es avoir passé quelque temps dans

348 DBS MOT EH 9 P10FE1S A GÉflétALlSEB EN FIA If CE

nos prisons , n'en rapportent pas , comme j'ai déjà ea occasion de le dire , un souvenir qui leur en fasse appréhender le retour. Ce qui le prouve, c'est que des diverses classes de repris de justice, il n'en est pas une dans laquelle les récidives soient plus fréquentes. Si donc le régime des maisons pénitentiaires est d'une extrême sévérité, la leçon qu'y recevront les détenus n'en sera que plus forte et plus efficace, et les résultats de cette leçon judiciaire deviendront plus rassurants pour eux et pour la société. C'est ainsi , et seulement de cette manière, que nos prisons agiront par voie d'intimidation ; toute peine qui ne produirait pas cet effet moral, serait mal conçue et attesterait l'imprévoyance du législateur.

En un mot , le châtiment dans nos maisons pénitentiaires devrait être le même pour tous ; il n'y aurait d'autre gradation que celle de la durée des peines, et cette gradation serait suffisante. On sent encore que , pour cet objet , quelques parties du code pénal auraient besoin d'être réformées ; mais personne n'a prétendu que le système pénitentiaire pût être introduit en France sans exiger en même temps certaines modifications dans nos lois *.

1 La diversité des peines d'emprisonnement, écrite dans U loi , n'existe plus de fait en Belgique. Depuis l'abolition des bagnes, les condamnés criminels et correctionnels, sont bien, il est vrai, placés dans des maisons centrales distinctes, mais le régime de ces maisons est absolument semblable , sauf une différence légère dans le taux du pécule. Il s'ea-

LE STSTlïf PtMTEJTJAirE,

lé du travail, et j'ai compte sur Kaugses produite pour alléger nos dépcu* Ire côté , j'ai demandé que le silence reiiK fût observé dans nos prisons, il dans les ateliers , mais encore dans de repos et dans toutes les circonvie du condamne. On objectera que e discipline laissés à l'administration assez puissants pour obtenir ces deux urtout qu' on supprimera le stimulant ; poche et de la cantine; que si on x États-Unis, c'est que les directeurs jénitentiaircs y ont le droit d'infliger >uet , et que la crainte imprimée par ! bien qu'on en fasse rarement usage, laintenir la stricte observation de la

lis toute Ta puissance des châtiments ir la douleur aggravée par k flétris* ns lame un profond souvenir; mais îaître aussi que chaque peuple a à cet

dïlïoni d eUibtiîiScment du système pémlcnciiment plus fruorablcs en Belgique qu'en a conservé les bagnes avec teul leur attirail Targousins+ IL suffit d'améliorer en Belgique tandis qu'en France il faut non-tdllcment nv frais , maïs encore détruire ce qu une î,i jiour ainsi dire consacré ; c'est une double , 01 h- temps seul peut venir en aï Je sous ce !tau bOQVDuloii «le l'adaiivftiiitioji . (Ei1 l>-)

350 DIS MOYENS PlOntlS A 6&R&K4USKB «H FIUKCB

égard des idées qui ne sont pas les mêmes ; ainsi , en Angleterre, le préjugé qu'il ne peut pas y avoir de discipline militaire sans coupa de fouet est telle* ment enraciné, qu'il n'a pu être vaincu dans les dernières discussions qui ont en lieu au parlement; tandis qu'en France notre armée conserve une discipline admirable sans qu'on ait besoin de recourir à ce moyen violent.

Qu'on y prenne garde : si nous voulons rappeler . nos condamnés au sentiment de dignité humaine qu'ils ont perdu , il ne faut pas les soumettre à un châtiment qui les dégrade. Le fouet est comme la marque, qui a été si sagement abolie, comme l'exposition dont on a diminué les cas , et qu'on sentira le besoin d'abolir aussi entièrement. On emploie ce châtiment dans nos bagnes, et l'expérience a démontré que ce qui révolte n'intimide pas toujours ; qu'on brave souvent la cruauté à l'égal de l'injustice; et qu'un supplice, dont l'application, plus ou moins rigoureuse i dépend de la main qui l'inflige, est plutôt un abus de la force qu'un moyen efficace de discipline.

Ce n'est donc pas â de tels modes de correction que le système pénitentiaire doit avoir recours ; et si le détenu , privé du stimulant qui résulte de l'espoir des jouissances présentes attachées à la possession du denier de poche, ne trouve pas un mobile également actif dans la concentration de ses pensées sur cet avenir de liberté qu'il lui est donné de rendre meilleur ; si enfin des moyens

II JT&TftMI FlflltlSTllIftE 351

s sont indispensables pour obtenir 1o

silence, on les trouvera suffisamment le ténébreuse , dans les aliments sans le saveur a mère , el dans f emploi de -es moyens dont le système pénitenl'usage.» et qui sont plus puissants quo ts corporels , parce que la durée en jue, et qu'ils agissent davantage sur la rëileximi. On a déjà vu que le péniaire rie Saint-Germain ne recourait à tvili&tiautes punitions contre lesquelles :t rarement à celles qu'il a adoptéei K je dirai : Essayons , ne nous pressons % avant d'avoir soumis le nouveau syamve décisive de l'expérience.

l'un des grands obstacles qu'on oppuaison, à la réforme de nos prisons T utto de trouver et de former de bons i comprennent le système, qui veuilûer, et qui joignent à toutes les quali

tout lieu do croire que la discipline , d^ns oire de Saint -Germain, n'est pat aussi rigouurtout atiïiî alternent main tenue que semble , Déranger, Lu règle du &ILence peut être inréglementa , mui& elle e*l Lnin dY-tre utricU1-

lititis les Locaux rommuris occupés par le* ii fait à Saint-Germain ne servira, pensonsfuser de plus en plus la difficulté, pour ne o«ftil>Uilë j d organiser eu France Lu rédu-mn l'aprè* Les buses du système d'Aubum, tan*

châtiments corporels, ( l'.i- 0.1

352 DIS MOTERS PROPRES A OtftERALISER ER fRARGR

tes nécessaires , la moralité sans laquelle on ne pourrait espérer de leur part une coopération utile.

J'avoue que ce choix offrira toujours de grandes difficultés. J'ai déjà parlé des directeurs et des aumôniers; j'ai dit ce qu'ils devaient être : ceux-là, pris dans les classes éclairées, et même élevées de la société , pourront offrir des garanties d'instruc* tion , de capacité et de moralité ; avec le temps on les formera , et déjà , parmi ceux qui existent maintenant, il s'en trouve beaucoup qui ne sont pas au-dessous de leur noble tâche ; il s'agit seulement de les grandir en considération par les égards dont la hauteadministration donnera l'exempte envers eux»

Quant aux autres employés , c'est-à-dire, quant à tous ceux qui, dans les degrés inférieurs de surveillants, porte -clef», etc., agissent sous les ordres des directeurs, on se trouvera souvent arrêté. Comment attendre en effet d'hommes qui ont en général peu d'éducation , et qui reçoivent un modique salaire , le dévouement, le zèle et toutes les vertus dont le concours est si indispensable pour accomplir l'œuvre réformatrice à laquelle ils sont appelés à participer.

Pour les pénitenciers de femmes , et pour ceux consacrés aux jeunes détenus , il y aurait nécessité d'imiter ce que j'ai vu ailleurs , et notamment à Lyon, où ces emplois sont confiés, avec un entier succès , à des congrégations religieuses. Ce sont des sœurs de saint Joseph qui ont la direction de

le systèbi risiTirruifti. 353

emmes , qui y remplissent depuis les las modestes jusqu'à celles de supé- Imiré leur charité vraiment évangéîveillance de leurs rapports arec les la soumission parfaite, le respect lie»- ci à leur égard, me ville, ce sont des frères du même la surveillance et le soin du pénitines détenus. Ces hommes simples t pas les offices les plus humbles : ils teliers, instituteurs, porte-clefs. Mais ru le plus digne de remarque , c'est religieux qui de toutes parts régne ons , qui leur donne le mouvement i se reproduit enfin sous toutes les qu'il dégénère en hyprocrisie ; on a plicité des pratiques qui pourraient éviation delà vraie religion ; le senti t m'a paru naître de l'enseignement a plus pure.

irection y est donnée par une comp risons qui, animée de ce même lont la source est intarissable , rem- >n avec un zèle au-dessus de tout est elle-même présidée par l'un de l'âme et de cœur auxquels le paya * la plupart de ses améliorations.

; un tel exemple , il s'agirait donc , issible , de confier la direction et la les maisons de femmes et des péni-

354 des mot m $ notais a ctafiiALim sa fimce

tenciers de jeunes détenus , à de semblables congrégrations : là , se trouvent la douceur et la régularité des mœurs, ces vertus cachées qui s'ignorent elles-mêmes , cette énergie de volonté qui brave tous les dégoûts et surmonte tons les obstacles; là , se trouve aussi l'économie; car la eharité qui se dévoue ne demande pas sa récompense aux hommes , elle l'espère de plus haut, et c'est sur la grandeur du prix auquel elle aspire qu'elle mesure la vivacité de ses efforts , et l'étendue de ses sacrifices '.

La grande difficulté resterait pour les pénitenciers d'adultes ; c'est ici surtout que l'administration devrait redoubler de sollicitude : on sent que s'il n'y a pas un lien religieux quelconque qui unisse dans une même pensée morale ces agents nombreux dont la réforme a besoin , elle fera peu de progrès ; on ne peut oublier que ce sont les quakers qui les premiers ont introduit en Amérique la règle dans les prisons , comme on ne peut mettre en doute que ce ne fût au sentiment religieux, dont l'impulsion leur était commune, que furent dus leurs succès. Si ce mobile chci nous ne se produit plus sons des formes aussi austères , il n'en existe pas moins , et une administration éclairée comprendra tout le secours qu'elle peut en attendre.

1 En Belgique, la surveillance des condamnées est confiée, depuis quelques mois, à des religieuses de la congrégation des Sœur* de la providence, dont le chef-lieu est é Kamur.

(Éd. D.)

u système riffiTMTuni. 155

Je crois, Messieurs, avoir retracé, quoique bien rapidement, les divers éléments qui doivent constituer le système pénitentiaire , et les moyens de le généraliser en France.

Ainsi , centralisation , administration spéciale , nécessité d'envisager les détenus dans les quatre situations par lesquelles ils passent successive* ment , à savoir t de translation , de prévention ou d'accusation , d'accomplissement de leur peine, et de libération ; isolement pendant la nuit, silence absolu pendant le jour, travail, enseignement moral et religieux, discipline sévère, tel est le plan de réforme de nos prisons qui nous parait le pins praticable , et dont nous appelons l'adoption de tous nos voeux.

Eu rédigeant ce mémoire, vous sentet tous ce que j'ai trouvé d'aide et d'inspiration dans les hommes dont les travaux scientifiques ont éclairé une matière si digne de leurs pensées ; dans MM. de Beaumont et de Tocqueville , qui nous ont fait connaître avec un si rare mérite le système pénitentiaire des États-Unis; dans notre honorable confrère M. Charles Lucas , qui le premier a appelé, sur ce grave sujet, l'attention de la France et de l'Europe ; dans M. Marquet Vasselot, dont l'ouvrage fort remarquable renferme tout ce qu'une longue expérience lui a fait découvrir do bon et d'utile ; enfin , dans une foule d'autres ouvrages qu'il serait trop long d'énumérer et qui m'ont facilité la tâche qui m'était imposée.

356 des MOTiirs notais * slittttm et fui «m, ne.

C'est maintenant au gouvernement à acenn la sienne! j'ai cité des faits n j'ai invoqué IV riencedes autres peuples. Je suis loin de prétei avoir résolu toutes les difficultés qui se rat tac à cette question, et dont quelques-unes ont en besoin d'une étude approfondie ; je me suis bo le plus souvent, à appeler sur et] es l'examen a tif de l'administration et les méditations de te les nobles intelligences.

Le moment est venu , et c'est un des besoii notre époque, d'entrer enfin dans cette voi d'autres nous ont précédés. Nus moeurs , deve plus douces, semblent réprouver ces terr expiations que peut seule maintenir la néce sociale, qui, seule aussi, les justifie. 11 n'est q moyen d'en avancer le terme ; c'est d'exercé les hommes qui sont en état de révolte conln lois, une action morale tellement efficace qi permette à la répression de se renfermer dai plus étroites limites, et à la justice humain déposer son glaive.

Honneur au gouvernement qui noua pflip!

un tel avenir! Honneur a vous, Messieurs, par l'intérêt éclairé que voua prend à cette gr œuvre, lui rendez plus facile le courage de t reprendre !

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