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Les prisons du canton de Berne peuvent se diviser en deux catégories : 1° maisons d'arrêt et de justice au nombre de 27 : une dans chaque préfecture*
2° Maisons de correction et de force , au nom* bre de deux, à Berne et à Porentruy. Ces maisons sont destinées aux condamnés correctionnelle ment de 6 mois à un terme illimité, et aux condamnés aux travaux forcés depuis un an jusqu'à perpétuité.
Le code pénal qui régit encore le canton de Berne est celui de 1798 ; il est essentiellement vicieux ; on va s'occuper de sa révision. L'intégrité des juges supplée jusqu'à un certain point à ses imperfections.
Le pénitencier de Berne est divisé en deux quartiers principaux : le quartier de \* force > achevé et habité depuis le commencement de 1830 y et le quartier de la correction que l'on ter» minait lors de ma visite en septembre 1832., et qui doit également être occupé aujourd'hui.
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Le seul règlement existant pour cet établissement est encore celui de 1788, mais il est en grande partie tombé en désuétude et on* n'en observe plus que certaines dispositions de peu d'importance*
Depuis l'organisation de la prison nouvelle on prépare un nouveau règlement; mais on veut, avant de l'arrêter définitivement , que l'expérience puisse être invoquée en faveur du système qu'il introduira.
Le pénitencier de Berne a été construit pour une population de 400 détenus : 200 à la force, 200 à la correction. Chaque division principale est subdivisée en deux quartiers, l'un pour les hommes , l'autre pour les femmes* On s'est trompé en construisant des quartiers égaux pour les deux sexes , le nombre des femmes étant de beaucoup inférieur à celui des hommes. Les condamnés militaires sont, suivant la nature de leurs offenses, placés à la force ou à la correction.
Le 15 septembre 1832 , il y avait :
A la force , 124 homm. et 16 femm... 140
A la correction, 121 » 70 n 191
La population moyenne de la maison de Porentruy est de 50 détenus*
La population du canton est environ de 360,000 habitants. Si on la compare avec le nombre des détenus dans les deux maisons , on aura un peu plus d'uu condamné sur 1000 habitants*
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Dans chaque grande division, correction, force, hommes , femmes , il y a trois classes distinctes :
Classe d'épreuve où l'on range les arrivants ; » des bons ; » des mauvais.
Les condamnés à la force, rangés dans les classes d'épreuve et des mauvais , portent les fers ; les bons en sont exempts. Cette classification n'est d'ailleurs qne morale ; on ne distingue les détenus qui s'y o trouvent qu'au moyen de certains signes , de certaines règles convenues.
Aux termes de leur sentence les condamnés à la force devraient porter les fers pendant toute la durée de leur captivité ; mais lorsqu'ils se corn* portent bien, on ne les leur laisse ordinairement qu'autant de mois qu'ils sont condamnés d'années. Le signe distinctif des condamnés aux fers est l'ancien collier décrit par Howard et encore en usage dans la plupart des cantons de la Suisse. Les femmes portent également le collier, mais rarement les chaînes , si ce n'est par punition disciplinaire.
86 employés sont préposés à la garde et à la surveillance des condamnés, 29 hommes et 7 femmes.
Dans chaque grande division , force et correction , il y a 63 cellules , dont 14 sont fortifiées.
Il n'y a pas de division spéciale pour les jeunes délinquants.
On sépare autant que possible les bons des mau-
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vais. A cet effet on se sert des cellules. Les vieillards, les pères de famille, ceux dont on n'a rien à craindre , couchent dans les dortoirs.
Les détenus dinent en commun dans les mêmes réfectoires et travaillent dans des ateliers communs. Jamais ils ne peuvent causer entr*eux ; la règle du silence est rigoureusement maintenue même pendant la promenade.
Cette promenade est d'une demi-heure par jour pour chaque division ; en hiver elle se fait de midi et demi à une heure; dans les autres saisons le soir après le souper. Pour se donner de l'exercice, les détenus marchent à la file les uns des autres et font des évolutions que leur commande le gardien préposé à leur surveillance. Ce système de promenade silencieuse a depuis également été adopté dans les pénitenciers de Genève et de Lausanne.
Les condamnés aux travaux forcés sont employés à l'extérieur et à l'intérieur ; ils ne travaillent jamais chez les particuliers.
Les femmes condamnées aux travaux forcés et à la correction ne travaillent à l'extérieur qu'aux terres exploitées par l'administration de la prison*
La prison a pris a bail 40 arpents (à 40,000 pieds carrés l'arpent); le directeur en demande 200 qu'on lui accordera probablement. On emploie aux travaux que nécessite cette exploitation , de préférence les détenus agriculteurs. Les produits sont en partie consommés dans la maison ; le surplus est vendu.
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Les condamnée, hommes et femmes, à la correction , sont également employés à l'eitérieur et a l'intérieur. Quelques-uns sont occupés chez des particuliers, mais à part , et sans avoir de communication avec les ouvriers libres.
Au mois de septembre 1832, 26 condamnés étaient occupés aux travaux publies dans l'Oberland; ils logeaient dans des maisons gardées par leurs surveillants.
Les prisonniers les plus dangereux sont enchaînés. Les évasions sont rares. Le directeur du pénitencier m'assura, lors de ma visite, que depuis & ans il n'y avait pas eu même de tentative de désertion parmi les détenus occupés à l'extérieur. On change fréquemment d'ailleurs les prisonniers de cellules et de dortoirs afin d'empêcher les complots.
Le gouvernement a adopté le système de régie pour les travaux.
Ces travaux sont de deux espèces :
1° Ceux qui sont laits directement pour compte do gouvernement. Les objets confectionnés, tels que brosses , toiles , tapis , couvertures de laine , cartonnage, chaînes et agraffes en fil d'archal, tri* cots, souliers, etc., sont mis en vente dans une boutique.
3° Ceux qui se font pour compte des particuliers en vertu d'un arrangement conclu avec le gouvernement.
11 faut autant que possible que le détenu gagne n. 7
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son entretien au moyen des bénéfices qu'il retire de son travail. Tout ce qu'il gagne au-delà est divisé en deux paris ; £ pour le gouvernement , | pour lui. Ces f sont mis en dépôt pour l'époque de sa sortie. Cependant le samedi, les détenus qui désirent avoir quelque douceur pour le dimanche, et qui se sont bien conduits pendant la semaine , se font inscrire sur une liste; le prix des objets qu'on leur fournit est prélevé sur leur masse. Jamais les détenus n'ont de l'argent en main. Les achats se font par le garde-magasin et sont contrôlés par le chef des gardiens.
Le système des travaux , tel qu'il existe aujourd'hui, est vicieux à beaucoup d'égards. On projette des changements. Le directeur voudrait que les détenus ne travaillassent plus au dehors que dans les champs de l'établissement. Pour que l'organisation des travaux reçut à Berne une base stable et définitive, il serait utile, je pense, de nommer, comme on l'a fait dans les Pays-Bas, une commission chargée spécialement de cette organisation.
Les détenus occupés dans l'établissement travaillent à la lumière.
Les gardiens sont en même temps maîtres-ouvriers; les femmes sont surveillées par, des personnes de leur sexe qui dirigent également leurs travaux. Le directeur du pénitencier est chef unique du service intérieur et de la direction des travaux.