‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 54 sur 143 · AUSSI · texte numérisé non relu

AUSSI

Sur S20 détenus il n'y a guère que 20 catho liques. Tous les autres sont protestants.

Le ministre protestant fait chaque jour sa tournée dans la maison, et parle aux détenus. Les protestants ont trois offices par semaine, un le jeudi et deux le dimanche. Les catholiques entendent le dimanche la messe et le sermon , ils se confessent et communient les jours de fête.

En outre, il y a dans chaque maison un régent pour les protestants qui leur fait le cathéchisme deux fois par semaine , de 1 1 heures à midi. Les hommes et les femmes ont des écoles séparées.

Tous les détenus jugés susceptibles de recevoir l'instruction , sont obligés de fréquenter l'école. 11 y a deux leçons par semaine, de 1 1 heures à midi, les mardis et jeudis ; on y enseigne la lecture , récriture, l'arithmétique et le chant des psaumes.

Il y a de plus école le dimanche après le sermon du soir; les prisonniers, hommes et femmes, dans des locaux séparés, ont une leçon d'une heure et demie* Tous les jeunes gens, jusqu'à l'âge de 25 ans , sont obligés de fréquenter l'école du dimanche : les autres y sont admis à volonté.

On s'occupe de la formation d'une bibliothèque pour l'école» Les détenus ont d'ailleurs les livres religieux de leur culte* Ils peuvent aussi recevoir des livres du dehors , avec le visa du pasteur.

Presque tous les détenus savent lire et écrire.

Les punitions infligées aux détenus sont les suivante* :

76 DU 8TSTXM tifflXXVTIAUI

Rédaction de nourriture ;

Les chaînes, le collier de fer ;

Cellule solitaire pour plusieurs jours ; n » sans terme fixe $

» obscure ;

Cachot*

La mise au pain et à l'eau combinée avec la punition de la cellule ou du cachot ne peut être prononcée pour plus de 3-4 heures de suite.

Depuis 1831 on a renoncé à l'emploi des chati* ments corporels ; cependant le directeur ne Tondrait pas que l'on abolit définitivement ce moyen de discipline.

Il est fait rapport des punitions infligées an dé* parlement de la justice. Cependant le directeur est compétent pour punir toutes les fautes qui ne rentrent pas dans la catégorie des délits.

Voici maintenant quelles sont les récompenses :

Pécule ;

Viande et vin le dimanche ;

Autorisation de se procurer divers objets a l'aide de l'argent de la masse ;

Permission de travailler chez les particuliers r ce travail consiste le plus souvent à battre en grange , à arracher les pommes de terre et à sarcler les champs ; toutes occupations qui ne mettent pas cependant les détenus en rapport avec les ouvriers libres et pendant lesquels ils sont toujours gardés à vue par un gardien.

Pour qu'un détenu puisse espérer une diminu-

mm smssE* 77

te, il faut , 1° qu'il se trouve pendant émus dans la classe des bons ; 2" qu'il | Je sa détention. Il n'est fait egcepdernière règle que dans quelques cas is souvent remise est accordée du der- Icur peine aux bons détenus, sur la du directeur et du pasteur. Le conseil nrde les grâces* Auparavant Je direcrison avait le droit d'accorder de son se du 12 de la peine* C'était un abus I on a remédié.

étenu a le droit de se plaindre des pourrait être victime et de demander itoire au lieutenant criminel. Il est ce cas par un gendarme, et le rapport épartement de la justice, itenu a le droit d'adresser des pétitions sa grâce ou une diminution de peine.

:e sont ordinairement les parents qui a tides de ce genre,

mnés par récidive sont traités plus eut que les autres * Ils sont habillés Te différente; on leur laisse les fers te la durée de leur captivité. Ils ne rocurer aucune douceur le dimanche.

ipe aux travaux tes plus rudes; lorsunis , ils le sont plus rigoureusement es détenus. Le droit de recourir en c pas pour eux , ete, e de récidives à la force qui était de

78 DU 8T8TBME tilllTBHTUIBI

40 p. °/0 sous l'empire de l'ancien système , n'était plus, en 1832, que de 16 p. °/c.

Chaque détenu à sa sortie do prison reçoit un certificat bon ou mauvais , selon la conduite qu'il a tenue pendant sa captivité.

Tout condamné à la force , habitant de la ville , en est expulsé à perpétuité à sa sortie de prison. Les autres condamnés libérés sont conduits par la gendarmerie à leurs communes respectives. Cependant les bons sont laissés en liberté aux portes de la ville. Les étrangers sont conduits par la gendarmerie aux frontières.

Tous les détenus en état de travailler sont éveillés , pendant toute l'année , à 4 £ heures du matin. Ils déjeûnent à 8 ^ heures , et à 5 J ils sont conduits dans leurs ateliers : le travail dure jusqu'à midi, heure à laquelle ils sont reconduits dans les réfectoires pour dîner. A une heure moins un quart, retour au travail qui dure jusqu'à 7 heures du soir. À 7 heures, repas du soir au réfectoire : après le souper on occupe les détenus à peler les pommes de terre , les raves , les carottes , etc. , pour les repas du lendemain. À 8 ~ heures ce travail est terminé, alors se fait la prière du soir, puis on les conduit par pelotons dans leurs cellules et dortoirs respectifs.

La nourriture est saine et abondante.

Les achats de denrées se font par la direction. Le pain est fourni par un boulanger de la ville à 10 p. °/0 au-dessous de la taxe» Les vêtements.

Kl IUISSB. 79

des détenus des deux sexes sont en étoffe de laine en hiver, et partie en toile et en laine en été.

Le linge n'est pas numéroté ; il passe indistinctement d'un détenu à l'autre. On le renouvelle chaque semaine. On calcule la quantité nécessaire à raison de 3 ou À chemises par détenu. La comptabilité est par suite très simple. Mais le détenu n'a aucun intérêt a conserver ses vêtements puisqu'on les renouvelle lorsqu'ils sont usés.

Les prisonniers sont couchés dans des lits de bois ; chaque détenu a son lit dans le nouveau pénitencier ; à la correction , dans la vieille prison , les détenus, lors de ma visite, étaient encore couché» deux à deux.

Chaque lit est garni :

D'un matelas en bourre (gousse de l'épeautre) ; cela vaut mieux que la paille et ne se renouvelle que tous les 18 mois ;

Un oreiller en bourre ;

Une paire de draps qui se renouvelle tous les mois ;

Une couverture de laine en été et deux en hiver.

La maison est chauffée au moyen d'un calorifère où l'on ne brûle que de la sciure de bois; ce chauffage ne revient pour tout l'établissement qu'à 6 francs par jour. La chaleur donnée par le calorifère est de là à 15 degrés de Réaumur. L'appareil est d'ailleurs assez compliqué ; il ne pourrait pas être adapté à nos grands établissements.

Le blanchissage se fait par les femmes détenues.

80 DU SYSTÈME TÉlCITBIfTIAlKI

On lave à la cendre; jamais le linge de* détenus ne passe au savon. Le linge est séché dans un séchoir pendant l'hiver; l'été, on l'expose sur des prairies.

Le service sanitaire de la maison est confié à un médecin et à un chirurgien. Les médicaments sont pris chez les pharmaciens de la ville. Les gardesmalades étaient provisoirement choisis parmi les détenus. Lors de l'organisation définitive de l'infirmerie , il devait y avoir deux gardes-malades libres , un homme et une femme. Les lits de l'infirmerie sont en bois ; les matelas sont en crin ou bourrés d'une sorte d'herbe sèche. La cuisine ordinaire sert également de cuisine pour l'infirmerie.

Le nombre des malades s'élève a 5 p. °/9 du nombre total des détenus.

Le nombre des décès est annuellement de S «J p. % , ou 1 sur 40.

La direction du pénitencier de Berne est confiée à un directeur et à un contrôleur. Le département de la justice en a la direction suprême et la haute surveillance. Ce département délègue deux de •es membres qui sont spécialement chargés de ce soin.

Le directeur, lors de ma visite, était M. d'Ernat de Rabenthal ; il était en fonction depuis le 1er juin 1829, et avait été nommé pour 6 ans.

Les gardiens sont engagés pour 4 ans ; ils doivent subir 4 mois d'épreure avant que rengagement ne devienne définitif de la part du directeur.

15 SUIIS1. 81'

n n'y a ni commission administrative, ni comité de visiteurs.

La construction do pénitencier a coûté 500 ,000 fr. de Suisse on 750,000 fr. de France. L'ameublement , en partie confectionné dans l'intérieur de la maison, pourra revenir en tout de 20 à 24,000 fr. de Suisse.

La dépense totale des prisons de Berne s'élève annuellement de 80 à 85,000 fr. de Suisse ; celle du pénitencier particulier est de 40 à 45,000 fr. de Suisse.

Jusqu'ici on n'a pas encore eu besoin de factionnaires pour la garde extérieure de la maison. Au-dedans , les gardiens suffisent au maintien de la police.

II suffit, je pense, des indications qui précèdent pour faire apprécier le système introduit dans la maison de force et de correction de Berne ; c'est un système mixte où se confondent les règles de l'ancienne et de la nouvelle théorie pénitentiaire ; mais en général le principe de l'intimidation remporte beaucoup trop sur le principe de la réformation. Le nombre des cellules de nuit n'équivaut pas même à la moitié du nombre des détenus ; la réunion dans les dortoirs , le défaut de séparation entre les adultes et les enfants , l'occupation des détenus à l'extérieur, l'emploi des chaînes et des fers , sont autant de vices essentiels qui ne permettent pas de citer la prison de Berne comme modèle. .

82 DU STSTÈMI riNITIHTIilBl 0 1V18SI.

J'ignore si, depuis 1832, on a introduit des améliorations dans cet établissement ; mais il est des défauts qui dépendent exclusivement du mode de construction et auxquels on ne pourrait porter remède qu'en modifiant la distribution intérieure des bâtiments.

Page 1