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lement intimidée par l'organisation actuelle des maisons de détention. En 1835, Newgate était encore une senline d'immoralité, de perversité, une école de débauche, que Ton ne pouvait visiter sans horreur. Là , comme dans le Sahtdêro de Madrid, et dans la plupart des prisons d'Espagne, tous les prisonniers vivent et dorment ensemble, sans classification de crimes ni d'âges ; le malheureux enfant qui a dérobé nn fruit, est confondu avec l'assassin; le contrebandier et l'accusé politique sont mêlés au plus vil rebut du crime, sans occupations , sans distractions ; masse immonde et putrescente, toujours en fermentation. Voici bientôt deux cents ans que cette prison , placée sous la surveillance immédiate du lord-maire et des aidermen de la cité de Londres , brave la décence et outrage l'humanité. Point d'instruction religieuse; toutes les fureurs des passions déchaînées ; le jeu, l'ivresse, l'assassinat; un enfer où pénètrent sans cesse du dehors , le receleur , la fille publique et l'escroc. Newgate , où on lit les journaux , où de furieuses orgies éclatent, où la jeunesse reçoit le complément de son éducation criminelle , a tellement transformé ces habitudes en lois , qu'on ne peut l'épurer qu'en la détruisant. Telle est la conclusion du rapport des inspecteurs : ils proposent de transférer les femmes et les jeunes détenus dans des établissements spéciaux et séparés, et d'affecter exclusivement la prison de Newgate aux hommes prévenus et accusés , à la condition de la recon-
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struire en entier, d'y introduire le système des cellules isolées et d'y maintenir la séparation la pins complète entre les prisonniers.
Le rapport du capitaine Williams pour le district du Nord , donne des détails intéressants sur les prisons des comtés de Cambridge, Huntingdon, Norfolk et Suffolk. — Celui du Dr Bisset Hawkins rend compte de la visite de quelques parties des comtés du sud et de l'ouest ; il y affirme que la mortalité est rare parmi les détenus : il en porte le chiffre à 1 sur 40 par an , tandis que, dans les prisons de Belgique, elle était, il y a peu d'années, de 1 sur 27 ; elle est encore aujourd'hui de 1 sur 23 dans les prisons de Paris , et de 1 sur S dans le dépôt de mendicité de St-Denis. — Le rapport de M. Hill sur l'état des prisons d'Ecosse, est entièrement d'accord avec l'opinion exprimée par le comité de la chambre des lords ; et il signale , comme le résultat des abus qu'il en u mère, la corruption mutuelle des détenus et le défaut d'action intimidatrice et exemplaire de la peine. Les remèdes proposés par M. Hill sont : l'adoption d'un système uniforme. — L'institution de pénitenciers sur une grande échelle où l'on n'admettrait que les condamnés à un emprisonnement assez long pour que l'action de la discipline ne fut pas nécessairement frappée d'impuissance et de stérilité. — L'entière séparation des prisonniers. — La nomination de surveillantes pour les femmes détenues. — L'occupation aussi générale que possible de tous les
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prisonniers à des travaux utiles et profitables. — L'extension de l'instruction morale et religieuse dans tons les lieux de détention. — L'établissement d'un asile ou maison de refuge pour les jeunes délinquants et d'un bospice central pour les aliénés indigents. — Et finalement la centralisation delà direction des prisons écossaises entre les mains d'une autorité unique et supérieure, et la constitution d'un fonds commun pour subvenir aux dépenses qu'elles nécessitent. La moyenne de la population des prisons d'Ecosse peut être estimée à 1,800 individus ; l'inspecteur est d'avis que les frais de leur entretien pourraient être considérablement réduits.
II ne parait pas que les inspecteurs des prisons aient eu le temps jusqu'ici d'étendre leurs visites à toutes les prisons de la Grande-Bretagne ; mais on a reconnu la nécessité d'une inspection bisannuelle, s'opérant à des époques incertaines et mobiles, ainsi que celle de supprimer les cachots souterrains à la fois inhumains et inutiles.
Au commencement de la session de 1836, lord Jobn Russell demanda qu'un comité de la chambre des communes décidât s'il y avait lieu à refondre les lois sur les prisons. Ce comité fut d'avis que la séparation des prévenus et des condamnés était urgente ; que le secrétaire d'État devait être in- Testi d'une autorité beaucoup plus grande que par le passé , et qu'il fallait ou reconstruire Newgate , ou étendre les bâtiments qui le composent. Qui le n. 9
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croirait ? La corporation de Londres , croyant ses privilèges attaqués, se révolta contre la communication officielle qui lui fut faite par lord Russell , assez modéré cependant pour ne pas soumettre à une enquête rigoureuse l'ancien régime de cette affreuse prison. Ce fut à travers beaucoup de réclamations et d'obstacles qu'il ordonna que, dorénavant , Newgate ne renfermerait que les prévenus, et que les condamnés seraient placés dans le pénitencier de Milbank. — Tels sont les progrès de la réforme pénitentiaire en Angleterre; on y est dans la bonne voie sans doute, mais on est peu avancé encore. Quand on pense que 120,000 individus pénètrent annuellement dans les prisons de la Grande-Bretagne , les uns pour y rester, les autres pour en sortir , on ne peut que faire des vœux ardents pour la révision complète et prompte des lois qui régissent le bien-être , la moralité , la santé de cette masse énorme , criminelle ou non , mais composée de nos semblables.
Mais cette révision ne doit pas se borner aux actes relatifs aux prisons; si Ton ne songe en même temps à remanier tout le système pénal qui repose encore, comme on sait, sur l'application fréquente du supplice capital et de la déportation , il est à craindre que cette nouvelle tentative de réforme n'écboue comme les précédentes. Pour assurer l'efficacité du système pénitentiaire proprement dit , il est indispensable que la durée de la captivité ne soit pas trop courte; le conseil d'État de Genève
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[«'il De petit agir avec fruit que sur les ndamnés au moins à un an d'emprisontf. Lucas voudrait même qu'il ne fût aux condamnés à deux ans et plus. Or, e de la durée des détentions en Angleguère que de quelques semaines. Sur vidus condamnés à l'emprisonnement ors d'assises dans le cours de Tannée 71 le furent à 6 mois et au-dessous, \ mois à 1 an , 290 de 1 a 2 ans , et Uà plus de 2 ans : il faut remarquer e chiffre ne sont pas compris les conl'emprisonnement , par les tribunaux pour des périodes de moindre durée , lombre est quatre fois plus considérable des condamnés aux assises. Il est vrai voie au pénitencier de Milbank un cerre de condamnés à la déportation , eu rs antécédents favorables et aux chances ion qu'ils semblent offrir ; mais cette famstitue qu'une exception , et l'on peut crainte d'être démenti, que tant que e n'aura pas modifié son système de mdaires de manière à substituer, au i le plus grand nombre de cas , l'emprià la déportation, ses efforts pour l'étadu système pénitentiaire demeureront vent sans résultats.
de l'anarchie à laquelle est demeuré 'ici le régime de l'emprisonnement dans
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ce pays, il s'est néanmoins révélé un fait important , c'est que Ton a simultanément fait l'essai de toutes les théories , et que l'on s'est ainsi mis à même d'apprécier jusqu'à un certain point et de comparer leurs effets. Le système de travail en commun , mais en silence , combiné avec l'isolement pendant la nuit, a été mis en pratique dans les maisons de correction de Wakefield, dans le comté à' York y et dans les pénitenciers de TYsstminster et du comté de Middlesex; dans la maison de Springfield, comté à'Essex, on a essayé l'emprisonnement solitaire sans travail ; dans le pénitencier de Milbank, on a introduit la règle de l'isolement de jour et de nuit avec travail , mais avec des modifications et des adoucissements qui permettent certains rapports entre les détenus. La même règle est observée dans le Bridewell de Glasgow, et elle y est maintenue avec une rigueur qui n'est limitée dans quelques cas que par l'imperfection des locaux.
Pendant mon séjour en Angleterre, en 1835, j'ai visité la plupart de ces établissements , et je retrouve, a ce sujet, dans mes notes, quelques renseignements que l'on ne lira peut-être pas sans intérêt.
A. — Maisons de correction (Bridewell) de Westminster, Tothill Fields .
Cette prison se compose de trois principaux corps de bâtiments érigés d'après le plan rayon*
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nant , dont le premier est destiné aux prévenus (hommes) , le second aux convtets (hommes) , et le troisième aux femmes prévenues et condamnées.
Le mur extérieur a 28 pieds de hauteur.
Chaque bâtiment a trois étages. 288 cellules sont destinées à ne recevoir qu'un prisonnier; 60 cellules sont préparées pour en recevoir & ou un plus grand nombre à la fois. On n'enferme jamais deux prisonniers ensemble ; on réserve ordinairement les cellules solitaires pour les plus dangereux.
La maison peut contenir 1,000 et jusqu'à 1,200 prisonniers , mais en en réunissant plusieurs dans chaque cellule , et en n'observant aucune classification. 8 à 900 détenus peuvent y être convenablement classés. La prison n'en contenait guère que 800 à l'époque de ma visite (20 mai 1825). Dans ce nombre, il y avait 20 prévenus (hommes), 180 condamnés , id. , et 102 femmes.
On ne reçoit dans ce Bridewell que les individus condamnés à un emprisonnement de & jours à 6 mois ; au-delà de ce terme on les conduit & Coldbath Fislds.
Les cellules ont 6 pieds de largeur sur 8 de longueur et 10 de hauteur ; la cloison de séparation entre deux cellules a 18 pouces d'épaisseur ; elle est d'un tiers plus forte du côté du corridor.
Il y a des ventilateurs qui correspondent aux fenêtres qui ont des volets en bois et pas de carreaux ; ces ventilateurs sont placés au-dessus des portes. «. 9.
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Les condamnés seuls reçoivent des véteux ils ont une chemise propre chaque semaine n'ont pas de draps de lit de toile , m au des M-rtures légères en laine avec une courte-jv plus forte, aussi en laine. Ils portent tous des liera fournis à la maison par un entreprend I >i \ \ de S shelling8 la paire.
Leur nourriture est réglée comme suit : jeûner (8 jh.) une pinte de gruau et 10 < ilVic client pain blanc; à dîner (2 h.), trois & semaine, 6 onces de viande, trois fois une pin soupe, et une fois une pinte de gruau, av< onces de pain blanc. Ces mets que j'ai goûtés excellents. Le travail finit en hiver à 4 heurei été à 6 ; les détenus se couchent immédiate après la cessation du travail.
Le personnel de l'administration se con d'un gouverneur, d'un chapelain , d'un chiru (surgeon), d'une dame préposée au quartic femmes (matron) , de 16 gardiens mâles, « 6 femmes. Un comité de 6 ou 7 magistral a < cité et franchise de Westminster , nommés 3 mois , s'assemble chaque samedi pour ente Je rapport hebdomadaire du gouverneur.
Voici le taux du traitement des employés :
Le gouverneur L st. 450 pat
Le chapelain 230
Le chirurgien K>G
chef des gardiens. . . . 150
Les gardiens mâles
Les gardiens femmes. . • -
El AH<2LBTE111. 103
Ils ont en outre le blanchissage , le feu et la lumière, mais tons doivent se nourrir à leurs frais.
Les hommes condamnés pour félonie sont employés au tread-mill (moulin à marches) ; 42 étaient dans ce cas ; le reste était occupé à éplucher de vieux cables pour en faire de l'étoupe. Il y a dans la prison deux tread-mills qui coûtent chacun 1,000 1. st. Ils ne servent qu'à condenser l'air dans des pompes foulantes.
On donne aux hommes par jour jusqu'à 4 livres d'étoupe à éplucher, aux femmes ordinairement 2 7 livres. Ces dernières ne sont pas mises au tread-mill. Elles lavent , cousent ou font de l'étoupe.
Les détenus riont pas de pécule. On leur donne cependant quelquefois à leur sortie , quand ils se sont bien conduits, un ou deux shellings.
Il n'y a dans la prison ni pistole ni cantine ; on enlève aux prisonniers leur argent pour le leur rendre à la sortie ; on n'a aucun égard pour le rang ou la position sociale du condamné. La seule boisson dans la prison est l'eau.
Une circonstance remarquable , c'est que les prévenus , ne travaillant pas , ne reçoivent pour toute nourriture que la portion du déjeûner qui serait insuffisante si leurs parents ou leurs amis ne leur envoyaient chaque jour, vers 2 heures, de la nourriture pour leur diner.
Le prix de la nourriture d'un condamné s'élève à 22 pences (environ 2 fr. i& c.) par semaine ; ses
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vêtements complets coûtent 21. st. 1 sh. 3 pence (60 fr. 60 c.) ; mais ils durent environ 6 mois , et peuvent servir à plus d'an prisonnier. Les vêtements des femmes coûtent 1 1. st. 17 sh. 6 pence (48 fr.).
Au-dessus de l'habitation du gouverneur est la chapelle ; derrière sont les quartiers des condamnés et les deux tread-raills. Chaque tread-mill a trois subdivisions ; on emploie à la fois sur chacune 8 détenus pendant qu'au bas S détenus attendent leur tour. Le tread-mill fait deux tours en une minute; les détenus y restent 15 minâtes, puis se reposent pendant 9 minutes.
Il y a des lieux d'aisance dans les divers quartiers ; un tourniquet en fer , mû par le prisonnier à sa sortie , fait couler l'eau qui nettoie le bassin.
Les chaudières de la cuisine ont un couvercle dont une partie ( J environ) est immobile ; dans cette partie est placé un tuyau communiquant avec la cheminée , par lequel s'échappe la vapeur. Des balances à ressort servent à peser les comestibles et la quantité d'étoupe épluchée chaque jour.
Il n'y a pas dans le Bridewell de comité de dames venant donner régulièrement l'instruction. Les prisonniers les plus jeunes vont à l'école ; 3 ou 2 prisonniers choisis parmi les plus instruits et les plos dociles leur donnent des leçons sous la surveillance du chapelain.
Toute la population condamnée est astreinte à la règle du silence absolu , qu'ils sont loin cepen-
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Jseryer rigoureusement. Quelques prisont désignés pour surveiller les autre»; ifs >le ration. L'infraction à la loi du silence
s par le confinement qui peut s'étendre 8 heures, dans une cellule bolée, au pain i. Les prisonniers récalcitrants reçoivent jis 2 ou 3 douzaines de coups ; mais il faut
l'autorisation du comité. Les enfants sont ondamnës par le tribunal a être fouettés, ïichyes sont nombreuses, surtout parmi tuées; beaucoup de femmes reviennent ou 7 fois au Bridewelt. On peut compter ifun tiers des homme» sont récidifs.
on na pas de garde militaire ; bâtie réet occupée seulement depuis le mois de i elle est très forte et offre toute garantie
évasions; mais il est à regretter que ïtenu n'ait pas sa cellule. Il y « du lure instruction et dîna les matériaux emissi les bâtiments ont-ils coûté la somme ; 200,0001. il
fo* âe cômef/w du comte iê Middhaex (ColdbathFieldsJ.
ïson est destinée aux condamnés à l'enieut pour S jours au moins jusqu'à 3 ansion moyenne est environ deOOGdéleorarnes et 330 femmes, compose de trois corps de bâtiments :
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l'ancienne prison qui présente la forme d'un carré, comme la prison de Vilvorde, a 8 cours intérieures; les prisons nouvelles , l'une pour les hommes , l'autre pour les femmes , sont construites depuis S et 4 ans , d'après le plan proposé par la société des prisons , qui est le même à peu près que celui du pénitencier de Genève.
Les détenus sont classés en trois grandes divisions , les condamnés \>oxit félonie* (offenses d'une certaine gravité) , pour mUiemeanori (offenses légères) , et les vagrant* (vagabonds et mendiants). Les enfants sont classés dans une division à part ; cependant j'en ai remarqué quelques uns qui travaillaient avec les hommes. Les femmes sont également classées par catégories , et les femmes publiques entièrement séparées des autres détenus*
Il y a 420 cellules, dans chacune desquelles loge un détenu. Ces cellules sont particulièrement destinées aux prisonniers les moins dépravés. Les autres logent dans des chambres communes disposées de manière a pouvoir être constamment surveillées par les gardiens qui occupent les chambres voisines. Les lits sont disposés en forme de tiroirs comme dans les vaisseaux. On pourrait dans nos prisons, où il est impossible de construire des cellules, adopter un mode de couchage analogue, en disposait chaque lit dans une sorte d'alcove que Ton fermerait à l'aide de portes à treillis de fer de manière à mettre les prisonniers dans l'impossibilité de communiquer entre eux. La pré-
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teDced'un gardien qui logerait dan» chaque dortoir contribuerait à faire observer le silence.
La sûreté de la prison est préservée à l'aide d'un mur d'enceinte et d'un chemin de ronde. La propreté la plus scrupuleuse règne dans toutes les parties de l'établissement; des ventilateurs sont disposés de manière à renouveler l'air sans interruption. L'habillement des détenus est propre et décent ; leur nourriture est saine et abondante.
Les détenus, hommes et femmes, condamnés aux travaux de force (hard labour) , sont employés au trtaà-mill; on occupe les autres à éplucher de vieux cordages pour en faire de l'étoupe qui sert à calfeutrer et à radouber les vaisseaux ; plusieurs femmes sont également employées aux travaux du ménage. Les travaux cessent avec le jour; les détenus ne reçoivent aucun salaire , mais lorsqu'ils sortent et qu'ils se sont bien conduits , on leur donne une modique somme d'argent. Il n'y a pas de cantine; les détenus ne boivent que de 1 eau.
Le tread-mill ne peut être envisagé que comme un moyen de discipline. C'est un agent tout à fait improductif ; il n'est appliqué à aucune espèce do fabrication ou de manipulation. Il ne sert , à proprement parler, qu'à faire du vent {lo grindwind). Les détenus y sont employés à tour de rôle , c'està dire que pendant que les uns travaillent, les autres se reposent ; chaque roue a plusieurs numéros ; après avoir fait un certain nombre de pas , chaque détenu avance d'un numéro , et le détenu qui se
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trouve à l'extrémité de la roue en descend tandis qu'an autre détenu monte à l'extrémité opposée : ainsi , par exemple , sur 1 1 condamnés employés à une roue , 6 ou 7 la font mouvoir tandis que 4 ou 5 se reposent. La journée moyenne pour le travail est de 8 ~ heures , en y compreuant les intervalles de repos.
On a récemment établi dans cette prison la règle du silence absolu. La surveillance exercée sur les détenus est triple ; celle des surveillants détenus , celle des gardiens qui s'exerce en même temps sur les détenus surveillants , et celle du gouverneur qui s'étend également sur les détenus et sur les gardiens. Des jours ménagés dans les murailles et les guichets des portes permettent à celui-ci de tout voir sans être lui-même aperçu. Le gouverneur reprochait au système rayonnant qui a été adopté pour la construction des deux nouveaux quartiers, d'exposer le gouverneur et les gardiens à être observés à leur tour par les détenus.
Le gouverneur estimait que le nombre des récidifs connue s'élevait à plus du tiers du nombre total des condamnés.
Le moyen principal de punition est l'emprisonnement solitaire au pain et à l'eau ; ce châtiment peut être immédiatement infligé pour & jours au plus, par le gouverneur; le comité visiteur, composé de magistrats du comté , peut l'infliger pour le terme d'un mois. Les tribunaux peuvent l'infliger pour un temps plus long encore ; cependant ils font rarement usage de ce droit.
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Séparées pendant le jour, lef diverses catégories de condamnés le sont également à la chapelle où elles occupent des compartiments différents d'où elles ne peuvent se voir.
Pendant leurs récréations les détenus ne peuvent ni se promener ni causer ensemble. On leur fait faire des promenades à la 61e les uns des autres , dans leurs préaux respectifs.
Les jeunes gens et les enfants seuls reçoivent les premiers éléments de l'instruction. Des membres de la société des dames pour la visite des prisons, se rendent également à la prison de Westminster pour y enseigner aux femmes leurs devoirs religieux.
La prison des femmes est, comme je l'ai déjà dit, construite à peu près d'après le même plan que le pénitencier de Genève.
Son organisation intérieure est à peu de chose près semblable à celle de la prison des hommes. Les femmes surveillantes reçoivent leurs ordres et leurs instructions d'une directrice qui est ellemême soumise à l'autorité du gouverneur.
La moyenne du coût de lajournée est de 8 deniers environ (80 centimes) , pour chaque détenu.
En résumé la maison de correction de Goldbath FiekLsm'a paru passable et convenablement dirigée à beaucoup d'égards. Sous d'autres rapports elle m'a semblé laisser beaucoup à désirer. Ainsi , il importerait que le nombre des cellules fût égal à criai des détenus , afin de pouvoir isoler ceux-ci an moins pendant la nuit. Le travail du tread-mill
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devrait être productif, et ne devrait servir que comme moyen de discipline pour les récalcitrants, et comme moyen ordinaire de travail pour les détenus dont la durée de la captivité est trop limitée pour qu'on pût les utiliser à un autre genre de travail. On devrait aussi substituer au tread-miH ordinaire , le tread-nrill à compartiments qui faciliterait l'isolement des travailleurs. La séparation des enfants et des adultes devrait être plus complète qu'elle ne Test aujourd'hui. Il serait bon aussi d'allouer une légère gratification à -chaque prisonnier, pour le mettre au moins à même de pourvoir à ses premiers besoins à sa sortie de prison.
Mais ce ne seraient encore là que des palliatifs qui laisseraient subsister la plupart des inconvénients inséparables du système de réunion silencieuse. Ge système, en effet, n'atteint qu'imparfaitement le but qu'on se propose ; l'interdiction de tout rapport entre les détenus et l'isolement des moralités. Le gouverneur lui-même, M. Chesterton, a dû m'a vouer qu'il y avait certains obstacles pour ainsi dire insurmontables contre lesquels allaient se briser son zèle et ses efforts. Aussi est-il d'avis que le système d'emprisonnement solitaire ou de séparation serait d'une application infiniment plus facile et plus efficace.