DU SYSTÈME PÉNITENTIAIRE
elle établit entre eax un lien et crée une sorte l'association , dont les conséquences désastreuses n'étendent aux colonies qui jouissent ainsi du funeste privilège de servir d'exutoire à la mère patrie. — Pendant mon séjour en Angleterre, j'ai eu l'occasion de visiter ces prisons flottantes qui ressemblent beaucoup aux bagnes de France, avec cette différence cependant que le séjour aux Hidk* n'est que temporaire, tandis que le séjour dans les bagnes constitue une peine par lui-même, la peine des travaux forcée. Muni d'une lettre de M. l'inspecteur Capper, je me suis rendu à l'arsenal de Voolwich où stationnent les pontons de la Tamise. Celui où j'ai été admis était un vaisseau rasé de -M canons, qui avait servi de bâtiment de transport. Il contenait environ 500 convwt*. 13 surveillants, y compris l'inspecteur et son adjoint, étaient préposés à leur garde. Les convicts occupent les trois ponts du vaisseau divisés en compartiments qui renferment chacun une quarantaine de hamacs; ces hamacs sont enlevés pendant le jour, et les dortoirs sont transformés en chauffoirs et en réfectoires. Les détenus sont employés à terre à divers travaux ; le plus grand nombre va travailler à l'arsenal, où l'on voit de nombreuses rangées de canons de tous les calibres qui couvrent un espace de plusieurs acres, et dont le nombre est d'environ 14,000. C'est de cet arsenal que l'on expédie les canons que l'Angleterre vend aux autres puissances; elle en a vendu naguère au roi de Hollande ;
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et le jour même de ma visite, on avait essayé ceux qui devaient être expédiés an pacha d'Egypte. La plupart de ces instruments de destruction sont fondus en Ecosse. C'est surtout en voyant l'immensité de ces approvisionnements que l'on peut apprécier la puissance de la Grande-Bretagne et l'influence qu'elle a dû exercer et qu'elle exerce encore sur la politique européenne.
Les convicts portent une chaîne à la jambe, du poids de 5 livres environ , attachée par deux anneaux ; les plus dangereux portent une chaîne à chaque jambe, tandis que les plus paisibles , ceux que l'on veut ménager, n'ont qu'un simple anneau. Le costume uniforme est gris comme dans les prisons de Belgique. La nourriture consiste en une soupe à la viande quatre fois par semaine et au gruau les trois autres jours , indépendamment d'une ration journalière de pain et de fromage. On n'accorde rien aux détenus outre la pitance prescrite par les règlements : il n'y a pas de cantines, et l'on est généralement d'accord, en Angleterre, que ces établissements nuisibles doivent être proscrits des maisons pénitentiaires. Dans les prisons de Tothill Fields et de Coldbath Fields , depuis l'introduction du nouveau système, on a également supprimé les cantines ; on a fait plus , on a supprimé tout salaire. Il y a loin de là au régime modéré de nos prisons de la Belgique.
La discipline à bord des Hulks est fort sévère ; on peut même infliger le fouet aux convicts qui se
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comportent mal, mais l'usage de ce mode de châtiment devient plus rare de jour en jour et tend à tomber en désuétude. Le plus grand vice dans cet établissement, c'est la confusion qui existe entre des hommes d'une moralité très différente. J'ai remarqué plusieurs enfants jetés au milieu do ce réceptacle de vices et de crimes; il est vrai qu'il y a un ponton à Chatham, spécialement destiné aux jeunes condamnés, mais comme le nombre de ces derniers est ordinairement très considérable, on est oblige de répartir l'excédent sur les autres ponton». Il y avait naguère une école à bord de chaque ponton ; mais la courte durée du séjour des convicts, dans les prisons flottantes, a déterminé le gouvernement à les supprimer, excepté sur le navire où sont réunis les enfants : l'instruction se borne donc aux enseignements religieux de l'aumônier. On a disposé à cet effet une chapelle sur chaque ponton.
Les hommes seuls sont envoyés aux Hulks; les femmes, beaucoup moins nombreuses, demeurent en prison , jusqu'au moment de leur embarquement. Il y a un second ponton à "Woolwich, il y en a deux à Chatham, et deux à Portsmouth. Ceux qui stationnent dans ce dernier port, sont des vaisseaux rasés de 74. La visite des Hulks m'a rappelé la longue et douloureuse captivité des prison niers de guerre français : il y a là un souvenir à effacer; et la suppression des pontons pourrait être considérée comme l'expiation d'une faute, pour ne pas dire d'un crime contre l'humanité et la civilisation.
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nd animent des vices et, des abus dans le >énal et dans l'infLictïon clos châtiments ;erre, il en est d'autres encore qui lui sont \ avec des pays voisins ; t H> sont ceux qui
dn mélange des aliénés et des prison- : abus a un caractère de cruauté vraiment
: malgré toutes 1rs lois rendues sur cet s malheureux privés de raison ont passé
à Newgate et dans le château d'York ; ster, Morpeth et à Applebj ; 8 ans à War-
ans à Buckingham ; 13 ans â Hereford ;
Anglesea; 16 ans à Exeler- et jusqu'à i Pembroke '. A tous ces abus se joint rejeter, dans la société, un homme sans 'existence, couvert de honte, et qui, réell'a rien à faire de mieux, pour vivre, que mencer ses déprédations. Les Etats -Unis « me trouve toujours du travail, sont moins t ce péril ; mais l'Angleterre , qui a plus it de travailleurs qu'il ne lui en faut, est ée d'anciens délinquants, placés dans Fat*
de mourir de faim ou de récidiver* La a française a imaginé un détestable rei augmente le mal ; la surveillance ; elle la punition d'une manière inique, en dis* i la vie et des mouvements de l'homme à payé sa dette de douleur, en lui défencès de certains lieux et en l'obligeant do
oflmpcctort, Home Districtt p. 98*
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séjourner dans telle ou telle localité, où il est, le plus souvent, signalé au mépris et à 'la haine de la population. Un nouveau système pourrait être proposé , si les colonies anglaises cessaient d'être pénales ; on donnerait à ceux qui sortent de prison, 'option entre rémigration et le séjour dans la patrie ; et, dans tous les cas, le gouvernement leur offrirait les moyens de gagner l'argent nécessaire pour leur traversée et leur premier établissement; ce qu'il faudrait le plus éviter, ce serait d'offrir une prime au vice, comme on Ta fait jusqu'ici dans toutes les lois relatives aux colonies pénales.
J'ai dit plus haut que la population des jeunes criminels avait, par le nombre des délits et des coupables, quelque chose d'effrayant. Voici le tableau des deux années 18&4 et 1835.
De 13 ans Deiai
et au dessous. 16 ans.
Garçons. Filles. Garç. Filles. ToUL
k Londres et dans 1 1834 96 16 402 85 599
leMiddlesex. { 1835 55 20 336 71 482
DansleLancashire.|18;i5 ^ 5 260 42 363
Dans le Warwick-(1834 8 0 55 6 69
shire. (1835 11 l 93 14 119
Angleterre et Pays] 1834.... 337 63 1,899 305 2,604 de Galles. {1835.... 295 51 1,707 303 2,356
Encore n'est-ce là qu'un tableau fort inexact et qui ne contient pas les emprisonnements sommaires, pour de légers délits. On peut estimer à 10,000