‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 84 sur 143 · MAISOSS DE REFCGE AUX ETATS-CMIS · texte numérisé non relu

MAISOSS DE REFCGE AUX ETATS-CMIS

La première maison de refuge aux États - Unis a été créée dans la ville de New- York en 1828:

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Boston en 1836, et Philadelphie en 1838, ont tu s 'élever dans leort mon des établissement» setn* blabies ; et Baltimore et Washington ne doivent pas tarder à imiter leur exemple.

Les maisons de refuge américaines sont des sortes de pénitenciers qui se composent de deux éléments distincte : on y reçoit les jeunes gens des deux sexes, âgés de moins de vingt ans, frappés d'une condamnation pour crime ou délit, et ceux qui, sans avoir encouru aucune condamnation ni juge* ment , y sont envoyés par mesure de précaution. On range dans cette dernière catégorie les jeunes garçons et les jeunes filles qui, sans avoir commis aucun crime, se trouvent dans une position alarmante pour la société et pour eux-mêmes; les orphelins que leur misère a conduits au vagabondage ou à la mendicité; les enfants que leurs parents ont abandonnés, et qui mènent une vie désordonnée; tous ceux, en un mot, qui, soit par leur faute ou celle de leurs parents, soit par la faute de la fortune seule, sont tombés dans un état si voisin du crime, qu'ils deviendraient infailliblement coupables s'ils conservaient leur liberté K.

Les magistrats qui envoient les enfants au refuge, ne déterminent jamais la durée du temps que le jeune délinquant devra y passer ; ils se bornent à le placer dans la maison , qui dès ce moment

1 V. l'ouvrage de MM. de Beaumont et de Tocqucville, t. II, 3e partie : Des maisons de refuge ,• et dan» l'appendice, l'article du traducteur allemand, M. Julius, sur le même sujet.

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acquiert sur lui tons les droits d'an tuteur. Ce droit de tutelle expire lorsque l'enfant atteint sa 20e année; mais avant même qu'il soit parvenu à cet âge, les directeurs de rétablissement peuvent l'en faire sortir, si son intérêt l'exige. Cependant, alors même qu'un enfant sort de la maison de refuge en conséquence de sa bonne conduite , il ne cesse pas d'être sous le patronage des directeurs jusqu'à ce qu'il ait atteint sa 20* année ; et s'il ne réalise point les espérances qu'il avait fait concevoir, ceux-ci sont en droit de le rappeler à la maison de refuge, et peuvent, pour le contraindre à y revenir, employer les moyens les plus rigoureux.

La loi a prévu les abus qui pourraient résulter du pouvoir discrétionnaire accordé aux directeurs de la maison de refuge, et a taché d'y porter remède : l'enfant a , d'après la loi , le droit de se pourvoir devant le juge ordinaire contre la décision du fonctionnaire qui l'envoie au refuge. Les parents ont le même pouvoir : et il n'est pas sans exemple que ce droit ait été exercé.

La création des maisons de refuge aux États-Unis est due au concours de sociétés de charité individuelle, et sont ainsi, dans leur origine , une institution privée. Cependant elles ont reçu la sanction de l'autorité publique : tous les détenus qu'elles renferment y sont retenus légalement : mais en approuvant les maisons de refuge et en aidant à la dépense de leur entretien, l'État ne s'immisce au-

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cunement dans leur direction et dans lenr surveillance, dont il laisse le soin aux particuliers qui en sont les fondateurs.

Les principes fondamentaux sur lesquels les maisons de refuge reposent , sont simples : à New- York et à Philadelphie , les enfants sont sépares, pendant la nuit, dans des cellules solitaires ; pendant le jour ils peuvent communiquer ensemble. A Boston ils ne sont séparés ni le jour ni la nuit ; une discipline vigilante remédie aux abus qui pourraient résulter de cette réunion.

Le temps des enfants est partagé entre l'instruction qu'ils reçoivent et les travaux matériels auxquels ils se livrent. On leur enseigne les connaissances élémentaires qui pourront leur être utiles dans le cours de la vie , et on leur apprend un métier dont l'exercice leur fournira des moyens d'existence. On s'efforce surtout de former leurs cœurs, et de leur inculquer des principes de morale religieuse.

Lorsque le jeune délinquant arrive au refuge, le surintendant lui fait connaître la règle de rétablissement, et lui donne d'abord pour guides de sa conduite ces deux conseils remarquables par leur simplicité : 1° ne mentez jamais; 2° faites le mieux que vous pourrez. Le surintendant inscrit ensuite le nom du nouveau venu sur le grand registre de comptabilité morale. Ce registre est destiné à recevoir tous les renseignements relatifs aux enfants. 11 constate, autant que possible, leur vie anté-

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Heure, leur conduite pendant leur séjour dans la maison et après leur sortie de rétablissement. L'enfant est ensuite placé dans la classe que son âge ou sa moralité connue rendent convenable. Dans chacune des maisons de refuge , les sujets sont partagés en bonnes ou mauvaises classes. La conduite, selon qu'elle est bonne ou mauvaise, fait passer les jeunes détenus de l'une dans l'autre. Les bonnes classes jouissent de privilèges qui sont refusés aux mauvaises ; et celles-ci sont soumises à des privations que les premières ne subissent point.

Chaque jour, 8 heures au moins sont consacrées au travail dans les ateliers, où les enfants sont occupés à des métiers utiles, tels que la menuiserie , la profession de cordonnier, celle de tailleur et de charpentier, etc. 4 heures sont données à l'école. Le lever est suivi et le coucher précédé d'une prière. 3 repas prennent chacun une demiheure. En somme la journée est d'environ 16 heures : il y a 9 heures de nuit ou de repos. Tel est , à peu de différence près , l'ordre établi dans les deux maisons de refuge de New* York et de Philadelphie. Cet ordre est le même chaque jour, et ne varie que selon le changement des saisons , qui influe sur l'heure du lever et du coucher. Il n'est point en tout semblable à Boston, où la partie morale de l'éducation occupe une bien plus grande place. Dans cette dernière maison de refuge, il n'y a que 5 \ heures consacrées au travail des ateliers ; ii. 27

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outre A heures passées dans l'école, pins d'une heure est donnée à l'instruction religieuse, et tous les enfants ont, chaque jour, deux heures un quart de récréation.

Dans l'école on apprend aux enfants à lire, à écrire et à compter ; on leur donne aussi quelques connaissances en histoire et en géographie. La méthode usitée dans chacune d'elles est celle de l'enseignement mutuel de Lancaster. On ne refuse aux enfants aucun des livres utiles qu'ils désirent pour s'instruire. I) existe à Philadelphie , dans la bibliothèque de l'établissement, plus de 1,500 volumes qui sont tous à l'usage des enfants.

Les heures de travail sont invariablement établies pour tous, et nul n'a droit d'en être dispensé. Cependant une tâche est fixée , après l'accomplissement de laquelle le jeune détenu plus actif que les antres peut entrer en récréation.

La surveillance dont les enfants sont l'objet à l'école et dans l'atelier ne cesse pas pendant les heures de loisir. Ils jouent entr'eux librement; mais les jeux de hasard leur sont rigoureusement interdits.

Tout dans leur régime est favorable à la santé. Chaque jour on eiige qu'ils se lavent les pieds et les mains. Ils sont toujours vêtus proprement , et leur nourriture , quoique grossière , est abondante et saine. Nul ne peut manger autre chose que ce qui est prescrit par le régime ordinaire de l'établissement, et l'on n'y boit que de l'eau. Il

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n'y existe aucune cantine où les enfants poissent s'adresser pour obtenir des suppléments de nourritare ou do boisson; et on veille avec soin à ee qu'ils ne puissent s'en procurer par des communications avec des personnes du dehors.

La nourriture, le vêtement et le coucher des jeunes détenus sont fournis par l'administration. be$ travaux seuls des enfants sont soumis à rentreprise ; et encore les restrictions qui sur ce point abondent dans le contrat , sont telles , que l'entrepreneur ne peut avoir dans l'établissement aucune espèce d'influence.

Les maisons de refuge contiennent tout à la fois des garçons et des filles , qui , quoique réunis sous le même toit, sont parfaitement séparés. Mais cette proximité permet de confier aux filles beaucoup de travaux, qui, faits par d'autres, seraient à la charge de la maison. C'est ainsi qu'elles lavent le nage, raccommodent les effets , et confectionnent la plupart des vêtements qui sont portés par les garçons et par elles-mêmes : elles font aussi la cuisine de toute la maison.

Bans les établissements de New-York et de Philadelphie, les châtiments infligés aux enfans qui contreviennent à la discipline sont :

1° La privation de récréation ;

2° La réclusion solitaire dans une cellule ;

2° La réduction de nourriture au pain et à l'eau ;

4A Et dans les cas graves, les châtiments corporels, c'est-à-dire les coups de fouet.

316 maisons di strtroi et rfcuTiïicius

A New- York, le règlement autorise expressément l'application des coups. Celui de Philadelphie, n'osant pas le permettre expressément , se borne à ne pas le défendre : la distribution des peines appartient au surintendant, qui, dans rétablissement, jouit d'un pouvoir discrétionnaire.

Pendant que les jeunes détenus indociles sont soumis à ces divers châtiments, selon la gravité de leur faute, des distinctions honorifiques sont accordées aux enfants dont la conduite a été bonne. Outre l'honneur d'appartenir aux premières classes, ceux qui se distinguent parmi les autres portent une marque d'honneur, qui les fait reconnaître entre tous ; enfin , le surintendant désigne parmi les meilleurs sujets un certain nombre de moniteurs, auxquels il confie une partie de la surveillance dont il est chargé lui-même : et ce témoiguage de confiance est pour ceux qu'il a choisis une distinction à laquelle les élus attachent un grand prix.

A Boston , les châtiments corporels sont exclus de la maison de refuge ; la discipline de cet établissement est toute morale ; elle appartient à un ordre d'idées plus élevées que celles de New-York et de Philadelphie ; mais elle est d'une pratique plus difficile.

Gomme le détenu dans la maison de refuge n'y a été envoyé que dans son intérêt, on l'en fait sortir dès que son intérêt l'exige.

Lors donc qu'il a appris une profession, lorsque

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pendant une ou plusieurs années il a acquis des habitudes morales et laborieuses , on pense qu'il peut être devenu un membre utile de la société ; toutefois on ne le met pas en liberté purement et simplement; car, que deviendrait-il dans le monde, seul, sans appui, inconnu de tous? Il se trouve» rait exactement dans la situation où il était avant d'entrer dans la maison de refuge. On évite cet écueil funeste : le surintendant attend , pour le faire sortir de l'établissement, une occasion de le mettre en apprentissage chez quelque artisan , ou de le placer en qualité de domestique dans quelque famille honnête ; il évite de l'envoyer dans une ville où il retrouverait de mauvaises habitudes et des compagnons de ses premiers désordres , et , toutes les fois qu'il en a l'occasion , il préfère lui donner de l'emploi chez des cultivateurs.

Dans le moment où il quitte l'établissement , on lui remet un écrit dont le style est touchant, et qui renferme des avis pour sa conduite à venir j. on y joint le don d'une Bible.

En général on a reconnu l'inconvénient de rendre les jeunes détenus à la liberté, avant qu'une* année au moins de séjour dans la maison. leur ait donné des habitudes d ordre.

En quittant le refuge, libéré ne cesse pas pour cela d'appartenir à l'établissement qui, en le mettant en apprentissage , conserve sur lui tous les droits d'un tuteur sur son pupille ; et s'il quitte lo h. *U

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maître chez lequel on l'a placé, il est, d'après la loi, ramené au refuge, où il reste soumis au régime de la maison, jusqu'à ce qu'une nouvelle épreuve le fasse encore une fois juger digne de la liberté. Du reste, il peut être ainsi successivement ramené dans rétablissement et remis en liberté aussi souvent que les directeurs le jugent convenable; et leur pouvoir à cet égard ne cesse que le jour où le détenu a atteint sa 18° année , si c'est une fille , et sa 20«, si c'est un garçon.

Pendant son apprentissage, l'enfant est toujours l'objet de l'attention de la maison de refuge. Le surintendant correspond avec lui, et s'efforce par ses conseils de le maintenir dans une bonne voie; l'enfant écrit de son côté au surintendant , et plus d'une fois celui-ci a reçu des jeunes délinquants des lettres pleines de l'expression touckante de leur reconnaissance.

On pense généralement aux États-Unis qu'il faut éviter de recevoir au refuge des jeunes garçons âgés de plus de 1 8 ans et des filles qui en aient plus de 14 ; après cet âge leur réforme est difficilement obtenue par le régime de oes établissements , qui leur conviennent moins que la discipline sévère des prisons.

A Philadelphie, on estime que plus de la moitié des enfants sortis du refuge se sont bien conduits. De 1825 à 1829, sur Klâ enfants qui, après avoir été renfermés dans la maison de refuge de New- York, sont rentrés dans la société , plus de 200

fOCl US JIUXM DiTBIVf . 319

ont été sauvés d'une ruine infaillible et ont abandonné une vie de désordres et de crimes pour une existence honnête et régulière '.

Depuis la publication de l'ouvrage de MM. De Beaumont et De Tocqueville , la maison de New- York a été considérablement agrandie ; on y a construit, en 1835, un bâtiment entièrement distinct pour les enfants de couleur. — Le rapport des administrateurs de cet établissement , publié en janvier 1826, porte sa population à 2-42 enfants : 179 garçons et 64 filles. Sur ce nombre il y avait 47 enfants de couleur, dont 15 filles.

Le nombre d'enfants mis en apprentissage a été de 191 en 1835 : sur ce nombre, 51 ont été placés ckex des fermiers , 36 engagés dans la marine , 10 placés chez des cordonniers et 54 comme domestiques dans des maisons particulières.

Les occupations des jeunes reclus , pendant leur séjour dans l'établissement , n'ont pas varié \ ee sont toujours la fabrique de chaises, de clous, de fouets , la tisseranderie , la cordonnerie , la vannerie, etc.

Les enfants font généralement de grands progrès à l'école. Au 1" janvier 1836, 79 appartenant à la classe supérieure , écrivaient sur le papier, et tous les autres écrivaient sur l'ardoise. — Indépendamment de» leçons quotidiennes ; il y a une école dominicale où l'on lit et l'on explique les saintes

1 V. l'oiwage de MM. de Beaumont et de Tocqueville.

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écritures et où Von examine sortes objets enseignés pendant la semaine. Des prix sont distribués par les inspecteurs et les visiteurs aux élèves les plus aptes et les plus recommandantes.

Il y a eu, en 1838, 3 décès sur MO reclus ; c'est 1 sur 66 ou 1| sur 100.

En résumé , la maison de refuge de New- York continue sa mission bienfaisante. De nombreuses lettres publiées à la suite du rapport de 1836 et écrites par d'anciens pupilles de l'établissement mis en apprentissage , prouvent , par le témoignage des enfants et de ceux qui les emploient, toute l'importance de l'œuvre entreprise et l'étendue des avantages qui en sont la conséquence.

Les deux derniers rapports ( 1836 et 1837) du comité de la maison de refuge de Philadelphie , que nous avons sous les yeux, sont encore, si possible, plus favorables que ceux des années précédentes. 06 enfants ont été reçus en 1836 dans l'établissement et 1-42 l'ont quitté; pendant la même année, la population moyenne a été de 149 reclus. Au 1er janvier 1837, on comptait dans la maison 123 enfants , 75 garçons et 48 filles. L'âge moyen des premiers était de 13 ans et demi et celui des secondes de 14 ans et quart.

La sollicitude du comité pour placer d'une manière avantageuse les jeunes gens confiés à ses soins, ne s'est pas ralentie. Les demandes d'apprentis out augmenté avec la réputation de l'établissement. Les directeurs ont placé , en 1836 ,

roui IBI jeobbs DÉTinos. 32f

54 de leurs pupilles chez des personnes qui leur étaient personnellement connues ou sur le compte desquelles ils avaient obtenu des renseignements favorables. Le comité a également saisi l'occasion de placer , à bord de navires baleiniers , commandés par des marins expérimentés , 2â garçons âgés de plus de 17 ans. 11 consulte d'ailleurs, dans tous les cas, les goûts et les dispositions des pupilles avant de leur choisir un métier ou une occupation.

L'instruction des enfants continue à fixer son attention d'une manière toute particulière. Pour augmenter sous ce rapport l'efficacité de son système , il a confié la direction du quartier des filles à une institutrice estimable et parfaitement élevée ; cette dame , qui réside dans l'établissement, est spécialement chargée de guider les filles dans leurs études et de les surveiller pendant les heures qui ne sont pas consacrées aux leçons.

Les instituteurs , chargés de l'école dominicale , font toujours preuve du môme zèle et de la même aptitude. Le service religieux a lieu deux fois le dimanche ; les ministres des différents cultes président à tour de rôle à ce service sans exiger de rétribution.

Le comité des dames seconde avec un zèle admirable le comité d'administration ; le compte spécial qu'il rend de ses travaux est également satisfaisant.

L'état sanitaire est parfait ; il n'y a eu qu'un seul décès en 1836; il n'y en avait pas eu en 1Ç25»

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Les nouvelles reçues des jeunes gens mis en apprentissage sont généralement très favorables ; leurs maîtres s'accordent presque tous à rendre justice à leur bonne conduite , à leur zèle et à leur aptitude. Il faut parcourir les extraits de la correspondance du comité, annexés aux rapports , pour apprécier les bienfaits d'une institution qui peut, à tous égards, être proposée comme modèle.

On trouve dans le onzième rapport du comité des prisons de Boston des renseignements également intéressants sur l'étal de la maison de refuge de cette ville.

Le bâtiment actuel est insuffisant pour sa destination ; mais le bâtiment nouveau , qui , au commencement de 1836, étaitsurle point d'être achevé, réunit toutes les conditions»d'un bon établissement.

Le nombre des jeunes reclus était, le 28 mai 1 836, de 56 garçons et de 20 filles. Il n'y avait pas et il n'y a jamais eu d'enfants de couleur. Il n'y a eu , pendant le cours de 4 années, de 1883 à 1836, que 2 décès ; c'est moins d'un pour cent annuellement.

On occupe les garçons à faire des clous de cuivre et à éplucher des cordages pour en Caire de l'étoupe ; les filles sont employées à la couture et aux , travaux du ménage. Les garçons fabriquent environ 850,000 clous par jour : cette industrie occupe 30 individus pour chacun desquels l'administration reçoit de l'entrepreneur 10 cents par jour, (un peu plus de 50 centimes) : la tache est de six heures

potm iBt rctnris Biraut. 323

de travail par jour, laissant quatre heures pour l'école. Les autres garçons employés à éplucher de vieux cordages peuvent gagner , à raison de 2 cents par livre, de 10 à le cents par jour. Ce dernier genre d'industrie ne paraît guère propre à fournir aux jeunes reclus un moyen d'existence indépendante à leur sortie de l'établissement.

11 y a deux services religieux le dimanche ; il y a de plus le même jour, à 8 heures du matin , une instruction sur la Bible et le soir un enseignement scolaire. On récite chaque jour en commun les prières du matin et du soir ; le mercredi soir on fait une lecture à laquelle assistent tous les reclus. Le chapelain estime que , dans le cours des doux dernières années , plusieurs jeunes gens ont donné des preuves non équivoques de repentir.

Le rapport de la société de Boston annonce la création prochaine de deux nouvelles maisons de refuge à Baltimore et à Washington.

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