‹ Des Projectiles de Guerre Magnétiques Intraoculaires et de Leur Extraction: Par l'Électro-Aimant GéantChapitre 7 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« On sait combieh les blessures de la tête et de la face sont devenues fréquentes depuis que les combatlänts $é terrent dans les tranchées et les abris!. » Âu mois d'août 1914 lé Professeur Rollet constatait chez 516 blessés de guerre à pour 100 de traumatismes intéressant la face et èn janvier 1919 — 13 pour 100.

« Le globe oculaire semble tout particulièrement exposé ; un éclat, si petit soit-il, qui ne ferait ailleurs qu'une blessure insignifiante, peut, en pénétrant dans l'œil, le désorganiser. » Plus récemment le Professeur de Lapersonne notait 20 pour 100 de blessures oculaires chez les blessés de guerre?. Nous pouvons assurer pour notre part que le nombre des cas de corps étrangers intraoculaires a beaucoup augmenté depuis le début de la bataillé de Verdun.

Ce sont tous les projectiles connus dans la guerre actuelle qui interviennent par leurs éclats; nous ne les

! Lésion des membranes profondes de l'œil par blessures de guerre avec intégrité du globe, par MM. Rollet et Lucien Mangini, octobre

> Archives d'ophlalm., mai 1916:

18 — | étudierons pas tous en détail; nous distinguerons seulement les balles des obus et des grenades.

Les observations de blessures par fragments de . balle sont peu nombreuses, 4 sur 54 — nous remarquerons, au passage, que d’eux d’entre elles sont consignées en 1914 et les deux autres en 1915.

Cette rareté et ces dates s'expliquent. Le mécanisme de la blessure reste relativement une exception. Il faut noter, en outre, un fait d'expérience, pour la fréquence de l'usage du fusil. En 1914, au début, lors de la période d'invasion, c'était la seule arme qui intervint avec le canon. |

Elle fut un peu délaissée dans la guerre de tranchées avec l'apparition de nouveaux engins adoptés au nouveau mode de défense, puis utilisée encore lors des combats d'Alsace (hiver 1914-1915) et des Eparges (été 1915.)

Mais depuis, les blessures par balles deviennent rares. Et chacun sait le caractère implacable dela lutte à Verdun en 1916 où sont seuls connus la grenade et autres engins de combat à courte distance et surtout les obus de tous calibres dont la force est terrible .et les éclats innombrables.

Les éclats d'obus sont les plus nombreux parmi les corps étrangers intraoculaires. Nos observations donnent, en effet:

36 éclats d’obus soit 62 pour 100, pour 14 de bombe et grenade 25 pour 100.

Tous ces agents vulnérants agissent par le même mécanisme. L’obus el l'engin à main éclatent en tombant sur le sol avec une force variable et leurs éclats

Ut — sont projetés, avec une vitesse très grande, dans toutes directions, parmi des débris de toutes sortes.

Quant à la balle, nous savons que :

La balle française, formée d’un seul bloc de cuivre, peut se déformer, basculer et se retourner, mais non se fragmenter.

La balle allemande AAC une Choice métallique recouvrant un corps en plomb que l’on aperçoit à la base ; il suffit de couper cette balle comme un cigare pour la transformer en balle dum-dum, appelée à tort explosive ; le plomb se répand alors dans les tissus, l'enveloppe se déchiquette. En vérité ce pue ne semble pas être employé; mais, dès qu'une balle allemande touche un corps dur et surtout un objet métallique, la chemise vole de toutes parts: ainsi « éclate » la balle !.

La force de projection fait se rompre les membranes oculaires; c'est presque toujours directement que l'éclat déchire la coque sclérale ou cornéenne, exceptionnellement, à travers la paupière (obs. LVII, C. 2); il peut parfois traverser les tissus de l’orbite et léser les nerfs moteurs(obs. n° VI, B 2) ; il pénètre alors par la voie paraoculaire.

Ces éclats sont magnétiques. Les obus, les grenades sont en fonte et en acier. Le petit tableau que nous donnons montre les résultats de l'analyse de chemises de balles diverses, de la collection du D" Rollet, analyse faite par le professeur agrégé Barral.

1 In thèse Lucien Mangini, cit. ch, IT, loc, cit.

Bälle allémände actuelle S :

PAR 7 RME ET TRES 92,8 La chemise contient : Citre Fe

Balle allemande ancienne V :

PébLe NA AMON : ; Cuivre: ..16;9 La chemise contient : NL NA TROVIT AIS FES

La balle française actuelle est un seul bloc.

La balle française ancienne M :

: Cuivré. . : 79,70 La chemise contient : See 797 Nickel : : . 20:27

Dalle anglaise :

Cuivre, : . “85:19

La chemise content :

Nickel : : . 14,95

Les considérations sur leur composition chimique n'auraient pour nous qu'un intérêt documentaire.

Nôns n'avons jamais pu fournir les preuves de la seule réaction chimique qu'il nous eût été possible d'observer, à savoir la transformation, dans les milieux de l'œil, du sel ferreux en sel ferrique insoluble, qui provoque de redoutables complications. La sidérose én effet n'a pu être que soupçonnée dans certains cas.

Nous trouvons tous les types d’éclats. Nous annexons à notre texte des photographies qui témoignent de leurs multiples aspects. Ils interviennent par leur poids, leur volume ét leur structure.

Depuis l'éclat impondérable (obs. IX, A. 3) jusqu'à l'énorme masse {obs. XXXI, A: 2) de 3 gr. 7, nous voyons tous les boids interMédiaires et, depuis le

Planche

- Fa

La &

LT

air

PPT REC

— Ut — volüiie d'une poussière jusqu'à celti, paradoxal, de l’énornie fil de fer de > cm. 3 dé long sur o em. 3 d'épaisseur (obs.XIX, A. 13, fig. 15).

C'est un fait bien compréhensible, étant donnée la densité voisine des différents corps étrangers que le poids et le volume soient proportionnels; mais en général, l'éclat de chemise de balle est plus volumineux;

La petite masse plus où moïns linéaire (fig. 1,2, 3) mais régulière (fig. 4 et 5) ou irrégulière (fig. 6) n’a aucun caractère spécial.

S1 la paillette métallique typique, brillante et tranchante, qu'on extrait souvent dé l'œil des métallurgistes se rencontre peu (fig. 7) nous avons trouvé souvent la lamellé carrée à bords coupants, qui ineise les tissus et les vaisseaux ; régulière (fig. 8, 9), irrégulière (fig. 10).

La masse, plus volumineuse, qui, pouvant atteindre jusqu’à 9 centigrammes, est animée d’une grande vitesse et d’une considérable force de pénétration, agira dans le segment postérieur comme obstacle mécanique (éclats de balle, fig. 11; éclats d'obus, fig. 12). Par contre, une lame, éclat de chemise de balle ou plus rarement éclat d'obus, avec des poids très variables, peut se présenter déchiquetée, avec des extrémités recourbées sur elles-mêmes, lordue, avec des bords coupants. Elle incisera, déchirera les lissus, se fixera par ses pointes, causant des dégâts assez considérables (fig. 13).

Et enfin, le bloc anfractueux (fig. 14) avec des cryptes où se voient les faches de rouille, où peut

MAN te stagner le pus, se présente souvent avec de nombreuses aspérités (fig. 16 et 17). Il sera d'autant plus dangereux qu'il sera plus volumineux.

Mais 1l nous a semblé, à côté des caractères communs à tous ces éclats, pouvoir cependant reconnaître des caractères propres à chacune des trois catégories que nous avons distinguées.

Les éclats d’obus ont une force beaucoup plus grande que les éclats de balle, de bombe et de grenade. |

La distance à laquelle ils sont portés, la charge énorme d’explosifs, le volume et l'épaisseur de leurs parois leur acquièrent une vitesse et une force qui les font pénétrer loin dans les milieux oculaires. Ils sont très septiques.

Les bombes et les grenades sont moins dangereuses ; nous n'avons qu'un cas d'éclat assez volumineux et presque toutes les observations montrent des complications infectieuses moindres et des désordres mécaniques moins sérieux.

Quant à l’éclat de balle, sa forme est le plus souvent déchiquetée, comme on l’a vu, et elle ne cause de lésions graves que par les déchirures faites par ses bords ou par ses pointes ; la balle emprunte moins que les autres projectiles les germes septiques au sol en raison de sa trajectoire.

Ce

ps

10 Obs xXINe Aer,

(Grandeur naturelle)

Grandeur naturelle).

Planche Il

# Cd}

RER, . cu ru .

Ne: ne 2 Ft SEL

Len ni, ed È

CA

Page 1