LAN REA
» Le lendemain matin, 29 avril, le malade se sent mieux. Température : 33°. La langue est toujours blanche et épaisse; la bouche extrêmement sèche. Un ipéca, administré la veille, n’a pas provoqué de vomissements, mais a déterminé une diarrhée abondante qui persiste encore. Le ventre est modérément ballonné et un peu sensible dans toute son étendue.
» Insomnie et agitation très graude.
» Température du soir : 378.
» 30. — Le malade se plaint de n’avoir pas fermé l'œil de la nuit, qu’il a passée dans une agitation extrême.
» La bouche et la langue sont sèches, la soif extrêmement vive. La diarrhée persiste ; trois garde-robes pendant la nuit.
» La miction devient difficile et même un peu douloureuse.
» Le ventre n'est pas plus ballonné qué la veille, mais il est plus sensible; cette sensibilité, tout en étant générale, est cependant plus vive au niveau du fond de la vessie ; elle l'est, an contraire,
- beaucoup moins au niveau des fosses iliaques et da creux épigas-
trique. É
» Temp.: matin, 38°] ; soir, 39°3.
» Dans la soirée, l'état est sensiblement le même. Le 1° mai, à la visite du matin, le mal a fait, depuis la veille, des progrès effrayants. L'aspect du malade est celui d’un cholérique à la période algide, ou d'un homme succombant à un empoisonnement. Après avoir subdéliré pendant la nuit, il est aphone, la face est couverte de sueurs visqueuses, les yeux sont enfoncés dans les orbites, qui ont pris une couleur bistre foncée ; les mains sont glacées ; le pouls absolument imperceptible.
» Le ventre est extrêmement ballonné dans toute son étendue, comme la veille ; mais, plus que la veille encore, cette sensibilité est beaucoup plus vive quand la pression porte au niveau du fond de la vessie.
» Temp. : matin, 3993 ; soir, 39°6.
» Vers cinq heures du soir, le malade succombe presque subite-
ment.
» Autopsie. — Faite le 3 mai, trente-six heures après la mort, » Thorax.
Les organes thoraciques ne présentent aucune alté-
ration.
» Abdomen. — La paroi abdominale est tapissée d'une couche adi-
ON Pride peuse sous-eutanée de 3 centimètres d'épaisseur; l'épiploon est également surchargé de graisse. Sur toute l'étendue du péritoine pariétal sont disséminés des nodules blanc jaunâtre, arrondis, à peine saillants, de consistance molle, dont le volume varie depuis celui d'un grain de millet jusqu’à celui d'une lentille. Ces petites tumeurs, bien limitées à leur pourtour, siègent sous le péritoine ou dans lépaisseur même de la séreuse; elles contiennent une substance caséiforme, blanc jaunâtre, onctueuse et grasse au toucher, rappelant celle que l’on trouve dans les kystes dermoïdes. En dehors des points lésés, la séreuse ne présente aucune modification apparente.
» Des nodules identiques, mais plus abondants encore, se retrouvent sur le mésentêre et le grand épiploon ; la lame postérieure de ce dernier en est, pour ainsi dire, criblée. La confluence de ces nodules augmente d’une manière très sensible à mesure qu'on se r'approche du pancréas. Leur nombre total peut être évalué à plusieurs milliers. En arrière du grand épiploon, les anses intestinales sont agglutinées par un exsudat fibrineux, récent, indice d’une péritonite subaiguë localisée.
» Le pancréas est augmenté de volume et induré. À la coupe, la trame coujonctive paraît épaissie; elle est, en outre, parsemée de foyers nodulaires absolument semblables, par leur forme générale et leur contenu, à ceux qui existent sur le péritoine.
» Au niveau de la tête de l'organe, un de ces foyers a acquis le volume d’une grosse noisette ; son centre est occupé par une matière puriforme, blanc jaunâtre. s
» La substance glandulaire ne paraît pas altérée à l'œil nu ; les nodules signalés siègent exclusivement dans le tissu conjonctif constituant de la glande.
» Les ganglions mésentériques sont légèrement tuméfés et rouges.
» Le foie est un peu congestionné ; dans son épaisseur existe un noyau du volume d’une noisette, à contenu caséiforme blanc jaunâtre, semblable à celui des nodules péritonéaux. La rate et les reins sont normaux.
» L'estomac, non dilaté, ne montre aucune altération ; l'intestin, examiné dans toute sa longueur, paraît absolument sain. »
Les seules lésions constatées se résument done dans une éruption confluente de nodules spéciaux, d'aspect caséiforme, sur presque toute l'étendue de la séreuse péritonéale, et dans l'infiltration du pancréas par des tumeurs de même nature, plus volumineuses en ce point que
May, D
partout ailleurs ; il semble que cet organe ait été le siège primitif de l’affection, qui, de là, se serait étendue au péritoine pariétal, au mésentère et à l’épiploon.
Le foie, peu atteint, n’a présenté qu'un seul foyer de la même lésion. Enfin, une péritonite subaiguë récente faisait adhérer entre elles quelques anses intestinales.
Examen des nodules à l'élat frais, et sur les coupes après durcissement. — Le contenu des nodules péritonéaux ou pancréatiques, examiné à l'état frais, est formé par une matière amorphe caséo-graisseuse, ne contenant aucun élément cellulaire bien distinct.
La coloration par le bleu de Lôffler y montre l'existence de quelques bacilles courts, un peu plus longs que larges, à bouts arrondis, prenant mal la couleur et se décolorant par le procédé de Gram. Tous les ensemencements faits avec le contenu de ces nodules ont donné lieu au développement d'un même bacille dont les caractères seront décrits ci-dessous.
Les coupes intéressant le pancréas ont été surtout utilisées pour l'étude histologique des lésions. Sur les préparations colorées par le picro-carminate d'ammoniaque, les foyers caséiformes constatés dans cet organe à l’autopsie se distinguent aisément. Ils sont, en général, de forme irrégulière et disposés suivant la direction des travées conjonctives ; leur siège est, en effet, dans la trame cellulaire du pancréas, mais leurs limites empiètent parfois sur le tissu glandulaire, qui se trouve alors intéressé dans l’altération. La partie centrale de ces foyers en voie de désagrégation est constituée par un amas de leucocytes incolores et de débris cellulaires teints ou non par le carmin. A la périphérie de cette portion centrale, se dispose un réticulum fibrinoïde, à travées épaisses, circonserivant des mailles inégales, remplies de leucocytes dégénérés, sans noyau distinct, réfractaires à la coloration, ou bien uniformément teints en rouge vif par le carmin, et d'aspect vitreux. Les vaisseaux compris dans l’une et l’autre zone présentent des parois épaissies, comme vitrifiées ; leur cavité est oblitérée par un thrombus homogène, également vitreux. En dehors des points restreints, où les acini sont impliqués dans cette mortification des éléments, le tissu glandulaire ne présente aucune altération appréciable. Les lésions constatées se résument donc dans des foyers de nécrose, offrant tous les caractères de la nécrose de coagulation.
A l'examen des préparations colorées au bleu de Lôüffler et vues à un faible grossissement, les points nécrosés se dessinent comme des
MT Pate taches claires, teintées en bleu très pâle, quelquefois même incolores. Sur ce fond tranchent des îlots ou des traînées vivement colorées en bleu, et qui, à un fort grossissement, apparaissent constituées par des agglomérations de bacilles. Ceux-ci abondent surtout au centre du foyer de nécrose ; tantôt ils s'y présentent en amas considérables, cohérents, isolés ou reliés entre eux, tantôt ils sont infiltrés dans la masse des éléments mortifiés, sous forme de traînées plus ou moins confluentes. Sur toutes les préparations, le nombre des bacilles est considérable au centre des foyers nécrosés. Ils existent aussi, mais beaucoup moins nombreux, dans le réseau fibrinoïde dela périphérie, et ils y sont plutôt infiltrés que groupés en amas. Leur présence est rare aux limites de la lésion ; on ne les trouve plus dans les portions saines de la glande. |
Ces bacilles, identiques à ceux qui avaient été vus dans le contenu des nodules, répondent à une seule et même espèce: ce sont des bâtonnets très courts, deux fois plus longs que larges, à bouts arrondis, isolés ou articulés. La plupart prennent d’une manière homogène le bleu de Lôüffler ou la solution aqueuse de violet de gentiane, de fuchsine ; d’autres ne se teignent qu'à leurs extrémités, et montrent un espace clair à leur centre. Tous se décolorent par la méthode de Gram. :
Cullures. — Caractères du microbe. à
L’ensemencement sur différents milieux (bouillon, gélatine, gélose) du contenu des nodules recueillis à l’autopsie a donné invariablement des cultures pures d’un microbe toujours identique. k
C'est un bâtonnet mobile, très court, à peine plus long que large, à bouts arrondis et dont les dimensions sont, en général, moindres que celles du microbe observé sur les préparations provenant du malade. Ses articles sont, tantôt isolés, tantôt géminés, quelquefois groupés en chaînettes de 10, 15 éléments et même plus. Les bacilles isolés ou disposés par deux sont doués d’un double mouvement très vif de translation et d’oscillation ; les longues chaînettes n’ont qu'un mouvement lent, onduleux, flexueux.
Examiné vivant sans coloration, le bâtonnet présente vaguement
l'aspect d’un huit de chiffre et paraît entouré d'une mince zone claire qui lui constitue comme une enveloppe; mais après imprégnation par une solution aqueuse de fuchsine, de violet de gentiane ou de méthyle, on ne constate pas d'image traduisant l'existence d’une capsule véritable. :
SUD de
La coloration obtenue n'est pas uniforme dans la longueur du bâtonnet. Ses pôles seuls se teintent vivement, tandis que sa partie médiane reste pâle ou incolore ; l’espace clair central est limité latéralement par deux traits colorés. Le microbe ne se colore pas par le procédé de Gram. é |
Le bacille est indifféremment aérobie et anaérobie. [l prospère rapidement à l’étuve à 37 degrés, mais se cultive aussi, quoique plus lentement, à la température de 15 degrés. :
Ensemencé dans du bouillon de bœuf on de veau neutre, il trouble le milieu en vingt-quatre heures, et forme au fond du vase un dépôt blanchâtre, épais et floconneux ; le liquide reste d’un louche laiteux et sa réaction est devenue très alcaline.
Inoculé en gélatine par piqûre, il produit en vingt-quatre heures une série de colonies punctiformes, blanchâtres, 1€ long du trait d’ensemencement. À la surface, la végétation est plus abondante, et déjà, après quarante-huit heures, détermine une liquéfaction du milieu qui pro-
- gresse lentement, par tranches successives, de la superficie à-la profon-
deur; sur la portion non liquéfiée de la gélatine s'accumule un dépôt blanc floconneux.
Ensemencé en stries sur gélose, le bacille donne, après vingt-quatre heures, à la température de 37°, une culture humide, opaline, trans” lucide, qui s'étend rapidement au delà du trait d’inoculation et recouvre toute la surface du tube d'une couche mince et uniforme. Ultérieurement la culture s’épaissit un peu, devient blanchâtre, d'aspect crémeux, tout en gardant sa transparence.
Sur pomme de terre, la culture est abondante, épaisse, saillante, humide, un peu visqueuse, d’abord d'un jaune clair, puis d’un jaune
- brun ; la végétation ne se limite pas au point inoculé et envahit rapi-
dement la surface de la tranche.
Toutes ces cultures dégagent une odeur spéciale, légèrement am-
moniacale, rappelant celle de l’urine putréfiée.
Conservées à l'air libre, elles gardent leur vitalité pendant plusieurs mois; enfermées en tubes clos, à l'abri de l'air et de la lumière, elles sont encore revivifiables après un an.
— Ce microbe ne paraît pas former de spores. Un chauffage de quinze
minutes à 60°, en milieu humide, le fait périr ; mais, après dessiccation, il résiste pendant cinq minutes à la température de 100°.
Inoculations à l'animal. — Les cultures obtenues sont pathogènes : 9
pour la souris et le lapin; elles ne produisent aucun effet sur le cobaye, même à dose élevée: :
Chez la souris blanche, l’inoculation sous la peau de 1/8 de centimère cube d’une culture en bouillon datant de deux jours détermine la mort en quarante-huit ou soixante heures, sans lésions spéciales soit au point infecté, soit ailleurs; mais le bacille s’est disséminé dans le sang et les organes, où il est facile de le déceler par la culture.
Chez le lapin, les résultats varient suivant la dose inoculée et le mode d’inoculation employé.
L'iujecetion dans le sang d'un centimètre cube d’une culture réceute en bouillon provoque une maladie à évolution rapide, mortelle en trente-six ou cinquante heures, caractérisée surtout par une diarrhée fétide et de la parésie des membres.
Al'autopsie, on ne constate aucune lésion marquante; les ensemencements faits avec le sang, le foie, la rate, etc., donnent toujours lieu au développement du bacille spécifique.
À dose moindre (demi-centimètre cube), l'injection dans Île sang est suivie d’une maladie chronique, marquée au début par de la diar-
rhée et un amaigrissement transitoires, puis par l’apparition, en dif-
férents points du corps, de tumeurs multiples qui rappellent exactement, par leur aspect général et la nature de leur contenu, les nodules caséiformes décrits chez le malade. L'affection ainsi produite est exceptionnellement mortelle; elle est même compatible avec une bonne santé générale, lorsque les néoformations ne siègent pas au voisinage d'un organe important, et se termine par guérison, après évacuation spontanée du contenu des tumeurs.
Les tumeurs prennent ordinairement naissance dans le tissu cellulaire sous-cutané. Une seule fois, en effet, elles se sont développées dans la cavité thoracique. Tel à été le cas de l'unique lapin qui ait succombé. La mort est alors survenue au vingt-cinquième jour, précédée de diarrhée, d’une ophtalmie double et d’un amaigrissement progressif. Dans le thorax, de chaque côté de la colonne vertébrale, existait un chapelet de tumeurs contiguës, molles, arrondies, blanc jaunâtre, du volume d’un gros pois et même d’une cerise. Les néoformations, au nombre de huit du côté droit et de sept du côté gauche, comblaient les gouttières costo-vertébrales, n’offrant aucune connexion intime soit avec les os ou le périoste, soit avec les vaisseaux de la région; elles étaient entourées par une atmosphère de tissu cellulaire hyperémié et œdématié. L'une de ces nodosités, plus
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que les autre, avait comprimé l'aorte thoracique et
litération de ce vaisseau par un thrombus local sur une entimètres ; seu tue RTE n'avait sans
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BE Obs lisse, transparente, distendue par une matière blanc jaunâtre, caséiforme ou caséo-graisseuse, histologiquement semblable à celle que montraient les nodules du malade. Dans les tumeurs récentes, les colorations permettaient de décéler, en très petit nombre il est vrai, le bacille inoculé ; mais il n’existait plus de microbes colorables dans les productions anciennes, alors cependant que les ensemencements faits avec leur contenu donnaient toujours lieu au développement abondant du bacille spécifique. Chez tous les animaux, le microbe pathogène n’a pu être trouvé qu’au niveau des lésions caractéristiques, et nulle part ailleurs ; il ne saurait être douteux que, chez notre malade comme chez les animaux, l'apparition des nodules ou tumeurs
..ne soit la conséquence de la pullulation du bacille en tel ou tel point des tissus.
Des détails ci-dessus, il ressort que le sujet dont l’histoire fait l'objet de cette note a succombé à une affection parasitaire, caractérisée au point de vue anatomique par la formation de nodules caséi formes dans le péritoine et le pancréas. Ces lésions avaient pour cause immédiate l'évolution #n sifu d'un bacille spécial, différent de ceux qui sont actuellement connus comme pathogènes pour l’homme, et qui, inoculé au lapin, a reproduit chez lui des lésions en foyers, semblables à celles du malade.
L'affection décrite est-elle nouvelle ? Il est difficile de l’apprécier ; du moins nous n’en avons pas trouvé l’analogue dans les publications médicales. Sans doute, si pareille maladie a été observée chez l'homme, elle a dû être confondue avec la tuberculose, dont les nodules jaunes et caséifiés présentent assez exactement l’apparence offerte par les alrations que nous avons eues sous les yeux.
Un fait d’égale importance a été signalé par Hayem et LESAGE (1). Nous ne saurions mieux faire que d’en donner une copie textuelle :
Jeune homme de dix-sept ans. de constitution faible, sans antécédents héréditaires (tuberculose, syphilis, etce.).
(1) Hayem et Lesage, Pseudo-tuberculose chez l’homme. Entérite infectieuse. Caséification de la capsule surrénale. Maladie d'Addison (Société médicale des hôpitaux, 10 juillet 1891).
Pa (0 er De bonne santé habituelle jusqu’à l’âge de treize ans, il eut, à cette époque, une fièvre typhoïde.
Fréquemment depuis il fut atteint d'embarras gastrique; cependant son état général était resté satisfaisant, quand le vendredi 10 octobre 1890 le malade fut pris subitement de malaise général et de vomissements.
Observé, dès cette date, par le docteur Noël, le malade présente des signes évidents d’embarras gastrique : langue chargée, constipation, coliques vagues, céphalalgie. La température est à 3829, le pouls à 123.
Le diagnostic d'embarras gastrique est porté. Traitement : purgatif, antipyrine.
Durant cinq jours, le malade se lève, se sent mieux ; cependant les symptômes d'embarras gastrique persistent-et la température oscille autour de 38°.
Le 16 octobre (six jours après le début de cet état gastro-intesti- nal fébrile), le malade est repris de malaise général ; il se plaint d’a-
voir froid ; ses extrémités sont froides. La température tombe à 35°8. Il est alors conduit chez M. Hayem, quile voit pour la première fois le 16 octobre. M. Hayem ne trouve que des signes d’embarras gastrique ; mais il constate, de plus, un malaise général et des douleurs musculaires vagues qui lui font faire des réserves sur la marche ultérieure de la maladie.
Du 17 au 21 octobre, l’état s'aggrave et l’affection Are -intestinale s’accentue,
Le 21, le malade est revu chez lui par M. Ho avec les docteurs Noël et Martel, et par voie d'exclusion on porte le diagnostic de gastro-entérite infectieuse de nature indéterminée.
Du 17 octobre au 21 novembre, les principaux symptômes ont été
les suivants :
Le malade éprouve des te variables de siège et d'intensité, irrégulières, migratrices ; à plusieursreprises, il s’est plaint d’un point lombaire, situé sur la colonne vertébrale.
Langue large, blanchâtre au milieu, un peu sèche sur les bords, pharynx normal ; appétit nul; vomissements assez fréquents, mais peu abondants, survenant d’une façon irrégulière, sans aucun rapport avec l’ingestion des liquides. À plusieurs reprises ils ont été bilieux. La soif est vive à la suite de ces vomissements. Selles normales, avec alternatives d'accès de diarrhée et de constipation. La diarrhée
cependant tend à s'établir vers le 23 octobre, et à devenir prédominante. Cette diarrhée, en tout cas, a toujours été très légère ; les vomissements ont présenté, au contraire, plus de ténacité.
L'examen de l'abdomen ne fournit que peu de renseignements. Le ventre est normal, sans tympanisme, indolore à la pression, sauf au niveau du creux épigastrique, où la pression réveille une certaine sensibilité.
L'estomac est normal : il en est de même du côlon. Le foie ne dépasse pas les fausses côtes; la rate n’est pas tuméfiée. Les organes contenus dans la cage thoracique ne présentent aucune modification.
Rien à signaler du côté du système nerveux, sauf un peu de cépha- Jalgie légère, sans caractères particuliers, une hyperesthésie généralisée et un état mental spécial. Vers la fin de la seconde semaine, le malade se sent perdu; il ne veut point rester seul, a peur de mourir, a des accès d'attendrissement.
Nous voulons surtout insister sur l’état de la température et sur l'état général.
Durant les six premiers jours (du 10 au 16 octobre), la température s'est maintenue à 38° ; puis, à cet état fébrile léger a succédé un état persistant d’algidité, durant onze jours, jusqu’au 27 octobre.
Pendant cette période, la température oscille autour de 35°%5 à 36° (la température à été prise dans le rectum), et le pouls entre 75 et 100 pulsations.
Ce dernier est petit et mou. Cette algidité est accompagnée de cyanose légère des extrémités et des ongles ; on la perçoit très nettement à la main.
Cependant nous n'avons pu produire le pli cutané comme dans l’algidité cholérique. FAIRE
Dans le cours de cette algidité, le 22 octobre, le malade présenta un accès de collapsus cardiaque. Le pouls devint petit, filiforme ; la température baissa à 35°5, les battements cardiaques devinrent petits et irréguliers.
- Cet accès fut de courte durée, grâcé à une intervention active à l’aide d’injections d’éther.
Quant à l'état général, on ne trouve que peu de signes d'infection; le malade à pleine connaissance; il n’y a ni adynamie, ni ataxie. L'amaigrissement cependant est notable, la faiblesse très grande, le sommeil léger, les plaintes presque continuelles.
Pendant toute la durée de l’évolution de cette maladie, on remar-
oo CE
le a AUS is présentent une teinte légèrement e gmen on de la peau, sans être très prononcée, e docteur Martel le diagnostic de maladie d’ Addison. ours d’ algidité, le 27 novembre, la température re- a on à le veille de la mort. -
tense (sauf les derniers joues) et d'u un état d’ algi- . | u pi d' intensité des troubles de ee:
\A anlètement transformée en une masse caséeuse Le
jent nb A se a ue une la ue caractérisée pRbe une série de cou-
nu. PDU cas le bacille est souvent difficile à colorer dans les coupes. Mais, à l'aide des méthodes de Lôffler, de Malassez et Vignal, nous avons pu déceler, dans la zone périphérique où existent des cellules rondes, la présence d’un bacille qui a tous les caractères du bacille de la pseudotuberculose.
L'estomac ne présente aucune altération appréciable ; cependant, ce bacille existe dans sa cavité.
L'intestin, à l'ouverture de l'abdomen, présente son aspect normal; il n'existe pas de traces de péritonite, ni de tuberculose péritonéale ou périhépatique.
À l'ouverture de tout l'intestin (grêle et gros intestin), on est immédiatement frappé par l'existence d’une psorentérie intense, généralisée, formée par la saillie d'un très grand nombre de petits follicules et des plaques de Peyer. Quelques houppes vasculaires de congestion ; desquamation légère de l'intestin.
On ne trouve aucune trace d'ulcération ni de tubercule. C'est une entérite psorentériforme. Sur les coupes, on note : 1° une desquamation intestinale légère, sans caractères ; 2° et c’est là le fait le plus important, une hypertrophie de follicules (isolés ou agminés), caractérisée par une prolifération intense des éléments de ces glandes.
Nous n'avons pu déceler la présence du bacille de Koch ; mais, avec les méthodes précédentes, nous avons pu nettement voir que le bacille de la pseudo-tubereulose étaient présent dans les coupes. D'’ailleurs il existe dans la cavité intestinale. Les autres organes sont sains ; la rate est normale, un peu molle. Le bacille existe dans le sang et dans ces organes.
Expériences bactériologiques. — Nous avons cultivé les divers organes, et nous en avons inoculé des parcelles, dans le péritoine de cobayes.
Sur les cultures nous avons obtenu rapidement, sur gélatine, une culture du bacille de la pseudo-tuberculose avec ses caractères (eulture rapide sur gélatine, absence de liquéfaction ; bacilles colorables par les diverses couleurs d’aniline ; peu colorables par la méthode de Gram, etc.).
On a pu obtenir des cultures avec le sang, avec la capsule surrénale, avec l'intestin, la rate, bref, avec tous les organes.
Le bacille, isolé et inoculé dans le péritoine de cobayes, a reproduit la pseudo-tubereulose avec ses caractères: péritonite à fausses mem-
me
CURE branes, masses caséeuses dans le foie et dans la rate, absence du bacille de Koch, présence du bacille de la pseudo-tuberculose, fournissant des cultures. Sous la peau du cobaye, ce bacille inoculé produit une masse caséeuse, qui peut s'ouvrir à la surface de la peau. Par injections, il tue la souris, en vingt-quatre à quarante-huit heures, par septicémie, avec présence du bacille dans le sang.
I s’agit évidemment du bacille de la pseudo-tuberculose.
Nous avons, à l’autopsie, obtenu des cultures avec le sang. Durant la vie du malade, cette recherche n'avait pas été suivie de succès. Ce fait, joint à l'existence d’une lésion caséeuse, de date déjà un peu an: cienne, et au développement d’une entérite récente, nous semble indiquer que l’évolution de la maladie a été la suivante :
Pseudo-tuberculose bacillaire de la capsule surrénale gauche, caséification de cette capsule, puis généralisation et entérite consécutive, probablement par pénétration dans le sang. En tout cas, les lésions de la capsule et celles de l'intestin relèvent dela même cause : inflammation par le bacille de la pseudo-tubereulose. Dans l'intestin, la lésion est récente ; c'est une hypertrophie des follicules sans uleération, sans caséification. Dans la capsule, l'inflammation est plus ancienne, et le centre du nodule inflammatoire a pu subir la dégénérescence caséeuse. » |
A la lecture de cette observation, M. Hayem ajouta quelques considérations, en signalant particulièrement ce fait, que la tuberculose de Koch n'était pas la seule qui pût produire des dégénérescences caséeuses dans les capsules surrénales. Il montra aussi l'intérêt qu'elle présentait au point de vue de l'histoire des entérites infectieuses à forme algide.
Dans la discussion qui suivit, M. Netter rappela le cas de MM. Du Cazal et Vaillard, et, se basant sur la marche, les symptômes, les lésions, l'examen hactériologique, émit l'opinion que ces deux cas devaient être analogues.
M. Hayem répondit que le microbe de MM. Du Cazal et Vaillard ne ressemblait nullement au sien, qu’il assimilait plutôt à ceux de Malassez et Vignal, Nocard, Dor, Manfredi et
Leo 22 Ledoux-Lebard, bien qu’il se fût toujours présenté sous la forme bacillaire.
M. Rendu signala encore le fait de Parietti, et M. Chantemesse rappela les résultats qu’il avait obtenus par l’inoculation des tampons d’ouate.
M. Hayem clôtura la discussion, en disant que, si ces faits étaient connus chez les animaux, chez l’homme leur histoire
était encore à faire.
Il n’est pas nécessaire d’attirer spécialement l'attention sur les deux faits précités pour en faire ressortir toute l’importance.
Au point de vue clinique, ils nous enseignent de quelles difficultés est entouré le diagnostic médical des pseudo-tuberculoses, ces maladies dussent-elles toujours évoluer sous les formes plus haut décrites, ce qui n’est nullement démontré.
Au deuxième Congrès de la Tuberculose, MM. Mecnin et Mosny (1) ont fait part de leurs travaux sur la pseudo-tuberculose du lièvre.
Ils ont eu l’occasion d'étudier des lésions tuberculeuses, disséminées dans tous les organes, chez des lièvres décimés par une épidémie de nature indéterminée.
Il ne s'agissait pas, à proprement parler, de tubercules, mais plutôt de nodules purement inflammatoires, sans cellules géantes et sans cellules épithélioïides. Les colorations habituelles n’ont jamais réussi à déceler la présence de bacilles dans les coupes. En revanche, il a été possible de cultiver un bacille qui, par des inoculations chez des cobayes, a toujours reproduit chez ces animaux une maladie identique à celle des lièvres dont il provenait. Ce bacille,
(1) Megnin et Mosny, Congrés de la Tuberculose. Paris, 1891 (Pseudo-tuber-
culose du lièvre).
21e nt AAA RER se colorent très bien sur les préparations andis < que le centre se colore très mal, est un aérobie pur ne qui se cultive très bien sur agar, sur gélatine et sur bouillon peptonisé. RE 2 A
M. CHARRIN a Heat A EN à la Société de biologie (1) la communication suivante : :
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