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ment sur les milieux habituels, ressemblant à l'un des trois agents retirés par les cultures du poumon de notre malade. |
Les granulations du cobaye, comme celle de l’homme, ont été ensemencées dans divers bouillons, notamment dans des tubes de sérum, obligeamment prêtés par MM. Straus et Gamaleïa, tubes éprouvés pour la tuberculose humaine ; jamais nous n'avons vu pousser le bacille de Koch.
M. LEGkain (1), dans les crachats d’un phtisique, trouva, outre une faible quantité de bacilles de Koch, un nombre assez considérable de bacilles particuliers dont ik put obtenir des cultures pures.
C'était un bâtonnet court, à bouts arrondis ; long de 1 y 3 à 1 p 5 et deux fois plus long que large. Il se présenta quelquefois en forme de navette.
Les couleurs d’aniline imprégnaient fortement ses pôles, mettant ainsi en évidence un raréfaction centrale de son protoplasma, marquée surtout dans les formes en navette. Il se décolorait par la méthode de Gram.
En cultures, le microbe se montra facultativement aérobie et anaérobie.
Sur gélatine, la liquéfaction, d'abord rapide, devint plus tardive par des ensemencements successifs. Le bouillon était troublé au bout de dix heures à l’étuve. Un léger voile crémeux se formait, donnant au fond du tube un dépôt blanchâtre. Il décolora rapidement les bouillons ou la gélose colorés, par quelques gouttes d’une solution aqueuse de fuchsine. Il décomposa, après lavoir peptonisé, un cube de gélatine cuite, en donnant des produits à émanations ammoniacales et sulfhy--
(1) E. Legrain, Sur une pseudo-tuberculose expérimentale du lapin produite par un bacille trouvé chez un phtisique (in Bulletin médical, 8 novembre 1891).
Et Contribution à l'étude de la culture des bactéries sur milieux colorés (in An- :nales de l'Institut Pasteur, novembre 1891).
D Tite driquées. Tous les milieux, après développement des colonies, avaient une réaction alcaline.
Les inoculations furent pratiquées sur la souris, le rat d’égout, le cobaye et le lapin.
La souris présenta une septicémie rapidement mortelle. Chez lerat, l'injection produisit localement un petit foyer purulent qui se résorba très vite. Les cobayes ne succombèrent qu'à de hautes doses de vieilles cultures, grâce peut-être aux produits toxiques qu’elles contenaient.
Le lapin eut comme la souris une septicémie mortelle. Chez ces deux animaux, il n’y eut pas de lésions, mais on retrouva quantité de bacilles dans tous les organes. De plus, l’inoculation en série à des congénères du sang” de ces animaux augmenta la virulence de l’agent pathogène.
Par de faibles doses de cultures, le lapin réalisa une maladie chronique caractérisée par la présence de petites tumeurs dures, sous-cutanées, disséminées à un endroit quelconque du corps.
Soit qu'on les énucléât, soit qu'elles se vidassent spontanément, ces tumeurs finissaient par disparaître et l'animal guérissait. Leur pus contenait des peptones ; on y retrouvait le bacille injecté.
A la coupe, ces nodules présentaient une coque périphérique et uhe masse caséeuse centrale. Dans le centre caséeux on trouva des leucocytes granuleux en voie de désagrégation.
La coque était constituée par une trame fibrinoïde, renfermant dans ses mailles des cellules dont les noyaux ne fixaient plus la matière colorante.
Les bacilles siégeaient surtout dans la masse centrale; la coque n’en contenait qu'un nombre restreint.
M. Legrain rapprocha son microbe de celui de MM. Du Cazal et Vaillard. En effet les cultures et les résultats d’inoculation sont à peu près identiques dans les deux cas.
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Nous terminerons cette énumération en signalant le récent travail de MM. Preisz et Guinard.
MM. Praisz et GuiNaRp (1) ont examiné les deux reins d’un mouton suspect de tuberculose.
L'un des deux reins, le moins altéré, portait dans sa substance corticale au-dessous de la capsule fibreuse, une tumeur sphérique de 25 millimètres, formée d’une masse compacte verdâtre, parsemée de petits foyers blancs calcifiés.
L'autre rein, beaucoup plus malade, avait un volume double du volume normal. Sa surface était bosselée par des tumeurs. - Au sein même de l'organe il existait des foyers caséeux.
Le microscope ne put déceler dans ces lésions le moindre bacille de Koch, mais on trouva d’autres microorganismes qui parurent avoir des rapports étiologiques très probables avec la maladie. |
Pour élucider ce point, MM. Preisz et Guinard firent des inoculations sur des cobayes et des lapins, avec la matière caséeuse de ces reins.
Ces inoculations furent poussées jusqu’au cinquième passage.
Les animaux inoculés, dans le sang ou dans le péritoine, moururent entre le quatrième et le cinquième jour.
Par injection sous-cutanée, les cobayes succombaient au bout de la deuxième semaine, tandis que les lapins présenaient d’abord des tumeurs considérables au point d’inoculation, et mouraient seulement après plusieurs semaines.
Les autopsies révélèrent toujours des tubercules. Au bout de quarante-huit à soixante-douze heures, on observait de jeunes granulations tuberculeuses, grosses comme un grain
(2) H. Preisz et L. Guinard, Pseudo-tuberculose chez le mouton (in Journal de médecine vétérinaire et de zootechnie, 1891, p. 563).
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de millet, opaques, blanchâtres, différant par conséquent un
peu des granulations grises, transparentes, de la tuberculose
de Koch. Les tubercules plus âgés contenaient au centre une matière caséeuse assez molle, comparable à de la pâte de farine. |
Le péritoine, la plèvre, le foie, les reins, la rate, le myocarde, les os, les muscles, la peau, étaient farcis de tubercules. Les injections intraveineuses semblèrent favoriser les déterminations du côté de la peau et des muscles. Dans les poumons, l'altération, au lieu de produire des nodules bien délimités, se présentait parfois sous forme de. pneumonie lobaire en tous points semblable à une pneumonie caséeuse.
Dans ces lésions, les auteurs ne rencontrèrent jamais le bacille de Koch; mais, en revanche, apparut un microbe
Spécial absolument constant et caractéristique. C'était un
bacille très fin, court — 3 y de long — quelquefois même si court qu'on aurait pu le prendre pour un microcoque. Ces bacilles, à extrémités arrondies, présentaient à un bout un renflement qui leur donnait une apparence de massue. Ordinairement isolés, ils étaient parfois réunis deux à deux et placés bout à bout. Le violet de gentiane ne les colorait pas uniformément , ils montraient alors une succession d’espaces clairs et de zones de condensations protoplasmiques. Très nombreux dans les tubercules jeunes, ces bacilles étaient, au contraire, très rares dans les tubercules anciens et déjà caséifiés. En écrasant un jeune tubercule sur une lamelle, et en colorant par le procédé de Gram, on vit les ba-
cilles rassemblés en amas de petites dimensions, et renfermés dans des cellules qu’ils remplissaient complètement.
L'histologie de la pièce primitive du mouton montra à MM. Preisz et Guinard trois couches concentriques : une première couche, périphérique, entièrement conjonctive, résultat d’une néphrite interstitielle ; une couche moyenne, constituée
LRO par quelques fibres conjonctives englobant des cellules de l'épithélium et un grand nombre de cellules migratices (cette couche se montra très riche et bacilles); enfin une troisième couche formant la partie centrale, constituée par une matière homogène, finement granuleuse, calcifiée en certains points, fixant très bien l’hématoxiline.
Les jeunes tubercules par inoculation étaient presque exclusivement constitués par des amas de cellules migratrices. On n'y vit jamais ni cellules géantes ni cellules épithélioïdes. La nécrobiose centrale survenait très rapidement.
.. MM. Preisz et Guinard ont continué leurs recherches par l'étude des cultures et des résultats d'inoculation qu’elles ont donnés.
Nous ne sachions pas qu’ils aient encore livré leur travail à la publicité. |
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