VII. — LÉSIONS EXPÉRIMENTALES
Les auteurs s'accordent à répéter pour les lésions expérimentales ce qu'ils ont dit des lésions spontanées. Il est difii-
RS cile de faire le départ entre les lésions de la tuberculose commune et celles des pseudo-tuberculoses. Toujours apparaît le groupement cellulaire caractéristique nommé tubercule. Cela a été une déception pour les auteurs, qui espéraient. trouver dans la structure des divers tubercules des éléments sufisants de différenciation.
Eberth.et Pfeiffer ont cru trouver ces éléments dans Pabsence de cellules géantes et la-rareté des cellules épithélioïdes. |
Mais, s’il est juste que la plupart des tubercules répondent au groupement dont la description schématique est : 1° cellule géante ; 2° zone épithélioïde; 3° cellules embryonnaires, il est des cas où ce schéma ne répond pas à la réalité des faits. Une ou deux zones peuvent manquer. Tantôt c'est parce que l’évolution du follicule tuberculeux n’est pas complète : tel est le tubercule de Yersin (1), qui, à son début, n’est composé que d’un petit coagulum de fibrine englobant des microbes. Tantôt c'est parce que le tubercule, évoluant dans une direction donnée, n’arrivera jamais à reproduire la structure habituelle : tels les pseudo-tubercules de H. Martin, auxquels il manque, suivant les cas, une ou deux zones. S'il est vrai, comme tendent à admettre certains auteurs, que le tubercule traduise une forme d'intensité moyenne du processus inflammatoire, rien ne nous empêche d'admettre que cette forme moyenne comprend encore des degrés auxquels correspondrait la structure complète ou incomplète du tubercule.
Si la structure du iubercule nous éclaire peu, l'étude des dégénérescences sera plus profitable. Ces dégénérescences ont été bien étudiées par Malassez et Vignal, et par Grancher et Ledoux-Lebard. Ces auteurs ont été surtout frappés de la
(1) Yersin, Étude sur le développement du tubercule expérimental (Thèse de Paris, 1887-88, n° 230.)
ER VAR rapidité du processus nécrobiotique qui aboutissait à la né-
crose de coagulation.
Grancher et Ledoux-Lebard ont observé des zones de tissus dégénérées ne contenant pas de microbes et assez éloignées de ceux-ci. Au centre des nodules qu'ils examinaient, Charrin
et Roger n’ont jamais vu de dégénérescence.
L’hypertrophie de la rate et du foie a été maintes fois
- signalée. Nocard et Masselin, Hayem et Lesage, ont obtenu
linflammation de la plèvre et du péritoine. Quelques animaux
sont morts sans lésions, avec des signes de septicémie.