VIII. — EvoLUTION DEA MALADIE
En général, les pseudo-tuberloses expérimentales évoluent
avec une grande rapidité et aboutissent à la mort dans presque tous les cas. La rapidité de cette évolution est soumise __ à de nombreuses influences.
. 1° Influence des animaux employés. — Charrin et Roger ont vu le cobaye aboutir à la guérison, après lésions au point d’inoculation. Les lapins de Legrain peuvent guérir lorsqu'ils réalisent la forme chronique de la maladie.
2 Influence de la voie d'inoculation. — Toute injection dans le sang est rapidement mortelle. La mort arrive, dans ce cas, après trente-six ou quarante-huit heures.
L’'injection dans la plèvre ou le péritoine enlève l’animal dans quatre ou cinq jours. Cependant, Nocard et Masselin, Charrin et Roger, ont vu des lapins et des cobayes mourir seulement au bout de quinze jours.
L'injection par la voie sous-cutanée imprime à l'évolution de la maladie une allure un peu plus lente. Chez le cobaye, la durée moyenne a été de cinq à dix jours, rarement deux semaines. Chez le lapin, la durée a oscillé entre huit jours (Malassez et Vignal) et quatre-vingts jours (Courmont).
Par ingestion, Ledoux-Lebard a obtenu une forme aiguë (sept à quatorze jours) et une forme lente (quelques semaines).
Nous devons mentionner quelques évolutions plus longues. Ainsi la truie de Toussaint fut sacrifiée au bout de quatre mois ; un cobaye de Chantemesse vécut deux mois.
3° Influence de la quantité de liquide inoculée. — Cette influence est très manifeste.
En augmentant ou en diminuant la quantité des liquides d'inoculation, Levrain, ainsi que Du Cazal et Vaillard, ont obtenu tantôt les formes aiguës, tantôt les formes lentes.
4° Influences des cultures atténuées. — Courmont, en inoculant une culture âgée, à donné au cobaye une septicémie qui à duré cinquante jours.
Les pseudo-tuberculoses à évolution lente ou rapide peuvent se présenter sous deux formes : la forme nodulaire et la forme septicémique. Dans la forme nodulaire, la marche de la maladie est la suivante. Au point d'inoculation apparait un nodule local. Ce nodule s’ulcère bientôt et déverse à l’extérieur son contenu caséeux. Il n’est pas impossible qu'il aboutisse à guérison. Pendant ce temps, les ganglions de la région inoculée se prennent; puis les tubercules se généralisent au foie, à la rate, aux reins, au pancréas, au péritoine, aux mésos, pour aboutir aux poumons, où, généralement, l’'éruption est discrète.
La forme septicémique enlève l'animal sans lésions. Courmont à démontré que son bacille, tuberculigène pour le lapin, septique pour le cobaye, pouvait avoir ces propriétés inversées par l’âge de la culture.
L’inoculation dans la plèvre ou dans le péritoine a parfois. déterminé une évolution péritonéale ou pleurétique. Mais on a pu observer des lésions séreuses, sans que l’inoculation préalable ait été faite dans leur cavité.
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