‹ Des Pseudo-Tuberculoses MicrobiennesChapitre 21 sur 24 · RAPPORTS DE LA TUBERCULOSE COMMUNE ET DES PSEUDO-TUBERCULOSES · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE LA TUBERCULOSE COMMUNE ET DES PSEUDO-TUBERCULOSES

La tuberculose de Koch et les pseudo-tuberculoses sontelles une seule et même maladie? Actuellement la question peut paraître oiseuse. Il n’en était pas ainsi au début, et de bons esprits, encore chauds des luttes passées, se demandaient avec anxiété si l'unité de la tuberculose n'allait pas

être remise en question. Malassez et Vignal se posent ce pro-

blème. Nous n’hésiterons pas sur la réponse à faire: la tuberculose commune reste une.

Le dogme de Laënnec, confirmé par les découvertes de Koch, — et ce nouvel appui ne lui était pas indispensable, n’est nullement atteint par les recherches qui nous occupent, et reste entier. | |

Ce qui arrivera peut-être dans l'avenir, c'est que des faits, que des auteurs, non prévenus, auraient rangés parmi les manifestations de la tuberculose commune, devront être classés par eux, mieux informés, dans les pseudo-tuberculoses.' A cette combinaison, c’est le bacille de Koch qui perdra le plus. Mais ce bacille, qui a dépouillé la scrofule d’une grande part de ses attributs, peut bien s’atlendre à pareille spoliation de la part de microbes rivaux ; il est assez riche pour ne pas trop en pâtir. |

Mais dans cet ordre d'idées la parole est aux chercheurs de l’avenir. Pour le présent déclarons que la tuberculose de

Koch et les pseudo-tuberculoses sont des maladies diffé-

rentes. Non pas qu’elles n'aient quelques points de contact et que, par certains de leurs caractères, elles ne soient presque superposables.

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. Ainsi la nature des lésions est commune dans l’une et les autres maladies. De part et d'autre, c'est le tubercule suivi ou accompagné d’à peu près les mêmes dégénérescences. Mais, si l’on veut bien porter son attention sur la morphologie du bacille de Koch, sur ses colorants, sur le peu de rapidité de développement de ses cultures, sur la relative lenteur évolutive de la maladie expérimentale qu'il engendre et que l'on compare avec la morphologie, les colorants des microbes pseudo-tuberculeux, leur prompte croissance en cultures, et la rapidité d'évolution de la pseudo-tuberculose dont ils-sont les agents, on se rendra compte aisément qu’il s’agit là de maladies bien distinctes causées par des microbes différents.

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Tant qu’il s’agit de distinguer la tuberculose commune des pseudo-tuberculoses, les auteurs sont d'accord. Quand il faut différencier les pseudo-tuberculoses entre elles, l'accord cesse et les conflits se produisent.

Pour quelques-unes, cependant, l'opinion semble bien fixée. Après Malassez et Vignal, qui, les premiers, avaient décrit là tuberculose zoogléique, les observateurs qui suivirent déclarèrent spontanément avoir eu sous les yeux la même forme de tuberculose. Eberth, Nocard, Chantemesse, Grancher et Ledoux-Lebard, s'accordent très bien pour déclarer qu'ils ont eu affaire à la tuberculose zoogléique de Malassez et Vignal, et, en fait, leurs observations, malgré de légères différences de détail, peuvent être classées dans le même groupe. À ce groupe nous rattacherions volontiers les faits de Am-

er rusch, Leroy, Pfeiffer et Manfredi. Ces derniers auteurs ont tous constaté la forme zoogléique.

Mais Charrin et Roger annoncèrent qu'ils avaient trouvé un microbe qu'ils ne pouvaient rapprocher, ni des zooglées de Malassez et Vignal, ni du bacille de Koch. C'était déjà un: troisième microbe tuberculeux; un quatrième allait bientôt surgir avec les travaux de Dor.

On se mit à l'étude pour voir si: le bacille de Charrin et Roger, et si le strepto-bacille de Dor étaient réellement différents des zooglées précédemment observées, ets'ils n’en étaient pas une variante.

Grancher et Ledoux-Lebard conclurent à l'identité des microbes; Nocard, par des expériences sur des animaux, arriva aux mêmes conclusions. à

Le meilleur argument que fournirent Grancher et Ledoux- Lebard fut celui-ci: c’est que, par des artifices divers, ils avaient transformé le microbe même de Charrin et Roger, de sa forme bacillaire en sa forme zoogléique. Ils ajoutèrent que la forme zoogléique ainsi obtenue n’était pas parfaite, et qu’elle rappelait beaucoup la forme dégénérée de la zooglée, lorsqu'elle se prépare à laisser diffuser ses éléments et à disparaître.

De plus, ils avaient obtenu ce résultat, entre autres artifices, dans des cultures âgées, à 40°, ce qui n'avait pas été indifférent pour la virulence. Et ïls concluaient que, la question de forme important peu, les faits de Charrin et Roger devaient être classés parmi les tuberculoses zoogléiques. Il est évident que l’on peut faire varier à volonté la morphologie des microbes, mais il nous semble qu'à vouloir se livrer, à propos de microbes, à des comparaisons d’après les formes, il faudrait étudier les formes naturelles, habituelles, telles qu’elles se présentent dans les conditions favorables, et non des formes tourmentées par des artifices de laboratoire. D'ailleurs, Charrin et Roger ont répondu sur le terrain des dégénérescences. Alors que

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