‹ Des Pseudo-Tuberculoses MicrobiennesChapitre 4 sur 24 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Ces choses dites, nous entrons dans l’exposé des faits qui nous intéressent, non sans nous livrer d’abord à une discussion de mots.

Le nom de « pseudo-tuberculose » a été employé pour la première fois par Eberth, et, sous le patronage de cet éminent bactériologue, a rapidement fait fortune. Notre devoir est de : ne l’accepter qu’en connaissance de cause. |

Ce serait une erreur de croire que l'épithète «pseudo», appliquée au mot de tuberculose, répond à la réalité des faits que nous allons examiner. On se rendra compte par la lecture de ces faits, qu’il ne s’agit pas de « fausses » tuberculoses, que, au contraire, ces tuberculoses sont très vraies. Il y a là un abus de langage qui laisse entendre, semble-t-il, que la bacillose de Koch est Ja seule vraie tuberculose, ce qui n’est pas exact. Elle est la plus commune, et cela suffit pour justifier le rang qu’elle occupe en pathologie humaine, mais elle n'est ni

une

plus ni moins vraie que les pseudo-tuberculoses. Le qualificatif qui conviendrait le mieux à ces dernières serait celui de « rares », au moins actuellement.

Mais, en somme, puisqu'il est convenu que, dans le cas actuel, « pseudo » signifie « rare » et que tout le monde s’entend lorsqu'on parle de pseudo-tuberculose, nous continuerons à employer cette expression, pour la commodité du langage. | - Nous ferons d'abord une élimination d'ordre général, et cette élimination portera sur la tuberculose aviaire. On s’accorde assez, en général, à en faire une maladie différente de la tuberculose humaine. Là où l'accord cesse, c’est quand il s’agit de déterminer le microbe dont elle relève. Ce qui n’a pas peu contribué à embrouiller cette question, c’est qu’au

- début, on a étudié expérimentalement la tuberculose humaine

avec des cultures de provenance aviaire. Depuis, des essais de

différenciation ont été tentés, essais peu concluants, à ce qu'il paraît, puisque, tandis que les uns, avec Koch, voient dans

Je bacille aviaire un microbe d'espèce diflérente du microbe humain, les autres le considèrent de même espèce, mais de race différente (1).

Ce n’est pas nous qui ferons pencher la balance en faveur de l’une ou de l’autre opinion. Vouloirécrire sur la tuberculose aviaire, ce serait nous préparer de trop longues pages, et peut-être aussi obscurcir la question des pseudo-tuberculoses microbiennes, qui n’est déjà pas si limpide.

Nous ferons encore une autre élimination, celle-ci d'ordre particulier. ;

Au cours de nos recherches bibliographiques, nous avons

- rencontré une communication de Duguet et Héricourt (2), dans

(1) Consulter à ce sujet les deux excellents chapitres sur la tuberculose aviaire des Leçons sur la tuberculose, par Arloing. Paris, 1892. (2) Académie des sciences, 19 avril 1886.

TG laquelle ces auteurs disent avoir vu « les spores du bacille de Koch devenir le point de départ des spores et du mycélium du microsporon furfur. » A oser donner une interprétation de ces faits, nous penserions que ces savants se sont trouvés en face d’une association microbienne.

Ils ont poussé jusqu’à l'extrême leurs conclusions logiques et ont déclaré que le bacille de Koch ne serait qu’une phase d'évolution du microsporon. |

Nous croyons savoir que celte opinion recueillerait actuellement peu d'adhésions.

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