EXPOSÉ CHRONOLOGIQUE DES FAITS
Voici maintenant l’énumération chronologique des faits se rapportant aux pseudo-tuberculoses microbiennes. Nous en avons résumé le plus grand nombre aussi fidèlement que possible. Nous en avons transcrit littéralement certains autres en raison de leur importance clinique.
La première pseudo-tuberculose est assez intéressante à signaler, parce qu'elle à été vue peut-être par ToussaInT, avant que Koch n'ait découvert son bacille. Nous disons « peut-être », parce que Toussaint ne put compléter lui-même sa première communication, et qu'une certaine obscurité empêche l'interprétation. |
Les premières recherches de Toussaint(1) datent de 1880. Du sang de vache tuberculeuse fut ensemencé dans des bouillons Pasteur. Ces bouillons furent mis à l’étuve et des colo-
(1) H. Toussaint, Sur le parasitisme de la tuberculose. (Académie des sciences, 16 août 1881.)
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Deux heures après la mort, sur un enfant de quatre ans emporté par une méningite tuberculeuse, Marassez et Vi- GNAL enlèvent un nodule tuberculeux sous-cutané; ce nodule est dur, bien limité, caséeux, mais sans foyer de ramollissement dans ses parties centrales. Il fut l’objet de constatations, et l’origine d'expériences que nous allons résumer.
Disons d’abord qu’il fut impossible de déceler, dans ce nodule, la présence du bacille de Koch. Une partie de la matière caséeuse qu'il contenait servit à faire des inoculations directes, une autre partie fut mise en culture.
Inoculations directes. — Un premier groupe de cochons d'Inde fut inoculé, les uns dans le péritoine, les autres dans le tissu cellulaire sous-cutané abdominal.
Un de ces animaux mourut au sixième jour de tuberculose généralisée, et servit à inoculer un second groupe de cobayes : qui devinrent tous tuberculeux. Quand Malassez et Vignal communiquèrent leurs travaux, ils en étaient au sixième passage; ils avaient par conséquent donné à leurs animaux une maladie inoculable et transmissible en série. |
Les lésions observées furent sensiblement les mêmes chez les divers animaux de ces diverses séries. Au point d’inoculation, il se produisait un ou plusieurs nodules qui grossissaient peu à peu, se caséifiaient, se ramollissaient, et se vidaient à l'extérieur, arrivant ainsi quelquefois à cuérison. Mais pendant ce temps les ganglions, le foie, la rate, l’épiploon, etc., étaient pris à leur tour, puis les organes thoraciques: poumons, ganglions bronchiques. C'était d'abord de petites
(1) Malassez et Vignal, Archives de physiologie normale et pathologique. — Tuberculose zoogléique, 1883.
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Dans cette série de tuberculoses provenant des produits de
culture, les lésions présentèrent la même marche, les mêmes apparences macroscopiques el microscopiques que dans la série des inoculations directes.
Jusqu'ici, rien qui doive surprendre. Un node tuberculeux, | dans lequel, il est vrai, on n'avait pas trouvé le bacille, était inoculé à des cobayes, qui devenaient tuberculeux ; cela était dans les règles admises. C'était même une méthode, et non la moins mauvaise, pour mettre dans les cas douteux le bacille en évidence.
Malassez et Vignal cherchèrent donc le bacille de Koch dans les lésions de leurs cobayes et ne le trouvèrent d'abord pas. Mais ils trouvèrent autre chose.
Au centre de jeunes granulations, ils virent qu’il existait de petites masses granuleuses qu’on aurait pu prendre pour
des parties en dégénérescence caséeuse. Mais c'était là un
aspect trompeur, puisque les limites de ces masses avec les cellules lymphoïdes environnantes étaient excessivement tran- - chées, et qu’on ne trouvait à leur pourtour aucune cellule en voie de dégénérescence. On en découvrit de complètement isolées, en dehors de toute granulation, en plein tissu sain, tantôt isolées, tantôt groupées en certain nombre. Leur forme était en général arrondie, sphérique ou ovoïde. Leurs dimensions étaient très variables : les unes très petites, à peine reconnaissables, d’autres plus volumineuses, allant de 20 à 50 ë de diamètre.
Ces masses, Malassez et Vignal les retrouvèrent plus ou moins évidentes dans toutes les.lésions, surtout dans les lésions jeunes. Dans les lésions avec dégénérescence wvitreuse, elles devenaient beaucoup plus rares. Qu'étaient ces masses ? Indifférentes à la potasse, à l'acide acétique, à l’éther,
COR ce n’était sûrement pas des produits graisseux ou protéiques.
Les savants expérimentateurs s’assurèrent également qu'elles n'étaient pas dues à un artifice de préparation, et, après une minutieuse analyse de tout ce qu’ils avaient constaté, déclarèrent s'être trouvé en présence d’un organisme vivant habituellement en amas qu’ils désignèrent du nom d'amas zoogléiques de microcoques, de gliocoques, ou plus simplement zooglées.
A l'époque où leurs premiers ue furent publiés, MM. Malassez et Vignal n'étaient pas encore en possession des méthodes de coloration qu'ils devaient Spore plus tard et avec tant de profit. ‘
Nous reviendrons plus loin sur ces colorations et sur les
résultats d'observation qu’elles fournirent.
Mais MM. Malassez et Vignal n'étaient pas au “ous de leurs surprises. =
Nous avons dit que leurs premières recherches pour déceler le bacille furent infructueuses ; ils ne le trouvèrent d'abord pas.
Ils devaient le retrouver par la suite.
. Nous avons déjà dit qu'ils avaient remarqué l'absence ou l'atypie de leurs zooglées dans les lésions anciennes. Ils remarquèrent aussi que leurs zooglées devenaient plus rares au fur et à mesure des inoculations, et, avec cette rareté, coïncida l'apparition du bacille de Koch.
Ils constatèrent, en effet, la présence de ce bacille à la cinquième génération des animaux à inoculation directe, à la troisième pour les animaux à inoculation de produits de cultures.
Ajoutons qu'un de leurs deux tubes d’ensemencement, tube dont la récolte leur parut peu florissante, donna lieu d'emblée à une tuberculose bacillaire.
D'où venait ce bacille, si opiniâtrément et si infructueuse-
| = | ment cherché dans les lésions des générations précédentes ?
Ici, le champ s’ouvrit aux hypothèses.
Nos auteurs en firent deux : dans la première, ds considéraient les bacilles survenus comme provenant d'une transformation des zooglées ; dans la seconde, ces bacilles étaient le fait d’une infection superposée et indépendante de la zoogléique. Quoique indécis, la première de ces hypothèses parut recueillir leurs suffrages ; mais, dans la suite, leur préférence se porta vers la seconde, et voici en quels termes ils essayent de justifier cette préférence :
« Il est une autre façon de considérer cette seconde hypothèse, et celle-ci rend compte de tous les faits observés. Elle consiste à admettre que nos pièces d’inoculation contenaient à la fois le germe de deux tuberculoses. On pourrait dire, en effet, que si dans deux de nos séries d'expériences les zooglées se sont seules montrées pendant plusieurs générations, c’est que nous avions eu affaire à des tuberculoses zoogléiques suraicuës qui emportaient nos animaux avant que la tuberculose bacillaire ait eu le temps de se manifester ; cette dernière ne serait apparue que lorsque, l'infection zoogléique s'étant affaiblie, les animaux ont pu résister et vivre plus longtemps. Et si deux cultures provenant d’une même pièce ont donné lieu à deux tuberculoses différentes, c'est que, dans chacune d'elles, il s'était développé un seul des deux microorganismes, ou, du moins, l'un d'eux plus spécialement. Telle est l'hypothèse qui nous parait rendre le meilleur compte de l'ensemble des faits actuellement connus ; mais nous ne voulons, nous ne pouvons rien affirmer encore, la démonstration étant bien loin d’être faite; ce n’est qu'une théorie d’attente : qué nous proposons là. »
Voyons maintenant quels furent les procédés de coloration de MM. Malassez et Vignal, et ce que ces procédés permirent de constater.
ENS La pièce à colorer était laissée pendant quelques heures dans un bain ainsi composé :
Eau distillée saturée d'huile d’aniline et
LR RAM EE AM SRE 9 cc.
Solution concentrée de bleu de méthylène dans NeCooL a 908.7, 2,7. £ ce.
Pour décolorer, ils arrivèrent, par tâtonnements, à la liqueur suivante :
Solution aqueuse de carbonate de soude D nee eee 1€ net à VOlUMES AICOOE AS. Le 2 eue à 1 —
La préparation, après manipulations habituelles de lavage, de déshydratation, était éclaircie à l’essence de girofle et montée dans le baume de Canada.
Les auteurs trouvèrent à ce procédé un inconvénient : l'opération de la décoloration était très délicate; aussi arrivait-il que l’on décolorait trop ou trop peu.
Ils cherchèrent alors un bain colorant peu intense, qu’on ferait agir lentement, et qui donnerait d'emblée la coloration voulue, rendant ainsi toute décoloration inutile. Après recherches, ils arrivèrent au mélange suivant :
Solution de carbonate de soude à 2 pour 100. 10 volumes Eau distillée saturée d’huile d’aniline . . . 5 — PDO ANTON EL en sta Le vais ru 3 —
vol. d’eau distillée et 1 vol. de solution concentrée de bleu de méthylène dans Falcon ar denrés, eee ere, à 3 —
Les pièces à colorer devaient rester deux à trois jours dans ce bain. Ce procédé était donc plus lent que le premier,
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mais il offrait l'avantage d’être d’une exécution beaucoup plus facile, et d'être par conséquent plus sûr.
A l'aide de ces procédés de coloration, Malassez et Vignal étudièrent leurs zooglées. |
A un faible grossissement, un premier fait sauta aux yeux : les masses zoogléiques ne se coloraient pas toutes de la même façon. En Les unes étaient d’un bleu intense dans toute leur étendue, les autres ne se coloraient qu’à leur périphérie, d'autresétaient à peine teintées ; il en était enfin qui, incolores, se déta- : % chaient en clair sur le fond bleuté de la préparation. Celles A: qui se coloraient le mieux semblaient être d’origine plus ré- | FFE cente ; au contraire, celles qui en tout ou en partie prenaient | moins bien la couleur, semblaient être d’un âge-plus avancé. Ces différences de coloration et de colorabilité tenaient donc à des différences de vitalité, en rapport elles-mêmes avec des différences d'âge et de siège.
A de plus forts grossissements (1/18 de Zeiss, immersion homogène et éclairage Abbe), on remarqua que la couleur se fixait surtout sur les coccus eux-mêmes, et moins bien sur leur matière unissante.
Ces coccus étaient disposés en séries linéaires, en chapelets. s 3 Ces séries tantôt s’entrecroisaient, tantôt demeuraient paral : lèles. Par compression sur la lamelle, on pouvait dissocier les =
séries, mais les coccus constituant les chapelets ne se désunissaient pas. Et l’on vit bien que les masses zoogléiques étaient constituées par un ou plusieurs de ces chapelets entortillés et pelotonnés sur eux-mêmes.
Les coccus étaient en général de forme allongée, mesurant de 0 u 6 à 1 & de long sur O3 de large. Quelques-uns, plus | PRE allongés, présentaient un étranglement à leur partie moyenne. |
Dans les zooglées plus âgées, celles qui fixaient moins bien la matière colorante, la disposition en séries, précédemment
TOR Tee signalée, tendaient à disparaître ; la pressionsur la lamelle dissociait même les chapelets dont les coccus constituants se dispersaient. D'autres formes, d’autres groupements furent observés. En voici, d’après Malassez et Vignal, l'énumération générale :
« 1° Microcoques plus ou moins allongés mesurant environ de 0 g 6 à 1 u de long sur O0 u3 de large, tantôt isolés, tantôt réunis deux à deux en diplocoques ;
2° Courts chapelets rectilignes ayant à des grossissements plus faibles un peu l’aspect de bacilles et constitués par la réunion de 3, 4, 5 microcoques semblables aux précédents ; ces chapelets sont parfois isolés, parfois réunis en petits groupes ;
3° Chapelets plus ou moins longs formant entre les éléments des sinuosités, des anses, des boucles; on les trouve également isolés ou réunis plusieurs sur le même point ;
4° Petites zooglées formées d'un ou de plusieurs chapelets semblables aux précédents, mais lächement contournés sur eux-mêmes, à la façon d’un écheveau mêlé, ou d’un peloton peu serré;
5° Zooglées propre.nent dites, différant des précédentes par leur volume plus considérable, et parce que les chapelets qui es composent forment un palotonnement plus serré et une masse plus homogène. »
Malassez et Vignal firent remarquer que la forme en courts chapelets, qu’ils avaient observée, pouvait en imposer pour des bacilles de Koch, et cela d'autant plus facilement que, dans certaines conditions, ce bacille semblait formé par de petits grains. Mais ils ajoutèrent immédiatement que les petits grains qui composent le bacille de Koch étaient plus sphériques ‘et plus petits que leurs coccus. Ils trouvèrent encore un élément de différenciation dans les états sinon perma-
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Se 7 une tuberculose exclusivement zoogléique. Deux autres reçurent leurs matériaux d’inoculation du cobaye B : le premier, sacrifié au bout de seize jours, présenta des granulations tuberculeuses en voie de développement dans tous les organes; le second mourut après quatre-vingt-dix jours avec une tu- berculose généralisée. Les lésions de ces deux derniers animaux contenaient le bacille de Koch.
Nous trouvons une observation pouvant se rapprocher de ‘ ces dernières dans la thèse du D' MÉLrAN (1)
Sur une coupe de poumon, présentant au sommet une grande caverne, cet auteur trouva, outre des bacilles tuberculeux, des amas granuleux, les uns légèrement jaunâtres, les autres jaunes au milieu, avec des points violets à la périphérie; enfin, d’autres complètement violets. Ces amas étaient constitués par des microcoques, le plus souvent disposés concentriquement. À la périphérie, ils étaient disposés en petits chapelets, prenant fortement la couleur.
A l'inverse de Malassez et Vignal, lPauteur colorait ses masses granuleuses par la méthode d'Ehrlich.
L'opinion de Mélian est qu'il faut considérer ces masses micrococciques comme étant le même microorganisme que le bacille tuberculeux, mais à un stade différent de développement. -
A l'appui de cette opinion, l’auteur dit bien qu'il a trouvé ces zooglées en même temps que le bacille dans les mêmes préparations, mais il n'a tenté aucun essai de différenciation, et n'a fait ni cultures, ni inoculations.
A l'étranger, quelques faits nouveaux allaient être aussi
signalés.
En 1885, sous la dénomination de pseudo-tuberculose,
(1) Mélian, Recherches sur le bacille tuberculeux (Thèse de Montpellier, 1884). :
regie Eserrx (1) décrit une maladie identique macroscopiquement à la tuberculose vraie, mais en différant par les caractères bactériologiques. Il a étudié cette curieuse affection sur le cochon d’Inde, et en dernier lieu sur le lapin; ses plus récentes recherches tendent à lui faire adméttre qu’il s’agit là d’un processus absolument identique à celui que Malassez a décrit sous le nom de Tuberculose zoogléique ; toutefois il n’a jamais trouvé de micrococcus comme ce dernier auteur, mais toujours de véritables bacilles. Histologiquement, ces masses sont constituées par des cellules embryonnaires, plus ou moins développées, dont les plus centrales forment des masses amorphes, réfractaires à la coloration, quelquefois nécrosées ou caséifiées.
Quant au microorganisme qui détermine Pévolution de ce processus, il est arrivé, après plusieurs essais, à le colorer au moyen d’une solution de bleu de méthylène dans de la potasse (100 cent. cubes d’une solution de potasse au dix-millième, auxquels on ajoute 30 cent. cubes d’une solution alcoolique concentrée de bleu de méthylène); les coupes sont laissées dans cette solution de dix à soixante-douze heures.
Les bacilles sont alors bien distincts, et l’on peut constater facilement qu'ils forment des chaïnettes plusieurs fois repliées sur elles-mêmes, constituées par des bacilles plus ou moins allongés ; souvent aussi on voit des amas formés d’une grande quantité d'individus isolés. Ces bacilles, deux à trois fois plus longs que larges, dont le diamètre dépasse plus de deux fois celui du bacille de la tuberculose, se colorent souvent d’une façon plus accusée aux extrémités, si bien qu’au premier abord, les deux pôles, seuls colorés, pourraient faire croire qu’il s’agit de micrococcus.
(1) Eberth, Der Bacillus des Pseudotuberculose (Fortschritte der Medicin., n° 22, 1885).
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Ces microorganismes se tiennent généralement au centre des nodules; dans les plus jeunes, de sont surtout des bacilles disposés en chainettes repliées ; dans les nodules plus anciens, déjà nécrosés, on constate, à côté d'amas considérables de bacilles isolés, des bacilles en chaîinettes, de même que dans les parties périphériques.
Cette distribution des microorganismes explique bien pour-
quoi l’évolution de la pseudo-tuberculose se fait sous forme de nodules.
La même année M. Nocarp (1) eut l’occasion d’exarniner un poumon de poule, farci d’un grand-nombre de petites tumeurs, de consistance ferme, d'apparence tuberculeuse et du volume d’un grain de mil à celui d’un pois: Ces éléments lui suffirent pour déclarer que ce n'était pas un cas de tuberculose vulgaire.
Il se demanda si l'on ne pourrait pas avoir affaire à de la tuberculose zoogléique analogue à celle de MM. Malassez et Vignal.
L'événement justifia cette prévision.
L'examen des coupes. colorées par le procédé de Malassez et Vignal montra que les jeunes granulations étaient constituées par des cellules rondes à gros noyau et, disséminés çà et là, des amas de microcoques ou zooglées.
Les plus petites de ces zooglées paraissaient homogènes. Les grosses se coloraient moins bien à leur centre qu'à leur périphérie. Les microcoques étaient arrondis, ovoïdes, comme noyés au milieu d’une substance unissante ; ils pouvaient s’allonger au point de figurer des bacilles courts et grêles.
Les tubercules, plus volumineux, présentèrent une zone de
(1) Nocard, Sur une tuberculose zoogléique des oiseaux de basse-cour (in Bulletin de la Société centrale de médecine vétérinaire, 14 mai 1885).
OR cellules épithélioïdes, un centre caséeux ne contenant pas de
zooglées.
Celles-ci se montrèrent nombreuses à la périphérie de la lésion. Les cellules géantes étaient extrêmement rares, le bacille de Koch, recherché par le procédé d’Ehrlich, ne fut jamais trouvé.
M. Malassez vit les préparations de M. Nocard et ne douta pas qu'il ne s'agit là de tuberculose zoogléique.
En 1886, ManrReot (1), examinant les crachats de deux malades atteints d’une pneumonie maligne qui se termina par la mort, eut l’occasion de constater la présence d’un microcoque particulier.
Ce microcoque, tantôt isolé, tantôt en diplocoque, était légèrement oblong et arrondi aux extrémités. Il avait 1 p de long et de 0 p 4 à 0 uw 8 de large. Il avait parfois l'aspect d’un très court bacille.
En culture, sa température optima parut être de 18° à 37° centigrades.
Sur la gélatine, qu'elles ne liquéfiaient pas, les colonies apparurent en vingt-quatre heures, circulaires, lésèrement bleuâtres par transparence, gris perlé sans réflexion. Dans le bouillon peptone, les microcoques se disposaient fréquemment en chaïînettes.
Les inoculations furent faites sur des lapins, des cobayes, des chiens, des souris, des oiseaux. Tous ces animaux se montrèrent sensibles. Il se formait d’abord une tumeur souscutanée s’abcédant bientôt, s'accompagnant d’une hyperthermie considérable et de retentissement ganglionnaire. La mort arrivait en neuf ou dix jours, avec, comme lésions, des
(1) L. Manfredi, Sur un nouveau microcoque, agent pathogène des tumeurs infectieuses. Rapports avec la pneumonie (in Fortsch. der Medicin, 1886).
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