‹ Des Pseudo-Tuberculoses MicrobiennesChapitre 8 sur 24 · CL · texte numérisé non relu

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- | avec nodules dans le foie, la rate, les poumons. Il est difficile

£ 48 mettre les z00glées en évidence.

huit heures, avec signes de péritonite, de pleurésie. Le foie, la rate, sont farcis de tubercules que le microscope } seul met en évidence.

une teinte bleu de ciel. La culture du microbe et des ne

s'agit, en réalité, de deux formes d’un seul

at de longs chapalets de bacilles atteignant de 6

réussi, bien 6 que ch examen de ce nor après coloration, n’ait

L'inoculation intraveineuse tue en trente-six ou quarante-

AR AE Les zooglées se colorent d’une façon très intense. L’inoculation péritonéale tue les animaux en quatre ou six

jours, avec des lésions déjà décrites. Les zooglées prennent

de la couleur la quantité nécessaire pour que leur étude soit facile.

MM. Nocard et Masselin terminaient ainsi leur communication :

« Cette communication tire son principal intérêt de ce fait

que la lésion procède d’une vache suspecte de tuberculose.

Toutefois, comme le jetage inoculé est un produit forcément

impur, l’autopsie permettrait seule de savoir si la vache est tuberculeuse et si sa tuberculose est bacillaire ou zoogléique.»

M. Nocard parvint à se procurer cette vache et put l’examiner à loisir (1). Un nouvel examen du jetage, par le procédé d’'Ehrlich, fut négatif. L’inoculation de ce jetage à quatre cobayes ne les empêcha pas de vivre en parfaite santé. On les sacrifia, mais aucun d’eux ne présenta le moindre tubercule. 2:

M. Nocard se décida alors à sacrifier sa vache. Nulle part il ne trouva de lésions tuberculeuses. Seules, les petites bronches du lobe antérieur du poumon droit, un peu dilatées, contenaient du mucus concrété, à peu près pur.

L'examen histologique de ce mucus ne montra ni bacilles ni zooglées. L’inoculation de ce mucus à quatre cobayes

n'eut pas plus d’effet sur ces animaux que l’inoculation du

jetage. On les autopsia un mois après, mais ils ne présentèrent aucune lésion tuberculeuse ou autre.

« En somme, dit M. Nocard, dans ce cas, l'infection paraît

avoir été accidentelle : ou bien la zooglée inoculée avait été

recueillie, en même temps que le jetage, sur les naseaux de

la vache suspecte, naseaux toujours couverts de poussières ;

(1) Société de biologie, 26 octobre 1889.

ns ou bien elle préexistait dans le vase qui a servi à l'expédition du jetage. »

Malgré l'incertitude du point de départ, nous avons cru devoir mentionner le fait de Nocard et Masselin.

Sans doute, être éclairé sur la provenance d’un microbe, est chose importante ; mais, ce qui n’est pas moins important, c'est de déterminer la qualité et la quantité du pouvoir pathogène de ce microbe, et c’est ce qui a été fait. L’observation de Nocard et Masselin apporte, par surcroît, une preuve de plus à cette idée — parfaitement admise d’ailleurs — que,

pour un microbe, la banalité de sa provenance n’est nulle-

ment en rapport avec sa virulence.

En avril 1888, MM. GrancHer et LEpoux-LEBarp (1) étudiaient le pouvoir de filtration du sol. Sur une couche de

terre, préalablement arrosée avec une culture du bacille de

Koch, ils filtrèrent de l’eau stérilisée. Ils recueillirent le liquide filtré et s'en servirent pour des inoculations. Un cobaye inoculé servit de point de départ à des inocu-

-Jations en série. Les lésions des animaux de cette série furent

mises en cultures, lesquelles servirent à de nouvelles inoculations.

Étude des cultures et du microbe.— Les ensemencements furent faits avec le foie et la rate. | Sur gélatine, glycérinée ou non, les cultures apparurent au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures à 20°. Il en fut de même sur gélose, qu’elle fût ou non salée, sucrée ou glycérinée. Le sérum parut un milieu favorable. Sur pomme de terre, la culture n’apparut qu'après plusieurs jours. Sur

plaques de gélatine et d’agar, les colonies prirent Paspect de

(1) Grancher et Ledoux-Lebard, Recherches sur la tuberculose zoogléique (Archives de médecine expérimentale, 1889).

Le ARE

gouttes de cire blanche. Elles cessaient rapidement de croître,

Dans les divers bouillons il se formait, à la surface, des pellicules qui tombaient plus tard au fond du liquide.

Le microbe se montra manifestement aérobie.

Dans de jeunes cultures, les microbes, examinés dans une goutte de solution aqueuse de fuchsine, se montrèrent sous forme de bâtonnets longs de 1 à 2 x, arrondis à leurs extrémités, réunis en masses ou zooglées, disposés en chapelets parallèles ou s’entrecroisant sous des angles divers.

Dans les plus vieilles cultures, les zooglées se désagrégeaient, les bâtonnets devenaient plus courts, et se transformaient en microcoques ovoides très mobiles.

On trouvait aussi quelques bacilles allongés, offrant à leur centre un léger étranglement. Dans les bouillons boriqués à 2 ou 3 pour 1000, les bacilles atteignaient 4 à 5 p de longueur.

La température de 20° C se montra la plus favorable. Les colonies qui poussaient à 30° et à 37° semblaient plus précoces, mais subissaient bientôt un arrêt de développement. Mais elles ne perdaient pas, nécessairement, fécondité et virulence; puisque telle culture à 37°, stérile sur agar, fut fertile sur bouillon ; que telle autre culture stérile sur l’agar et dans le bouillon, se montra virulente pour Île lapin.

Anatomie pathologique. — Le premier cobaye inoculé fut le premier terme d’une série de quatre passag'es successifs de cobaye à cobaye. Tous ces animaux, inoculés dans l'abdomen, moururent en quatre et sept jours, avec de la péritonite et des granulations miliaires du foie et de la rate. Les coupes portant sur les lésions furent colorées par la méthode de Malassez et Vignal, ou par celle de Kühne, au bleu de méthylène. L'examen porta surtout sur le foie. Les zooglées occupaient les capillaires des lobules et les travées hépatiques, et pouvaient faire irruption jusque dans les vaisseaux portes.

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1 la nn de la D de Dans. les grauses on ne trouvait plus que des microcobacilles disséminés, et dés chapelets comtit nombre d articles. Cette variation dans res par des passages. pou AU

LAS tuait. Grancher et Ledoux-Lebard, déjà convaincus, malgré ce pléomorphisme, qu'il ne s'agissait que d’un seul et même microbe, consolidèrent cette opinion par d’autres expériences. Ils inoculèrent à des lapins ét des cobayes des cultures sans zooglées, mais renfermant seulement des microbes disséminés. La maladie qui suivit se montra identique, par son évolution et ses lésions, à celle produite par l’inoculation des cultures exclusivement zoogléiques. 20

MM. Grancher et Ledoux-Lebard, comparant leur tuberculose avec celle décrite par Charrin et Roger, n’y trouvèrent qu'une seule différence : l'impossibilité où ces derniers auteurs s'étaient trouvés de déceler le bacille dans les tissus. Cette impossibité n’était pas absolue, puisque, dans des lésions produites par des cultures de MM. Charrin et Roger, Grancher et Ledoux-Lebard parvinrent à mettre le bacille en évidence par le procédé de Kühne. L'identification des deux maladies n’était pas encore complète. :

En effet, Charrin et Roger avaient obtenu d'emblée la forme bacillaire disséminée, tandis que Grancher et Ledoux- Lébard n'avaient obtenu cette forme qu’après la forme z00gléique.

Et si de la zooglée on passait très naturellement et sans artifices au bacille disséminé, le passage inverse du bacille à la zooglée restait à trouver. Ce désidératum fut bientôt comblé.

Grancher et Ledoux-Lebard (1) reprirent leurs expériences. Dans des cultures vieilles de quelques jours à 40° dans du bouillon peptonisé ensemencé avec leur bacille, ils retrouvèrent des zooglées manifestes. Le

Il n'y eut pas que la température qui fût capable d'opérer ce passage, puisque, après ensemencement de bacilles, ils re-

(1) Grancher et Ledoux -Lebard,. La tuberculose zoogléique (Archives de médecine expérimentale, 1890, p. 589).

on nz glées, à condition dures mettre au rés- ; en culture dans la solution de Nœgeli (1).

récède, ; Grancher. et Ledoux- Lebard con-

q il ut penser à de cette 2 opinion. PASS AT LE,

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à 0,1 décigrammes :

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SU — 2Celui ds lapins, qui faisait l’objet de la présente note; 3° Celui de MM. Charrin et Roger; 4° Celui de M. Dor.

Avec une culture de chaque microbe (culture dans le bouillon de veau peptonisé à 1 pour 100, après quarante-huit heures de séjour à l'étuve à 35°), j'inoculai le même jour : .

1° Deux lapins (A), par injection intra-veineuse ;

2° Deux lapins (C), par injection sous-cutanée :

3° Deux cobayes (A), par injection intra-péritonéale ;

4° Deux cobayes (B), par injection sous-cutanée.

Chaque animal recut cinq gouttes de culture.

Tous les lapins A ont succombé pendant la nuit du deuxième au troisième jour qui a suivi l’'inoculation ; tous avaient de la péritonite et de la pleurésie ; chez tous, les parenchymes, normaux en apparence, ont présenté sur la coupe, après coloration au bleu de Lôffler ou de Kühne, des myriades de tubercules microscopiques, gorgés de zooglées colorées d’une façon intense ; il était impossible d'établir la plus petite différence entre les lésions de l’un ou de l’autre sujet.

Tous les cobayes À sont morts du cinquième au sixième jour, avec les mêmes lésions péritonéales, le même boudin épiploïque, le même piqueté blanchâtre du foie et de la rate; — chez tous l'examen des coupes, après coloration, a montré des tubercules bien constitués avec, au centre, des zooglées dont la périphérie seule était fortement colorée.

Enfin tous les lapins et les cobayes B sont morts du quinzième au vingt-quatrième jour, sans qu'on pût attribuer une action plus rapide à telle ou telle culture ; tous présentaient, à l’autopsie, des lésions identiques : tuberculisation intense du foie, de la rate et des poumons.

À l'examen histologique, il était extrêmement difficile d'y mettre en évidence quelques zooglées, à peine colorées à la périphérie.

D'autre part, l'aspect des cultures en milieux liquides ou solides, étant absolument le même pour chacun des quatre microbes d'origine distincte, je suis conduit à me ranger à l'opinion de MM. Grancher et Ledoux-Lebard: « Les pseudo-tuberculoses observées chez les cobayes et chez les lapins, par MM. Charrin et Roger, par M. Dor et

par moi, sont Les pseudo-tuberculoses zoogléiques identiques à celle de MM. Malassez et Vignal. »

PFEIFFER (1) est parvenu à cultiver à l’état pur le bacille de laflection déjà connue par les travaux d'Eberth, de Malassez et Vignal, qui ressemble d’ailleurs davantage à la morve qu’à la tuberculose ; ensuite il a reproduit l'affection, en inoculant le bacille, et constaté sa présence dans les tissus des animaux inoculés.

Ces bacilles sont courts et épais; ils se groupent volontiers au nombre de deux ou de plusieurs, s’entourent d’une mince couche transparente et sont immobiles. Ils croissent sur l’agar, la gélatine, le bouillon, le lait, les pommes de terre neutralisées. Ils sont tués par la dessiccation et par la chaleur au-dessus de 60°.

Sont sensibles aux effets de ce bacille: les lapins, les souris grises et blanches, les hamsters, les cobayes et les hèvres.

Sont réfractaires : les chevaux, les chèvres, les mulots, les campagnols, les chiens, les chats, les hérissons, les poules et les pigeons.

L'infection peut avoir lieu par inoculation, inhalation et ingestion. Ces bacilles ne se colorent pas par la méthode de Gram.

Dans la discussion, Bollinger dit qu’il lui paraît probable que la prétendue syphilis du lièvre est une affection analogue ou même identique.

M. J. CourMmont(?), faisant des recherches sur la tubercu-

(1) Pfeiffer (de Wiesbaden), Ueber den Bacillus der Pseudotuberculose bei Nagethieren (rongeurs) (Bert. klin. Woch., n° 42, p. 925, 21 octobre 1889).

(2) J. Courmont, Sur une nouvelle tuberculose bacillaire d'origine bovine (Etudes sur le tuberculose de Verneuil, 1890).

SEE lose bovine, reçut, au mois de décembre 1888, un paquet de gros tubereules appendus à la plèvre d'un bœuf. Il rechercha d’abord les bacilles de Koch, mais ne les trouva pas.

I fit alors des cultures et des inoculations.

L'ensemencement fut fait dans du bouillon de veau salé peptonisé et additionné de glycérine. Dès le lendemain la moitié des ballons étaient troublées, transformés en cultures pures d’un petit bacille; le bacille de Koch était toujours absent.

Huit lapins et huit cobayes reçurent sous la peau de la cuisse des fragments de ces tubercules. Les cobayes moururent tous du quatrième au huitième jour de l’inoculation.

A l’autopsie, on nota une hypertrophie de la rate et une infiltration considérable du membre inoculé. Le sang du cœur fut ensemencé; les ballons se troublèrent en vingt-quatre heures, et les cultures furent inoculées à deux cobayes. Ces animaux moururent ensemble huit jours plus tard. Ils étaient porteurs d’un abcès caséeux énorme remplissant. toute la cuisse inoculée et d’une rate hypertrophiée, sans aucune autre lésion. Le sang de ces animaux ensemencé donna des cultures qui, inoculées à d’autres cobayes, donnèrent toujours le même résultat.

Deux des lapins moururent dix-huit jours après l’inoculation. Très maigres, ils avaient un.petit abcès local caséeux, une rate énorme, un foie farci de petits tubercules ; les. poumons étaient indemnes. Pas de bacille de Koch.

Le sang, ensemencé, donna des cultures pures du même bacille que celui trouvé dans le sang des cobayes.

Quatre autres lapins (il en mourut six sur huit) succombèrent avant le quatre-vingtième jour de l’inoculation, avec les mêmes lésions.

En somme, huit cobayes étaient morts rapidement sans tubercules, et six lapins étaient morts, à des échéances variables, avec une belle éruption de tubercules localisée au foie.

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