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Toujours le bacille de Koch cédait la place à un autre ba-
cille qui se retrouvait dans les tubercules et dans le sang. Du tubercule de lapin inoculé au lapin et au cobaye produi-
sit toujours les:mêmes résultais : Les lapins mouraient en
vingt-cinq à quarante jours toujours tuberculeux ; les cobayes mouraient avant une semaine, le sang peuplé de bacilles, mais
sans lésion tuberculiforme, même microscopique. Pour expli-
quer ce fait, M. Courmont supposa que, l'organisme du cobaye étant trop sensible, l’animal succombait avant que les tubercules aient eu le temps de s’édifier. ;
Mais il devait bientôt abandonner cette explication, quand il constata: 1° que des cobayes pouvaient succomber en cinquante jours sans tubercules; 2° que des cobayes pouvaient mourir en cinq jours avec une tuberculose confluente du foie.
Ce dernier résultat fut atteint par l’inoculation chez le cobaye d’une culture du vingtième jour. Des lapins furent également inoculés avec cette même culture.
Cette fois, les rôles furent renversés. Les cobayes mouru-
rent parfaitement tuberculeux ; les lapins succombèrent avec de l’hypertrophie splénique, mais sans lésion spécifique.
Le rat blanc, inoculé avec des tubercules de cobaye, devint tüberculeux ; le pigeon resta réfractaire.
En somme, on se trouvait en présence d’un microbe pathogène qui, outre ses qualités virulentes, possédait, suivant le moment de son évolution, la propriété tuberculigène pour telle ou telle espèce. |
Ce microorganisme, mis en culture, végéta très bien dans tous les milieux liquides et solides, glycérinés ou non.
Il avait des limites de température assez étendues, et il était indifféremment aérobie ou anaérobie.
, Les cultures en bouillon de + 20° à + 46° se troublaient en vingt-quatre heures. Au bout de dix jours, le liquide devenait limpide et un flocon jaunâtre se déposait au fond du ballon.
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Dans les préparations fraîches et faiblement colorées des jeunes cultures, M. Courmont vit dans le champ du microscope une multitude de petits bacilles très rapprochés les uns des autres, courts et larges ; deux fois plus longs que larges. Chaque extrémité était occupée par un noyau, tandis que la partie médiane, légèrement étranglée, semblait être constituée par une zone claire. Ces bacilles, très mobiles, étaient absolument indépendants ; il fut impossible de constater la disposition par deux ou en chainettes.
Dans les cultures qui avaient poussé à de hautes températures, on trouva, à côté des éléments que nous venons de décrire, des bacilles beaucoup plus allongés, dix fois plus longs que larges, et présentant sur toute leur étendue une série de condensations protoplasmiques.
En culture sur gélatine-peptone, le bacille pousse également bien, sans jamais liquéfier. Sur pomme de terre, les colonies forment un amoncellement crémeux couleur café au lait.
Dans les lésions animales, les bacilles étaient plus longs que ceux des cultures. Dans les tubercules, les noyaux terminaux étaient plus nets, et ils avaient une longueur quadruple de la largeur. Dans la sérosité des œdèmes locaux, ils étaient sept ou huit fois plus longs que larges, et se réunissaient quelquefois par deux bout à bout.
Ce bacille fixait tous les colorants, maïs avec très peu d'énergie. Aussi la méthode de Gram décolorait-elle rapidement les préparations. Les méthodes de coloration spéciales au bacille de Koch ne donnèrent aucun résultat.
En 1890, ZaGar1(1), en inoculant à des cobayes de la matière supposée charbonneuse, a déterminé chez ces cobayes une infection à marche rapide, dont les lésions ressemblaient à
(1) Fortschritte der Medicin, août 1890.
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mesure sanitaire. Les altérations caséeuses tuberculeuses
étaient considérables et des plus caractéristiques dans les pou-
mons, les reins, la rate, les ganglions bronchiques et mésentériques. |
Le bacille de Koch, cherché, ne fut pas trouvé, etM.Leroy eut alors recours à l’expérimentation sur le lapin.
Deux de ces animaux reçurent de cette matière tuberculeuse, l’un dans la chambre antérieure de l'œil, l’autre dans la paroi abdominale. |
Ces inoculations furent pratiquées le 28 février 1889. .
Sur le lapin à inoculation abdominale, la cicatrice, après
l’ablation des fils de suture de la plaie, ne se fit pas complè-
tement ; il resta un pertuis assez étroit par où s’écoulait une matière collante et visqueuse. A partir du 9 mars, il se développa dans le voisinage de cette cicatrice une tumeur grosse comme une noisette, qui s’ulcéra bientôt. Cette tumeur futenlevée pour servir aux recherches microscopiques et pour faire des cultures. La plaie d'ablation se referma, se cicatrisa. Comme cinq mois plus tard l’animal maigrissait rapidement, M. Leroy l’examina ettrouva sur la peau de l’abdomen et du thorax une trentaine d’abcès caséeux, à pertuis plus ou moins larges, par où s’écoulait une matière caséeuse épaisse et verdâtre. Malgré cela, l’animal se remit, engraissa, et resta en bonne santé jusqu’au 2 janvier 1890. Il mourut à cette date par suite de la négligence du gardien chargé de le soigner.
L’autopsie fut négative; l'examen le plus minutieux du foie, du poumon, de la rate, des reins, des ganglions et des séreuses, ne put révéler aucune lésion qui, de près ou de loin, ressemblât à la tuberculose.
Le lapin inoculé dans la chambre antérieure mourut dans
les derniers jours de décembre 1889. A l’autopsie, on ne trouva du côté de l'œil aucune trace de ramollissement, mais le globe oculaire était considérablement diminué de volume.