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C'est ainsi que souvent le délire accompagne là fièvre qui suit un grand trauma. Mais ici, justèment, la fièvre a été forte surtout les premiers jours. Or, à ce moment précis, le malade est complètement lucide ; on ne constate aucune apparence du délire, qui ne surviendra que
plus tard, alors que la fièvre aura déjà décru.
On pourrait encore penser à un délire d'intoxication dû aux substancés employées pour les pansements. Mais on s’est servi seulement d'acide pierique et de
la poudre de Lucas-Championnière avec ménagement,
et jusqu'ici, dans aucun cas, ces médicaments n'ont dé-
terminé d'accidents toxiques.
Une fois toutes ces causes d'erreur éliminées, nous uous trouvons donc obligés de conclure que la cause du délire est bien l'accident qui l'a précédé, c'est-àdire la brülure. En étudiant le mode d'action des brûlures pour la production du délire, nous trouverons du reste une confirmation de notre conclusion dans la forme même du délire observé. Ce délire est en effet analogue au délire toxique, et pour M. le docteur Regis
le délire de la brûlure serait un délire d’auto-intoxi-:
cation.
LA Discussion de l'observation II.
La discussion détaillée que nous venons de faire de l'observation ! nous permettra ici d'être beaucoup plus
bref, Car cette observation Il présente avee la précé=
et:
| cs, MD
dente de nombreux points de ressemblance, Une femme de 52 ans, bien portante jusque-là se brûle les deux jambes avec de l’eau bouillante. Le lendemain, empêchée par ses brülures elle se casse une jambe, on la transporte à l'hôpital. A ce moment elle présente un délire violent qui nécessite son isolement pour protéger la tranquillité de ses voisins. Pendant quelque temps le délire persiste, présentant nettement le caractère de délire professionnel. On peut du reste obtenir des réponses lucides aux questions qu’on lui pose, mais elle retombe aussitôt dans son rêve, Cet état persiste pendant six jours sans changer de caractère à ce moment survient une pneumonie qui entraîne la mort.
Si nous soumettons cette observation à la même méthode de discussion que celle que nous avons précédemment employée, nous voyons qu'on n'a noté ici, ni tares névropathiques, héréditaires ou personnelles, ni alcoolisme chronique, ni fébricité, ni intoxication d'autre nature. De même ici, la question du temps écoulé entre la brûlure et l'apparition des troubles nerveux ne pose pas.
Par contre deux éléments se trouvent en présence, pouvant tous deux expliquer le trouble mental observé. D'une part la brûlure, d'autre part la fracture. Celle-ci, : en effet, par le traumatisme moral et physique qu'elle a'eausé à parfaitement pu être le point de départ du délire observé. C’est dans ce sens du reste, que Meyssan dans sa thèse a interprété cette observation. Mais peutêtre ne convient-il pas d'être aussi exclusif et faut-il rendre à la brûlure sa part légitime dans la genèse des