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troubles nerveux. On nous objectera peut-être que cette brûlure a été de peu d'importance, puisqu'elle n'a pas empêché la malade de tenter de reprendre le lendemain sa vie ordinaire. Nous répondrons à ceci que la brûlure était suffisante pour causer un trouble notable, puisqu’elle a été la cause déterminante de la chute qui a causé la fracture. De plus on ne peut, comme nous le verrons, établir aucune relation rigoureuse entre la gravité de la lésion causale et l'intensité des troubles nerveux résultants. Enfin la brûlure paraît avoir été assez étendue et l’on conçoit parfaitement que par le mécauisme de l’auto-intoxication tel que nous l'exposerons plus loin, elle ait pu déterminer le délire que nous avons décrit. Le type de ce délire répond bien en effet à celui des délires d'intoxication,
Discussion de l'observation TIL.
Cette observation diffère assez des précédentes. Il s’agit d’un Jeune homme de 29 ans, qui bien portant jusqu'à il y a deux ans, aurait été à ce moment brülé fortement en éteignant un commencement d'incendie. L'accident à fait sur lui une forte impression et l'a laissé très affaissé. Les brülures ont suppuré pendant environ quatre mois, puis sé sont guéries. À ce moment le malade est revenu à peu près à son état normal si ce n'est qu'il n’a pas recouvré sês forces ordinaires. Mais
bientôt, environ un mois après surviennent dans son \
état mental des changements qui frappent son entourage ; il devient sombre, mélancolique, il perd la mémoire, continue à s’amaigrir, les forces physiques n’ont aucune tendance à revenir. Cet état persiste encore deux ans après, sans aucune amélioration.
Suivons pour cette observation le même procédé de diseussion. Et d'abord existe-t-il quelque tare névrophatique héréditaire ou personnelle qui puisse nous expliquer le développement de la psychopathie constatée? L'observation mentionne bien un oncle qui aurait était enfermé comme aliéné, mais le fait est contesté et de plus, il ne faut pas lui donner une grande portée, car il s’agit d’hérédité collatérale, et le fait est isolé. La mêre parait tout à fait indemne, le père présente il est vrai des crises d’excitation mais en relation évidente avec l’alcoolisme. Dans le passé du sujet, nous ne trouvons rien; il est complètement normal jusqu'en 1902 date de l'accident. Sa femme nous atteste que jusqu'à ce moment, il a joui d’un caractère égal et tranquille. C’est seulement après cette époque qu’il a présenté les troubles que nous avons signalé.
On ne peut davantage incriminer l'alcoolisme. Le père, il est vrai, paraît un alcoolique évident. Le sujet a fait dans sa jeunesse quelques excès de boissons ; mais ces excès onttoujours été passagers et de peu de durée. Sa femme nous atteste de sobriété parfaite depuis son mariage. L'examen ne révèle du reste aucun signe d’alcoolisme chronique. On constate il est vrai du tremblement, mais ce tremblement est surtout émotif, à grandes oscillations, rendant quelquefois certains actes
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difficiles, il s'exagère et s’apaise par intermittences. Le sujet présente également des cauchemars assez fréquents mais ces cauchemars ne présentent pas le caractère alcoolique ; ils sont en relation directe avec l'accident, c'est cet accident que le malade revit dans ses rêves. De plus ses cauchemars n'existaient pas avant l'incendie et n’ont apparu que dans la suite, Ils cadrent du reste parfaitement avec les autres symptômes morbides dont est affligé le malade.
Dans le cas présent, il est également impossible dé penser à d'autres intoxications, on n’a rien noté de par-
ticulier dans les antécédents pas même le tabagisme,
pas non plus de fièvre typhoïde antérieure.
Mais cette fois, il nous faut discuter la question de l'intervalle écoulé entre la brûlure et la psychopathie, ce n'est que cinq mois en effet après l'accident que s’est produit un changement évident dans l'état mental du sujet. Ce laps de temps paraît bien long à première vue. Mais appliquons à ce cas particulier, les règles générales que nous avons posées au début de ce cha-
pitre.
Et d’abord a-t-on noté une réaction cérébrale au-
moment même de lacéident? Oui, le sujet dit avoir
ressenti une violente frayeur. Il aurait même eu une
crise de nerfs dont nous n'avons pu élucider la nature. Pendant les premiers jours de son séjour à l'hôpital il aurait présenté un espèce de tremblement généralisé et ses suites auraient élé troublées de cauchemars continuels. |
Ces phénomènes ont-ils disparu pour laisser le sujet
a un moment quelconque dans un état de santé par< faite ? Non, la chaîne morbide est ininterrompue les phénomènes cérébraux se sont apaisés, mais les forces physiques ne sont jamais revenues complètement. Le malade est resté maigre ; de plus, il aurait eu à cette époque de violents maux de tête, lui, qui jusqu'alors n'en avait jamais souffert.
Enfin, si nous considérons le tableau elinique qui $e constitue einq mois après l'accident renforcé par lexamen somatique du malade tel qu'il a été pratiqué : nous voyons que ce tableau présente un mélange de signes hystéro-neurasthéniques qui peuvent parfaite ment reconnaître pour cause l'accident antérieur.
Fout se réunit donc : conditions étiologiques, conditions cliniques, pour nous faire accepter le diagnostic d’hystéro-neurasthénie traumatique. Le seul choc que nous constations chez le sujet, c’est la brülure, et, sous ce rapport, elle ne laisse rien à désirer, car elle a produit un choc physique intense, plaies qui ont suppuré pendant quatre mois : un choc physique non moins violent, frayeur, crise nerveuse.
Aussi sommes-nous obligés d'admettre, en définitive, que, dans ce cas, la brûlure est bien cause de la psychopathie consécutive.
Discussion de l'observation 1V.
il s'agit ici d’un enfant qui, ayant joui d'une santé normale jusqu'à l’âge de 18 mois, a été victime d'un
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accident à cette époque de sa vie. Tombe dans le feu, 1l s’est brûlé fortement le cuir chevelu, l'oreille et la joue du côté gauche. Les plaies ont été très lentes à se cicatriser, la suppuration a duré pendant trois ans et a été longtemps accompagnée de diarrhée. Son développement a été très entravé; il n'a marché et parlé qu'à l'âge de 3 ans; à 5 aus, sa mère a remarqué la faiblesse de son intelligence, la bizarrerie de son caractère; il était également enclin à de fréquents aecès de colère. A 12 ans, se développèrent chez lui des idées mystiques qui le conduisirent à faire une fugue dans le bois de Clamart, où, s'étant déguisé en moine, 1l voulait vivre dans la retraite. Outre cette fugue, il en fit encore beaucoup d’autres : on l'envoie alors à Bicêtre. Là, on note la persistance des idées mystiques. L'enfant ne fait aucun progrès à l'école ; il vit volontiers solitaire à l'écart de ses camarades. Il a souvent des céphalées très violentes et se met fréquemment dans des colères terribles. À l’âge de 16 ans, présentant toujours le même état mental, il fait une fièvre typhoïde qui entraine la mort.
Ici, nous ne trouvons rien de bien sérieux à noter dans l’hérédité. Le père de l'enfant était enclin à des colères violentes: il ne fumait pas, n’était pas alcoolique. À noter seulement qu'il s'est séparé à l'amiable de sa femme, après dix ans de mariage, pour incompatibilité d'humeur. Notons aussi que le grand-père paternel de l'enfant était un homme violent, La mère est bien portante, n'est pas alcoolique ; mais le grand-père maternel de l'enfant est un alcoolique notoire. Dans