CHAPITRE I
Par quel mécanisme la brûlure agit-elle
pour déterminer la psychopathie.
Maintenant que nous avons établi la relation de eau: salité qui joint la brûlure à la psychopathie, il nous reste à rechercher comment elle 4 pu agir pour causer cette psychopathie et quels peuvent avoir été les différents modes de son action ?
De nombreux auteurs se sont efforcés d’élucider le mécanisme par lequel les brûlures produisent les accidents généraux quelles déterminent, accidents qui peuvent aller jusqu’à entraîner une mort rapide.
Pour Dupuytren (1) lorsque la mort survient immédiate et rapide, elle serait due à l’excès des douleurs. Pour Wilks (2) la mort serait due au choc subi par le système nerveux. Pour Billroth il faut ajouter à cette cause la perte de la perspiration cutanée, l'élimination de certaines substances surtout ammoniacales est ainsi empêchée et il se développe un empoisonnement du sang par rétention de ces matières, Pour Follin, il
(1) Dupuytren. Leçons cliniques.
(2) Wilks. Archives générales de médecine, 1861.
S'agirait d'un arrêt subit de la circulation dans les vaisseaux superficiels produisant des congestions sanwuines internes, etc...
En fin de compte, si on examine les différentes opinions qui ont été émises par les auteurs pour expliquer l'apparition des accidents généraux consécutifs aux brülures, on voit qu'on peut schématiquement les répartir sous quatre chefs.
Les uns accusent l'infection à laquelle la brülure ouvre une large porte. D’autres, l'épuisement résultant d’une plaie suppurant longtemps longue à se cicatriser. D'autres, l'aulo-intoxication résultant de l'apparition de ptomaïnes dans le sang et les différents organes des brülés. D’autres enfin le shock nerveux ressenti au moment de l’accident.
On peut encore restreindre ce nombre, car parmi ces différents mécanismes ; il en est qui, en dernière analyse, présentent le même mode d'action.
C’est ainsi que nous pourrons ramener l'étude de l'infection à celle de l'intoxication. Eu effet, nous lisons dans le Tratté de pathologie mentale (1): « Dans les infections aiguës au cours de la période fébrile, le délire est la conséquence de lintoxication cérébrale par les toxines microbiennes et les déchets de la nutrition résnltant de la Bèvre. A la fin ou dans la convalescence de la maladie, on peut observer des états de confusion mentale plus où moins durables et qui sont sous la dépendance de l’altération plus ou moins grande qu'ont
(1), Traité de pathologie mentale. Gilbert Ballet, 1903.
subi les éléments nerveux du fait de l’action directe des microbes, de celle surtout de leurs produits de sécrétion ou des substances toxiques fabriquées en excès et non éliminées au cours de la période aiguë... Quant aux inféctions chroniques, elles influencent l'intelligence par les intoxications qu'elles provoquent. »
D'après ceci, on voit donc que dans l'infection il s’agit seulement d’une intoxication par les poisons bactériens résultant des toxines microbiennes et des toxines cellulaires. Les autres substances toxiques qui peuvent agir sur les centres nerveux, sont d’origine exogène ou endogène. Dans l'étude particulière qui nous occupe, nous n'avons pas à nous intéresser aux poisons d’origine exogène. Nous considérerons donc simplement l'intoxication produite par les poisons endogènes et les poisons bactériens, c'est-à-dire l’auto-intoxication.
Quant à l'épuisement, résultant de plaies suppurant trop longtemps, son action paraît également pouvoir se ramener aux précédentes. [l agit, il est vrai, d'abord en affaiblissant l’organisme et en diminuant ainsi sa résistance. Mais il détermine également la production de toxines par suite du mauvais fonctionnement cellulaire d'un organisme dénourri. Enfin, il ne faut pas non plus perdre de vue la plaie suppurante coexistant le plus souvent et qui produit sans cesse des poissons bactériens.
En fin de compte, nous restons donc pour expliquer la production d’une psychopathie par une brûlure en face de deux mécanismes: d’une part, l’auto-intoxieation.
d'autre part, le shock nerveux. Nous allons dorre! étu-