‹ Des Psychopathies Consécutives Aux BrûluresChapitre 4 sur 34 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Si l’on parcourt la littérature médicale, afin de se

rendre compte de l'opinion que professent les différents

auteurs sur le rôle joué par les brülures dans létiologie de la folie et du délire, on constate que presque tous ont négligé d'en parler. A vrai dire, beaucoup mentionnent l'influence des plaies, des inflammations du euir chevelu, des émotions violentes ; éléments que nous re-

t'ouverons comme expliquant en partie l'action des

brûlures. Beaucoup notent également l’influence de l’insolation ; mais bien que celle-ci puisse donner lieu à des brûlures superficielles, il s'agit alors d’un processus un peu différent. Ces faits mis à part, c'est à peine si Pon trouve çà et là une brève mention du dé-

lire, de laffaiblissement intellectuel, de la démence qui

peuvent suivre les brûlures. Nous allons, dans une revue rapide, exposer les vues qu'aux différentes époques les auteurs ont émis à ce sujet :

Hippocrate met en première ligne comme ‘cause de la folie les blessures de la tête : « Nullum capiti vulnus leviter contemni debet,. »

(ÉeIN LUES

Pour Aréfée de Cappadoce (1), les principales causes

des psychopathies sont : les blessures, les coups, les

froids. les fortes impressions morales, les frayeurs, les terreurs, les excès vénériens, l'abus du vin, quelquefois une grande joie inopinée. |

Pour Galien (2), le délire peut suivre une brülure à

la tête. Des coups à cette même partie peuvent amener |

le carus ou assoupissement. Tout violent travail morbide dans le voisinage du cerveau peut amener du trouble dans l’exercice de la pensée. Si une inflammation se développe dans cet organe, il y a constamment lésion de la pensée.

Cœlius Aurelianus (3) dit que les causes les plus fréquentes de la manie sont les blessures de tête, l'ivresse répétée, la crainté, la colère, le chagrin, la superstition, l'amour.

Au moyen âge. — Pendant quatorze siècles, la psychiâtrie resta dans les ténèbres. Les fous ne sont plus considérés comme äes malades, mais comme des possédés. Cette erreur n'est pas, comme on pourrait le croire, limitée à la foule, les princes de la science la partagent.

C’est ainsi que Ambroise Paré (4) lui-même dit : « Les démons se forment tout subit en ce qu'il leur plaist : ils hurlent là nuit et font bruit comme sils estoient enchaisnez. »

(1) Arétée de Cappadoce, De nercorum revolutione.

(2) Galien. Livre IL. {

(3) Cœlius Aurelianus. Celerum sin? jacutorum passtonun, liber I.

(4) Ambroise Paré. Liv. I. p. 175.

Ur

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