Burmann, op. cîf.,p
11 a fourni sur le régime des salines une hypothèse toute nouvelle et fort curieuse.
On rapporte, dit-il i, qu'Ancus Martius avait créé à Ostie, à l'embouchure du Tibre, des salines qui suffisaient à tous les besoins de Rome, et pourvoyaient en outre le iiaut pays salin, produisant en abondance des convois de sel ^. Ces salines appartenant à l'État furent de bonne heure affermées aux publicains. Il ne paraît pas que dans les premiers temps les auteurs aient fixé dans le bail le prix de la vente du sel ; mais un maximum leur fut imposé aux débuts de la République. (C'est ainsi que M. Gohn interprète le passage de Tite-Live, déjà cité, et se rapportant, d'après les autres auteurs, à la création d'un monopole.) Les fermiers perdirent Varbiirium xstndendi, parce qu'ils vendaient trop cher, impenso pretio . C'est une de ces réformes par lesquelles le gouvernement nouveau s'efforçait d'acquérir de la popularité. Cet état de choses, qui était encore en vigueur en l'an ooO de Rome ^, changea lorsqu'on eut acquis, par la conquête, des provinces renfermant de riches salines, appartenant les unes à l'État, les autres à des particuliers. Si l'on ne voulait pas créer une inégalité entre les différentes provinces, il fallait renoncer à cette manière d'agir. Si on ne voulait pas entrer dans la voie périlleuse d'une réglementation à l'infini, en ti.vant un maximum pour les produits des salines appartenant à des particuliers '', on ne pouvait maintenir la lixation d'un prix de vente pour les fermiers de l'État. La quantité de sel qui se trouvait alors à la disposition du peuple romain fut telle d'ailleurs que les prix s'abaissèrent d'eux-mêmes. A partir de cette épo(|ue, on peut dire
1. D'Max Gohn. Zum Rômischcn Vereinsrecht. Berlin, 187.1, cli. 7 : Uber die societates und die Collegia der Staatspachter .
2. Pline. II. N. XXXI. 6 (11) § 89, dit : Anms Marcius salis modios sex mille in congiario dcdit populo etsaWias primus instiluit, Ostiain deduxit, Aurelius Victor, de Viris Illustr., cap. V, dit qu'Ancus Martius Salinarum vecligalitislituit, ce qui ne doit pas s'entendre d'un impôt créé par .\iicns Martius, mais en ce sons que i'cxpluilation des salines fournit en ce moment à l'Etat un nouveau revenu.