‹ Des pulvérisations antiseptiques prolongées dans le traitement de quelques affections chirurgicalesChapitre 7 sur 20 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous avons dit au commencement de ce travail, que les pulvérisations prolongées ne convenaient pas à toutes les lésions, et que les autres pansements, tels que ceux de Guérin et de Lister, rendaient chaque jour de grands services. Il n’est par conséquent nullement dans notre intention de vou loir les remplacer dans les cas où ils sont journellement employés. Notre but est seulement de montrer que les pulvérisations antisepliques prolongées donnent les résultats les plus heureux dans bien des circonstances où les autres pansements seraient insuffisants et trouveraient une application trop difficile. Cherchons donc quelles sont ces circonstances.

a. Dans un certain nombre d'opérations, amputations ou résections, les pansements ordinairement employés, pour des raisons multiples ne donnent pas ce que l’on attendait d’eux. Soit que l’on ait opéré sur un mauvais terrain, soil que l’on ait voulu obtenir malgré les Contre-indications la réunion immédiate, on voit au bout de quatre ou cinq jours survenir des compiications. Les bords de la plaie s’enflamment, il survient un phlegmon qui s'accompagne de tous les phénomènes généraux graves que l’on observe en pareille circonstanse,

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Quand on a enlevé toutes les sutures, écarté les lèvres de la plaie, on se trouve en présence d’une grande surface suppurante qui menace d’infecter l'organisme si l’on n’y apporte promptement un remède. Le pansement antiseptique ouvert est généralement impuissant à arrêter les phénomènes locaux e* généraux qui s’aggravent rapidement, et en peu de jours le péril devient menaçant. C'est alors que les pulvérisations antiseptiques prolongées donnent de merveilleux résultats. Les symptômes alarmants décroissent avec rapidité en quelques jours, l’inflammation disparaît, la fièvre tombe, la douleur se passe et la situation. au moins pour le moment, est sauve, vous permettant d’aviser pour plus tard à une nouvelle intervention chirurgicale, si vous le jugez nécessaire. Nous avons donné, page 13, le résumé de deux observations que M. le professeur Verneuil rapporte, à l'appuide cette idée, dans son mémoire sur les pulvérisations antiseptiques.

Il est, dans la chirurgie journalière, des cas évi: demment fort rares, mais dans lesquels la pulvérisation antiseptique comme nous l’entendons est une ressource fort précieuse; nous avons vu pendant notre année de volontariat à Lyon, dans le service de M. le professeur Ollier, un de ces cas singuliers dont nous regrettons de ne pouvoir fournir l'observation complète; voiei ce dont il s'agissait.

Un homme d’une trentaine d'années entre dans

Georges Charles. ; 3

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le service, de M. le D' Ollier, pour une lésion traumatique de l’avant-bras, nécessitant l’amputation. L'opération faite, on applique le pansement de Lister, mais avec beaucoup de difficultés, à cause d'une hémorrhagie qu’on n’arrête qu'avec beaucoup de peine. Mais à chaque fois que l’on renouvelait ce pansement, ces difficultés se reproduisirent. Le malade présentait une sorte d’hémophilie et la perte de sang qui revenait quand on changeait les différentes parties du pansement devenant menaçante pour la vie de l'amputé, M. Ollier imagine d’instituer les pulvérisations antiseptiques continues. Le moignon fut placé sous le jet d’un pulvérisateur qui resta d’abord pendant trois jours sans interruption en mouvement. Puis le spray ne fut pius appliqué que six à sept heures dans la journée en trois fois; et enfin, les séances furent de plus en plus éloignées jusqu’à la guérison du malade qui survint sans autre accident. |

b. Lesopérations dans lesquelles ia pulvérisation nous paraît également indiquée sont lesopérations sur les cavités, et principalement celles qui intéressent la vulve et l'anus. Ces parties par leur siège même sont très difficiles à désinfecter. Elles sont continuellement souillées par les liquides qui s’écoulent par la vulve ou par des matières fécales. De plus il est impossible d’y placer des pansements à demeure, à cause des besoins naturels que les malades peuvent à chaque ivstant être dans la néces.

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