‹ Des Pyrexies AbortivesChapitre 10 sur 57 · DO · texte numérisé non relu

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mieux des accidents qu’elle peut déterminer, c'est-à-dire l'évolution spontanée vers la guérison, l'existence de pustules malignes à accidents généraux atténués est un fait aujourd’hui bien démontré, si la raison n'en est pas connue. L'observation de M. Reclus, lue à la Société de chirurgie (P. Reclus, Clinique et Critique chirurgicales, Paris, Masson 1884) nous démontre qu’une pustule maligne non traitée peut évoluer vers la guérison; du reste on connaissait auparavant un grand nombre d'observations de différents auteurs où l’évolution naturelle vers là guérison avait été spontanée. La guérison de la pustule maligne par la feuille de noyer, d’après la méthode de Raphaël (de Provins), n'en est-elle pas la preuve?

Il est inutile de citer ici les cas de guérison par la cautérisation de la tumeur charbonneuse, par les injections sous-cutanées de teinture d’iode ou d'acide phénique en solution : elles nous démontrent l'influence que peut avoir le traitement sur la marche de la maladie : mais ce serait vouloir par trop forcer le terme que d’en faire deux formes abortives, de par le traitement, de la pustule maligne.

Nous n’en dirons pas autant de l’ædème malin dont la gravité est autrement grande et qui ne guérit guère que par un traitement énergique. Ici nous devons mettre en première ligne la forme abortive par suite du traitement. Une observation publiée de Chipault (d'Orléans) (Société de chirurgie, 1883) de guérison par les injections hypodermiques iodo-iodurées et une potion iodée à l’intérieur est très démonstrative à cet égard.

Nous ne dirons rien de la féèvre charbonneuse qui est encore fort mal connue, car nous nous heurterions ici à des questions de doctrine ou à des détails d'interprétation que nous n’avons pas à résoudre. Avant de décrire les formes abortives de la fièvre charbonneuse, il faudrait d’abord savoir si elle existe.

DE LA FIÈVRE URINEUSE. — La fièvre urineuse nous paraîtrait devoir nous fournir des types très nets de forme abortive ou atténuée. En effet, si nous examinons les différentes modalités que présente la fièvre due à une affection chirurgicale des voies urinaires, nous reconnaissons, avec le professeur Guyon (1) et les auteurs qui l'ont précédé, qu’elle présente deux formes : 1° ia forme aiguë; 2° la forme lente.

(1) GUYON. — Zeçons cliniques sui les maladies des voies urinaires ; Paris. 1885.

La forme aiguë offre deux types :

Le premier type est caractérisé par un accès aigu franc, avec frisson initial plus ou moins fort e& prolongé, suivi d’un stade de chaleur et de sueur, puis tout rentre dans l’ordre. Quelquefois un deuxième accès vient s'ajouter au premier.

Le second type a pour caractère une élévation générale de la température sur laquelle viennent se greffer des accès plus ou moins intenses. Ce serait en quelque sorte une fièvre rémittente très irrégulière, qui peut se terminer soit par la mort soit par la guérison.

La forme lente de la fièvre urineuse se manifeste au contraire par un état fébrile léger mais permanent interrompu de distance en distance par quelques poussées fébriles de peu d'importance souvent, mais qui constituent quelquefois de véritables accès fébriles. Cette forme lente peut se terminer par la mort ou par la guérison.

Nous disions au début que la fièvre urineuse semblerait devoir nous fournir des types très nets de forme abortive. Le premier type de la forme aiguë à un ou deux accès de fièvre est certainement une forme avortée du deuxième type. Celui-ci, à son tour, est, quand il n’est pas suivi de mort, une forme avortée de la forme lente. Mais ici nous nous heurtons à des questions de doctrine. Tandis que pour quelques chirurgiens, Verneuil, Malherbe (1), la fièvre urineuse reconnaîtrait pour cause l'existence d’une lésion rénale plus ou moins profonde, pour d’autres, Maisonneuve, de Saint-Germain, Reliquet, elle serait déterminée par l'absorption de l’urine à travers une solution de continuité traumatique ou pathologique du canal ou de la vessie. Que l’on adopte l’une ou l’autre de ces théories, on peut considérer certains types de fièvre comme des formes avortées. Mais si à l'exemple du professeur Guyon on rapporte le premier type de la forme aiguë à l'absorption de l'urine en nature et les autres manifestations fébriles 4 des lésions rénales à marche plus où moins rapide, on conviendra qu’on ne peut faire de ce premier type une forme avortée de la fièvre urineuse. Il y à en effet, non une fièvre urineuse, mais des fièvres urineuses, comme le dit le professeur Guyon.

Nous ne voudrions pas nous laisser entraîner à discuter ces diverses théories; qu’il nous suffise de dire que l'accès de fièvre aiguë franc, sans retour, se montre surtout à la suite de cathétérisme malheureux, à la suite de l'engagement dans le canal de fragments aigus de calcul,

(1) MALHERBE. — Thèse de Paris, 1872.

à la suite de l’uréthrotomie interne quand on ne met pas de sonde à demeure, ou après l’ablation de la sonde à demeure. Disons aussi que d'après les recherches de M. Gosselin (Leçons Cliniques) l'accès de fièvre se montre après l’uréthrotomic interne trois fois plus souvent quand on ne raet pas de sonde à demeure que quand on en met. Toutes ces raisons, jointes aux expériences de MM. Feltzet Ritter (De l’urénie expérimentale, Nancy 1881) et les travaux de MM. Bouchard et Lépine sur la toxicité des urines normales nous font accepter l'opinion défendue par le professeur Guyon.

Quant aux autres formes de la fièvre urineuse, soit aiguë soit chronique, elles se lient très manifestement aux lésions rénales. Les recherches de M. Verneuil, de Malherbe, de P. Bazy (1) le démontrent surabondamment. C’est évidemment à la néphrite suppurative ou non suppurative qu’elle est due.

La forme abortive ou atténuée correspondrait, soit à des néphrites non suppuratives légères, soit à des néphrites À suppuration circonscrite et qui ne laisseraient peut-être d’autres traces ultérieurement qu’une cicatrice à la surface du rein.

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