B. — MALADIES TYPHOÏDES
Nous faisons rentrer dans ce groupe : le typhus exanthématique, la fièvre jaune et la fièvre typhoïde. Nous dirons quelques mots de la fièvre récurrente et du tvphus cérébro-spinal.
Sans revenir sur les considérations théoriques qui ont permis à Griesinger d'élargir le cercle des maladies typhoïdes et de bien distinœuer leurs différentes espèces, il nous paraît utile cependant de délimiter les maladies que nous inscrivons dans ce groupe.
Leurs caractères communs sont : {1° les conditions ctiologiques qui président à leur développement (éléments miasmatiques pénétrant dans l'organisme et se propageant par des voies différentes, intestins, bronches) ; 2° les troubles constants de l’innervation ; 3° les phénomènes généraux; 4° leur marche cyclique; 5° leur tendance manifeste à donner naissance à un exanthème, tendance qui n’est pas d’ailleurs exclusive aux maladies typhoïdes (choléra, ictère grave sporadique, tuberculose miliaire aiguë).
Les caractères différentiels qui permettent d'isoler les maladies
(1) P. BAZY. — Diagnostic des lésions des reins dans les affections des voies urinaires, Lh. Paris, 1880.
Ne ——-
typhoïdes sont fondés surtout : 1° sur la localisation anatomique des lésions, qui à permis d'établir les variétés de ces maladies et de comprendre leur processus général; 2° sur l'étude des conditions climatériques, épidémiques et individuelles qui président à leur développement.
Par conséquent, en raison de ces caractères communs et différentiels, le terme de saladies typhoïdes indique bien, selon la remarque de Griesinger, une ressemblance et non une identité. De plus, dans chacune de ces formes on trouve un certain nombre de cas qui sont particulièrement importants à étudier au point de vue qui nous occupe : ils constituent ce que l’on a appelé les formes abortives ou fébricules.
L'existence de ces formes atténuées soulève un problème nosologique qu'il serait intéressant, sinon d’élucider, au moins de discuter. En effet, il serait utile de savoir si ces cas abortifs constituent une forme particulière, spécifique en un mot, indépendante de la forme typique à laquelle on a coutume de les rattacher. Sont-ils au contraire les degrés atténués, décroissants d’une même espèce pathologique ?
On a beaucoup discuté sur les caractères d'identité ou de ressemblance des maladies typhoïdes. Si elles sont complètement isolées, comme autant d’espèces distinctes, étrangères les unes aux autres, elles peuvent présenter des cas atténués, formes abortives que l'on observe le plus souvent au commencement ou à la fin des épidémies. Si au contraire, on admet la fransformation possible d'une forme de typhus dans l’autre, les cas abortifs pourraient bien n'être que des types de transition ébauchant les nuances insensibles qui établissent le passage d’une maladie typhoïde à l’autre. D'ailleurs, si ces transformations morbides ont paru possibles à certains auteurs entre les diverses maladies typhoïdes, on est allé plus loin encore et on a eSSavé d'établir des liens plus étroits entre des maladies plus éloignées, le choléra par exemple et la fièvre intermittente.
La coexistence de plusieurs épidémies, les observations faites dans des régions différentes (Islande, Sibérie, Crimée, Egypte), l’éducation médicale antérieure des divers observateurs, ont été évidemment la cause de ces essais nosologiques.
Evidemment, ce ne sont pas les types communs, bien définis, qui ont donné lieu à toutes les controverses ; il est certain aussi que ce sont les cas légers, les formes abortives qui ont été le point de départ de tant de désaccords. Cela nous montre donc tout l'intérêt qu'il v