‹ Des Pyrexies AbortivesChapitre 12 sur 57 · DT · texte numérisé non relu

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aurait à pouvoir étudier les formes abortives de chacune des maladies typhoïdes. Malheureusement, pour plusieurs d’entre elles, les éléments les plus essentiels nous font défaut : Tout d’abord ces formes sont relativement rares, et les épidémies de ce genre n'existent pas dans nos pays; c’est d’après les mémoires des médecins de marine ou de l'armée, plutôt que par notre propre expérience, que nous devons esquisser un aperçu général de ces maladies et de leurs formes.

Nous ne pouvons done que faire rapidement l'étude du fyphus exanthématique, réservant tous nos soins à la fièvre tvphoïde si importante dans nos pays,

EYPHUS EXANTHÉMATIQUE

Typhus abortif.

A côté de la forme confirmée du typhus exanthématique que nous n'avons pas à décrire ici, il existe des cas caractérisés par le développement incomplet de l’évolution et des symptômes, cas qui se distinguent même des formes légères, et constituent les formes abortives. — Les causes qui président à cette modification dans l'allure de la maladie, sont peu positives et mal connues. On sait que ces formes existent surtout au début des épidémies; qu’elles atteignent particulièrement les enfants ; qu’elles paraissent plus fréquentes chez les individus de la classe aisée et jouissant des ressources d’une hygiène favorable ; qu'elles deviennent plus fréquentes chez les adultes à la fin des épidémies; enfin que, fréquentes dans certaines épidémies, elles manquent complètement dans d’autres.

Le développement de la maladie est rapide : frisson, céphalalgie, prostration; la fièvre survient avec sécheresse de la peau, irrégularités du pouls, vertige, insomnie ou somnolence, douleur générale dans les membres; la rate est à peine sensible, la respiration légèrement sibilante.

La fièvre est remarquablement intense pendant trois ou quatre jours: puis surviennent une sueur abondante, de l’herpès au visage, mais non constamment, et la défervescence se fait aussi brusque que rapide avait ét? le début de la maladie. La situation semblait grave pour le malade, quand tout à coup survient, en vingt-quatre heures, la guérison complète.

D’autres cas sont caractérisés par un début également rapide, une fièvre intense ; mais une terminaison précoce apparaît au troisième ou quatrième jour.

Enfin un troisième groupe de formes durant huit à dix jours établit la transition entre les cas abortifs et la forme classique de la maladie.

On a décrit encore des formes spéciales detyphus, et, suivant telles ou telles déterminations symptomatiques de l'affection, on les a appelées : broncho-=typlus, pneumo-typlous.

Ces formes présentent également des cas où, après une durée très courte, vers le septième ou le neuvième jour de la maladie, survient une rémission rapide, et tous les phénomènes morbides disparaissent dans l’espace d’un jour ou d’un jour et demi.

Dans tous ces cas l’exanthème manque encore, et ce n’est véritablement que par la présence de l'épidémie que l’on peut faire le diagnostic de ces formes avortées.

À ce résumé succinet du remarquable article de Griesinger, nous aurons peu à ajouter. Avec M. Jaccoud (Pathologie interne, t. II, p. 701), nous pensons qu’il vaut mieux ne pas rattacher cette variété aux formes légères et « qu’il y à vraiment dans ces traits ébauchés de « la maladie, dans cette brusquerie imprévue de la guérison quelque « chose de spécial, par quoi cette forme se sépare bien réellement de « toutes les autres. »

Parmi les mémoires de médecine militaire ou de marine, traitant ce sujet, le plus important est certainement le mémoire de Félix Jacquot qui étudia le typhus à l’armée d'Orient, dans les hôpitaux militaires de Constantinople en 1858.

Il proteste contre l'opinion des auteurs qui veulent distinguer les cas abortifs du typhus exanthématique et en faire une classe spéciale d'états typhoïdes. « Vous refusez (1), dit-il, le nom de typhus à celles « de ces affections qui ne durent que peu de jours, mais où arrêterez- « vous l’état typhique pour faire commencer le vrai typhus, puisque « ainsi qu’il résulte des statistiques, ces affections présentent toutes « les durées possibles depuis deux, trois ou quatre jours, jusqu’à dix ou « onze, qui constitue la moyenne, et qu’elles peuvent exceptionnelle- « ment aller à vingt ou trente jours.

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DA

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