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« Puisque vous confessez que l’état typhique n’est qu'un incident, une complication d’une autre maladie, si un tel état se manifeste, comme c’est fréquent, sur un homme sain et qu’il ne dure que quelques jours, il faut, malgré cette durée éphémère, confesser que c’est un vrai tvphus. Il ne saurait être un accident, une complication, un parasite enté sur une autre affection et lié à son existence puisqu'il n'ya pas d'autre maladie, point de tronc, point de support. »
Et plus loin, page 132: «Tous les typhus ne parcourent pas les deux périodes réactionnelle et nerveuse ; un nombre très notable se terminent avant que la deuxième période ne soit atteinte : la fièvre tombe souvent très vite, la convalescence s'établit franchement et promptement. Ce sont là des typhus incomplets, des typhus avortés. Ces faits sont incontestables, MM. Haspel, Garreau, Barudel, Gauderax, Masse, etc., en ont constaté dans leurs écrits, ou nous ont communiqué leurs observations concordant avec les nôtres; enfin il a été journellement question de ces typhus éphémères à la Société impériale ottomane ; et dans mon discours en date du 8 juin, j'ai, ainsi que M. Fauvel, établi péremptoirement que ces incidents de courte durée sont de véritables typhus. »
&......... Pour donner une idée bien exacte de la durée du typhus il faut établir trois catégories :
« 1° Typhus de courte durée, comme avorté, qui ne parcourt pas son évolution complète mais s'arrête dans le cours de la première période. Sa durée est au-dessous de dix jours.
« 2% Tvyphus qui parcourt les deux premières périodes (réactionnelle et nerveuse). Sa durée est de dix à onze jours.
« 3° Typhus qui présente la troisième période ou période accidentelle, Sa durée est au-dessus de dix jours.
« La proportion de ces trois espèces à varié selon les époques; ainsi, au commencement de l'épidémie, et, pendant la première moitié de sa période d'état, les typhus de courte durée ont été les plus nombreux. Puis les tvphus de dix à onze jours ont dominé se mêlant à des typhus suivis de période accidentelle; enfin quand l'épidémie à décliné, la décroissance a été plus manifeste par la diminution du nombre que par celle de la gravité. . .".! . 4.7, +.
« Ces typhus avortés n'auraient pas existé en France, où des typhus complets dans leur évolution se seraient seuls présentés à l’observation.» L'auteur s'étonne que des manifestations légères du typhus
qui se produisent dans son pays d’origine, ne se soient pas produits en France (page 141).
Au point de vue de la typhisation à petite dose, l'auteur n’admet pas que ce soit un typhus abortif, « C’est une sorte de typhus peu « intense, n’empêchant pas le sujet de vaquer à ses occupations, mais « durant deux ou trois mois et pouvant entraîner la mort. »
Ce mémoire de Jacquot, dont nous pourrions citer encore plus d’un passage, est très remarquable. Les travaux parus depuis n’ont ajouté que peu de chose à ce qu'a écrit cet auteur. Aussi nous ne rappellerons que pour mémoire :
1° Le travail de Coindet, médecin-major (extrait d’une lettre à Larrey), où il indique, page 381, la possibilité du typhus sans éruption.
2° Le mémoire de Périer, Zffet de la misère et du typhus dans la province d'Alger en 1868 (Annales de Médecine militaire, 1869-1870), où l’auteur signale une forme de typhus pouvant avorter brusquement.
3° De même Vital, Typhus dans la province de Constantine en 1868 (Mémoires de Médecine militaire, année 1869), signale des cas analogues.
Enfin nous aurons terminé le rapide exposé des connaissances que nous avons pu recueillir sur l'existence de cette forme abortive du typhus, en rappelant les cas de typhus brusquement arrivés à la convalescence sous l'influence d’une médication abortive, telle que les vomitifs. M. Arnould (cité par Jacquot) n'hésite pas à déclarer que dans son hôpital un vomitif fait assez souvent avorter le typhus. Il cite le fait d’une épidémie de typhus, se déclarant tout à coup sur l'équipage, sain jusque-là, d’un navire qui avait transporté des troupes infectées. Un vomitif coupe court à un grand nombre de cas et les autres poursuivent leurs périodes avec les plus incontestables caractères du typhus. Ici il n’y a pas deux maladies, il n'y en a qu’une, le typhus; et ce sont bien de vrais typhus qui ont avorté sous l'influence de cette médication.
Que conclure de tout ce qui précède? C’est évidemment que la forme abortive du typhus exanthématique existe, et qu’elle a été observée dans les régions les plus diverses et dans nombre d’épidémies. Tous les observateurs qui ont eu la bonne fortune de pouvoir l'étudier sont d'accord non seulement sur la question de son existence, mais encore sur ses caractères. C’est une forme spéciale du typhus exanthématique :
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elle s’observe dans certaines épidémies, surtout au début et à la fin. Le début de la maladie comme la défervescence sont caractérisés par la rapidité de leur évolution; la période d’état est raccourcie au point de vue de la durée, mais les symptômes ne sont pas moins graves que ceux observés dans la forme ordinaire. Toutefois ces formes ont une caractéristique qu’elles partagent avec les cas légers ou atténués de la maladie : c’est qu’elles n'ont pas d'exanthème. La guérison est la règle.
On excusera la rapidité de notre description du typhus abortif : les observations nous font totalement défaut, et nous ne pouvons dès lors donner à cette question tous les développements qu’elle mérite et que comporte son étude.
Les autres espèces de typhus, la fièvre récurrente des Anglais et la fièvre typhoïde bilieuse, ne nous arrêteront pas. Les cas abortifs signalés dans une note de l'édition de Griesinger, revue par Vallin, est à peu près le seul document que nous ayons pu nous procurer sur ce point. Tous les mémoires que nous avons consultés et que l’on trouvera à la bibliographie, n’ont que peu ajouté à ce qu'ont écrit Griesinger et son commentateur.
J1 en est de même du fyphus cérébro-spinal, magistralement décrit par M. le professeur Jaccoud (Pathologie interne, t. IT, p. 707-736). La forme abortive est particulièrement étudiée par cet auteur, et nous nous contenterons, faute de documents nouveaux, d'y renvoyer le lecteur.
Fièvre jaune.
La fièvre jaune, typhus amaril, maladie infectieuse, endémique dans certaines contrées lointaines, va, comme on le verra par les pages qui suivent, nous donner un type de pyrexie abortive.
Elle offre, dans ses formes ordinaires, un aspect si caractéristique, que d'après les m#decins qui l’ont étudiée, une fois qu'onen a vu un exemple, elle ne peut plus être méconnue, même par les personnes les plus étrangères à la médecine. Cependant, à côté des quelques types cliniques qui constituent la maladie complète, la fièvre jaune presque toujours mortelle ou guérissant après de nombreux dangers et une convalescence