LL — PYREXIES NON SYSTÉMATISÉES
À, — MaraDies INFECTIEUSES SEPTICÉMIQUES.
Des maladies infectieuses qui forment le premier groupe de ce chapitre, les septicémies, nous n'avons que peu à dire : étudiées surtout expérimentalement, leurs caractères chez l’homme sont mal déterminés il faut bien le reconnaître à l'exception d’un petit nombre de faits et bien et profondément observés, tels que ceux relatifs au charbon, on en est réduit encore à des hypothèses. Nous passerons donc rapidement, réservant la meilleure partie du peu de temps qui nous est accordé, à, l'étude des maladies typhoïdes, eten particulier à celle de la fièvre typhoïde abortive qui nous touche de plus près et qui nous a paru mériter tous nos soins,
Les Septicémies.
Fièvre puerpérale. — Fièvre traumatique.— Septicémie gangréneuse aiguë. Pustule maligne. — Fièvre urineuse.
FIÈVRE PUERPÉRALE. — Il arrive parfois qu’une nouvelle accouchée est prise, peu de jours après sa délivrance, de frissons plus ou moins intenses, ou bien d’un grand frisson unique; les lochies deviennent fétides, le ventre douloureux, la fièvre s'allume; l’état général paraît inquiétant lorsque, rapidement, tous ces accidents s’amendent puis disparaissent complètement ou en ne laissant que quelques traces de leur invasion.
N'est-ce pas là une forme abortive du puerpérisme infectieux? « Souvent, dit Stoltz (Dictionnaire de Jaccoudt, fièvre pucrpérale), on remarque l'initiative de l'organisme lui-même dans l'amélioration ou dans la disparition des premiers symptômes qui faisaient craindre l’irruption du mal. On reconnaît cet effort de la nature dans l’établissement des sécrétions jusqu'alors nulles où imparfaites, le retour des lochies rouges, le gontlement des mamelles, ete. »
Avec les idées que nous avons aujourd’hui sur l’étiologie du puerptrisme, ces phénomènes n’ont rien qui doive nous étonner. La fièvre
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puerpérale est une fièvre infectieuse due à l’absorption, dans le plus grand nombre des cas par la plaie utérine, de micro-organismes sur l'étude desquels je n’ai pas à m’étendre. Suivant le degré et la rapidité de l'absorption, suivant la quantité et la nocuité du poison, les phénomènes d’empoisonnement seront variables. Aussi à côté de formes rapides et foudroyantes, nous voyons des formes longues et graves, des formes atténuées et abortives. Il est un facteur dont il ne faut pas négliger de tenir compte, c’est le plus ou moins de résistance de la malade, son état antérieur de santé, et la facon dont s’est fait l’accouchement. Une femme fatiguée par des couches pénibles réagira moins bien contre l'invasion de la fièvre infectieuse.
Les nombreuses et longues discussions qui ont eu lieu au sujet de la fièvre de lait, ont montré toute la fréquence des formes abortives du puerpérisme. Ces accès fébriles survenant peu après l’accouchement, avec céphalalgie, malaise, etc., puis disparaissant en très peu de jours, ont été pendant bien longtemps attribués à la montée du lait et n’inspiraient que peu d’inquiétudes. Levret, Moreau s'étaient élevés contre cette idée, mais c’est surtout Depaul qui l’a combattue et en a démontré la fausseté, « Si le thermomètre marque plus de38 degrés ou 380,5, dit M. Kiredey, la fièvre qui survient chez les nouvelles accouchées du deuxième au cinquième jour n'appartient pas à la sécrétion lactée; elle est l'indice d’une complication. » — Mais cette complication est souvent bien légère, car nombre de femmes ont été atteintes de la prétendue fièvre de lait, ont été à peine soignées et se sont rétablies en très peu de temps. Chez elles le poison puerpéral n’a pu se manifester par des phénomènes infectieux, et tandis que chez les unes il n’a provoqué qu'une légère phlegmasie péri-utérine de courte durée, chez d’autres, les troubles ont été plus sérieux, et on a vu se développer des phlegmons du ligament large, etc. Mais dans tous les cas les accidents généraux graves n'ont pu s'établir, le pucrpérisine infectieux a avorté.
On lit dans la thèse de Maygrier, à propos des épidémies de forme légère de lymphangite utérine : « IL peut arriver que ces formes frustes, pour ainsi dire, de l'infection puerpérale, comme les appelle M. Rendu, précédent l'apparition d’une épidémie beaucoup plus grave. Il semble que le principe infectieux subit en se répandant une sorte de culture, et qu’il acquiert une énergie plus grande. Alors éclatent tout à coup des accidents qui enlèvent rapidement les malades atteints. »
I ne faut pas confondre avec les manifestations abortives du puer-