RAMEAU ÉTHIOPIEN
Ab yssiniens , ont Uni par s’emparer d’une grande partie de cette région. Ils ont le teint brun, les cheveux assez longs, souvent crépus, quelquefois lisses, rarement laineux. Ils sont belliqueux, cruels, fort enclins au pillage et d’une excessive malpropreté. Une partie a embrassé le mahométisme et d’autres le christianisme selon le rit abyssinien.
Probablement qu’il y a encore dans ces contrées d’autres peuples ordinairement rangés dans la race noire, qui seraient mieux placés dans le groupe qui nous occupe. Tels sont notamment les Somaulis > qui habitent au sud du golfe d’Aden.
Les Fcllans, aussi nommés Félicitas , Faillis, Pouls ou Peuls , n’ont été connus,
d’autres conquérants, c’est-à-dire qu’ils se sont mêlés avec les vaincus. On pourrait même voir une preuve de cette intervention étrangère et de la disparition de la race blanche par voie de mélange, dans la création et l’existence assez prolongée d’un empire puissant, et ensuite par l’état de dissolution et de retour vers la barbarie que présente maintenant la société abyssinienne.
RACE BRUNE
pendant longtemps, que par quelques peuplades qui habitent la Sénégambie et que l’on a généralement rangées dans la race noire; mais, soit qu’on les ait confondus avec d’autres peuples , soit qu’ils aient pris un grand développement dans les temps modernes , ils s’étendent maintenant dans une grande partie du Soudan, ou ils ont fondé, à la fin du siècle dernier, un empire puissant. Us ont le teint fortement basané, tirant tantôt sur le rougeâtre, tantôt sur la couleur de bronze, mais jamais véritablement noir; leurs cheveux sont assez longs, lisses et soyeux; leur nez n’est point épaté; le tour de leur figure est ovale; leur taille élevée et svelte, les extrémités des membres fines et petites , leur démarche légère et noble. Ils ont assez d’aptitude pour la civilisation et ont généralement embrassé le mahométisme. D’un autre côté M. d’Eichthal a cru reconnaître dans ces derniers temps 1 , que la langue fellanne avait
Mémoire de îa Soc. d’ethnologie de Paris, 1. 1 .er, 2.e part.
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beaucoup de rapports avec celle des Javanais, ce qui rapprocherait les Fellans des Ovas, peuple de l’ile de Madagascar qui parle une langue qui ressemble aussi à celle de la famille malaise; circonstance qui, jointe a des cheveux lisses, à des traits analogues à ceux des Malais et à plus d’aptitude pour la civilisation que les peuples noirs qui les avoisinent, les a fait considérer comme descendants de Malais et comme devant leur teint plus foncé que celui des Malais au mélange de ces derniers avec les peuples noirs qui les entourent.
SECTION III
I)U RAMEAU MALAIS
Caractères généraux* Le rameau malais, que l’on considère ordinairement comme formant à lui seul la race brune, se rapproche davantage de la race jaune que les rameaux hindou et éthiopien, et il se fond avec les Indochinois d’une manière telle que
RACE BRUNE
la démarcation est presque impossible à tirer, mais il se fond également avec les noirs orientaux , dont nous parlerons plus tard. Les peuples qui le composent sont d’une taille moyenne, leurs formes sont régulières, leurs membres bien proportionnés; leur teint varie du jaune olivâtre au brun; leurs cheveux sont lisses, de couleur noire, quelquefois bruns. Ils paraissent assez susceptibles de civilisation, sont souvent réunis en corps de nations, forment quelquefois des monarchies considérables, mais ils sont ordinairement très-barbares.
Division en familles. La filiation de ces
peuples n’est pas connue et ne peut, par
conséquent, être d’un grand secours pour
leur classification \ Dumont d’Urville y a
1 La liaison avec l’Asie, que présentent les terres occupées par les peuples du rameau malais, avait fait supposer que ces peuples étaient originaires cle l’Asie et s’étaient successivement étendus vers l’est. Mais dans ces derniers temps, M. Moerenhout a émis une opinion tout à fait
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distingué trois grandes divisions , qu’il a désignées par les épithètes de malaise , de mi croné sienne et de polynésienne : nous les considérerons comme des familles.
La famille malaise 9 qui habite les îles du sud-est de l’Asie et la presqu’île de Malacca , se compose d’un grand nombre de peuples, dont les caractères très -variés
contraire, en se fondant sur ce que les vents d’est, qui dominent dans l’Océan pacifique, poussent très-souvent des Embarcations vers l’ouest et s’opposent à ce que des peuples non navigateurs s’avancent vers l’est; sur ce que les peuplades qui habitent à l’est sont beaucoup plus belles et moins mélangées que celles de l’ouest; sur ce que la mythologie et les traditions des premières ne font aucune allusion aux grands animaux qui existent dans les îles voisines du continent asiatique; sur l’absence de mots dérivés du sanscrit dans les dialectes orientaux, etc. Il n’entre pas dans le plan de ce petit ouvrage de discuter ces questions, qui d’ailleurs nous semblent, dans l’état actuel de nos connaissances, aussi insolubles que toutes celles qui tendraient à expliquer les causes de la première distribution des races humaines à la surface de la terre.
JO
RACE BRUNE
tiennent plus ou moins des Indochinois, des Hindous et même de la race noire.
Les Malais proprement dits forment le peuple le plus remarquable et le plus nombreux de cette famille. Ils sont répandus dans la presqu’île de Malacca, dans les îles de la Sonde , dans l’archipel des Moluques , à Mindanao, et dominent dans plusieurs de ces contrées. Leur teint est brun , leur taille moyenne, leur corps souple et agile. Ils ont peu d’embonpoint, leurs yeux sont un peu bridés, leurs pommettes saillantes, leur nez épaté, leurs cheveux plats et lisses, leur barbe rare. Ils s’adonnent à la marine et au commerce, font un grand usage du bétel et de l’opium, et se nourrissent habituellement de riz. Us ont acquis un certain degré de civilisation, ont une littérature, et ont fondé
des Etats réguliers. La plupart ont embrassé l’islamisme.
Les Javanais ou habitants de Java ont le teint assez clair, et ressemblent beaucoup aux Indochinois. Us ont acquis une certaine
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civilisation, ont une littérature, et professent l’isl amisme.
Les Battus j, qui habitent File de Sumatra, présentent le contraste d’un peuple qui joint à des idées d’ordre et de civilisation des pratiques aussi féroces que celles des peuples les plus sauvages; telle est celle de manger vivants les prisonniers de guerre et les criminels.
Les Dayaks sont des habitants de l’île de Bornéo, qui ont le teint un peu plus clair que les autres peuples du rameau malais. Rienzi les considérait comme la souche des Polynésiens; mais d’Urville était plutôt porté à voir cette souche dans les Turajas, qui habitent File de Célébes.
Les Bugis et les Macassars sont d’autres habitants de File de Célèbes, renommés par leur courage. Les derniers sont mahométans.
Les Tagales et les Bissayos habitent l’archipel des Philippines, savoir: les premiers dans File de Luçon, et les seconds dans les îles du milieu. La plupart sont soumis aux
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Espagnols, et ont embrassé le christianisme. Peut-être que les langues de ces deux peuples présentent assez de caractères distinctifs pour y voir une famille différente de la famille malaise.
La famille microoésienne habite les petites îles du nord-ouest de l’Océanie, c’està-dire les archipels des Mariannes, des Carolines , de Mulgrave , etc. Ces peuples , dit Dumont d’Urville , se distinguent de ceux qui habitent à l’est par un teint plus foncé, un visage plus effilé, des yeux moins fendus, des formes plus sveltes, des langues tout à fait différentes, qui varient d’un archipel à l’autre, et parce qu’ils n’étaient pas soumis à la superstition connue sous le nom de tabou. Ils sont divisés en castes, n’emploient pas Farc et les flèches comme armes offensives; leurs mœurs sont généralement douces. Ceux des îles occidentales font, comme les Malais, usage du bétel et de l’arek, mais dans les îles orientales on le remplace par une liqueur fermentée nommée kava.
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Les peuples que Dumont d’Urville a nommés Polynésiens et que nous appelons famfBlc taboiicimc 1 , habitent toute la partie orientale de l’Océanie, c’est-à-dire les îles Sandwich , les archipels des Marquises, de Pomotou, de Bougainville, de la Société, des Amis, de la Nouvelle-Zélande, etc. Tous ces peuples ont les plus grands rapports entre eux ; leur teint, plus clair que celui des Malais et des Micronésiens, est olivâtre tirant sur le brun, mais non pas cuivré; leur stature est élevée, leurs membres nerveux, leur front haut, leurs yeux
' Les considérations ethnographiques qui ont porté d’Urville à établir une nouvelle division géographique de POcéanie ne m’ayant pas paru suffisantes pour changer celle qui était en usage auparavant, et que j’ai suivie dans • mes Éléments de géologie , je ne puis employer le nom de polynésiens dans le sens proposé par d’Urville, attendu que celte famille n’occupe qu’une partie de ma Polynésie, et s’étend dans une partie de mon Australie. J’ai en conséquence proposé le nom de tabouen , tiré de l’usage du tabou, que d’Urville signalait comme un des caractères les plus marqués de ces peuples.
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noirs, grands, vifs et pleins d’expression, leur nez peu aplati; leur bouche est belle, quoique les lèvres soient généralement plus grosses que chez les blancs ; leurs dents superbes , leurs cheveux noirs et frisant à larges boucles. Leur langue est la même sur toute la vaste étendue qu’ils occupent. Ils étaient tous soumis à la superstition du tabou, qui consiste dans l’interdiction temporaire d’user de certaines choses, ou de fréquenter certains lieux ou certaines personnes. Ils ne connaissaient point, dit d’Urville, l’arc et les flèches; ils ont des dispositions plus ou moins prononcées pour les arts de la civilisation, et même avant leurs communications avec les Européens, on trouvait chez eux des gouvernements réguliers, des dynasties affermies sur le trône, des castes avec leurs privilèges respectifs, une religion avec ses rits et ses sacrifices, des lois et des coutumes scrupuleusement observées. Depuis lors ils ont fait de nouveaux progrès , notamment aux îles Sandwich et à celles de la
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Société, dont une grande partie des habitants ont embrassé le christianisme; mais il est à remarquer que ceux de ces peuples qui sont en relation avec les Européens, diminuent avec une prodigieuse rapidité. Du reste, le plus grand nombre est encore à l’état sauvage et conserve les usages les plus cruels, comme celui de dévorer leurs prisonniers. C’est notamment ce qui a lieu à la INouvelle- Zélande, dont les habitants, divisés en petites peuplades continuellement en guerre, n’ont point encore fait de progrès dans la civilisation, quoiqu’ils annoncent autant d’aptitude que les autres.
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